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Tarde, Lois de l'imitation, chap. IV

l'organisme, en vue de la lutte contre l'étranger (1). L'on peut observer en effet qu'il y a des peuples qui n'ont de chefs qu’en, temps de guerre, chefs dont l'autorité cesse avec la paix ; et que nombre de nations historiques, Grecs, Gaulois, Germains, ne formaient de confédérations, avec des chefs centraux, qu’au cas de lutte contre les sociétés avoisinantes. Et l’on comprend que, une fois institués pour la guerre, ces chefs aient tendu à se ren-. dre pérmanents, et y soient souvent parvenus grâce à la persistance fréquente d’ua état d'hoslilité ou de seini-hostilité. Cette vue de M. Spencer renferme donc, croyons-nous, une grande part de vérité. Pourtant, telle n’est pas, à notre avis, l’unique origine de l’appareil de direction. Même en dehors de toute lutte, il a le plus souvent fallu des chefs. Dès que la société avait, pour se nourrir, à accomplir un travail un peu difficile, il était nécessaire qu’un membre de la tribu en prit la direction. Ce devait être, ou le plus vizoureux, ou le plus habile; tantôt un homme dans la force de l’âge, lantôt un vieillard expérimenté. Ainsi, le gouvernement n’a pas seulement apparu dans les sociétés du type appelé par M. Spencer « militaire », mais aussi dans les sociétés du genre qu’il nomme « industriel ». D'une façon générale, cet auteur a un peu exagéré, selon nous, la liaison exis-, tant entre le développement du militarisme et la force du gouvernement. Ce qui est certain, en tous cas, c’est que la loi qu’il a posée à cel égard ne saurait être vraie que du gouvernement politique: car, pour le gouvernement intellectuel etpour le gouvernement économique, 1ls croissent assurémen! en raison ruverse du militarisme. — Il nous semble donc que, même chez les nations pacifiques, des chefs on: dû le plus souvent se différencier du reste du peuple. Leur créalion est surtout devenue nécessaire quand les tribus primilives ont grandi en nombre et ont accru leurs domaines, quand en se fusionnant elles ont formé des peuplailes. Les chefs se sont alors multipliés. Il est même arrivé que, pendant qu’ils s’isolaient de plus en plus de leurs subordonnés, ils se différenciaient les uns des autres. Le chef

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