‹ Organisation et physiologie de l'hommeChapitre 1 sur 5 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

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in 2010 witii funding from

University of Ottawa

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La connaissance de ï Organisalion et de la Physiologie de l'Homme a été, de tout temps, considérée comme une des occupations les plus élevées de l'esprit; comprise, de nos jours, dans le Programme de l'Université, celte science est enseignée dans les collèges aux élèves des hautes classes, et beaucoup d'hommes du monde (\m, autrefois, auraient reculé devant les dégoùls ou les dillicultés d'une pareille étude, en comprennent aujourd'hui tout l'intérêt et s'y livrent avec ardeur.

Ces connaissances manquent pourtant quelquefois encore à des hommes qui auraient besoin d'en tirer parti, et, quoiqu'on ait souvent signalé l'ulililé que pourrait avoir pour des magistrats et des avocats l'étude même générale de la physiologie, il est arrivé plus

d'une fois que les hommes appelés à inslruire des procès criminels, onl eu à regreltcr de ne pas comprendre les faits physiologiques sur lesquels s'appuyaient les conclusions d'un rapport médico-légal; privés de ces notions, ils étaient réduits à l'accepter sans observalions comme sans contrôle et, dans l'impuissance d'en discuter la portée ou d'en préciser la valeur, restaient désarmés devant des déclarations entachées peut-être d'ignorance ou de mauvaise foi.

D'un autre côté, la Physiologie, si riche en ouvrages généraux et en monographies spéciales, n'a pas de résumés clairs, simples, et pouvant être compris par tout le monde; ses traités sont tous trop profonds, trop techniques ; ils supposent des notions que ne possèdent pas les commençants, et tombent souvent dans la confusion et l'obscurité.

C'est le manque absolu d'un livre vraiment élémentaire sur ce sujet, qui a fait naître l'idée d'un mode d'enseignement physiologique qui put servir, à la fois, aux étudiants qui commencent à apprendre, aux gens du monde qui veulent avoir des notions sur une science qu'il n'est permis à personne d'ignorer entièrement, et aux hommes qui, chargés d'instruire les autres, ont besoin de concentrer leurs connaissances et de les amoindrir, pour ainsi dire, au niveau de leurs élèves.

Le succès des trois premières éditions de cet ou-

\rage (1) a piouvc que l'auteur ne s'était pas méj)ris en espérant que le procédé nouveau qu'il imaginait, pour décrire les fonctions du corps humain, en rendrait l'élude plus facile aux intelligences qui voudraient s'y appliquer.

Le nouvel Allas de cette édition a été confié aux ar listes les plus habiles dans les dessins Anatomiques; les figures coloriées et retouchées au pinceau avec le plus grand soin, rappellent lidèlement la forme et la leinte des organes naturels. Les dessins des planches sont combinés de telle sorte, que le verso et le reclo figurent des plans différents; ce qui permet de voir les rapports de toutes les parties do l'organe qui sert à une fonction, et d'en isoler ou d'en réunir les divers lambeaux pour suivre, dans leurs détails, les descriptions du texte.

Alin de ne pas multiplier les objets de démonstration , et de ne pas isoler des parties qui , dans la nature, sont superposées, on a rendu mobiles les divers plans d'une môme figure : ces plans ou lambeaux, arliculés sur le dessin principal, peuvent s'ouvrir comme les feuillets d'un livre; ils se soulèvent en autant de pièces qu'il est nécessaire, ce qui permet à l'œil de pénétrer, couche par couche, de la surface extérieure d'un organe

(l) Le titre des deux premières éditions était : Physiologie à l'usage des col' léges et des gens du monde.

jusque (lîuis sa profoiulcur et les moindres replis de sa texture.

A l'aide de ces dessins et du texte i\m n'en est , en quelque sorte, que l'explication physiologique, l'homme le plus étranger aux m\ stères de la vie peut, en saisissant dans leur ensemble la forme, la couleur et les rapports des appareils de l'organisation humaine, apprendre comment la nutrition s'opère, comment les mouvements s'exécutent, et comment se produisent les impressions de la lumière, des sons, du loucher, des saveurs et des odeurs.

L'étude générale et comparée de la physiologie suppose l'application de toutes les connaissances physiques à l'examen des pliénoménes parliculiers rjtii se produisent successivement pendant l'existence des êtres vivants. Lo but de cette science; est de rechercher et d'ex pliquer les actions mystérieuses de l'organisation dans les végétaux et les animaux, et de montrer les divers changements qu'amène dans leur structure l'effet permanent des influences extérieures. Élevée dans ses vues, immense dans ses détails, précieuse dans les résultats auxquels elle conduit, la physiologie cons'xdève tous les êtres organisés , depuis l'homme jusqu'aux animaux inl'usoires , depuis les moisissures microscopicjues jusqu'aux colosses du règne végétal; elle étudie leurs formes, leur texture, leurs organes, leurs fonctions; elle les compare dans leurs rapports, et cherche à saisir le lien qui les unit les uns aux autres, et qui fait de chacun d'eux une partie nécessaire du grand tout que l'on appelle la nature.

Il ne peut entrer dans le plan de cet ouvrage, consacré à V Histoire des fonctions du corps humain, d'embrasser la Physiologie sous le point de vue qui vient

2 CONSIDÉRÂTIO>'S GÉNÉRALES.

d'être indiqué; cl, liialgié loul l'intérêt qui s'altnche à de semblables recherclies, nous devons nous borner à la description des instruments de la vie humaine, à l'examen de ce q'u'iis présentent de plus général dans leur forme et dans leur le.xture, et à l'élude de leurs actions.

Il y aurait, cependant , de l'inconvénient à ce que le lecteur abordât celle étude sans quelques préparations, et sans avoir été initié au langage de la science par un aperçu, môme rapide, des lois générales qui la constituent; sanscetteprécauliou, il pourrait trouver de la coufusion dans les descriptions les plus méthodiques, et de l'obscurité dans les développements les plus clairs. C'est j)0ur éviter un j)areil embarras que nous avons exposé quelques notions générales sur la slruclure des êtres organisés. Ces considérations serviront de prélace à VUisioire des fonctions du corps humain.

Tous les corps qui se présentent dans la nature peuvent et doivent se ranger dans l'une ou l'autre des classes suivantes : ou ils sont organisés, ou ils sont inorganiques. Cette division (flaire et simple, ce dualisme de tout ce qui frappe nos regards est facile à reconnaître aux caractères que nous allons énumérer et décrire.

Toutes les fois rju'un corps sera disposé d'une ma- Tiièrc symétrique, c'est à-dire qu'il y aura, entre les diirérenles parties de sou être, une harmonie, une cor-

respoiîdnncc de formes, lellc qu'en séparant le corps par une ligne médiane, on ait, de chaque côté, à peu prés deux parties égales ; toutes les t'ois que ce corps renfermera, dans sa texture, certains organes agissants et vivants, capables de servir à son existence et à son accroissement , par un moyen quelconque de nutrition ; toutes les fois que ce corps augmentera, grandira, se développera par intus-susception , c'est-à-dire qu'il trouvera en lui même, et à l'aide de certains sucs nutritifs, empruntés aux corps extérieurs, la substance nécessaire à sa croissance intime et identique aux différentes parties de son être; toutes les fois, en outre, que ce corps sera doué d'une certaine sensibilité, manifestation extérieure de l'existence; toutes les fois que ce corps opérera ses mouvements par lui-mèine et sans le concours d'une force étrangère; toutes les fois, en un mot, qu'il y aura vie et [lossibilité de rentrclenir ou de la suspendre, le corps sera réputé organique, que ce soit un animal ou une piaule.

Quand, au contraire, il n'y aura rien de symétrique dans la disposition des parties; quand il n'y aura, dans l'intérieur du corps observé, aucun vestige d'organes, pas d'instruments de niitrition , aucun signe de sensibilité; quand rien ne pourra exciter, ou débiliter, ou détruire, en les fi actionnant, ces objets d'apparence anguleuse et rude; quand, au lieu de lignes courbes et de formes rondes, on- verra paraître dos arêtes informes, des blocs irréguliers et inégaux; quand, par-dessus tout, le corps ne pourra se développer et grandir que par juxtà-[)osilion, c'est-à-dire en s'agrégeant par sa surface extérieure et successivement les particules qui sont homogènes au\ siennes, à l'ins'ar par e\enq:)le de la boule de neige (|ui , roulée , grossit eu s'agglomé-

rant; alors le corps sera dit inorganique, que ce soit un gaz, un minéral, ou un sel.

Ainsi donc, pour nous résumer, ce qui distingue les corps inorganiques des corps organisés, c'est 1° la manière d'être et de grandir : la juxià-position, ou l'inlussusception; 2° la symétrie, ou l'absence de cette qualité; 3° la disposition intérieure de certains organes propres à la nutrition, ou l'absenee de ces organes; ^nfm A"" l'absence, ou la présence de la sensibilité.

Le coté par lequel se touchent les corps inorganiques et les corps organisés est celui-ci : les uns et les autres sont composés de molécules matérielles (|ui peuvent se décomposer, au point que tout corps organisé doit un jour lentrer dans le règne inorganique, (|uand les conditions de la vie auront été brisées pour lui et (ju'il se décomposera, plante ou animal, pour rendre ses éléments h leurs alïinilés cliimiciues. Les végétaux et les animaux , ces deux grandes subdivisions des êtres organisés, ces deux grands régnes, comme les a nommés la science, devaient nécessairement, et par cela seul qu'ils portent ensemble le môme titre de corps organiques, présenter de grandes analogies, des ressemblances singulières; mais, en même temps, ils ne |)0Uvaient manquer d'avoir entre eux de grandes et notables différences, et c'est pour cela <[u'on les a divisés en deux classes parallèles et distinctes. C'est sur ces ressemblances et ces différences seules qu'on peut établir une classilication. La question que nous allons étudier doit donc avoir pour but de présenter, d'une part, le détail des rapports qui font (jue, dans la division des sciences naturelles, les végétaux et les animaux ont été compris dans le même cadre; puis, d'une autre part, les dissemblances, les différences pliysiologiciues profondes

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. î;

et marquées qui ont inotivé la séparation de ces corps organisés en Règne animal et en Règne végétal ^ et leur étude en Zoologie et Rotanique.

On a donné le nom d'animal à tout être (|ui est animé et pourvu d'organes digestifs, quand bien même ce ne serait qu'un simple tube , ainsi que cela se remarque dans certains polypes.

Les animaux ont, comme les végétaux, tous les caractères généraux des êtres organisés, dont ils font partie; et ils ont, en outre, quelques propriétés qui modifient leur organisation et les distinguent des végétaux.

Tous, par exenqjle, savent découvrir, reconnaître d'une manière exacte, les qualités des corps qui les environnent; et ils jouissent de cette faculté par l'exercice des divers actes de la vie de relation, lis ont la conscience de leur existence; ils perçoivent les rapports qu'ils ont avec les êtres (|ui les entourent, et les rapports de ces êtres entre eux ; ils jouissent ou soudrent de ces rapports, et peuvent réagir contre eux et les modiiier.

D'après ce peu de mots, il semble qu'au premier abord rien ne doive être plus aisé à définir que l'animal ; tout le monde le conçoit comme un être doué de sentiment et de mouvement \olontaire. Mais, lorsqu il s'agit de déterminer si un être qu'on observe est ou non un anin)al, la dilïiculté est souvent très-grande, [)Our ne pas dire insurmontable.

Il s'agit, en elfet, de savoir si tous les êtres sensibles se meuvent, car le mouvement n'est pas une conséquence nécessaire de la sensibilité; il faut savoir encore si, parmi tous les êties (jui nous paraissent exercer une volonté, il n'y en a pas dont les mouvements soient le produit de forces qui nous sont inconnues, et dont

rnclion sur eux serait irrésistible. Plusieurs plantes, en ciïet , se meuvent d'une façon toute pareille à celle des animaux , et ces étranges contractions de leur substance n'ont d'autre cause que des pliénomènes physiques de lumière, de chaleur ou d'électricité.

On a dit que les animaux montraient des désirs dans la recherclie de leur nourriture, et du discernement dans le choix qu'ils en font ; mais ne voit-on pas également les racines des plantes se diriger vers les points où la terre est plus abondante eu sucs, et chercher, dans les rochers, des fentes au travers desquelles elles puissent pomper un peu de nourriture? Qui ne sait que leurs feuilles et leurs branches se dirigent, par un mécanisme encore inconnu , du côté où elles trouvent le plus d'air et de lumière; et que si l'on ploie une branche la tète en bas, ses feuilles vont jusfju'à tordre leurs pédicules, pour se relever et se retrouver dans la situalion la plus favorahleà l'exercice de leurs fonctions?

Remaïquons encore que, sans avoir cessé de vivre, les animaux se trouvent souvent privés, pour un temps plus ou moins'Iong, de rexercicc de leurs facultés : c'est ainsi (|ue cela a lieu dans l'œuf, dans le sommeil, dans la léthargie des chrysalides et autres nymphes d'insectes, dans les léthargies maladives, etc.

Pour trouver une distinction absolue entre les animaux et les végétaux, il faut avoir recours à d'autres caractères que ceux qui ont besoin de la vie por.r se révéler et être appréciés; on les trouvera dans la composition chimique qui est propre à chacun de ces deux ordies de cor|)s, et dans les modilications particulières de leur oiganisation.

Couime corps organisés, les animaux et les végétaux ont un grand nombre de points absolument communs j

tels sont : leur tissu arùolaire on cotuposr de mailles 5 leur accroisscmoiil ou iléveloppeinenl, produits par des parties étranger* s (juils s'incorporent; la respiration ou la demi comhuslion qu'ils font des (luides nourriciers avant que ces lluides soient employés à leur développement. On doit encore citer la transpiration et les excrétions, ou la sortie continuelle des molécules qui ont fait partie du corps; la mort naturelle, par un effet do la vie, et par l'obstruction qu'amènent lentement dans les mailles du réseau les matières étrangères qui s'y accumulent; leur faculté de produire, chacun dans son espèce, des èlres seudjlables à eux, et destinés à rem- ])lacer ceux que la mort détruit; enliu leur composili(Ui cliinjique, produit dune foide de substances (pii no sont retenues dans une sorte de combinaison que par l'action de la vie, et qui tendent à se disperser et se dispersent en elfet dès que cet étal a cessé.

Sous ces divers rapports, on rencontre dans les végétaux et les animaux des modilieations particulières qui tiennent à la présence ou à l'absence des fonctions du mouvement et de la sensibilité.

Le tissu des végétaux est très-simple, et les animaux les moins parfaits présentent seuls uu(Mlisposilion aussi élénjentaire dans leur structure. Les diveises parties d'une même plante sont tellement similaires (|u'e!les peuvent toutes se ciiangei- les unes dans les autres : c'est ainsi (|u'on voit, dans certaines (leurs doubles, les étamines se changer eu pétales, et dans les boutures les branches devenir des racines; cha(iue portion de plante peut même devenir une plante entière Les animaux un peu élevés dans l'échelle ne présentent rien de pareil, et leurs diverses parties ont des formes, des tissus et des éléments dillérents.

Le cnrnclère le plus dislinclifenlre les végélaux et les aniiimux se trouve dnns la manière dont s'opère leur nuh'ilion. Les plantes n'ont aucune grande cavité intérieure où puisse èlre déposée leur nourriture; elles l'absoibent par les porcs de leurs surfaces, et surtout parleurs racines et par leurs feuilles. Les animaux en absorbent bien aussi une partie par leur surface; mais, destinés à changer de lieu, ils ne pouvaient avoir de racine, et se trouvaient par là privés d'une source de nourriture à la fois abondante et continue. Pour y suppléer, il était nécessaire qu'ils pussent prendre à la ibis, et emporter partout avec eux, une quantité de matière alimentaire, pour en absorber ensuite à loisir les sucs utiles; ce but est parfaitement rempli par l'existence de leur cavité intestinale, surface intérieure qui absorbe par ses porcs les sucs des substances nutritives, comme les racines des plantes pompent ceux de la terre; ce qui a fait dire à Boërbaave que les animaux ont leurs racines en dedans d'eux-mêmes : Venlriculiis sicul humus.

Un examen rapide sullil pour montrer ({ue, dans les végétaux, les principaux organes de la vie sont situés à l'extérieur, tandis que, dans la plupart des animaux, ils occupent des cavités creusées dans T intérieur du cori)S, Cette première observation conduit bientôt à reconnaître l'inlluence de la locomotion, faculté dont les animaux jouissent en vertu d'une force intérieure, et qui manque aux végétaux. Par cela même, en effet , que les animaux peuvent changer de place, et qu'ils ne restent pas constamment dans le même milieu, leurs pores absorbants ne devaient pas s'ouvrir à la périphérie du corps; leurs aliments sont, intérieurement, dans un contact permanent avec les bouches des pores absor-

bants : en un mot, dans toute l'étendue du terme, ils digèrent.

La durée de la vie est différente chez les végétaux et chez les animaux; en général, les limites extrêmes ûc cette durée sont beaucoup plus étendues dans les végétaux, puisqu'on voit, d'une part, des champignons et des moisissures ne vivie que quelques heures, et, d'une autre part, le gigantes(|ue baobab traverser l'immensité des siècles. La dislance est bien moins grande, au contraire, entre l'éphémère, qui ne vit qu'un seul jour à l'état pariait, et le cygne, qui ne dépasse guère cent cinquante ans.

Nous avons déjà vu que l'organisation est, en général, beaucoup plus sinqde dans les végélauv que dans les animaux : et cela devait être ainsi, puis(ju'ils ont bien moins de Ibnclions à remplir. Chez ceux-ci , le mécanisme de leur structure est conqiliqué en raison de la multiplicité des actes à exeicer : on y trouve une foule de cordes, de poulies, de levieis, d'instruments de physique et uième de chimie, dont ceux-là sont privés. Aussi, tout animal auquel on retranche quelque partie en devient plus ou moins malade-, chaque joui-, au contraire, le jardinier mutile des végétaux, et ils n'en vivent que mieux.

Dans les animaux, le but et l'usage dos orga'i.es sont pres(jue toujours déteruiinés d'avance, on ne jieut les changer en entier; tandis que, ainsi que nous l'avons déjà dit, il n'est, pour ainsi dire, aucune partie des végétaux dont on ne puisse modiiier la destination.

L'analysechimique montre, à son tour, d(! nombreuses différences entre ces deux classes d'èiies organisés. L'excès d'azote paraît le caractère propre de l'organisation des animaux ; le carbone domine dans celle des

10 COrs'SIDÉRATIO.NS GÉNÉRALES.

végclnux. il en iv'sulle que les principes des matières aniinales petivenl subir des combinaisotis beaucoup plus pioniptcs et plus faciles, et (pie, par conséquent, ils sont plus diffus! Mes.

On comprend, [)arlà, |)Ourquoi les substances animales se dccon)posent inconq^aiablement plus vitecjuc les matières végétales. On le comprendra n>ieu\ encore si l'on se rapiiclle (pie, dans les animaux, il y a proportionnellement plus de li(piides que dans les végétaux; que, chez les premiers, la matière lluide est souvent accumulée en masses plus ou moins considérables dans des réservoirs; tandis que, chez les seconds, elle est constamment divisée par molécules ou par lilets trèsfins, dans des vacuoles, dans des cellules étroites ou dans des vaisseaux.

Ainsi donc, les animaux, si diflerenls d'ailleurs les uns des autres, se distinguent des végétaux par les deux caractères généraux suivants : 1" ils peuvent changer de lieu et se mouvoir volontairement, tandis que les autres sont attachés par des racines au sol sur lequel ils se sont élevés; '2" ils sont pourvus, pour l'accomplissement de leur nutrition , d'un sac intérieur, dans lequel les aliments subissent une [)ré[)aration spéciale, et où leurs principes assimilables sont absorbés par une foule de radicules; les végétaux n'ont point ce sac intérieur : ils vont pomper dans les corps voisins les matériaux de leur nourriture, et cela à l'aide de racines extérieures.

Il ne faut pas croire, néanmoins, qu'il existe entre ces deux classes d'êtres organisés des différences générales telles qu'on ne puisse jamais les confondre. Arrivé à un certain point, il est, en effet, très dilïicile d établir, entre les uns et les autres, une ligne de démarcation bien tranchée, car ils semblent se réunir par les indi-

CONSIDltRATrONS CÉNÉRALKS. 11

vidiis los plus éloignrs. Dans réchelle des Aires orgnniscs, los derniers des animnnx paraissent identiques aux derniers des végétaux , et l'analogie des résultais a fait admettre une certaine ressendjiance dans les causes. Les éponges et les coraux, implantés à la surface des rochers sous-marins, ne sauraient pas plus changer de place fjue le végétal le mieux caractérisé. Dans beaucoup de plantes, il existe des mouvements partiels qîii , en apparence du moins, sont pareils à ceux des animaux. Les feuilles des sensitives , les pétioles du sainfoin de Barbarie, les folioles de la dionée attrape-mouche, celles de presque toutes les légumineuses en exécutent même qui sont plus manifestes (|ue ceux des gorgones et des coraux.

Si tous les végétaux ont leurs organes situés à la périphérie du corps, certains zoophytes paraissent absolument dans le môme cas et, chez eux, les particules nutritives sendjient être introduites dans l'économie par des vaisseaux absorbants situés sur la surface extérieure de l'individu.

Il est des animaux dont l'organisation paraît aussi simple que celle des végétaux les moins compliqués. Les éponges ne semblent formées que d'une espèce de pulpe muqueuse et homogène; les lithophyles, d'une matière calcaire; les céralophyles, d'une substance cornée; les polypes et les infusoires ne sont que des masses d'une gelée albumineuse, et l'oJi ne commence vraiment à apercevoir des organes distincts et des libres musculaires que dans les orties de mer et les échinodermes.

Plusieurs animaux sont privés , en tout ou en partie, des organes des sens.

L'irritabilité existe dans les végétaux comme dans les animaux, car elle est l'elVet du changement que produit

lin corps extérieur sur les organes. Tous les jours on voit les plaies des arbres se cicatriser et leurs lèvres se rapprocher. Le soleil trop ardent rend les feuilles malades, de mèine que le feu grille la peau des animaux; la grêle meurtrit les fruits, etc.

La circulation, la digestion et la respiration, désignées comme des fonctions spéciales aux animaux, ne peuvent, d'une manière absolue et pour tous les cas, servir à les faire reconnaître. Les végétaux n'ont-ils pas, en effet, une circulation tout aussi développée que certains animaux, tels que les insectes, chez lesquels on ne voit ni cœur ni vaisseaux sanguins ? n'exisle-t-il pas des zoophytes, des éponges, dans lesquels les recherches les plus minutieuses n'ont encore pu faire découvrir, jusqu'à ce jour , aucune trace d'organes digestifs ?

Il ressort de la comparaison que nous venons de Hiire entre les végétaux et les animaux, que ces êtres sont étroitement unis par les caractères essentiels de leur organisation , qu'il semble impossible de les distinguer par un trait prononcé qui appartienne exclusivement aux uns ou aux autres, (|ue les analogies de ces deux groupes d'êtres organisés se montrent surtout dans les espèces les moins parfaites, que les dilférences deviennent plus tranchées à mesure qu'on s'éloigne de ce point de départ, et qu'enfin le Régne Végétal et le Règne Animal forment, en quelque sorte, deux chaînes ascendantes qui partent l'une et l'autre d'un anneau commun, et s'écartent à mesure qu'elles s'élèvent.

Ainsi que nous Tavons vu, les derniers des animaux se rapprochent des végétaux par la manière dont ils croissent et dont ils se nourrissent; mais la plus grande partie de ces êtres s'en dislingue au moyen des carac-

CONSIDf.RÂTTONS GÉNÉRALES. ' 13

tères que nous avons tlt'îvcloppés déjà, et par qiielrpies autres (juo nous allons énumérer.

Presque tous les animaux sont, du moins à l'extérieur, symétriques et connue divisés, par un plan médian vertical, en deux moitiés latérales vSemblables ; chez eux, la longueur remporte ordinairement sur les autres dimensions.

Le tissu aréolaire qui forme la base de leur corps est Irèsmou et très-conlraetile, et leur corps lui même est creusé d'une cavité intérieure où sont, ainsi (|ue nous l'avons déjà dit, déposés les aliments.

Presque tous ont des organes de circulation, qui portent la matière nutritive do T intestin vers les autres parties du corps; des organes respiratoires, (jui reçoivent le lluide nourrieier et le soumettent à laetion de l'air atmosphérique ou de l'eau dans laquelle l'animal est destiné à vivre; des organes sécrétoires, où une partie de ce lluide est isolée de la musse, soit pour aiiler à l'exercice de certaines actions organiques, soit pour être charriée hors de l'animal et devenir un moyen d'épuration. Les animaux ont aussi des muscles pour Texéeulion de leurs mouvements apparents; des sens, f»ii leur permettent de lecevoir l'impression des corps^ dehors, et un système nerveux formé de cordons quiwiar une de leurs extrémités, |)énèlrent et s'épauouiss|ttt dans les viscères, les muscles, les téguments, et, par l'autre extrémité, forment des reullemenlsplus ou moins

consislanls, plus ou moins gros el plus ou moins nom- Ijreux.

C'esl par le mouvement musculaire , les sensations et l'aclion nerveuse, que les animaux acquièrent une vie qui leur est propre; vie bien supérieure, par sa complication el son élendue, à celte vie végélalive dont les fonctions se renconlrenl seules clans les végétaux, et sont destinées presque uniquement à la nutrition. Tout l'ensemble de leur économie semble placé sous l'influence dos forces qui les animent; aucun acte de leur vie ne paraît être enlièreinenl soustrait à cette cause de modilications. C'est à l'aide des mouvements musculaires qu'ils vont à la recherche de leurs aliments, et c'esl encore par l'efTet de la même cause que ces substances sont introduites dans les voies digeslives, les parcourent el en sont expulsées; que le sang est, chez beaucoup d'entre eux, chassé dans les vaisseaux où il circule, et que l'air pénètre dans les organes de la respiralio .

Les sens du goût el de l'odorat sont placés à l'entrée de l'appareil de la nutrition chez le plus grand nombre des animaux ; des nerfs se distribuent aux organes digestifs ; toutes les fonctions sont enchaînées les unes aux autres et dans un élat de subordination mutuelle, de même que les appareils (|ui servent à leur accomplissement sont étroitement liés par les muscles el les nerfs qui entrent dans leur composition.

Les,; fondions de la nuliition reagissent, à leur tour, sur Ips fonctions animales, dont les organes ont nécessairement besoin d'être nourris. La circulation est fa- «isée par l'Lnnervaliun , de même (|ue celle-ci est retenue par la circulaiit)n ; et l'action du sang sur h s nerfs et sur les muscles est aussi nécessaire à la

vie, que l'action des nerfs cl des muscles sur le sang.

La comparaison générale que nous avons faite des animaux et des végétaux, par rapporl à la structure et aux fonctions principales de leurs orpanes, nous conduit à cxauiiiier plus particulièrement lo corps animal, les éléments qui le composent, les organes ([ui résultent de la réunion de ces élémenls, et le jeu de toutes ces parties.

La base du corps animal est un tissu spongieux dans lequel toutes les autres parties sont mêlées ou épanchées; on le nomme tissu cellulaire, parce qu'il est composé d'une multitude innouibrable de petites lames j)lacées comme au hasard, et formant de petites cellules qui communiquent si exactement les unes avec les autres, qu'en soufflant dans un endroit de ce tissu on peut enfler tout le corps.

Ce tissu a la propriété de se contracter autant que les forces qui le distendent peuvent le lui permettre, et c'est par cette propriété (pi'il tient dans des rapports constants les diverses parties du corps de l'animal.

Quand les mailles de ce tissu sont rapprochées, il forme des parties plus solides : on leur donne le nom de membranes lorsqu'elKîs sont étendues en longueur et en largeur, et de fibres lorsqu'elles ne le sont (ju'en longueur seulement. Une membrane roulée en un canal cylindrique ou conique se nomme vaisseau. Dans beaucoup d'animaux, presque toutes les parties du corps ne sont formées que de vaisseaux entrelacés.

Un second élément du corps animal est la fibre irritable, charnue ou musculaire : sa forme est celle des filaments. La propriété de la fibre est de se raccourcir et de se mouvoir convulsivement lors(|u'elle est touchée par. quelque corps aigu ou par quehjue liqueur

16 CONSIDÉRATIONS GliNÉRALES.

acre, c'est elle dont les faisceaux lurnient les muscles, qui sont les organes du mouven»enl volontaire. Elle entre aussi dans la constitution d'une inultilude de membranes et de vaisseaux, dans lesquels elle produit diverses coniraclions nécessaires à rexercice des fonctions qu'ils doivent remplir.

Enfin le troisième et dernier élément solide est la substance médullaire. Elle ressemble à une bouillie liomogène; au microscope, elle paraît conqiosée de globules. Elle n'est ni contractile comme le tissu cellulaire, ni irritable comme la fibre musculaire; mais elle jouit de la propriété merveilleuse d'être le conducteur des sensalions, et l'iiistrunient par lequel la volonté réai^it sur les organes des mouvements.

Ces trois éléments forment tout l'édifice solide du corps animal. Le tissu cellulaire, rempli de matières salines, forme les os; la fibre, liée en faisceaux par le tissu cellulaire, l'orme les muscles; des membranes enveloppent le corps et le divisent en cavités. L'intestin n'est (ju'un grand vaisseau revêtu de fibres charnues; des vaisseaux plus petits et de divers ordres y prennent le iluide nourricier, le ponqient au moyen des eontraclions (pii se produisent dans leur lexluie, et portent dans clia(|ue [loint du corps des molécules convenables, soit pour nourrir ce point, soit pour former de nouveaux fiuides (jui doivent être conduits ailleurs. Les glandes ne sont que des amas de ces \aisseaux particulièrement destinés à la production de fiuides nouveaux. Un faisceau médullaire, nommé cerveau et moelle épinière, envoie des filets de la même substance, nommés nerfs, qui animent toutes les autres parties.

C'est l'action convenable et proportionnée de ces solides qui maintient en bon état les fluides qui sont con-

CONSIDKRATJONS GÉ.XKRALES. 17

tenus dans les cavités qu'ils foraient, ou (|ui sont transmis au travers (le leur substance; c'est celte action (jui leur donne le mouvement convenable, et c'est du mouvement produit par les niélangps et les sépnralioas de ces liquides que résultent tous les effets plnsiques de l'économie animale.

Nous allons ici retracer rapidement les actions organiques de l'économie animale, telle qu'elle existe dans les animaux supérieurs.

La nourriture prise dans la bouche, broyée avec la 5a/zt'e et avalée, passe dans un ou plusieurs estomacs qui la j)ressent, réchauffent, la délayent dans un suc pariiculier nommé gastrique, et la réduisent en une bouillie homogène qui parcourt l'étendue du canal intestinal, où elle est comprimée, mêlée de bile et de quelques autres sucs.

Après que les vaisseaux absorbants, ramiliés à la surface intérieure de l'intestin, ont pompé tout le chyle contenu dans la substance alimentaire, le résidu, inutile à la nutrition , est expulsé du corps sous forme d'excrénicnls.

Le c/njle est porté par des vaisseaux absoritants dans un ou plusieurs canaux qui s'ouvrent dans les veines, et ce produit spécial de la digestion se mêle avec le sang dans ces mêmes vaisseaux.

Le sang^ en parcourant les veines , depuis leur origine capillaire dans la substance des organes, jusqu'à leur terminaison dans l'oreillette droite du cœur, entraine tous les fluides absorbés; c'est combinés avec lui qu'ils arrivent dans les poumons et y reçoivent leur destination définitive : soit que, produits inutiles, ils soient destinés à être extraits et emportés au dehors par l'air expiré; soit que, matériaux nutritifs, ils s'u-

nissent aux autres éléments du sang, et soient charriés par des vaisseaux hors des poumons et dans le cœur, pour pénétrer, par la force d'impulsion de cet organe, dans toutes les parties du corps.

C'est des extrémités des artères , de leurs derniers et imperceptibles ramuscules, que sortent les molécules qui doivent faire croître les organes, en s'intercalant entre celles qui les ont précédées; ou les conserver, en remplaçant celles qui sont enlevées par l'absorption qui s'exerce d'une manière continue.

C'est aussi de ces extrémités que sortent les molécules qui doivent former les différents lluides qui se séparent du sang dans les organes, et pour des usages déterminés, tels que la bile, la salive, dont nous venons de parler, et d'autres dont nous parlerons.

Après avoir fourni ces deux sortes de molécules, le sang retourne au cœur par les veines.

Le superflu des parties qui ont servi à la nutrition et des liquides qui se sont séparés du sang, retourne dans la masse de ce dernier tluide sous la forme de lymphe, et il y est porté par les vaisseaux lymphatiques ou absorbants.

Le cerveau, la moelle épinière et les nerfs qui se distribuent dans tout le corps, sont arrosés de toute part par un sang artériel abondant, qui y produit le lliiide nerveux, dont ces organes sont les dépositaires et les conducteurs.

Les extrémités des nerfs aboutissent ou à la surfiice extérieure, oi-i aux muscles, ou aux vaisseaux, ou aux viscères. A la surface, ils se terminent par des organes disposés pour recevoir et transmettre convenablement au centre nerveux l'action des corps extérieurs.

Ainsi, l'œil présente à la lumière ses lentilles trans-

parentes qui en brisent les rayons et les rassemblent sur un foyer nerveux. L'oreille ofire à l'air des membranes et des fluides qui en reçoivent les ébranlements et les transmettent à des filels nerveux flottant dans une fine gelée. Le nez aspire l'air et saisit au passage les vapeurs odorantes qu'il contient, et que perçoivent des nerfs ramifiés presque à nu sur ses membranes internes. La langue est garnie de papilles spongieuses qui s'imbibent des licjueurs savoureuses (|ii'elle doit goûter, et en abreuvent les derniers filels de ses nerfs. Enfin, la peau qui couvre tout le corps semble destinée à amortir l'effet des corps extérieurs sur les nombreux filels de nerfs qui la pénètrent de toute part ; lorsqu'elle est enlevée, la vivacité des sensations va jusqu'à la douleur. La peau intérieure, ou la surface des intestins, est un sixième sens qui, par les sensations de la faim, de la soif et des douleurs internes, avertit l'animal de ce qui se passe au-dedans de lui.

L'animal ainsi excité par ses nombreuses sensations, éprouvant du plaisir aux unes, de la douleur aux aulres, sentant de nombreux besoins, exerce une volonté.

Les muscles sont soumis à l'empire de celle volonté; leurs fibres reçoivent du sang leur irrilabilité, qui est mise en jeu lorsque l'animal fait agir sur les fibres les nerfs qui y aboutissent ; les contraclions des fibres musculaires ploient ou étendent ses membres, dilatent ou rapetissent les diverses parties do son coi'ps, et produisent tous ses mouvements, soit d'ensemble, soit partiels.

Les branches du système nerveux qui se rend(Mit dans l'intérieur exercent encore des fonctions doul l'animal ne s'aperçoit point, et qui sont soustraites à Taclion de sa volonlé; les libre; (pu rcvétitil les viscères

50 CONSIDÉRATIONS GKNÉRALKS.

et les vaisseaux jouissent de l'irritabililé qui leur est nécessaire pour remplir leurs fonctions.

Après avoir examiné somniaireinenl les mouvements compliqués qui consliuicnt la vie dans les animaux les plus élevés par leur organisation, il serait intéressant de considérer ces êtres coniparalivement les uns aux autres, et de faire voir, en j>arc()urnnt successivement les différentes familles, comment les divers organes s'y modifient par degrés ; mais ce serait trop nous écarter du plan que nous nous sommes tracé pour ces Considérations générales, et d'ailleurs un pareil sujet peut faire la matière d'un iravai! spécial qui, à lui seul, comporle plus d'étendue (pie la Physiologie de l'homme. Nous nous bornons, en conséquence, à exposer en (juelques mots les faits qui sont relatifs au nombre des espèces animales, aux limites de leurs grandeurs, et aux différents séjours ({u'elles habitent.

Les espèces d'animaux sont beaucoup plus nombreuses (jue celles des piaules; il n'est prescjue pas de plante, en elfet , qui n'ait (juelquc insecte particulier, quelques-unes même en ont un grand nombre. Beaucoup d'animaux dévoient indistinctement toutes sortes de plantes, et il en est encore un très-grand nombre qui ne se nourrissent que d'animaux ; quelques-uns rongent jusqu'aux pierres, par exemple les pholades. Enfin la mer, (|ui n'a prescjue aucune piaule, fourmille d'animaux de tout genre qui ne vivent qu'aux dépens les uns des autres.

Les limites extrêmes de la fceondilé des animaux sont beaucoup [)lus variables que celles des plantes : celles-ci produisent toulcs, chaque année, un nond)ie de semences souvent assez grand. Parmi les animaux, il en est qui ne font qu'un seul petit à la fois, et d'au-

OONSTDliRATIONS GÉNÉRALES. 21

très qui surpassent toutes les plantes par leur inconcevable fécondilé ; la perche pond trois cent mille œufs, l'esturgeon en a plus de quinze cent mille, d'autres poissons en oui plusieurs millions.

Le nombre des individus est en raison de la leçon dite, il est aussi variable dans un règne que dans l'autre : il serait difficile de dire s'il y a plus de mousses que de harengs, ou de moules. On doit aussi remarquer que si l'homme peut, au moyen de la chasse, diminuer considérablement les grandes espèces d'animau\ nuisibles, il n'exerce pas une moindre puissance sur les végétaux, à l'aide de l'agriculture.

Il y a plus de différence de grandeurs parmi les animaux que parmi les végétaux ; un cèdre, un chêne et même un baobab ne sont pas supérieurs à une baleine par la masse, tandis qu'on voit des aniniaux microscopiques qui sont plusieurs milliers de fois plus petits que les plus petites plantes connues, telles que les moisissures et les b}ssus.

11 y a aussi plus de différence dans les formes. Si l'on excepte les champignons , toutes les plantes ont un port commun, un air de fiimille qui les fait aisément reconnaître; il n'y a rien de tel dans les animaux : élant beaucoup plus compliqués, ils offraient plus d'éléments de combinaisons différeules , et la nature s'est jouée avec beaucoup plus do liberté dans les dispositions multiples et variées de leur structure.

Les plantes sont attachées à la surface du sol, soit du sol sec, soit du sol couvert d'eau; les plantes atjualiqucs sont même en petit nombre en comparaison des autres. 11 y a encore bien moins de piaules simplement nageantes à la surface, et on en compte à [)eiue une ou deux absolument souterraines, car on ne peut nommer

ainsi celles qui viennent dans les mines, et qui néanmoins sont toujours dans l'air.

Les animaux sont beaucoup moins restreints dans leur domicile : ils couvrent la surface de la lerre ; ils traversenl les airs j ils peuplent les eaux ; plusieurs s'enfoncent sous le sol . et partout ils portent la vie et le mouvement.

FIISTOIRE

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