Les véritables bulbes offrent une tige souterraine
très-courte , et réduite à-peu-près à un simple plateau ; de cette tige naissent des feuilles en assez grand nombre, qui se recouvrent les unes les autres, et forment par ce recouvrement un corps ovoïde ou arrondi; les feuilles extérieures sont réduites à l’état ou d’écailles charnues , rétrécies à la base, comme dans le lis, et alors on dit que la bulbe est (20) ; ou de gaines membraneuses
courtes et tronquées, comme dans la jacinthe ; et alors on dit que la bulbe est à tuniques (21). Dans ces dernières, la base des gaines, et surtout celle des gaines les plusinté» rieures, est charnue comme dans les écailles des lis, et se
(17) Bull. herb. , pl. 27. Engl. bot. , pl. 5i5.
(18) Hayn. Term.,pl. 7, f. 2.
(19) Duham. Phys. arb. i, pl. 3, f. 4> 5. Mirb. , Élém., pl. 17, - f. 7.
(20) Duham. Phys. arb. i, pl. 3, f. 3. Mirb., Élém. pl. 18 f. 5, 6.
(21 J Grew. Anat. , pl. fyi , f. i. Malp. per. ed. in-4.°, part. 2 , p. i5i , f. i32. Duham. Phys. arb. i, pl. 3, f. 1 , 2. Mirb., Élém. , pl. 17, f. 8.
(y U G A N lî s ACCESSOIRES.
rapproche d’elles par la consistance, quoique distincte par la forme. Les gaines intérieures tendent à s’alonger en véritables feuilles 5 et toutes les feuilles radicales des liliacées sont, comme il est facile de s’en assurer, des prolongemens des pièces intérieures de leur bulbe. L’oignon de la première année n’est donc autre chose qu’un bourgeon terminal situé au sommet d’une tige souterraine extrêmement courte.
Que l’on compare cette organisation avec celle d’un palmier,, on trouvera que, sous ce rapport , il n’y a d’autre différence, sinon que la tige du palmier est très-alongée, et porte par-conséquent son bourgeon très-haut, tandis que celle de la tulipe est fort courte, et laisse sa bulbe se développer sous terre ou à rez-terre. Tous les intermédiaires se rencontrent dans des espèces de la même classe; ainsi l’on voit la tige prendre plus d’alongement dans certains a Ilium , dans les crinum , dans les yucca, dans les dracœna, et l’on arrive ainsi par des degrés insensibles de la tige à-peine visible des bulbes à la longue tige àes yucca, des bourgeons souterrains des liliacées aux bourgeons aériens des palmiers; on conçoit alors comment il se fait que dans une même classe, tantôt il y a des tiges trèsvisibles et point de vraies bulbes, tantôt il y a des bulbes, et il semble n’y avoir point de tige.
Les cayeux ne sont autre chose que les bourgeons axillaires des bulbes, ou, en d’autres termes, ce sont les ^ jeunes branches qui se développent à faisselle des feuilles: ils offrent ceci de particulier , et qui tient probablement à leur position ; c’est qu’ils ne sont attachés à la tige que par un filet mince, qui se rompt facilement et souvent de lui-mènic. Comme ces cayeux ont leurs écailles charnues
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et pleines de nourriture, ils peuvent se développer par eux-mêmes comme les tubercules, et c’est ce qui arrive quand iis sont séparés, soit artificiellement, soit naturellement, de îa bulbe qui leur a donné naissance. Les bourgeons des dicotylédones, détachés de l’arbre sur lequel ils sont nés, peuvent végéter, pourvu qu’on les place, par le moj^en de la greffe, dans une position analogue; les bourgeons des raonocotylédones bulbeuses portent avec eux assez de nourriture en dépôt pour pouvoir continuer à végéter partout où se trouve assez de chaleur et d’humidité.
On peut distinguer dans les plantes bulbeuses , comme on l’a fait dans les arbres, les bourgeons à feuilles, les bourgeons à fleurs et les bourgeons mixtes; ainsi, la plupart des amaryllis ont à-la-fois les deux premières classes, et la tulipe a ceux de la dernière.
Ce qui est remarquable dans les bulbes comparées aux bourgeons, c’est que leurs tuniques sont persistantes pendant plusieurs années; de sorte qu’une bulbe n’est pas seulement formée par les bourgeons de l’année , mais par les tuniques engainantes des années précédentes, qui sont alors épuisées de toute nourriture, mais qui persistent sous forme de membranes, et servent, sous cette forme, à protéger les jeunes cayeux, soit contre le froid, parce que, à cause de leur multiplicité même, elles renferment plusieurs couches d’air captives; soit contre l’humidité, parce que leur épiderme, comme celui de toutes les monocotylédones, est siliceux et peu altérable par l’humidité ; il est quelques bulbes qui , comme les bourgeons des arbres , présentent une bourre cotonneuse entre ou dehors leurs tuniques : telles sont les bulbes de la tulipe.
Il résulta de tout ce que je viens d’exposer dans ce
j'orne 11 , T
ORGANES ACCESSOIRES
chapitre, i.®que les bourgeons sont les tégumens des jeunes pousses formés par les organes foliacés les plus extérieurs, tantôt à leur état naturel, comme les stipules des figuiers et des magnolia^ beaucoup plus souvent convertis en écailles par une sorte de dégénérescence ou de demi-avortement déterminé par leur position ; 2.® que les bourgeons des arbres exposés à l’air, ceux qui naissent à fleur de terre, ou les turions des plantes vivaces et les bourgeons souterrains, ou bulbes des liliacées, ne différent eûtre eux qu’autant que leur position diverse et que la forme des tiges qui les portent, l’ont nécessité.
G ÉKÉR ALITÉS.
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