‹ Organisation sanitaire des colonies: progrès réalisés - progrès à faireChapitre 3 sur 31 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'organisation sanitaire des colonies est un problème qui, au point de vue de la perfection administrative, a toujours été assez délicat à résoudre. Il se rattache très étroitement aux conceptions du régime colonial, aux idées qui régnent à cet égard soit dans le Gouvernement, soit dans l'opinion des spécialistes, et sa solution dépend d'une réponse à cette question préjudicielle : Existe-t-il un régime colonial ?

Si l'on entend que nos colonies représentent dès maintenant des domaines d'exploitation et ne pourront devenir, à aucune époque, des territoires de peuplement européen, la question de l'organisation sanitaire est jugée : c'est soùs la forme administrative qu'il faut l'établir.

Si au contraire la conception de l'empire colonial repose sur le peuplement progressif et sur la constitution de ceutres de colonisation par l'établissement d'un nombre croissant d'Européens dans ces centres, l'aspect de la question sanitaire change : c'est une organisation de liberté qui convient, en faisant appel k l'initiative médicale.

Et cependant, même dans cette dernière hypothèse, il faut compter avec les difficultés et les lenteurs du développement autonome. Pendant un temps très long sans doute et qu'il est impossible de calculer dès à présent, les centres européens créés ça et là ne seront

ni asseg nombreux, ni assez prospères pour permettre à la profefl médicale d'y vivre. Il faut donc prévoir que, sauf quelques exceptions en foveurde localités privilégiées, la lituatlon sera à cet égard la même que dans les colonies d'exploitation, et que le service de santé ne pourra y être établi que dans des formes administratives, au moins rlans les débuts. En somme, on doil concevoir l'organisation sanitaire d'après deux systèmes juxtaposés, Dans l'un, plus général, il existe un corps médical entretenu par l'administration, pour être réparti suivant les besoin» entre les diverses colonies ; dans l'autre, des docteurs en médecine, libres de tout lieu administratif, exercent dans des localités coloniales de peuplement européen assez, dense pour leur offrir des chances sérieuses de clientèle.

Ce n'est pas tout. Le corps médical entretenu par l'administration peut être militaire ou civil ; il peut être dans la dépendance directe du Ministère des Colonies, ou a la charge immédiate du budget de chaque colonie ; enfin, il est permis de concevoir à côté un régime purement municipal, ou encore un régime d'abonnement concerté entre des maisons de commeree Int ér e ssées à avoir les soins médicaux,

A l'heure présente, eu 19<)0, tous ces systèmes sont représentés,

notamment en Indo-Chine* in Afrique occidentale française, an Congo*

à MadagtSCâr< Mais de tous* e'eai le service d'État, — le service prinwpf qui, seul, fonctionne avec régularité, tes autres, lentement encore à l'état debauehr imparfaite, dénués de toute organisation formelle et de toute garantie durable, attendent hm refoule et v\w administration rationnelles*

Car, (1 établissements individuels de médecins qui ne

peuvent se soutenir qu'à l'aide de subventions locales, où chaque praticien est plus ou moins fonctionnaire, on ne trouve aucune des sûretés légitimes qu'exige la possibilité d'un décès précoce ou la durée Ni la question de retraite de ce personnel» ni le fonctionnement de sii carrière, ni son droit aux congés de convalescence OU de repos n'ont été réglés par des acles constitutifs, Il s'en suit que ees emplois ne Valent que pif lesehances aléatoires de la clientèle, et que leur dans l'état actuel de nos colonies, est et demeure

Tire.

Eli résumé, si nous nous plaçons à ce point de vue qu'en tout état

tttiS les colonies d'Afrique, de Madagascar et dindo-Chine ne

paraissent pas desti être jamais des territoires de peuple-

ment européen, et si nous considérons la prédominance de l'élément fonctionnaire qui s'y manifeste, la seule organisation médicale possible et rationnelle» c'est la forme administrative. Ce régime, englobant tous les éléments actuellement existants, se diviserait naturellement en deux branches fondamentales : corps de médecins militaires, corps de médecins civils, l'un et l'autre réalisant aux colonies cet idéal infiniment juste d'une médecine d'État ou de communauté sociale, vers lequel l'Europe parait devoir évoluer comme vers un avenir de solidarité et d'assistance.

Mais si l'on opérait cette division dès à présent, on s'apercevrait aussitôt qu'elle ne répond que théoriquement à la logique des principes, et qu'en fait le service médical des colonies, malgré l'existence des variétés civiles et municipales que nous avons signalées, est pour la presque totalité des besoins assuré par le corps de santé des troupes coloniales, agissant comme organisme d'État*

Il est bien entendu, d'ailleurs, que les colonies des Antilles, de La Guyane et de La Réunion, sans omettre celle de Saint-Pierre et Miquelon à Terre-Neuve, échappent h cette constatation, par le fait de leur organisation sociale presque identique à celle de la métropole, Là en effet, nous trouvons un corps médical recruté par les méthodes ordinaires, vivant de la profession comme en Europe, et soumis aux mêmes lois, peut être regrettables, de la concurrence économique.

Quant à l'Algérie et à la Tunisie, dont le caractère de colonie, au sens historique et géographique que nous attachons en France à cette qualification, est notablement différent de celui de nos possessions lointaines, l'organisation sanitaire qui y existe affecte un type mixte, où se retrouvent à la fin les conditions de liberté professionnelle et de fonctionnarisme médical. Nous aurons à en parler dans un chapitre spécial, en tenant compte de leur état particulier de développement et des nécessités locales que leur régime justifie dans le présent et dans l'avenir.

Mais nous aurons surtout en vue l'ensemble de nos possessions intertropicales, c'est-à-dire les colonies de Gouvernement et de tutelle directe, et plus spécialement l'Indo-Chine, Madagascar, l'Afrique Occidentale française et le Congo.

Toutefois, avant d'en aborder l'organisation sanitaire, il nous paraît nécessaire de jeter un coup d'oeil sur leur caractère hygiénique, afin de bien comprendre l'importance du service médical et les nécessités auxquelles il est appelé à taire face.

En eftet, la raison d'être d'une organisation du service de santé des colonies, les principes sur lesquels elle repose et les conditions générales et particulières de son fonctionnement sont si intimement liés à la nature des climats elâ leur action sur l'homme, qu'il est d'une nécessité absolue, en commençant cette élude, de jeter un regard sur la géographie médicale des pays chauds.

C'est elle cjui nous permettra de nous rendre compte de l'importance fondamentale des questions sanitaires ;ui\ colonies, ainsi que île l'intérêt primordial qui lie étroitement ces questions à l'avenu noinique de nos possessions. En parcourant ce vaste empire, nous menons se succéder des conditions hygiéniques si variées, et parfois si opposées sous une apparence d'uniformité climatique, que Ton Comprendra sans peine l'utilité des Connaissances spéciales que Ton exige aujourd'hui du médecin colonial.

Ces connaissances forment un chapitre surajouté à la médecine générale. Elles sont ["objet d'un enseignement qui vient après l'obtention du diplôme de docteur en médecine. Pour le candidat qui n'a en vue qu'une acquisition de notions sur la médecine mondiale, elle ne représentai il est vrai qu'une théorie, et elle est surtout une érudition, Menu- envisagée sous cet aspect, la médecine exotique ne laisse pas d'ajouter beaucoup à la valeur scientifique du médecin, et c'est cette considération 1res juste qui prévaut de plus en plus dans les 'milieux universitaires de l'Europe et île l'Amérique.

Cependant, il y a loin de la théorie à ta pratique, ici comme ailleurs, et peut-être encore plus en médecine coloniale qu'en toute autre science, en raison du caractère conjectural des tin Aussi

convient-il de n'attacher qu'une valeur relative au diplôme purement nominal, et qui demeurerait sans sanction professionnelle, En réalité n'est vraiment médecin colonial que le médecin qui a vécu et pratiqué aux colonies, non pas quelques jours, ni même quelques mois, mais plusieurs années. Ctesl « ce prix seulement qu'il acquerra la valeur clinique, hase inébranlable de la râleur professionnelle totale,

Le médecin colonial ne peut donc être qu'un homme de carrier**. il doit Commencer jeune et poursuivre aux colonies, au moins pendant Cinq OU sïv ans, les études cliniques et les observations techniques qui s'y rattachent, avant d'atteindre cette maturité de jugement et cette

décision dans les actes qui caractérisent le bon praticien. On verra plus loin que cette vérité, d'ordre absolu, conduit directement à la

conception du service de santé colonial tel qu'il est actuellement organisé, et qu'elle y fait rentrer d'avance toutes les modifications que l'avenir pourrait apporter au système en vigueur.

Les colonies dont nous allons maintenant étudier les conditions générales de climat sont toutes situées entre les tropiques. Elles participent, au point de vue de la géographie générale, d'une communauté de caractères physiques qui comprend, d'une manière sensiblement égale et sauf certaines dérogations locales, la chaleur, l'humidité et l'électricité atmosphériques, la luminosité et la répartition des jours et des nuits.

A première vue donc, il semblerait qu'à latitude égale leur climat dût être uniforme. Il n'en est pourtant rien. Et ce qui est le plus frappant peut-être dans les dissemblances qui percent sous l'apparente uniformité géographique, c'est la fonction organique du climat, c'està-dire son mode réactionnel sur le corps humain. Pour des latitudes égales, ou dans les conditions isothermiques exactement correspondantes, nous trouvons des climats dont l'action n'est plus la même, et qu'il est difficile d'expliquer autrement que par l'entrée en jeu de forces naturelles telles que la qualité du sol, la direction des vents, la somme des pluies tombées, la flore, probablement aussi la faune, et enfin, pour une large part, le milieu humain.

Aussi apparaît-il comme une difficulté insurmontable de donner des pays chauds une idée physiologique exacte, scientifique, qui soit une résultante mathématique des éléments météorologiques connus et mesurés. Si l'on chiffre, par exemple, la thermométrie annuelle et mensuelle, lcsminima, moyennes et maxima ne nous donneront aucun renseignement sur la genèse des maladies endémiques. A température égale, à météorologie générale identique, nous trouverons que correspondent des tendances pathologiques dissemblables.

En Indo-Chine, c'est la diarrhée et le choléra ; en Afrique, c'est la dysenterie et les infections biliaires qui forment les endémies caractéristiques. Un seul fond commun les rapproche : le paludisme. Mais ce dernier n'est-il pas ubiquitaire ? Il reste donc que les continents asiatique et africain n'ont, au point de vue pathologique, que des

-lé-

car. m étémei uès« doivent • ii» 1 chercta

partout ({Lie dans le milieu physique, qui esl sensiblement le

même pour tous les den

En nese reportant qu'aux descriptions de géographie physique les plus complètes et les mieux représentées, nul médecin ne serait capable d'assigner & l'avance à telle uu telle contrée des pays chauds i- caractère hygiénique qui lui appartient. La corrélation de la climatologie et «les maladies endémiques nia qu'une portée restreinte . elle

vaut pour des accident* généraux et de Causalité purement ealoriqu- .

nue dans le coup de chaleur, par exemple ; elle n'a plus quuu

rôle de condition préparatoire aw autres maladies, et notamment

dans les grandes infections nés Fièvre jaune, choléra, flèi

bilieuse hémalunque. infections biliaires, lièvres intestinales, r< veut d'agents directs, et ceux-ci semblent cantonnés dans les dîver régions tropicales suivant des loi» organiques strictement local* Sans uuldmile, ici, les germes animés, bacilles et protozoaires, poisons telluriques ou ehimisme volatile des agglomérations humaines, tiennent leurs origines h leurs conditions d'existence de l'organisation même de la nature.

Nous en avons, dés à présent, IMS preuve irréfragable dans la

localisation des endémies à canotera pathogftnique affirmé, La pe* et le choléra an Asie, la flèvrajaune dans la bassin atlantique, la lièvre

bilieuse hémalunque en Afrique occidentale, trouvent leurs germes spécifiques dans les conditions particulières du soi* Si l'on supprimait toutes les communications maritimes ou terrestres, la délimitation des foyers primitifs se ferait dVIIe-mème, et il serait facile de renfermer dans des zones pour ainsi dire fixes, Le lait de les rencontrer hors de leur berceau d'origine signifie seulement que les gêna qui donnent naissance à ces grandes endémies peuvenl et transmis suivant certaines voies, et dans des conditions déterminées* Mais aussi leur prompte disparition des contrées distantes ils ont pénétré el parfois étendu leurs ravages signifie non moins

justement que le sol, lair el le milieu social des localités envahies ou seulement effleurées n'en Contiennent pas dune manière durable éléments de genèse, qui demeurent propres au foyer primitif et permanent.

Ces éléments sont donc essentiellement inhérents à la nature lieux ; non pas a la nature physique caractérisée par les constituants

:iuair« M et commun* aux mêmes latitudes, mais I la composition ■ ■t, quant il présent! indéfi milieux Immédiate, C'est

l i Jtta inconnue de la biologie générale que ne parvient pas a révélei la description purement géographique, nu nu- éclairée dei VM1

gnexneuts médicaux, Ton! es qu'on s de précis à ion égard découle de l'observation et. on somme, de la nomenclature des endémies. Nous I <»nuaissons positivement les maladies régnantes dans telle ou teUe

partie des tropiques, et nous savons exactement quels en sont 1rs loyers d'origine. Quant à en connaître les causes initiales, n'est évidemment OU avantage dont la science ne peut encore se prévale malgré les progrès considérables réalisés dans ces dernières année** Si nous voulions une [Heine de la légitimité de cette réserve, nous la

trouverions précisément dons les progrès récents, sur lesquels peut

être a-t-on fondé trop d espérances. Ku ellel, le rôle des moustiques et <les moitCbes dAUS le propagation des maladies, paludisme, lièvre ne, maladie du sommeil, deugue, eU\, etc.. même s'il était accepte définitivement de tous et sans contestation Ultérieure! n'aurait encore que reculé le terme de la découverte nécessaire : celle des conditions même du germe mïeeticux. Car les agents vecteurs ne sont pas gà râleurs. Ils [misent quelque part l'agent iuléeticux | ml. v iv aiit

déjà de sa vie propre dans les milieux naturels, sol, eaux. Ion débris organiques végétaux ou animaux, pour l'inoculera rhomme ; a moins, toutefois, que ce soit l'homme qui, le premier, péri agent dinleelion autour de lui, en lui pml-êlre aussi, pour ini son tour l'agent qui en sera vecteur, mouche ou moustique.

Car le rôle de l'organisme humain ne se borne pas a recevoir les

germes extérieurs. Il est des agents dïiifeclioii qui \ivent en lui, »ous

inertes et qui demeurent inactives tant que léquilibrc de

résistances naturelles est intact. Or, si quelque condition est plus

particulièrement propre i rompre cet équilibre, c'est, sans nul douts

possible, la climatologie tropicale. Aussi TKuropéen est-il placé d:<

qu'on ;i appelé rimainenes morbide, des qu'il se trouve soumit

finlluenee des pays chauds, lit c'est ici le lieu de taire remarquer combien cette susceptihiliti la démonstration de la spécilir

des climats, et concourt à établir lu nature locale et également spécifique des germes infectieux.

Si, en effet, l'Européen ressent de manière nuisible les eflVts du climat des pays chauds, et si. par la seule inlluence de ce climat sur

fondions physiologiques, il est des troubles morbicl

quelque sorte intérieurs et spontati enfin, certaines maladi

amunes b toute la zone intertropicale, comme la dysenterie et les lièvres intei liions colériques fébriles), ne peuvent être

imputées qu'à la seule altération des fondions et qu'à une véritable logcnèse, il n'en «si pas moins formel el catégorique que ihlcs climatiques ne vont pas jusqu'à produire paradoxalement li lièvre jaune en Asie et le choléra en Afrique. Pour ces deux gran» ; endémies! comme du reste pour beaucoup d'autres, il faut le foyer et ni»' qui y vît d'une manière géograpbiquement limif

Il s'ensuit donc (pie toute la zone intertropicale se trouve divisée en régions tes infectieux spécifiques, et que ceux-ci ont leur

existence intimement liées aux qualités organiques de ces régions*

La bactériologie n'a pas encore, en dehors des constatai** acquises quant à l'existence de certains agents, établi les conditions de leur biologie dans la nature. Nous connaissons le microbe du choléra, nous savons qu'il e*1 véhiculé par l'eau. Mais l'eau est peru liante, el le choléra ne Test pus. Il est sujet k des alternatives d'apparitions et di* disparitions. Les causes initiales de son développement, ou, si Ton préfère, du développement pathogénique de son microbe nous sont totalement inconnues*

Autant de ta fièvre jaune Ici, l'accord n'est pas fait quant à la nature de l'agent infectieux, Certains auteurs ont décrit un bacille» et même plusieurs bacilles : d'autres ont conclu que le microbe supposé générateur n'était pas accessible à nos moyens actuels d'investigation optique el qu'il ne pouvait être détermine. M raccord existàt-il sur le microbe spécifique, que nous ne serions p;^ davantage fixés sur les causes naturelles de son développement pathogénique. Sa disparition momentanée, DU plus exactement, lu cessation

temporaire de son activité infectieuse obéit à des lois qui nous échoppent complètement.

La propagation par le Stegomyia ne parait être qu'un mode

épidéinique, et rien d'autre. La destruction des moustiques, la prol

lion et l'isolement des malades susceptibles de les infecter n'est qu'un palliatif, ce n'est pas la prophylaxie définitive.

Pour la réaliser, pour pouvoir proclamer l'extinction de la lièvre jaune, il faudrait découvrir el atteindre le germe, non plus chez l'homme ou les insectes intermédiaires infectés par l'homme, mai me OÙ il prend naissance, c'est-à-dire au sein de la nulurc.

Pour la fièvre jaune comme pour le choléra, comme aussi bien pour la bilieuse liémalurique et d'autres maladies infectieuses des pays chauds, c'est à la nature tellurique elle-même qu'il faut arracher le secret de ses combinaisons morbides. Certes, tous les chaînons de recherches intermédiaires, toutes les étapes représentées dans cette direction sont d'une grande utilité. Que l'action des moustiques et des mouches soit la vérité définitive que proclame la science des médecins occasionnellement naturalistes, ou qu'elle ne soit qu'une vérité approchée et encore discutable pour certains cliniciens et même pour quelques naturalistes professionnels, c'est, dans tous les cas, une magnifique étude contemporaine dont l'effort, quoi qu'il arrive, n'aura pas été perdu.

Si les résultats de cette étude se confirment par le temps et le nombre des observateurs, et si l'hypothèse devient réalité absolue et vérité éternelle, c'est qu'alors les intermédiaires seront non seulement vecteurs, mais encore générateurs autonomes et primaires. Dans ces conditions, les moustiques et les mouches contenant en eux-mêmes l'origine et la fin de certaines maladies tropicales, il n'y aura plus qu'à les détruire ou à s'en protéger par des moyens à l'abri de toute défaillance, pour mettre un terme aux épidémies.

Si, au contraire, il résulte d'une observation poussée encore plus loin que le rôle de ces insectes se borne décidément à n'être que les intermédiaires de l'agent infectieux, rien de durable n'aura été obtenu qu'au jour seulement où Ton aura enfin découvert et anéanti le foyer primitif de cet agent.

Dans un cas comme dans l'autre, la tache est ardue et compliquée. On doit, en effet, envisager la nature tout entière, poursuivre mouches et moustiques dans l'immensité des espaces tropicaux, le long des fleuves, rivières, ruisseaux et lacs ou marais innombrables qui couvrent des espaces pour ainsi dire sans bornes. Bien plus, il faut fouiller les écorces, les souches et les gaines des lenilles, éclaircir et peut-être supprimer les forêts, détruire la brousse éparse sur des étendues colossales, endiguer les cours d'eaux, drainer ou combler les étangs et flaques d'eau sur des millions de kilomètres carrés, mettre en culture d'énormes surfaces jusqu'ici abandonnées à l'état sauvage et livrées aux forces violentes de la nature. Car c'est à ce prix seulement que les insectes et les germes infectieux pourront être réduits, peut-être, à l'impuissance !

fctft cite enlrepri- Ife nu "me rralisahl. C* pas U

pure chimère? Bt les immensités tropical iveitt-elli s le

il »*t 1rs pluies qui hes UVomli ni ineessainmenl et d'une mani • n c|iteh|iie sorte tumultueuse, devenir le jnnliii paisible de l'homme? Nous ne ta pensons p: oyons pas I Cette puissance

humaine qui maîtriserait les ardeurs telluriqin s H 1rs < ner^ies alm phèriques de ers régions*

Mais, s'il nous puni romanesque de vouloir modifier du toul lout la physique du globe» et en particulier de poursuivre I ,m< tissemenl de la vie protozoairienne et des lus unicellulair les lïptiou à peine applieable à des péi imètrea minus-

cules, — nous pensons que l'homme peut beaucoup, en ee <pn coneei -ne sa propre personnalité biologique, el que cV»l I r * qu'il lui «vient surtout de poil.i sis efforts là que l'Hygiène doit

pouvoir triompher.

LTairopéen est responsable de -m s maladies aux pays chauds par son ignorance des lois générales «le la nature. Il s'expose à tout propos, sans presque jamais s'en douter, aux causes pathogènes. Il les lorecs obscures qui l'entourent, tout en absorbant journellemeiit de l'alcool, OU en insérant, suivant des rttei eulinaires recherches, des aliments i neoinpalibles ;ivtT les fondions de nutrition sous les tropiques, II veut, aux pays chauds, mener la vie dT>urope. < s| sa faute, et qu'il s en prenne surtout à lui ! Oui, celtes, la vie de l'homme, et uolammenl relie de l'Kuropst plus en harmonie avec les conditions de climat tropical, d l'instant qui! ne moditie pas les habitudes qu'il avait dans les pays tempérés ou froids.

L'habitation, l'alimentation, l'habillcnu-nl, le régime de vie el le genre d'occupation, sont régies par des besoins nouveaux. Qi d étonnant, si l'Kuropéen n'en lient pas eomple. qu'il devienne la proie v .[(u l'entourent ?

st | ce point de vue que l'hygiène, surtout, sera l'A

le comprend, pourra comporter des indications -uivant les latitmh qmiques. Eh Indochine, -

tlevr^ sïnspirer des mesures p\ |>ré\cnir les nrïertn

(liait héiqucs, dysentérique- holcra.

Ahique, e! tenir compte principalement des moy.

propres ;i éviter les maladies du l'oie et les infections intestinales,—

uiiihs. colites infectieuses avec constipation, infection paludéenne, maladies typhiques, fièvre jaune et bilieuse hémalurique.

Suivant les régions, et d'après leur constitution médicale prépondérante, ce sera donc un régime nuancé et adapté aux conditions

locales, qu'il y mira lieu de suivi e.

M;iis d'une manière général^ c'est par les moyens individuels que la résistanc auses de maladie peul s'acquérir. Ces moy

sont naturellement bien renforcés, quand l'hygiène collecti ajoute. I \\ c'est là que sont particulièrement efficaces les règlements de salubrité publique concernant l'habitation, la voirie, la déclaration des maladies, l'isolement des infectieux, les amenées et les dfstributions d'eau potable, etc., etc.

Nous ne pouvons que renvoyer au* traités d'hygiène te lecteur

qui voudrait s'instruire en ces matières. Pour nous, notre rote

: se bornera les indiquer sommairement ici uil remarquer

toutefois que leur étendue et leur Importance snllisint ft établit la

ssité impérieuse dîme lotte organisation sanitaire.

11 faut, en effet, l'influence d'un corps médical, il l'uni tiou

professionnelle, sou activité t son esprit de propagande hygiénique.

pour arriver a aînere les erreurs ri les pi répandus parmi les

colons européens. Ce n'est que par une véritable campagne d*hygiéue,

menée avec énergie et ténacité, qu'on peul sr; Ihiller d'arracher A

I mort qui les guette et les saisil avant l'heure Li

médecine, ici, opère certainement dans la sphère des posatbilil Elle peut, si elle convainc les intéressés, diminuer notablement autour d'eu îorjtifiqe

se laisser arrêter par l'incrédulité de »nts un ;

l'insouciance des avertis, elle doit p 1 tache au joui le jour,

forte tbs laits acquis, eoiilianle dans les snc< or.

! des p rog r ès coloniaux «si <l publique ri pi -

dtS Kuropet

(.(vi pourquoi il Haut à cette science d tants qualifiés.

I t ison pour laquelle l'Ktat ou h M doivent

nier devaid au eu vnl pou

Nous allons Noir que l'Etal n'a e sens

toutes les époques il a appliqué ses bAm ta I donne colonies

meilleure organisation similaire poss de

nouvelles améliorations, nous souiii la même lionne volonté et le même esprit de décision que par le pas

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