Organisation provinciale du nord-ouest [microforme]
M. HENRI BOURASSA (Labelle): Le projet de loi qui nous est soumis est, À mon avis, le plus important de tous ceux qui ont appelé l'attention du Parlement depuis l’avènement de la Confédération. En prenant la parole pour en discuter certains aspects.
je sens tout le poids de la responsabilité qui m’incombe, tant au point de vue du vote que je serai appelé à donner que des opinious que je vais maintenant exprimer. En | écoutant le discours très remarquable que!
le premier ministre a prononcé, il y a environ un mois, À l'appui de cette mesure législative, une parole m'a particulièrement frap- | pé et s'est incrustée dans ma mémoire.| Après avoir fait une analyse du régime!
constitutionnel que ces territoires ont subi depuis leur entrée dans la Confédération, l'honorable ministre ajouia : “ Et le temps est venu où uous devons imprimer à ces territoires le Sceau de la nationalité canadienne.” Cette pensée a pénétré jusqu’au fond de mon esprit, et c’est celle qui m'ins- | pirera au cours de ce débat.
être de la nation canadienne habitera les vastes régions auxquelles nons sommes appelés à donner une constitution. Si nous avous le moindre souci de ce que doit être l'avenir de notre patrie commune, nous devons veiller avec un soin tout particulier à pe la rédaction de chacun des articles de cette loi ainsi qu'à la nature des commentaires par lesquels nous en déterminons la portée.
Je ne me propose pas de discuter aujourd'hui ni même de considérer les nombreuses dispositions de cette loi qui ne se rapportent pas à l'instruction publique. Néanmoins, je dirai en passant que j’approuve sans réserve la politique du Gouvernement au sujet du domaine public. Partant toujours du principe que je viens de poser, de la nécessité d'imprimer à ces territoires un caractère nettement national, je crois que c'est le devoir du Gouvernement fédéral de »
se réserver le droit et le pouvoir de faire les lois qui déterminent l’aliénation de ces ter- | res Où devra vivre et grandir la moitié de la ; Population du Canada. Sans doute, les hom-
Nous parlons aujourd’hui au milieu du tu-| mes qui gouvernent aujourd’hui les terrimulte des passions et des préjugés. Parmi |toires du Nord-Ouest sont animés d’un es-
ceux qui ont donné le signal de cette agitation il s’en trouve peut-être qui sont sincères; mais les autres n’ont assurément d'autre but que d’imposer silence à l'opinion saine du pays afin d’escamoter la faveur populaire.
prit public et d’un patriotisme qui m’inspirent la plus grande confiance ; mais le moment n'est pas éloigné où ïils seront impuissants à.résister au flot pressant de l'immigration. Ces régions se peuplent ra-
Ai-je tort de croire que la | pidement d'une population nouvelle à qui
tourmente qui bouleverse le Canada depuis | l’unité canadienne n'inspire encore au-
un mois a fait oublier à un nombre trop grand de citoyens et représentants du peuple le devoir important qu’ils ont à remplir et les conséquences ultimes de l’accomplissement de ce devoir ? N’oublions pas que d'ici À cinquante on cent ans, la moitié nent-
2 ++ ses st.
cun intérêt. Ces nouveaux venus n’ont pas de racine dans le sol canadien ; ils n’ont aucune part au patriotisme historique du Canada ; et rien ne les empêchera, peut-être, d'imposer un jour des lois néfastes aux gouvérnements de ces territoires. J’afirme