DES FONCTIONS DU CORPS HUMAIN
La connaissance du corps humain et du mécanisme de la vie repose sur deux branches importâmes des Sciences Naturelles, l'Anatomie et la Physiologie.
L'Ânalomie fait connaître le nombre, la Ibruie, la situation, les rapports, les connexions et la structure des organes dont le corps est composé.
La Physiologie a pour objet l'examen des usages de chacun de ces organes; c'est, en un mot, l'histoire de la vie, depuis le moment où elle apparaît dans le germe qui est l'abrégé microscopique de l'animal, jusqu'au jour où, après avoir assuré la conservation de son espèce, l'être qu'elle a animé achève les dernières phases de son exislence individuelle, et meurt.
Ces deux ordres de connaissances s'M('(|uièrent en soumettant le corps des animaux à tics dissections, à des expériences qui ont pour but d'isoler chacune de leurs parties, afin de les mieux étudier et de saisir les rapports (jui les unissent entre elles.
Pour avoir une idée exacte de la construction d'une machine, un artiste démonte chaque rouage, chaque levier, chaque chaîne; il en isole, par une sorte d'analyse, toutes les pièces; puis, en les rapprochant et en
rétablissant leurs rapports, il pcul leii'^ rendre ce qui leur avait été momenianément enlevé , c'esl-à-clire leur nioiivemcnt el leur jeu. Ce qu'on pratique sur un niécanisnie quelconque pour le connaître, le physiologiste le fait sur le corps des animaux pour le comprendre; mais, moins heureux que l'arlislc, le piiysiologiste ne peut pas rendre leur mouvement et leur jeu aux organes qu'il a divisés et séparés.
Jamais science ne fut à la fois plus grande et plus intéressante que la science de la physiologie : en nous révélant ce ({ue l'organisation animale olVre d'extraordinaire, elle nous laisse frappés d'admiration à la vue de cet ouvrage inlini , la plus étonnante des merveilles du Créateur.
A une époque où toutes les intelligences sont avides de connaissances variées, et se portent surtout vers les sciences d'observation , il serait supertlu de faire sentir l'importance des connaissances pliysiologiques. Si, pour constater l'inlluence constante qu'elles ont eue sur les progrès de l'art de guérir, on tourne ses regards vers le passé, on voit (|ue la médecine a manqué de bases solides jusqu'au jour où l'analomie et la physiologie humaines lui révélèrent la structure de nos organes dans 1 état de sanlè el la manière dont s'exécutent nos fonctions, et firent apprécier les changements (ju'éprouve celle organisation dans les maladies. C'est, en effet, à l'aide de ces deux ordres de connaissances qu'on arrive à découvrir des moyens de trailement el de guérison.
Jusqu'à ces dernières années, on rencontrait rarement dans la société des hommes curieux de connaître la structure des diflërentes parties de notre corps. C'est qu'il faut plus que du courage pour entrer dans un am-
pljithéâtrc, où l'élude de la physiologie se trouve entourée de tout ce que la mort a de plus hideux:. Et, cependant, s'il est beau d'apprécier les deux mouvements combinés de la terre, de découvrir les lois qui président à la marche des astres, et de savoir que nous tournons autour du soleil avec la rapidité d'un sabot lancé par un enfant, combien n'est-il pas intéressant aussi d'étudier les actions multipliées qui se succèdent dans la vie des animaux, depuis la nutrition du polype le plus obscur, jusqu'aux fonctions du cerveau de l'homme, et de soulever peu à peu quelques parties du voile dont la nature a enveloppé ses plus admirables ouvrages !
Considéré seulement sous le point de vue de ses dispositions mécaniques, le corps humain nous offre un exemple de complication et de perfection dont n'approchent pas nos machines les mieux coudjinées cl les mieux exécutées. On y trouve des modèles sans nombre de constructions ingénieuses que rappellent même imparfaitement les travaux les plus heureux des architectes ou des opticiens. Les fondements de nos phares, de nos monolithes, qui sont des chefs-d'œuvre d'architecture, sont cerlainement construits d'après des règles moins correctes que celles qui ont présidé à la disposition des os du pied 5 les colonnes les plus solides, les piliers les mieux enracinés sout assujetiîs avec moins d'cvaclitude que les os creux qui nous supportent; l'insertion d'un mât de vaisseau dans son emplanture ne paraît plus qu'une invention grossière à l'homme qui examine l'arliculation de la colonne vertébrale avec le bassin; les tendons et leurs poulies de renvoi ont une perfeclion qu'on chercherait en vain dans les cordages les plus habilement disposés; il n'y a pas d'instrument de musique qui puisse rivaliser avec l'appareil vocal ; l'hydro-
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(Jvnaniiqiic retrouve ses pompes et ses soupapes dans la struelure du canir et clans les grands canaux ciiculaloircs; cl, quelcpics progrès que la science des pliysieiens ail fait faire à la construclion des télescopes, des microscopes el des chambres obscures, l'œil est encore le plus parfait des instruments d'optique.
Yaucanson avait parfaitement conq)ris tout l'intérêt des notions (ju'on puise dans l'étude de l'anatomie. Ce célèbre mécanicien consaltail fréquemment la structure du corps humain dans le squelette, dans la distribution des vaisseaux , et surtout dans la disposition des tendons et des muscles; on raconte que, lorsqu'il construisit son flûtcur, il fut arrêté par la difficulté de lui donner l'embouchure de la flûte, et de reproduire certains coups de langue qui en modulent les sons; il eut recours h l'anatomie , il examina dans ses détails la structure du larynx, et y trouva les renseignements (|u'il chercbait , et que ses méditations savantes ne lui avaient pas lait deviner.
La structure des animaux nous montre, à chaque pas, d'élonnantcs merveilles; et plus on pénètre dans cette élude, plus on reconnaît (ju'elle passe les calculs de la raison. C'est en se livrant aux travaux de l'anatomie, c'est en examinant les ressorts matériels de son être, que l'homme s'accoutume à s'élever vers leur auteur et leur conservateur. H peut avoir expliqué avec beaucoup de justesse les travaux des organes et les usages auxquels Dieu les a destinés; n)ais ce qu'il ne saurait comprendre, ce sont les effets qu'il a sous les yeux; il a beau regarder et éludier curieusement l'organisation physique de son corps , il ne peut parvenir à en expliquer le principe secret, et s'abaisse humblement en présence des obscurités de la nature, qui, tout en lui montrant
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ses inslîiiiuenLs, enveloppe d'un mystère iaipénélrable les merveilles de son travail.
Aussi, la piiysiologie, qui prend place au milieu des connaissances les plus honorables pour le génie de l'homme, ne devient une science vraiment philosophique que lors(jue , mettant Dieu en tête de ses recherches, elle considère dans l'homme, non-seulement le mécanisme des organes, mais encore l'action indépendante d'une intelligence mystérieuse par laquelle il a conscience de ses impressions. Alors, le physiologiste comprend l'insudisance des explications entassées par les matérialistes pour abuser l'esprit humain , et il sent aussi que cette machine qui va d'elle-même est réglée I)ar une autre sagesse que la sienne. Comme il ne saurait conduire cette organisation , malgré la connaissance profonde qu'il a de ses parties, il est contraint d'en rechercher le moteur hors du cercle des causes physiques, et sa raison éclairée lui ré\èle l'agent immatériel qui enchaîne toutes choses, et développe avec ordre et selon de justes règles tous les mouvements que nous voyons.
Ainsi que l'a fait remarquer un profond et consciencieux écrivain, dans son Introduction à la philosophie (1) , tous les philosophes anciens et modernes ont étudié l'organisation humaine avec enthousiasme et émotion. Cicéron retrouvait tous les secrets de son éloquence pour décrire les formes et la beauté de cet être miraculeux. Fénelon a des expressions qui partent d'une àme chrétienne, pour montrer, dans la perfection de nos organes, la perfection bien autrement inlinie de notre Créateur; Bossuet a surpassé toute phi-
(1) M. de Laurcntic.
losophie et toute éloquence en traitant à fond ce grand sujet, dans son beau travail sur la Connaissance de Dieu et de soi-même i Viwe précieux où la science pii^siologique, avec ses progrès de détails, ne pourrait découvrir d'erreur grave, et que la science moderne du raisonnement aurait au moins dû garder pour règle, puiscju'il contient toutes les vérités d'observation qu'elle est allée chercher dans les traités des matérialistes, sans présenter jamais aucun de leurs égarements. Voici comment le grand évêque résume ses recherches sur l'homme:
« Tout, dit -il, est ménagé dans le corps huiuain avec un artifice merveilleux. Le corps reçoit de tous côtés les impressions des objets, sans être blessé. On lui a donné des organes, pour éviter ce qui l'offense ou le détruit; et les corps environnants qui font sur lui ce mauvais effet, font encore celui de lui causer de l'éloignement. La délicatesse des parties, quoifju'elle aille à une finesse inconcevable, s'accorde avec la force et avec la solidité. Le jeu des ressorts n'est pas moins aisé que ferme; à peine senlons-nous battre notre cœur, nous qui sentons les moindres mouvements du dehors , si peu qu'ils viennent à nous; les artères vont, le sang circule, les esprits coulent, toutes les parties s'incorporent leur nourriture, sans troubler notre sommeil, sans distraire nos pensées, sans exciter tant soit peu notre sentiment; tant Dieu a mis de règle et de proportion, de délicatesse et de douceur dans de si grands mouvements.
» Ainsi nous pouvons dire avec assurance que, de toutes les proportions qui se trouvent dans les corps, celles du corps organique sont les plus parfaites et les plus palpables.
» Tant de parties si bien arrangées, et si propres aux
usages pour lesquels elles sont faites; la disposition des valvules; le ballenient du cœur et des artères; la délicatesse des parues du cerveau , et la variélé de ses mouvements, d'où dépendent tous les autres; la distribution du sang et des esprits; les effets différents de la respiration, qui ont un si grand usage dans le cor[)S : tout cela est d'une économie et, s'il est permis d'user de ce mot, d'une mécanique si admirable, qu'on ne la peut voir sans ravissement, ni assez admirer la sagesse qui en a établi les règles.
» Il n'y a genre de machine qu'on ne trouve dans le corps humain. Pour sucer quelque liqueur, les lèvres servent de tuyau, et la langue sert de piston. Au poumon est attachée la trachée-artère, comme une espèce de flùle douce d'une fabrique particulière, qui, s'ouvrant plus ou moins, modifie l'air et diversifie les tons. La langue est un archet, qui, ballant sur les dénis et sur le palais, en tire des sons exquis. L'œil a ses humeurs et son cristallin , les réfractions s'y ménagent avec plus d'art que dans les verres les mieux taillés; il a aussi sa prunelle, qui se dilale et se resserre; tout son globe s'allonge ou s'aplatit selon l'axe de la vision, pour s'ajuster aux distances, comme les lunettes à longue vue. L'oreille a son tambour, où une peau aussi délicate que bien tendue résonne au mouvement d'un petit marteau que le moindre bruil agile ; elle a, dans un os fort dur, des cavités pratiquées, pour faire retentir la voix , delà même sorte qu'elle retentit parmi les rochers et dans les échos. Les vaisseaux ont leurs soupapes ou valvules, tournées en tous sens; les os et les muscles ont leurs poulies et leurs leviers : les proportions qui font les équilibres, et la nmllipiicalion des forces mouvantes, y sont observées dans une justesse où rien ne manque.
Toutes les machines sont simples; le jeu en est si aisé et la stiiicture si délicate, que toute autre macliine est grossière en comparaison.
» A rechercher de près les parties, on y voit de toute sorte de tissus 5 rien n'est mieux fdé, rien n'est mieux passé, rien n'est serré plus exaclement.
» Nul ciseau, nul tour, nul pinceau ne peut approcher de la tendresse avec laquelle la nature tourne et arrondit ses sujets.
» Tout ce que peut faire la séparation et le mélange des liqueurs, leur précipitation, leur digestion, leur fermentation, et le reste, est praticjué si habilement dans le corps humain , qu'auprès de ces opérations, la chimie la plus line n'est qu'une ignorance très grossière.
» On voit à quel dessein chaque chose a été faite : pourquoi le cœur, pourquoi le cerveau , pourquoi les esprits, pourquoi la bile, pourquoi le sang, pourquoi les autres humeurs. Oui voudra dire que le sang n'est pas fait pour nourrir l'animal; que l'estomac, et les eaux qu'il jette par ses glandes, ne sont pas faites pour préparer par la digestion la formation du sang; que les artères et les veines ne sont pas faites de la manière qu'il faut pour le contenir, pour le porter partout, pour le faire circuler continuellement; (jue le cœur n'est pas fait pour donner le branle à cette circulation ; qui voudra dire (|ue la langue et les lèvres, avec leur prodigieuse mobilité, ne sont pas faites pour former la voix en mille sortes d'articulations; ou (|ue la bouche n'a pas été mise à la place la [)lus convenal)le pour transmettre la nourriture à l'estomac; que les dents n'y sont pas placées pour rompre cette nourriture, et la rendre capable d'entrer; que les eaux qui coulent dessus ne
sont pas propres à la ramollir, et ne viennent pas pour cela à point nommé; ou que ce n'est pas pour ménager les organes et la place que la bouche est prali(iuée do manière que tout y sert également à la nourriture et à la parole : qui voudra dire ces choses, fera mieux de dire encore qu'un bâtiment n'est pas fait pour loger; que ses appartements, ou engagés, ou dégagés, ne sont pas construits pour la commodité de la vie, ou pour faciliter les ministères nécessaires; en un mot, il sera un insensé (jui ne mérite pas qu'on lui parle.
» Si ce n'est peut-être qu'il faille dire que le corps humain n'a point d'architecte , parce qu'on n'en voit pas l'architecte avec les yeux ; et qu'il ne suffit pas de trouver tant de raison et tant de dessein dans la disposition, pour entendre qu'il n'est pas fait sans raison et sans dessein.
» Plusieurs choses font remarquer combien est grand et profond l'arlirice dont il est construit.
» Les savants et les ignorants, s'ils ne sont tout à fait stupides , sont également saisis d'admiration en le voyant. Tout homme (pii le considère par lui-même trouve faible ce qu'il a ouï dire, et un seul regard lui en dit plus que tous les discours et tous les livres.
» Depuis tant de temps (ju'on regarde et qu'on étudie curieusement le corps humain, (juoiqu'on sente (jue tout y a sa raison, on n'a pu encore parvenir à en pénétrer le fond. Plus on considère, plus on trouve de choses nouvelles, plus belles que les premières qu'on avait tant admirées : et, quoiqu'on trouve très-grand ce qu'on a déjà découvert, on voit que ce n'est rien en comparaison de ce qui reste à chercher.
» Par exemple, qu'on voie les muscles si forts et si tendres, si unis pour agir en concours, si dégagés pour
ne se point mutuellement embarrasser 5 avec des filets si artistement tissus et si bien tors, comme il faut, pour faire leur jeu; au reste, si bien tendus, si bien soutenus, si proprement placés, si bien insérés où il faut; assurément on est ravi, et on ne peut quitter un si beau spectacle; et malgré qu'on en ait , un si grand ouvrage parle de son artisan. Et cependant tout cela est mort, foute de voir par où les esprits s'insinuent, comment ils tirent, comment ils relâchent, comment le cerveau les forme, et comment il les envoie avec leur adresse fixe. Toutes choses qu'on voit bien qui sont, mais dont le secret principe et le maniement n'est pas connu.
» Et parmi tant de spéculations faites par une curieuse anatomie, s'il est arrivé quelquefois à ceux qui s'y sont occupés de désirer que, pour plus de commodités, les choses fussent autrement qu'ils ne les voyaient, ils ont trouvé qu'ils ne faisaient un si vain désir que faute d'avoir tout vu ; et personne n'a encore trouvé qu'un seul os dût être figuré autrement qu'il n'est, ni être articulé autre part, ni être emboîté plus commodément, ni être percé en d'autres endroits, ni donner aux muscles, dont il est l'appui, une place plus propre à s'y enclaver; ni enlin qu'il y eût aucune partie, dans tout le corps, à qui on put seulement désirer ou une autre constitution ou une autre place.
» Il ne reste donc à désirer dans une si belle machine, sinon qu'elle aille toujours, sans être jamais troublée et sans finir. Mais qui l'a bien entendue en voit assez pour juger que son auteur ne pouvait pas manciuer de moyens pour la ré[)arer toujours, et enfin la rendre immortelle; et que, maître de lui donner l'immortalité, il a voulu que nous coimussions qu'il la peut donner par grâce, l'uler par châtiment, et la rendre par réconi-
pense. La religion, qui vient là-dessus, nous apprend qu'en effet c'est ainsi qu'il en a usé, et nous apprend tout ensemble à le louer et à le craindre.
» lin attendant rinimorlalité qu'il nous promet , jouissons du beau spectacle des principes qui nous conservent si long-teinps; et connaissons que tant de parties, où nous ne voyons qu'une impétuosité aveugle, ne pourraient pas concourir à cette fin, si elles n'étaient, tout ensemble, et dirigées et formées par une cause intelligente (1). »
J'aurais voulu pouvoir suivre, dans l'étude de l'anatomie et de la physiologie humaines, la marclie que prend la nature pour arriver à la formation du corps liumain. Jl eût été d'un grand intérêt d'examiner d'abord l'homme dans son état le plus simple, et de montrer ses organes presque tout formés dans les matériaux appréciables nécessaires à leur production. Mais une pareille étude est délicate et difïicile, elle oblige à des dissections patientes et minutieuses, et ne saurait se passer de descriptions longues et détaillées que ne comportent pas le but et la forme de mon ouvrage.
Pour renfermer dans un cadre convenable cette Jlisloire des /bnclions du corps humain, j'ai cru devoir borner la description des instruments de ces fonctions à ce (ju'ils présentent de plus général dans leur forme et dans leur texture. En considérant les divers groupes d'organes, leur nature, leur enchaînement, leurs rapports et leurs usages, j'ai eu soin d'éviter des descriptions déliées, des détails techniques, qui effraient le lect,pur, et entassent dans sa mémoire une foule d'idées inutiles.
Les divers phénomènes par lesquels la vie d'un ani-
(1) Connaissance de Dieu et de soi-même, chap. iv.
mal se mniiifeste, sont le rcsull;U tie rnclion d'une pnrlie (juelcoïKjue de son corps; ces (lifîércnles parties, rjLie l'on peut regarder comme aulant d'instruments , portent le nom d'organes.
Lorsque plusieurs organes concourent à produire un phénomène, on désigne celte réunion d'instruments sous le nom d'appareil, et l'on appelle fonction l'action d'un de ces organes isolés ou de l'un de ces appareils.
Afin de mettre de la clarté dans la description des (-.rgancs et de l'ordre dans l'histoire de leurs fonctions, les physiologistes ont divisé les phénomènes de la vie en tlilférents groupes ; dans chacun de ces groupes sont enveloppées et comprises diverses actions qui tendent toutes vers un même but.
Ainsi, l'on a réuni sous le nom de fondions nulrilives tous les actes (|ui servent à la nutrition de l'animal, :,oit en enlevant aux productions de la terre des subiiances qui sont alimentaires ; soit en modifiant ces Lubstances alimentaires et en les réduisant en un suc (jui puisse se mêler aux organes 5 soit, enfin, en charriant le suc nutritif dans la structure de ces organes, pour qu'en se combinant avec elle, il en répare les perles et en favorise l'accroissement.
On a ensuite réuni, sous le nom de fondions de relations, tous les actes qui mettent l'animal en rapport avec les êtres de la nature. A l'aide de ces fonctions, l'animal unit son existence avec celle de ses semblables, il s'en éloigne ou s'en rapproche suivant ses craintes ou ses besoins. Il est pourvu, à cet eiret, d'un nombre assez considérable d'organes que l'on nomme sentants, qui lui servent à établir entre lui et le monde extérieur des relations aussi nombreuses que faciles. Ces organes lui servent à connaître ce qui existe hors de lui} par
eux, il est l'habilanl du monde, et non pas, comme le végétal, l'habitant du coin de terre sur lequel il est né. Il sent, il perçoit les corps qui l'environnent, se dirige d'après leur influence; et quel(|uefois mènie il peut manifester ses sensations, et coinniuni(|uer au monde extérieur ses désirs et ses craintes, ses plaisirs et ses peines, par des gestes, par des cris, par la voix, par la parole.
D'après ce que nous venons de dire, les fonctions des animaux se divisent d'elles-mêmes en deux classes :
Fonctions de nutrition,
Fonctions de relations.