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CONCLUSION

Ces documents serviront de conclusion à notre notice sur l'organisation sanitaire des colonies. Ils laisseront le lecteur sous l'impression que désormais est indissoluble le lien noué depuis 1890 entre l'hygiène coloniale et les instituts de haut enseignement et de recherches scientifiques de la Métropole. Les faits sont là, qui parlent avec l'éloquence et la logique de leur réalisation. Car tout se tient dans leur chronologie et dans leur filiation. On peut y suivre pas à pas, d'année en année, la marche imprimée dès le début à l'organisation sanitaire, sous les sous-secrétaires d'Élat ou les ministres qui se sont succédé dans la période de constitution du service de santé.

Le mouvement scientifique qui en est sorti, les missions fécondes qu'il a engendrées, les hommes que ces missions ont mis en lumière, toutes ces forces venues au jour ont eu des conséquences dont l'utilité a singulièrement dépassé les limites de notre empire colonial. De nouvelles idées ont pris naissance et se sont affirmées dans une propagande d'hygiène sociale et d'assistance médicale, apportant plus de justice, plus de protection et de confort à nos populations indigènes.

Ces idées, qui sont l'honneur de notre nation et de notre temps, et qui rayonnent autour de nous, ont trouvé un point de départ et un appui dans les institutions d'hygiène coloniale ; et le temps et la conquête des esprits les fera progresser dans l'avenir.

Mais nous pouvons dire, dès à présent, que c'est par les progrès considérables que ces idées ont réalisés ou provoqués, que l'Inspection générale du service de santé a justifié la confiance des divers ministres appelés à diriger les affaires coloniales. Elle a rempli sa tâche initiale. Elle a été fidèle au devoir et àla dignité des fonctions ardues qu'elle assumait en 1890, alors que beaucoup reculaient ou étaient pris de doute en présence des difficultés et des résistances qui se manifestaient de certains côtés.

Aujourd'hui, et depuis 1897, quand a pris fin la période laborieuse et pénible, l'œuvre de l'Inspection générale du service de santé des

colonies a reçu les plus hautes consécrations. Avec une générosité et un esprit de justice qui ont profondément touché l'opinion et donné à tous la preuve que tant d'efforts n'avaient pas été déployés en vain, le Ministre des Colonies d'abord, puis l'Académie de médecine et enfin l'Institut, lui ont accordé leurs suffrages et décerné leurs récompenses. Aucune marque plus éclatante ne pouvait mieux traduire l'estime scientifique acquise par la Direction médicale des colonies. Rien ne pouvait souligner avec plus de force les services que cette Direction avait rendus en créant le corps de santé, en 1890 ; en organisant, en 1891 et 1892, les laboratoires de bactériologie et d'hygiène de nos possessions; en y provoquant l'envoi de missions, de 1892 à 1896, pour l'étude de la peste et du choléra et de la fièvre jaune; en suscitant des savants pour les diriger ; en les protégeant contre des difficultés de tout ordre, et en les défendant contre des critiques souvent passionnées et injustes; en fondant, enfin, durant des années d'un labeur ingrat et au milieu d'incertitudes parfois inquiétantes, les institutions scientifiques et sociales de notre vaste empire colonial.

Ce témoignage irrécusable de sollicitude, donné par de si hautes autorités aux progrès de l'organisation sanitaire des colonies françaises, est bien fait pour provoquer des dévouements. N'eussent-ils même pour mobiles intimes que le sentiment du devoir et la vertu du sacrifice, comme il arrive dans une carrière qui exige toujours la première de ces deux qualités et se résume souvent dans la seconde, que ce témoignage n'en serait pas moins précieux. Comme un exemple moral, sain et vivifiant, puisse-t-il soutenir, encourager et fortifier ceux qui, dans l'avenir, seront appelés, dans les colonies, à maintenir et à continuer la tâche honorablement accomplie par leurs devanciers !

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