‹ Organisme et SociétéChapitre 34 sur 68 · DAC ARS · texte numérisé non relu

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multitude d’autorités distinctes, s’exerçant chacune dans une sphère spéciale. — Mais, en même temps que ce mouvement de dispersion, s'opère, d’un autre côté, un mouvement inverse de

concentration. Les chefs des peuplades étaient d'abord sans lien

les uns avec les autres. Quand les peuplades vinrent à s’unir,

ces chefs durent, ou former un conseil central, ou accepter tous

l'autorité supérieure de l’un d’entre eux. Progressivement, l’au” torité centrale se fortifia, réduisit les autorités locales à un rôle

de plus eu plus humble. Seule elle garda des attributions poli-

tiques, ne leur laissant plus que des fonctions administratives.

Elle réduisit même singulièrement le nombre de ces autorités subordonnées. Dans une région qui comptait, sous le régime

féodal, des centaines de châtelains inlépendants, il n’y avait

plus sous Louis XIV qu'un gouverneur, un lieutenant-zénéral,

un intendant et q'ielques subdélégués. Il est vrai qu'ils avaient

sous eux des nuées de commis. Ilest vrai aussi que, à côté de

ces autorités administratives, s'étaient développés des corps

sacerdotaux, judiciaires, militaires, fiuanciers, des corps muni-

cipaux et industrils, etc. Il y avait simplification d’une part,

mais différenciation et complication de l'autre. Et c'était la

réduction du premier personnel qui permettait la formation des

seconds. Au lieu d'un graal nombre de châtelains sans relation, chacun exerçant toutes les fonctions directrices dans

son domaine, oa avait maintenant ua granl nombre d'officiers remplissant des missions différentes, mais tous correspondant entre eux etrelevant d'un mêm: pouvoir central. De l’homogénéité confuse on était passé, suivant la loi évolutive b.en con-

nue, à l’hétérogénéité coordonnée.

Telle est, en bref, l’histoire de l'appareil de ut des sociétés. Il est aisé de montrer com'nent elle rappelle l'histoire de cet appareil chez les organisms. Ici aussi, 1l ÿ a indilférenciation de la fonction directrice à l’origine. Plus tard, apparait une différenciation rudimentaire, avec les cellules nerveuses des cælentérés, les filets nerveux des échinolermes. Plus tard encore, cette différenciation pro luit, ea se perfectionnant, les ganglions et les chaînes nerveuses des vers, arthropodes et

mollusques, le cerveau et la moelle des vertébrés. Puis, dans cet appareil ainsi constitué, s'opèrent les deux mêmes séries de transformations que chez les sociétés : division des fonctions entre les parties, se marquant par l'établissement d’un lien entre tel ou tel ganglion et telle ou telle fonction (nutritive, locomotrice, etc.…..); unification, d’autre part, se marquant par la prééminence qu’acquièrent les ganglions cérébroïdes, fusionnés en un cerveau chez les animaux les plus élevés. En somme, de part et d'autre, ce sont les mêmes faits généraux, les mêmes lois évolutives qui se retrouvent.

Ayant terminé avec l'appareil de direction, renvoyant à un prochain chapitre ce qui concerne l'appareil de nutrition, nous n'avons plus à parler brièvement que de quelques appareils secondaires.

Dans l’organisme, l'appareil de revêtement est constitué par le derme, l'épiderme et leurs annexes. Nous savons déjà (1) que l’analogue social de ces moyens de protection consiste dans les soldats placés à la frontière dans un but de défense, et dans les fortifications sur lesquelles ces soldats s'appuient.

L'appareil de soutien est représenté, dans l'organisme, par le squelette osseux. Nous avons dit tout à l'heure (2) qu’on ne saurait lui comparer que partiellement les agglo:nérations humaines.

L’appareil moteur de l'organisme consiste essentiellement dans les muscles. Ceux-ci peuvent servir à deux fins : à Opérer les mouvements intérieurs, ceux de la digestion, de la circulation, etc... ; à opérer les mouvements extérieurs, ceux de la marche, de l’attaque, ele... Au premier point de vue, on le sait, les muscles ont pour analogues les hommes de peine, les travailleurs purement manuels et mécaniques (3), et les machines qui les suppléent (4). Au second, on peut leur compa-

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