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Organisation unitaire et nationale de l'assurance

J'ai déjà publié on 1840 un premier travail sur F organisation unitaire des assurances; un exemjdaire de ee travail fut remis par moi à tous les membres du ministère et des deux Chambres. Le peu d’adhé* sions que j’obtins à la Chambre des députés me fît comprendre que la question était encore trop nouvelle, trop peu connue pour qu’on pût sonner à sa réalisation , et qu’il fallait avant tout la répandre dans l’opinion publique. C’est dans ce but que je publiai à différents intervalles une série d’articles dans la Démocratie pacifique.

En 1845, M. Humann, alors ministre des finances, me fit appeler auprès de lui pour examiner la question. M. Humann appréciait parfaitement déjà la situation financière du trésor, et il cherchait à lui créer, non pas des ressources accidentelles, mais de nouveaux revenus. L’idée lui était venue de s’emparer des assurances et de créer un impôt sur le papier.

Il comprit bientôt que, même en diminuant notablement la prime actuelle des assurances contre l’incendie, il pourrait encore retirer facilement de celte opération un revenu de 45 millions par année. Après avoir hésité quelque temps entre le système

d assurance facultative et le système d assurance obligatoire, il avait iini par adopter ce dernier mode.

M. Humann mourut subitement quelque temps après ; dès lors, la réalisation de mon système fut indéfiniment ajournée. En vain je tentai un nouvel effort près de M. Lacave-Laplagne ; celui-ci me fit répondre que mon projet n’était point praticable.

Depuis cette époque, la question des assurances par l’État faisait chaque jour des progrès dans 1 opinion publique, bien qu elle restât stationnaire dans les régions officielles. L' avènement de la République semble devoir assurer définitivement son succès, surtout si les membres de l'Assemblée nationale ne se préoccupent pas outre mesure du déluge de pétitions qui vont lui être remises de la part d’agents intéressés.

Ses ennemis les plus acharnés sont les membres de l’ancienne gauche. 11 n’a pas dépendu d'eux d’entraver ses progrès; ils n’ont négligé aucun moyen de la discréditer. On se rappelle que dans une des dernières sessions du conseil général de l Àisne, M. Odilon Barrot, poussé dans ses derniers retranchements par les bons arguments que faisait valoir un de ses collègues en faveur de la question, répondit qu'il repoussait l'organisation des assurances par l'État, parcequ elle était entachée de fouriérisme. Pourquoi donc M. Odilon Barrot ne repousse-t-il pas aussi les crèches, les salles d’asile, les colonies agricoles, etc.? Elles sont bien autrement entachées de fouriérisme,

puisque fouriérisme ii v a, que mon système d assurance.

Enfin la cause esl à peu près gagnée aujourd’hui, et ce succès serait à lui seul une récompense suffisante pour dix ans de déboires, de persévérance à toute épreuve. La raison finit toujours par avoir raison.

Au point ou en sont actuellement les choses, j’ai pensé qu i! était utile de publier une nouvelle édition de ma brochure, augmentée de quelques articles publi és dans la Démocratie , et avec les modifications qu’une étude et une expérience de dix ans m’ont suggérées.

Comme je l’ai dit en 1840, je me suis entièrement consacré à la question des assurances par l’État, parce que cette idée me parait éminemment utile, éminemment sociale; si je me suis trompé, que mes antagonistes me le prouvent, et comme je n’ai dans cette question d autre intérêt que celui de la vérité, d’autre désir quecelui d’être utile à mes concitoyens, il ne m en coûtera nullement de reconnaître une erreur commise de bonne foi, et en vue du bien public.

LNITAIRE ET NATIONALE

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