Chapitre II
Exemples de guerisons homéopathiques involontaires, operees par des médecins de l'ancienne école.
On a guéri jusqu'à présent les maladies des homnes, non d'après des raisonnemens fondés sur la nature et l'expérience, mais tantôt d'après des buts arbi-
trairement imaginés, tantôt d’après l'exemple des secours que se porte la nature abandonnée à ellemême, entre autre aussi d’après la règle des palliatifs: contraria contrariis. Des observations, des reflexions et des expériences continuées m'ont convaincu, que c'est du côté opposé que se trouve la véritable et meilleure voie de guérison. Elle est fondée sur le principe suivant: Pour guérir d’une manière douce, prompte, certaine et durable, il faut choisir dans tous les cas de maladie un médicament qui produise de lui-même une souffrance semblable (ôOuorcoy nadoç) à celle, qu'il doit guérir! (Szmilia similibus curentur!)
Personne n’a enseigné jusqu'à présent cette méthode homéopathique, personne ne l’a encore mise à exécution. Cependant, si la vérité se trouve uniquement sur cette voie, (ainsi qu'on le trouvera avec moi), on doit s'attendre que ses traces se retrouveront dans toutes les périodes, quoique pendant des milliers d'années elle n’ait pas été reconnue pour telle. Car la vérité est éternelle comme la divinité elle-même, souverainement sage et bonne! Elle peut rester longtemps négligée des hommes jusqu’à ce que le moment arrive, où d'après les décrets de la Providence ses rayons, comme une naissante aurore, percent avec une force irrésistible le brouillard des préjugés, pour répandre dès ce moment sa lumière claire et inextinguible pour le salut du genre humain!
Tous les malades qui ont jamais été guéris avec des médicamens d’une manière réelle, prompte, durable et visible, et qui n'ont peut-être pas été rétablis par un autre événement bienfaisant, ou par la cessation du cours naturel de la maladie aiguë, ou par la
preponderance successive des forces du corps durant des cures allopathiques et antagonistiques, (car il y a une grande différence entre une convalescence qui s'opère par la voie indirecte et une guérison véritable qui s'est faite par des moyens directs) tous ces malades, dis-je, ont été guéris à l’msu des médecins par un remède homéopathique, e. à d. par un tel remède qui pouvait produire de luimême un état semblable à celui qu’il devait anéantir.
On trouve même dans les guérisons réelles, opérées par des médecines composées, (ce qui pourtant arrive tres-rarement), que le remède, qui par ses effets surpassait les autres, était un remède homéopathique.
Mais cette vérité s'offre à nous encore avec plus d’evidence là où les médecins ont quelquefois effectué la guérison contre les règles de l’observance (qui n’admet que des mélanges de divers ingrédiens en forme de recette) avec une substance médicinale simple. On voit alors avec étonnement, que dans ces cas la guérison fut toujours effectuée par un médicament capable de produire lui-même une souffrance semblable à celle que la.maladie avait excitee, quoique les médecins ne sussent pas ce qu'ils faisaient, et qu'ils agissent dans un accès d’oubli des doctrines de leur école. Ils ordonnaient un remède, dont ils auraient dù justement ordonner le contraire d’après la thérapeutique usuelle, et ce ne fut qu’ainsi que les malades furent guéris promptement.
Voici quelques exemples de cures homéopathiques involontaires, qui obtiennent leur explication parfaite par la loi de l’art homéopathique, qui cependant ne doivent
pas lui servir de soutiens, parce qu’elle se tient ferme toute seule !).
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Déjà l’auteur du livre &rıönuıwv (lib. V. au commencement) attribué à Æippocrale, parle d’un cholera-morbus qui résistait à tous les remèdes, et qu'il guérit uniquement par l’ellébore blanc, qui cependant produit par sa nature un cholera-morbus, comme l'ont vu Forestus, Ledelius, Reimann
et plusieurs autres ?).
La suette Anglaise, dans son origine plus
1) Si les doses médicinales dont on fit usage dans les cas suivans, étaient bien plus grandes que la doctrine homéopathique ne les prescrit, il est certain, qu’elles n'étaient pas sans risque pour les malades, car de grandes doses homéopathiques sont nuisibles, dans la règle, par l'aggravation immodérée du mal qui en est la suite immédiate. Cependant il faut avouer, que non rarement la guérison s'opère aussi par de plus grandes doses, sans qu'il en résulte un dommage essentiel pour le malade. Diverses circonstances que nous ne connaissons pas toujours, ont peut-être diminué la force du médicament. Il est possible p. ex. que les substances végétales dans tel ou tel cas eussent déjà perdu leur puissance primitive par une trop longue conservation, ou que le remède ait excité des évacuations considérables par lesquelles son efficacité ait été absorbée en grande partie, ou que des substances antidotiques soient entrées bientôt après dans l'estomac et y aient diminué de beaucoup l'énergie de la dose.
2) Voyez les passages concernans dans mon ouvrage: Reine Arzneimittellehre, Th. II, Dresde 1817. — C’est à dessein que je passe sous silence mes propres observations et celles de mes disciples, me bornant aux expériences des anciens médecins pour prouver, que déjà avant mon temps l’on aurait pu trouver la méthode homéopathique.
meurtriere, que la peste elle-meme, qui se manifesta pour la premiere fois en l’année 1485, et qui, d’après Willis, sur 100 malades en tuait 99, ne put être domptee avant que l’on n’eüt appris à donner aux malades des remèdes sudorifiques; dès ce moment il n'y eut que peu de personnes qui en moururent, ainsi que le remarque Sennert !).
Un flux de ventre, qui avait déjà duré pendant plusieurs années et qui ménacait d’une mort inévitable, après que tous les médicamens étaient restés sans effets, fut guéri par un laïque d’une manière rapide et durable au moyen d'un purgatif, comme la observé Fischer?) à son grand étonnement, mais non au mien.
Murray, entre autres garans, et l'expérience journalière compte parmi les symptômes que produit l’usage du tabac, principalement les vertiges, les nausées et les angoisses, et ce furent justement ces souffrances dont se délivra Driemerbroek ?) en fumant du tabac, lorsqu'il devint malade en traitant des maladies épidémiques en Hollande.
Les effets nuisibles que notent quelques auteurs et parmi eux Georgi*) de l'usage de l’agaric chez les Kamtchadales, savoir le tremblement, les convulsions etle mal caduc, devinrent bienfaisans en-
tre les mains de Ch. S. Wluslling 5), qui employa
1) De febribus, IV., cap. 15.
2) Hufeland, Journal für praktische Arzneikunde, XII, 1. 3) Tractatus de peste, Amstelodami 1665, p. 273. 4) Beschreibung aller Nationen des russischen Reichs, p. 78, 267, 281, 321, 329, 352.
5) Dissert. de virtut. Agar. musc., Jen. 1718, p. 13.
l’agaric avec succes contre des convulsions accompagnées de tremblement, et entre les mains de J. Ch. Bernhard‘), qui en fit un usage salutaire contre une espece de mal caduc.
La remarque de Murray ?), que V’huile d’anis calme les maux de ventre et les flatuosités causées par des purgatifs, ne nous étonne point, sachant que J. P. Albrecht *) a observé des douleurs d’estomac, et P. Forest *) des coliques violentes causées par l’huile d’anis. |
Si Fr. Hoffmann loue la mille-feuille comme utile dans plusieurs flux de sang; si @. E. Slahl, Buchwald et Loeseke Vont trouvée salutaire dans des flux des hémorrhoïdes; si les collections de Breslau et Quarin citent des crachemens de sang guéris par cette plante; enfin si Thomasius dans Haller Ja employée avec succès contre des metrorrhagies; toutes ces cures ont évidemment rapport à la vertu primitive de cette plante de produire elle-même des écoulemens et des pissemens de sang, ainsi que Caspar Hoffmann 5) Ya remarqué, comme aussi, suivant Doekler 5), de causer des saignemens du nez.
Scovolo 7), comme beaucoup d’autres, guérit une émanation douloureuse d’une urine purulente
1) Chym. Vers. und Erfahr., Leipzig 1754, obs. 5, p. 324. — Gruner, Diss. de virib. agar. musc., Jena 1778, p. 13.
2) Apparat Medicam. Edit. sec. I., p. 429 — 430.
3) Miscell. Nat. Cur. Dec. IF, ann. 8, Obs. 169.
4) Observat. et curationes, lib. 21.
5) De Medicaminib. offie., Lugd. Batav. 1738.
6) Cynosura Mater. med. cont., p. 552.
7) Dans Gürardi, de uva ursi, Patavii 1764.
avec le raisin d’ours, ce qui n’aurait pu s'effectuer, si cette plante ne produisait d'elle-même une ardeur d'urine avec émanation d’une urine glaireuse, comme Sauvages !) l'a apercu. |
S'il n'était pas confirmé par le grand nombre d’expériences de S/oerck, Marges, Planchon, du Monceau, F. Ch. Juncker, Schinz, Ehrmann et de tant d’autres, que le colchique ait guéri une espèce d’hydropisie, on pourrait déjà en attendre cette vertu à cause de la qualité qu'il a de diminuer par sa nature la secrétion des urines, quoique avec un besoin continuel de lâcher l’eau, et de produire une émanation d’une petite quantité d'urine d’un rouge ardent, comme l'ont apercu Stoerck ?) et de Berge ?). — IL est encore très -évident, que la guérison d’un asthme hypocondriaque, opérée par Goeritz #) au moyen du colchique, ainsi que la guérison d'une dyspnée accompagnée d’une hydropisie de poitrine apparente, effectuée par Stoerck’) au moyen de la même plante, sont fondées sur la vertu homéopathique de cette racine, de produire l’asthme et la dyspnée, ainsi que de Berge °) l'a observé.
Muralto 7) vit, ce que l'on peut encore voir tous
1) Nosolog., IH., p. 200.
2) Libell. de Colchico, Vienn. 1769.
3) Journ. de Médec., XXI.
4) Andreas Elias Büchner, Miscell. phys. med. mathem., Ann. 1728. Jui. p. 1212, 1213, Erfurt 1732.
5) Ibidem, cas. 11, 12. Cont. cas. 4, 9,
6) Ibidem, loc. cit.
7) Miscell. Nat. Cur., Dec. II. a., 7, obs. 112.
les jours, que le jalap outre des maux de ventre occasionne une grande inquiétude et une agitation continuelle. Tout médecin familiarisé avec la vérité homéopathique trouvera donc fort naturel, que le jalap puisse soulager les petits enfans dans les maux de ventre et les inquiétudes accompagnées de cris, et qu'il leur procure un sommeil tranquille, ainsi que J. W. Wedel) Y'atteste avec raison.
On sait, ainsi qu'il est suffisamment attesté par Murray, Hillary et Spielmann, que le séné occasionne des maux de ventre et produit, d'après Caspar Hoffmann?) et Fr. Hoffmann) des flatuosités avec des ébullitions du sang #), causes ordinaires des insomnies. C’est donc en conséqnence de cette vertu naturelle du séné, que Detharding °) a pu guérir des coliques violentes et délivrer ses malades de leurs insomnies.
Stoerck, qui d’ailleurs a tant de sagacité, aurait bien pu comprendre, que lincommodité qu'il a observée dans l’usage du dictame, de produire quelquefois une sécrétion d’une pituite tenace de la matrice °), résultait de la même vertu de cette racine, au moyen de laquelle il a guéri des leucorrhées chroniques ?).
Stoerck
1) Opiol, lib. L, P. L, cap. IL, p. 38.
2) De medicin. offiein., lib. I., cap. 36.
3) Dissert. de Manna, $. 16.
4) Murray, loc. cit., Il. Edit. sec., p. 507.
5) Ephem. Nat. Cur. Cent. 10, obs. 76.
6) Lib. de Flammula Jovis, Viennae 1769, cap. 2. 7) Ibidem, cas. 9.
Stoerck n'aurait pas dû non plus s’etonner d’avoir guéri avec la clématite une espèce d’exanthème général, chronique, humide, corrosif et galeux !), ayant apercu lui-même, que cette herbe pouvait produire de son chef des boutons galeux sur tout le corps *?).
Si l’enfraise, d'après Murray ?), a pu guérir des yeux chassieux et une espèce d’inflammation des yeux; par quelle autre qualité a-t-elle pu effectuer cela, sinon par celle que Lobelius #) a remarquée, de pouvoir produire elle-même une:espèce d’inflammation des yeux.
D'après J. A. Lange °) la noix muscade s’est montrée fort salutaire dans les défaillances hysteriques. La raison n'en était autre sinon que cette noix muscade, donnée en grande dose, opère selon J. Schmidt °) et Cullen 7) un evanouissement des sens et une insensibilite totale dans des corps sains.
La coutume très-ancienne de faire un usage .extérieur de l’eau de rose contre les inflammations des yeux, semble reconnaître qu'il existe dans les feuilles de cette fleur une vertu curative contre ce mal. Elle est fondée sur leur qualité homéopathique de pouvoir exciter par elles-mêmes une espèce d’in-
1) Ibidem, cas. 13.
2) Ibidem, p. 33.
3) Apparat. Medicam. Edit, sec. IL, p. 221. . 4) Stirp. Advers., p. 219.
5) Domest. Brunsvic., p. 136.
6) Miscell. Nat. Cur. Dec. IL. a. 2, obs. 120. 7) Materia medica, IL, p. 233. |
flammation des yeux, comme Echtius 1), Ledelius ?) et Aau°) en on fait l’experience.
Si d’après Pierre Rossi‘*), van Mons :), Joseph Monti °), Sybel ’) et d'autres, le toxicodendron a la qualité de couvrir peu à peu tout le corps de boutons, un homme sage comprendra facilement comment cette. plante a pu guérir homéopathiquement quelques sortes d’herpes, comme nous voyons dans Dufresnoy et van Mons. — Qu'est-ce qui donne au toxicodendron la faculté de guérir une paralysie des jambes; accompagnée de‘faiblesse d’esprit, comme nous le raconte Æ/derson 8), si ce n'est sa qualité évidente de: pouvoir exciter de son chef un relächement total des forces des muscles, avec un égarement d'esprit qui faisait croire au malade, qu’il'allait mourir, ainsi que Zadig °) Ya vu. à
‚Si selon Carrere la douce-amère a guéri les plus violens refroidissemens !°), la cause n’en était autre, smon que cette herbe est tres-propre à produire dans un temps froid et humide des incom-
1) Adami, vita Med., p.
2) Miscell. Nat. Cur. Das de a. 2,.obs. 140.
- 3) Rau, Werth des komöopathischen Heilverfahrens, p. 73.
4) Observ. de nonnull. plantis, quae pro venenatis habentur, Pisis 1767.
5) Dans: Dufresnoy, sur le Sumac.,-p. 206. -
6) Acta Institut. Bonon. scient. et art., IL, p. 165.
7) Dans: Med. Annalen, :1811, Juli. |
8) Dans: Samml. br. Abhandl. f prakt. Aerzte, XVII. 1.
9) Hufeland, Journ. d. prakt. Arzeneik., V., p. 3.
10) Carrere (und Starcke), Abhandlung über die Eigenschaften des Nachtschattens oder Bittersüfses, Jena 1786, p. 20 — 23.
modités semblables à celles qui proviennent
de refroidissemens, comme Carrére*) et Starck?)
lont aussi remarqué. — Früze *) vit naître de las 5 douce-amere des convulsions, et de Haen*) des convulsions accompagnées de délire, et avee:
des petites doses de cette herbe ce dernier médecin.
guérit des convulsions accompagnées de délire. — On chercherait envain dans le règne des hypothèses la cause pourquoi justement la douce-amère a guéri si efficacement une sorte de dartres et d’herpes sous les yeux de Carrère®), de Fouquet °) et de Poupart ’); mais elle se trouve à notre proximité par la simple nature, qui demande l'homéopathie pour guérir avec certitude, savoir: la douce-amère excite de son chef une espèce de dartres, et Carrere en vit naître un herpes qui couvrit le corps entier pendant deux semaines ®); il vit encore en d’autres occasions que cette herbe produisait des dartres aux mains °), et dans un autre cas aux lèvres du vagin !°)
1) Ibidem.
2) Dans: Carrere, ibidem.
3) Annalen des klinischen Instituts, II., p. 45.
4) Ratio medendi, tom. IV., p. 228, où il dit: „Dulcoamarae stipitesmajori.dosi convulsiones et deliria excitant, moderata vero spasmos convulsionesque sol-
vunt.” — Comme De Haen était près de reconnaître la loi eurative la plus conforme à la nature!
5) Ibidem, p. 92.
6) Dans: Razoux, tables nosologiques, p. 275.
7) Traité des dartres, Paris 1782, p. 184, 192.
8) Ibidem, p. 96.
9) Ibidem, p. 149.
10) Ibidem, p. 164.
Rucker :) vit naître de la morelle commune une enflure du corps entier, et Gatacker?) et Cirillo °) ont pu guérir par cette raison homéopathiquement une espèce d’hydropisie avec cette herbe.
Bocrhave *), Sydenham $) et Radchff °) ont pu guérir une autre espèce d’hydropisie avec du sureau, justement parce que le sureau, comme nous le dit Haller’), produit des tumeurs (oedèmes) par sa seule application aux parties extérieures du corps.
De Hoaen®), Sarcone°) et Pringle 1°) ont rendu hommage à la vérité et à l'expérience, en assurant librement d’avoir guéri le point de côté avec la scille, racine qui, par sa grande àcreté, ne pouvait pas être employée dans cette occasion suivant le système ordinaire, qui ne demande dans de tels cas que des remedes adoucissans, relächans et rafraichissans. Cependant le point de côté fut guéri par la scille d’apres la loi homéopathique, car J. C. Wagner 1) avait déja vu naître de l’activité propre de la scille une espèce de pleurésie et d’inflammation des poumons.
1) Commerce. liter., Noric. 1731, p. 372.
2) Versuche u. Bemerk. der Edinb. Gesell., Altenburg 1762, VIL, p. 95, 98.
3) Consulti medichi, tom. HE, Napoli 1738.
4) Historia plantarum, P. L, p. 207.
5) Opera, p. 496.
6) Dans: Haller, Materia medica, p. 349.
7) Dans: Vicat, plantes vénéneuses, p. 125.
8) Ratio medendi, P. L., p- 13.
9) Histoire des maladies à Naples, vol. I, p. 175.
10) Observ. on the diseases of the army, Edit. 7, p. 143.
11) Observationes clinicae. Lubec. 1737.
Plusieurs médecins !), par exemple Daniel Crüger, Ray, Kellner, Kaaw, Boerhave et d’autres, ont observe, que la Stramoine produit des delires singuliers et des convulsions. Ce fut justement cette qualité qui mit les médecins en état de guérir avec la stramoine la démonie ?), (c. à d. des délires bizarres accompagnés de mouvemens spasmodiques) et d’autres convulsions, ce que firent 4ÿdren?) et Wedenberg *). Ce fut encore ainsi que Sıdren >) guérit une espèce de mal de St. Guy causé par des vapeurs mercurielles, comme une autre maladie semblable causée par une frayeur; car cette herbe a la qualité d’exciter elle-même des mouvemens involontaires dans les membres, comme on le trouve noté dans Kaaw, Boerhave et Lobstein 5). — Puisque la Stramoine peut aussi, d'après plusieurs observations ’), et entre autres d’après celles de P. Schenk, priver subitement de toute connaissance etreminiscence, elle est aussi capable d’enlever la faiblesse de mémoire d’après les remarques de Sauvages et de Schinz. — Schmalz °®) put aussi guérir avec la stramoine une mélanco-
1) Voy. les passages concernans dans ma Matière médicale pure, vol. II.
2) Veckoskrift for Läkare, IV., p. 40 etc.
3) Dissert. de Stramonii usu in malis convulsivis, Upsal. 1773.
4) Ibidem.
5) Diss. morborum casus, Spec. I., Upsal. 1785.
6) Voyez les passages concernans dans ma Matière médicale pure, 1. c.
7) Ibidem.
8) Chirurg. und mediz. Vorfälle, Leipz. 1784, p. 178.
lie alternante vec de la manie, parce que cette herbe peut, comme nous le raconte a Costa !), exciter par sa nature de tels egaremens alternans de l’esprit et de l’ame.
Plusieurs médecins ?), comme Percival, Stahl et Quarin, observerent que usage du quinquina produisait la cardialgie, d’autres, comme Morton, Friborg, Bauer et Quarin, des vomissemens et de la diarrhée, d’autres, comme Daniel Crüger et Morton, des défaillances, d’autres un état de grande faiblesse; plusieurs médecins, comme Thomson, Richard, Stahl et C. E. Fischer, remarquèrent une es-
Me
pèce de jaunisse, d’autres, comme Quarin et FT
scher, un goüt amer dans la bouche, et plusieurs autres enfin une tension du bas-ventre. C’est justement lorsque ces incommodites et ces symptômes se trouvent réunis dans les fièvres intermittentes, que Zorti et Cleghorn insistent sur l'usage exclusif du quinquina — De même l'emploi salutaire qu'on fait du quinquina dans l’épuisement et l’état d’indigestion et de manque d'appétit, qui suit les fièvres aiguës, principalement si on les a traitées par des saignées et des purgatifs affaiblissans, n’est fondé que sur la qualité de cette écorce, d’exciter une décadence extraordinaire . des forces, un état de relâchement du corps et de l’ame, des crudités et un manque d’appetit, ainsi que Gleghorn, Friborg, Grüger, Rombers, Stahl, Thomson et plusieurs autres l’ont observé $). Comment l’ipécacuanha aurait-il pu arrêter
1) Dans: Peter Schenk, lib. I., obs. 139.
2) Voyez ma Matière méd. pure, vol. IL 3) Voy. les passages de tous ces auteurs dans ma Mat. med. ]. c.
des flux de sang, comme cela & été effectué par Baglio, Barbeirac, Gianella, Dalberg, Bergius et d’autres, s'il ne pouvait exciter de son chef des flux de sang, comme Murray, Scott et Geoffroy ‘) l'ont en effet remarqué! — Comment pourrait-il être si salutaire dans la dyspnée, et principalement dans la dyspnee spasmodique, comme Aken- „side ?*), Meyer ?), Bang *), Stoll 5), Fouquet®) et Ranoë 7) nous lattestent, sil n'avait la faculté de pouvoir produire de son propre chef des dyspnées et principalement des dyspnées spasmodiques, ainsi que Murray *), Geoffroy °) et Scott :°) en ont vu naitre de cette racine. Peut-il y avoir des signes encore plus clairs, qu'il faut employer les medicamens, selon leurs qualités morbifiques, pour effectuer la guérison des maladies?
On ne pourrait non plus comprendre comment la feve de St. Ignace ait pu être si bienfaisante dans une espèce de convulsions, comme Zferrmann ‘1), Valentin !?) et un autre auteur anonyme !®)
1) Ibid., vol. IH., p. 184—86, Article Ipécacuanha. 2) Medical Transact., I., No. 7, p. 39 etc.
3) Diss. de Ip&cacuanhae refracta dosi usu, p. 34. 4) Praxis medica, p. 346.
5) Praelectiones, p. 221.
6) Journal de Médecine, tome 62, p. 137.
7) Act. reg. soc. med. havn., IL, p. 163 et IL, p. 361. 8) Medicin. pract. Biblioth., p. 237.
9) Traité de la matière med., I., p. 157.
10) Medicin. Comment. von Edinburg, IV., p. 74.
11) Cynosura Mater. med., IL, p. 231.
12) Histor. simplie. roform., p. 194, $. 4.
13) Act. Berolin., Dec. IL, vol. 10, p. 12.
nous l’assurent, si elle ne pouvait pas produire d'elle-même des convulsions semblables, comme Bergius *), Camelli *) et Durius $) ont en effet apercu.
Les personnes blessées par des contusions et des meurtrissures ressentent des points de côté, des envies de vomir, des douleurs piquantes et brülantes dans les hypochondres, accompagnées d’angoisses et de tremblemens, de mouvemens subits et involontaires, semblables à des commotions électriques, soit qu’elles veillent, soit qu’elles dorment, un fourmillement dans les parties endommagées, etc Or, comme l’arnique peut produire elle-même des symptômes semblables, ainsi que Meza, Vicat, Crichton, Collin, Aaskow, Stoll et J. Chr. Lange l'ont observé *), on comprend facilement comment cette herbe a pu guérir les symptômes provenans de contusions, de meurtrissures et de chütes, et par conséquent les maladies mêmes qui provenaient de ces accidens, comme une quantité innombrable de médecins et des peuples entiers en ont fait l'expérience depuis plusieurs siècles.
Parmi les souffrances que la belladonne produit dans des hommes sains, se trouvent aussi des symptômes, qui composent ensemble une image fort semblable à cette espèce d’hydrophobie et de
1) Materia medica, p. 150.
2) Philosoph. Transact., vol. XXL, No. 250.
3) Miscell. Nat. Cur., Dec. III, a. 9, 10.
4) Voy. les allégations dans ma Mat. med. pure, tome I, Art. Arnica.
rage causée par la morsure d’un chien enragé, que Thomas de Mayerne *), Münch ?), Buchholz °) et Neimicke *) ont réellement et parfaitement guérie avec cette herbe °). Ces symptômes sont les suivans, Le malade cherche envain le sommeil, il a la respiration inquiète, une soif ardente et accompagnée d’angoisses; cependant à peine lui a-t-on présenté la boisson, qu'il la repousse; son visage est rouge, ses yeux sont fixes et étincellans, selon les observations que F". C. Grimm fit sur la belladonne; il a une soif excessive et il manque d’etouffer en avalant la boisson, selon les remarques de EJ. Camerarius et de Sauter; il est incapable d’avaler quelque chose, d’apres les observations de May, Lot-
1) Praxeos in morbis internis syntagma alterum, Augustae Vindel., 1697, p. 136.
2) Beobacht. bei angewendet. Belladonna, Stendal 1789.
3) Heilsame Wirkungen der Belladonna bei ausgebrochener Wuth, Erfurt 1785.
4) Dans: Münchs Beobachtungen etc., tom. I., p. 74.
5) Si bien des fois la belladonne n'a pas été salutaire dans la rage causée par la morsure d’un chien enragé, il faut considérer, qu’elle ne peut guérir ici que par sa vertu de produire des effets semblables à ceux de cette maladie, et que par conséquent on n'aurait dû la donner que dans les plus petites doses, comme tous les remèdes homéopathiques, ainsi qu’on le trouvera prouvé dans lOrganon, $. 273— 281. Mais on l’a donnée pour la plupart dans les doses les plus démésurées, de façon que les malades devaient nécessairement mourir, non de la maladie, mais du remède, — Mais il y a aussi vraisemblablement plus d’un seul degré d’hydrophobie et de rage de chiens; de sorte que, selon la diversité des symptômes, le remède le plus convenable et le plus homéopathique sera peut-être quelquefois la jusquiame, quelquefois la stramoine.
linger, Sicelius, Buchave, d’Hermont, Manetti, Vi. cat, Cullen; il a une envie de happer après les personnes qui l’entourent, et cette envie alterne avec des craintes, d’après les témoignages de Sauter, Dumoulın, Buchave, Mardorf; il crache autour de lui, selon Sauter; il cherche à échapper, selon Dumoulin, Eb. Gmelin et Buchoz; enfin, son corps est dans une agitation continuelle, selon Boucher, Eb. Gmelin et Sauter‘). — La belladonne a aussi guéri des espèces de manie et de melancolie, car elle a la faculté de produire elle-même des singulières espèces de démence, comme on le trouve noté chez Rau, Grimm, May, Hasenest, Mardorf, Hoyer, Dillenius et d’autres ?). — Henning?) employa inutilement pendant trois mois une quantité de médecines contre une amaurose avec des taches bigarrées devant les yeux, jusqu'à ce qu'il fit enfin la conjecture arbitraire, que le malade avait peut-être la goutte, et quil lui donna comme par hazard la belladonne ?), avec laquelle il le guérit en effet rapidement et sans incommodités. Il aurait sans doute choisi ce remède des le commencement, s'il avait su, que ce ne sont que les medicamens dont les symptö-
1) Voyez les allégations de tous ces observateurs dans ma Matière médicale pure, vol. L, Article Belladonne.
2) Ibidem.
3) Hufeland, Journal, XXV., 1v., p. 70 —74.
4) Ce n’est que par conjecture, que l’on a accordé à la belladonne l’honneur d’être un remède contre la goutte. Mais la maladie, à laquelle on pourrait avec quelque droit donner la dénomination stable de goutte, ne sera ni ne peut jamais être
guérie par la belladonne.
mes ressemblent ä ceux de la maladie en question, qui peuvent effectuer une guerison certaine et durable, et que la belladonne excite elle-meme une espece d’amaurose avec des taches bigarrdes devant les yeux, ainsi que Sauter ') et Buchholz ?) en ont vu naitre.
La jusquiame a fait passer des crampes, qui avaient beaucoup de ressemblance avec le mal caduc, d’après de Mayerne *), Stoerck, Collin et d’autres, par la raison même, que cette herbe peut produire des convulsions tres-semblables au mal caduc, comme on le trouve noté dans &/. Camerarius, Christoph Seliger, Hünerwolf, A. Hamilton, Planchon, a Costa et d’autres *). — Fothergul °), Stoerck, Hellwig et Ofierdinger ont employé la jusquiame avec succès dans certaines espèces de démence; plusieurs autres médecins l’auraient sans doute employée avec le même succès, s'ils n'avaient entrepris de guérir une autre démence que celle, dont les symptômes sont semblables aux effets primitifs de la jusquiame, savoir cette espèce d’égarement stupide de l’esprit, comme /elmont, Wedel, J. G. Gmelin, la Serre, Hünerwolf, A. Hamilton, Kiernander, J. Stedmann, Tozzetti, J. Faber et Wendt °) l'ont vu résulter de cette herbe. — On
1) Hufeland, Journal, Xf.
2) Ibidem, V., p. 252.
3) Praxis medica, p. 23.
4) Voyez ma Matière médicale pure, vol. IV., article Jusquiame.
5) Memoirs of the med. soc. of London, L., p. 310, 314.
6) Mat. med. pure, de Hahnemann, vol. IV., article Jus- ' quiame.
peut aussi composer des effets que ces derniers observateurs nous ont transmis, l’image d’une hystérie d’un haut degré, et une hystérie très-semblable a été guérie par cette herbe, comme on le trouve dans J. A. P. Gessner, Stoerck et dans les Acta Natur. Cur.). — Schenkbecher ?) n'aurait jamais pu guérir avec la jusquiame un vertige qui durait depuis vingt ans, si cette herbe n'avait la qualité naturelle de produire un vertige à un haut degré, fort semblable à celui-ci, comme Hünerwolf, Blom, Navier, Planchon, Sloane, Stedmann, Greding, Wepfer, Vicat et Bernigau lattestent 5). — Meyer Abramson *) tourmenta long-temps un maniaque jaloux avec des medecines inutiles, jusqu’à ce que par hazard il lui donna la jusquiame comme un remède soporifique, ce qui le guérit rapidement. Si ce médecin avait su, que la jusquiame excite elle-même la jalousie et des manies dans des hommes sains °), s'il avait su, que la guérison homéopathique est fondée sur une loi naturelle, il aurait pu dès le commencement administrer ce remède avec assurance, sans tourmenter aussi long-temps son malade de médecines qui, étant nonhoméopathiques, ne pouvaient lui servir à rien. — Le mélange de médicamens que Hecker $) employa dans
1) IV., obs. 8.
2) Von der Kinkina, Schierling, Bilsenkraut etc., Riga 1769, supplem., p. 162.
3) Mat. med. pure de Hahnemann, loc. cit.
4) Hufeland, Journal, XIX., 11., p. 60,
5) Matière médicale pure de Hahnemann, vol. IV., article Jusquiame.
6) Hufeland, Journal, I., p. 354.
un resserrement spasmodique des paupières, aurait été inutile, si parmi ces ingrediens ne se fut trouvée par hazard la jusquiame, qui, selon Wep- ‚fer *), excite une souffrance semblable dans des hommes sains. — WMithering *) ne put non plus dompter par aucun remède un resserrement spasmodique du gosier et une incapacité d’avaler la moindre chose, jusqu'à ce qu'il ait administré la jusquiame qui a la propriété de produire elle-même une contraction spasmodique du gosier accompagnée de dysphagie, ainsi que Tozzetti, Hamilton, Bernigau, Sauvages et Hünerwol/?) en ont vu résulter l'effet à un haut degré.
Comment serait-il possible, que le camphre, comme nous l’assure le véridique Zurham*), püt être si salutaire dans les fièvres nerveuses lentes, qui causent une diminution de la chaleur du corps, de la sensibilité et des forces, sil ne pouvait exciter par son efficacité primitive un état tout-à-fait semblable à celui-ci, comme Mil- Lam Alexander, Cullen et Fr. Hoffmann >) l'ont observe. |
Des vins chauds guerissent homeopathiquement en de petites doses des fievres purement
1) De cicuta aquatica, Basil. 1716, p. 230.
2) Edinb. medic. Comment., Dec. IL, Liv. VL, p. 263.
3) Matière médicale pure de Hahnemann, volume IV. loc. cit.
4) Opera, tom. I., p. 172, et tom. IL, p. 84.
5) Matière médicale pure de Hahnemann, vol. IV. article Camphre.
inflammatoires, comme C. Criellati‘), Augenius?), Al. Mundella?), et deux auteurs anonymes #) en ont fait l'expérience. — Asclepiade a déjà guéri une inflammation du cerveau avec une petite dose de vin 5). — Un délire febrile accompagné d’une respiration ronflante, maladie semblable à l’état qui suit un enivrement violent de vin, fut guéri par Rademacher $) dans une seule nuit, en faisant boire du vin au malade. — Est-il possible de meconnaitre ici le pouvoir de lirritation par un remède analogue à la maladie? (Similia similibus curantur!)
Il est connu qu'une forte infusion de thé cause des palpitations et des anxiétés à des personnes qui ny sont pas accoutumées; voilà pourquoi une petite quantité de cette boisson sert d’excellent remède contre les dites souffrances, quand elles proviennent d’une autre cause excitative, ainsi que nous l’atteste G. L. Rau’).
Un état semblable à l’agonie, dans lequel le malade avait des convulsions qui lui ôtaient la connaissance et alternaient avec des accès d’une respiration spasmodique et entrecoupée, souvent aussisanglottante eträlante,
1) Trattado dell’ uso e modo di dare il vino nelle febri acute, Roma 1600.
2) Epistol., tom. IT., lib. 2, cap. 8.
3) Epistol., 14, Basil. 1538.
4) Febris ardens spirituosis curata, Eph. Nat. Cur., Dec. IL, ann. 2, obs. 53, et Gazette de Santé, 1788.
5) Caelius Aurelianus, Acut., lib. L, cap. 16.
6) Hufeland, Journal, XVI., ı., p. 92.
7) Ueber den Werth des homöopathischen Heilverfahrens, pag. 75.
pendant qu’il avait au visage et au corps une froideur glaciale, que les pieds et les mains etaient bleus, et que les pouls battait faiblement, fut traité envain par Slülz') avec de l’alcali, mais fut ensuite gueri d’une maniere fort heureuse, rapide et durable par le suc de pavot; car tous ces symptömes se trouvent parmi les effets primitifs du pavot, ainsi que Schweikert et d’autres ?) l'ont observé. Qui ne reconnaît pas ici le procédé homéopathique, qu'nn médecin exerca sans le savoir? — L’opium produit aussi, selon les observations de Vicat, J. C. Grimm et d’autres ?), une inclination forte et presque irresistible au sommeil, accompagnée d’une sueur violente et de délires. Cependant Osthoff *) craignit de l'employer dans une fièvre épidémique qui avait des symptômes très-ressemblans à ceux-là, parce que le système (le pauvre système!) defendait de donner ce remède dans des cas: pareils Ce ne fut qu'après qu'il eut employé inutilement tous les médicamens connus, qu'il résolut à tout hazard de faire l'épreuve du suc de pavots, et voilà que l'effet en fut tout-à-fait salutaire, — et il dut l’etre d’après Yimmuable loi homéopathique! — J. Lind) avoue, que les maux de tete et l’ardeur de la peau, accompagnée d’une sueur qui sortavec peine,
1) Hufeland, Journal, X., tv.
2) Matière médicale pure de Hahnemann, vol. I., article Opium.
3) Ibidem.
4) Salzburger medic. chirurg. Zeitung, 1805, IL, p. 110. 5) Versuch über die Krankheiten, denen die Europäer in heilsen Climaten unterworfen sind, Riga und Leipzig 1773.
sont enlevés par l’opium; „La tête devient libre, la chaleur ardente de la fièvre disparaît, et la sueur sort facilement et abondamment de la peau adoucie.” Mais Lind ignore, que la cause des secours qu’apport ici le suc de pavots, malgré les décrets contraires de l’école, est celle, qu'il peut produire des états de maladie très-semblables dans des hommes sains. — Il y a pourtant eu ca et la un médecin à qui cette vérité a passé par la tete comme un éclair, sans qu'il eût cependant un pressentiment de la loi homéopathique comme d'une loi naturelle. C’est ainsi que dit Alsion !): „L’opium est un remède qui excite la chaleur, mais aussi est-il certain, qu'il peut la diminuer, lorsqu'elle existe déjà.” — De la Guerene ?) donna le suc de pavots dans une fièvre accompagnée d’un mal de tete violent, d’un pouls dur et tendu, d’une peau rude et sèche, d’une chaleur ardente suivie d’une sueur affaiblissante, qui sortait difficilement et était toujours troublée par la grande inquiétude du corps. Il fut heureux avec ce remède, mais il ne savait pas que le suc de pavots avait ici un effet aussi salutaire, parce qu'il peut exciter un état fébrile tout-à-fait semblable dans des hommes sains, ainsi que l’attestent les observateurs $). — Dans une fièvre, où les malades n'avaient pas l’usage de la langue, mais les yeux ouverts, les membres roides,
1) Edinburg. Versuche, V., P. L, art. 12.
2) Römers Annalen der Arzneimittellehre, I., 11, p. 6.
3) Matiere medicale pure de Hahnemann, vol. I., article
Opium.
des, la respiration genee, ronflante et ràlante, et un assoupissement lethargique, (maladie, tout-à-fait semblable aux symptômes que l’opium peut exciter lui-m&me, comme De la Croir, Rademacher, Crumpe, Pyl, Vicat, Sauvages et beaucoup d’autres l’ont remarqué !),) Ch. Ludw. Hoffmann ?) vit, que l’opium était uniquement salutaire; chose bien naturelle, car c'était le remède homéopathique. — De même Wirtensohn®), Sydenham *) et Marcus °) guérirent des fievres léthargiques pareilles avec le suc de pavots. — La somnolence que de Meza *) traita, ne peut cesser par aucun autre remède, sinon par le suc de pavots qui se trouvait ici homéopathique, puisqu'il produit lui-même la somnolence. — C. C. MatthäüiT), après avoir longtemps tourmenté par des remèdes inconvenans un malade, qui avait une affection nerveuse opiniätre, dont les principaux symptômes étaitent une insensibilité et un engourdissement aux bras, aux cuisses et au bas-ventre, le guérit enfin avec l’opium, qui, d’après Stütz, J. Young et d’autres 3), peut exciter de son chef un tel état à un haut degré, et qui par cette raison guérit ici le malade homéopathiquement, comme chacun le
1) Ibidem, loc. cit.
2) Vom Scharbock, Lustseuche u.s.w., München 1787, p. 295. 3) Opii vires fibras cordis debilitare, Monast. 1775.
4) Opera, p. 654.
5) Magazin für Therapie, L., r., p. 7.
6) Acta reg. soc. med. havn. IL, p. 202.
7) Séruve, Triumph der Heilkunde, II.
8) Matière médicale pure de Hahnemann, vol. L, Article
Opium.
comprendra. — La guérison d’une lethargie qui avait duré des jours entiers, et que Hufeland !) effectua au moyen du suc de pavot, d'après quelle autre loi fut-elle opérée, sinon d’après la loi homéopathique, méconnue Jusqu'à nos jours? — Une épilepsie ne se montrait que pendant le sommeil du malade; De Haen ?) trouva, que ce n'était pas un sommeil naturel, mais un assoupissement léthargique avec une respiration ronflante, état que le suc de pavots produit dans des hommes sains, et ce ne fut que par l’opium, quil le changea en un sommeil sain et enleva en même temps Vepilepsie. — Comment serait-il possible que le suc de pavots, qui, comme tout le monde sait, est de toutes les substances végétales celle qui produit les plus fortes et les plus longues obstructions de ventre dans son effet primitif, püt être en petite dose le remède le plus certain contre les obstructions les plus dangereuses, si cela n’arrivait d’après la loi homéopathique, €. à d. si les médicamens n'étaient pas destinés par la nature à vain-, cre et guérir les maladies, en produisant par leur influence spécifique sur le corps une affection semblable à la maladie en question! Cet opium, qui dans son effet primitif arrête si violemment la selle et constipe le ventre, fut trouvé par Tralles $) être l’unique expédient dans une passion iliaque, après avoir tourmenté envain son malade par des purgatifs et d’autres remèdes incongrus. — De même Lentihius *) et
1) Hufeland, Journal, XIL, 1.
2) Ratio medendi, V., p. 126.
3) Opii usus et abusus, sect. IL, p. 260.
4) Eph. Nat. Cur. Dec. II., ann. L., App. p. 131.
G. W. Wedel‘), ainsi que Wirthenson, Bell, Heis-
ter et Richter ?) ont trouvé, que le suc de pavots, simplement donné, était salutaire dans de tels cas. — L'honnète Dohn?) fut aussi convaincu par l'expérience, que les opiats seuls peuvent évacuer le contenu des boyaux dans le miséréré, et le grand Frédéric Hoffmann *), dans les cas les plus dangereux de ce genre, ne put se fier qu’au suc de pavots administré avec du liquor anodynus. — Est-ce que toutes les théories contenues dans les deux-cent-mille volumes de médecine qui pèsent sur la terre, peuvent nous donner une explication raisonnable de ces faits, ainsi que de tant d’autres pareils? Est-ce qu'un seul de leurs principes nous a conduit vers la grande loi naturelle, qui préside à toutes les guérisons vraies, rapides et durables, c. à d., que les médicamens doivent être employés selon la similitude de leurs effets primitifs, trouvés par des expériences faites sur des hommes sains, avec les effets de la maladie en question?
Rave) et Wedekind °) guérirent des métrorrhagies malignes avec la sabine, qui, toute personne depravée le sait, excite des flux de sang de la matrice et avec eux des avortemens à des
1) Opiologia, p. 120.
2) Anfangsgründe der Wundarzneikunde, V., $. 328, und: Chronische Krankheiten, Berlin 1816, IL, p. 220.
3) De officio medici.
4) Medicin. ration. system., tom. IV., P. IL, p. 297.
5) Beobachtungen und Schlüsse, IL, p. 7.
6) Hufeland’s Journal, X., 1, p. 77, et: Hufeland’s Aufsätze, p. 278.
personnes saines. Qui peut meconnaitre ici la loi homéopathique?
Comment le musc pourrait-il être le remède presque spécifique contre quelques espèces d’asthme spasmodique, nommées d’après Millar, sil ne pouvait causer lui-même des resserremens de poitrine, sans toux, spasmodiques et suffoquans, comme J’rederic Hoffmann) en a observé?
Est-ce que la vaccine pourrait nous garantir de la petite vérole autrement, que d’une manière homéopathique? Outre d’autres ressemblances qui ont lieu entre ces deux maladies, je remarquerai seulement, que la vaccine, de même que la petite vérole, ne peuvent se manifester qu'une seule fois dans la vie, que leurs cicatrices ont la même profondeur, qu'elles produisent toutes les deux des tumeurs aux glandes axillaires, une fievre semblable, une rougeur inflammatoire autour de chaque pustule, enfin une inflammation des yeux et des convulsions. La vaccine anéantirait la petite vérole même dans le cas, où celle-ci aurait déjà attaqué le corps avant la vaccination, si la petite vérole n'avait pas une force prépondérante à celle de la vaccine. Il ne manque donc à cette derniere qu'un plus haut degré d'intensité, qui, selon la loi naturelle, doit toujours se trouver réuni à la ressemblance homéopathique, pour que la guérison puisse ètre effectuée ($. 152). Ce remède homéopathique ne peut donc être employé qu’avant que la petite vérole, plus forte que lui, n’ait infecté le corps. C’est ainsi que la vaccine produit une maladie très-sem-
1) Medicin. ration. system., IIL, p. 92.
blable à la petite vérole (maladie homéopathique), après l'écoulement de laquelle l’organisme humain, qui, dans la règle, ne peut être attaqué qu'une seule fois par une maladie de ce genre, c. à d. de la vaccine ou de la petite vérole, demeure libre d'une contagion semblable *).
Il est connu que la retention d’urine et la dysurie sont un des symptömes les plus vulgaires et les plus penibles des cantharides, comme Jon. Camerarius, Baccius, van Hilden, Forest, J. Lanzoni, van der Wiel et Werlhoff le confirment?). L’usage interieur des cantharides, fait avec precaution, a donc dü être un remède homéopathique très-salutaire dans de semblables dysuries douloureuses qui provenaient d'une autre cause excitative. Sans compter presque tous les médecins grecs, qui avaient pour cantharide meloë cichorü, Fabricius ab Aquapendente, Capivaccius, Riedlin, Th. Bartholin®), Young *), Smüh °), Raymond), de
1) Il semble que cet usage prophylactique de l’homéopathie est aussi possible dans quelques autres cas; p. ex. en portant sur nous du soufre pulvérisé nous nous préservons peutêtre de la gale des ouvriers en laine, et en prenant une dose de belladonne aussi petite que possible, nous nous garantissons peut-être de la fièvre scarlatine lisse, décrite par Sydenham, Pleneitz et Withering, quand cette maladie règne d’une manière épidémique dans notre voisinage.
2) Hahnemanni Fragmenta de viribus medicamentorum positivis, Lipsiae 1805, vol. I., p. 82, 83.
3) Epistol., 4, p. 345.
4) Philos. Transact., No. 280.
5) Medic. Communications, IL, p. 505.
6) Auserlesene Abhandlungen für praktische Aerzte, IH., p.460.
Meza:}), Brisbane”), et d’autres ont guéri parfaitement avec des cantharides les ischuries les plus douloureuses, quand elles n’étaient pas provenues d’une obstacle mécanique. Âurham en vit les effets les plus salutaires dans des cas pareils; il loue beaucoup les cantharides, et il les aurait volontiers employées, si les thèses traditionnelles de l’ancienne école médicale, qui, contraire aux principes de la nature et de lexpérience et se croyant plus sage qu’elles, ordonnait ici des remèdes adoucissans et relächans, ne l’avaient empêché, malgré sa propre conviction, de choisir le remède spécifique pour les cas susdits. — Dans la gonorrhée récente et inflammatoire, où Sachs de Lewenheim, Hannaeus, Bartholin, Lister, Mead et principalement Werlhoff employerent avec le meilleur succes les cantharides dans les plus petites doses possibles, elles enleverent visiblement les symptömes les plus pressans qui paraissent au commencement?). La cause en était, qu’elles ont la force propre de produire, selon presque tous les observateurs, des ischuries douloureuses et de l’ardeur d’urine, oui même une inflam-
1) Acta reg. soc. med. havn., IL, p. 302.
2) Opera, edit. Reichel, tom. IL, p. 124.
3) Je dis „les symptômes les plus pressans qui paraissent au commencement;” car le reste de la cure exige d’autres égards. Il y a bien des espèces de gonorrhée si faibles qui s’évanouissent d’elles-mêmes, sans qu’on leur prête presque aucun autre secours. Mais il y en a d’autres d’une plus haute conséquence, principalement cette espèce de gonorrhée qu’on pourrait nommer la gonorrhée aux fic s, qui est devenue plus commune depuis les dernières guerres. Elle provient aussi de la contagion par le coit, comme la maladie vénérienne, quoiqu’elle soit d’une nature tout-à-fait différente de celle - ci.
mation de l’uretre, d’après Wendt, et déjà une espèce de gonorrhée inflammatoire, d'après Wichmann :). L'usage intérieur du soufre cause non rarement à des personnes sensibles du tenesme, accompagné quelquefois de maux de ventre et de vomissemens, comme Walther ?) Yatteste.e C'est à cause de cette qualité propre au soufre que l’on a pu guérir avec lui des symptômes dissentériques ?), et d’après Werlhoff*) un tenesme hémorrhoidal, comme d’après fiave °) une colique hemorrhoidale. — Il est connu que les bains de Teplitz, comme toutes les autres eaux sulfureuses, tiedes et chaudes, produisent souvent un exanthème, nommé éruption de bain, qui en apparence a la plus grande ressemblance avec la gale des ouvriers en laine. C’est justement par cette vertu homéopathique, que ces bains, ainsi que le soufre lui-même, guérissent d'une manière spécifique et durable mainte éruption galeuse. — Qu’y a-t-il de plus suffoquant que la vapeur du soufre? C’est cependant la vapeur du soufre enflammé, qui fut trouvée par BucquetS) être le meilleur remède pour ranimer les personnes asphyxiées par quelque autre cause.
Nous lisons dans les écrits de Deddoes et ail-
1) Auswahl aus den gelehrten Nürnberger Unterhaltungen, Ï, p. 249, Anmerk. |
2) Programma de sulphure et Marte, Lips. 1743, p. 5.
3) Medicin. Nationalzeitung, 1798, p. 153.
4) Observat. de febribus, p. 3., $. 6.
5) Hufeland’s Journal, VIL, 11, p. 168.
6) Edinb. med. Comment., IX.
leurs, que les médecins Anglais ont trouvé, que l’acide nitrique était un remède fort salutaire contre le flux de la salive et les ulcères de la bouche provenus de l’usage du mercure. Cet acide n'aurait pu effectuer cette guérison, s'il n'avait la force d’exciter lui-même le flux de la salive et des ulcères de la bouche, rien qu’en touchant la peau du corps dans le. bain, comme Scoft ') et Blair ?) nous lattestent; Aoyn®), Luke *), J. Ferriar °) et G. Kellie *) ont aussi vu naître les mêmes symptömes de l’usage intérieur de cet acide.
Fritze’) a vu produire d’un bain imprégné d’alcali caustique une espèce de tetanos, et Fr. Alexandre Humboldt ®) a excité l’irritabilité des muscles par du sel de tartre fondu (une espèce d’alcali demi-caustique) jusqu'au tetanos. Peut-on trouver une source plus vraie et plus simple de la vertu curative de l’alcali caustique dans cette espèce de tetanos, où Slülz et d’autres l’ont trouvé si salutaire, que dans sa qualité de produire des effets homéopathiques?
L’arsenic, (qui par la puissance extrême qu'il a de changer l’état de santé de l’homme, peut devenir
1) Hufeland’s Journal, IV., p. 353.
2) Neueste Erfahrungen, Glogau 1801.
3) Dans les Mémoires de la société d’émulation, EL, p. 195. 4) Dans les écrits de Beddoes.
5) Dans: Samml. a. Abhandlungen £. pr. Aerzte, XIX., 1. 6) Ibidem, XIX. , 1.
7) Hufeland's Journal, XIL, 1, p. 116.
8) Versuch über die gereizte Muskel- und Nervenfaser, Posen und Berlin 1797.
aussi terrible dans les mains d’un temeraire que salutaire dans celles d’un medecin prudent) n’aurait pu effectuer ces frappantes guérisons de chancres au visage, sous les yeux de quantité de médecins dont je ne nommerai que G. Fallopius *), Bernhard?) et Roennow ?), si cet oxyde métallique n’avait la faculté d’exciter dans des hommes sains des tuberosites très- douloureuses et très-difficiles à guérir, suivant Amalus le Portugais *), des ulcères malins et pénétrans selon Heimreich ®) et XnapeS), et des ulcères chancreux d’après Heinze 7), — Les anciens ne loueraient. pas si manifestement l'efficacité de l’emplâtre d'Angelus Salaÿ), nommé emplätre magnétique, qui contient de l’arsenic, contre les bubons pestilentiels et les carboncles, si l’arsenic, selon Degner?) et Knape *°), n'avait la qualité de produire de son chef des tumeurs inflammatoires passant rapidement à la gangrène, et des bubes noires, comme /er-
1) De ulcerib. et tumorib., 1. 2, Venet. 1563.
2) Dans: Journal de Médecine, chirurg. et pharm., LVIL, 1752, Mars.
3) Königl. Vetensk. acad. Handl. f. a. 1776.
4) Obs. et Cur. Cent. IL, Cur. 34.
5) Acta Nat. Cur. H., obs. 10.
6) Annalen der Staatsarzneik., I., 1.
7) Hufeland’s Journal, 1813, Septemb., p. 48.
8) Anatom. vitrioli, Tr. IL, dans Opera med. chym., Frft. 1647, p. 381 et 463.
9) Acta Nat. Cur. VI.
10) Annalen der Staatsarzneik., 1. c.
zascha‘) et Pfann?) l’ont observé. — D’oü viendrait donc la vertu curative de l’arsenic dans quelques especes de fievres intermittentes, (vertu confirmee par mille exemples, mais pas encore employée avec assez de précaution), ce que depuis des siècles ont loué d’une manière non - equivoque nombre de médecins, p. ex. Mcolaus Myrepsus, puis Slevogt, Molitor, Jacobi, J. C. Bernhardt, Jüngken, Fauve, Breva, Darwin, May, Jackson et Fowler, si elle n’était pas fondée sur sa qualité innée d’exciter des fièvres, qualité remarquée presque par tous les observateurs des suites nuisibles de cette substance, principalement par Amatus le Portugais, Degner, Buchholz, Heun et Knape ®). — Nous pouvons bien | ajouter foi à la remarque d’Edouard Alexandre *), que l’arsenic est un remède principale contre l’esquinancie de poitrine, puisque Otto Tachenius, Guilbert, Preussius, Thilenius et Pyl ont observé de l'usage de ce médicament une oppression de la poitrine, Greiselius $) une dyspnée presque suffoquante, et principalement Majault °) un asthme, naissant subitement quand on marche, et accompagné d’une défaillance des forces.
Les convulsions qu'a excitées le cuivre,
et (selon Tondi, Ramsay, Fabas, Pyl et Cosmier)
1) Observ. med. Cent., Bas. 1677, obs. 66.
2) Samml. merkwürdiger Fälle, Nürnb. 1750, p. 119, 130.
3) Matière médicale pure de Hahnemann, vol. IL, Article Arsénic.
4) Medic. Comment. of Edinb. Dec. II., T. I, p. 85. 5) Miscell. Nat. Cur. Dec. L., ann. 2, p. 149. 6) Samml. a. Abhandl. £. prakt. Aerzte, VIL, 1.
le mélange de parties cuivreuses avec les alimens, de même que les attaques réitérées d’épilepsie, que produisit l’avalement d’une monnaie de cuivre sous les yeux de Jac. Lazerme ), et le sel ammoniac en présence de Pfündel?), expliquent assez clairement au wédecin réfléchi, comment on a pu guérir avec du cuivre une espèce de mal de St. Guy, dapres Zlobert Willan?), Walcker *), a Thuessink >) et Delarive °), et comment on a pu faire cesser si souvent par des préparations de cuivre une espèce de mal caduc, ainsi que Patty, Baumes, Bierling, Boerhave, Causland, Feuerstein, Cullen, Dunkan, Helvetius, Lieb, Magennis, C. Fr. Michaelis, Reil, Russel, Stissel, Thilenius, Weissmann, Weizenbreyer, Whithers et d’autres en ont fait si heureusement l’experience.
Si Poterius, Wepfer, Wedel, Fr. Hoffmann, R. A. Vogel, Thiery et Albrecht ont guéri avec l’etain une espèce phthisie, une fièvre étique, des catarrhes chroniques et une dyspnée humide, ils le firent au moyen de la faculté propre à l’étain de produire lui-même une espèce de phthisie, comme G. E. Stahl’) l'a déjà observé. — Et comment serait-il possible, que l’étain, selon Gerschläger, ait pu guérir des maux d'estomac, s’il
1) De morbis internis capitis, Amstel. 1748, p. 253. 2) Hufeland’s Journal, IL, p. 274.
3) Samml. a. Abhandl. f. prakt. Aerzte, XIL, p. 62. 4) Ibid., XL, 11 p.672.
5) Waarnemingen, No. 18.
6) Kühn, Phys. med. Journal, 1800, p. 58.
7) Stahl, materia medica, cap. 6, p. 83.
ne pouvait exciter lui-même de semblables douleurs, comme Geischläger *) et Stahl?) en ont vu les effets?
Est-ce que la qualité nuisible du plomb, de produire les constipations les plus opiniätres et même la passion iliaque, comme Thunberg, Wilson, Luzuriaga et d’autres l’ont remarqué, ne devrait pas nous faire entendre qu'il a la vertu de guérir de semblables maladies provenant d’une autre cause excitative?. Est-ce que le plomb devrait faire une exception de la loi homéopathique? Non. Car Angelus Sala?) guérit par l'usage intérieur de ce métal la passion iliaque, et J. Agricola*) une autre dangereuse obstruction de ventre. Les pillules de plomb, à l’aide desquelles beaucoup de médecins guérirent si heureusement une espèce de passion iliaque et d’autres obstructions opiniätres du ventre, (comme Chirac, Helmont, Naudeau, Pererius, Rivinus, Sydenham, Zacutus le Por- Zugais, Bloch et d’autres), ces pillules, dis-je, n’opererent pas seulement d’une maniere mecanique et par leur poids, (car sans cela on aurait trouvé l'or bien plus utile à cet effet); non, elles opérèrent principalement comme médicament homéopathique. — Si Otto Tachenius et Sartorph ont guéri autrefois des incommodités hypocondriaques opiniâtres avec du plomb, que l’on se ressouvienne de la qualité propre à ce métal, d’exciter de son chef des in-
1) Hufeland’s Journal, X., 111, p. 165.
2) Stahl, loc. cit.
3) Opera, p. 213.
4) Comment. in Poppii chym. Med., Lips. 1638, p. 223.
commodités hypocondriaques, comme on peut le voir dans la description des effets nuisibles de ce métal par Luzuriaga ').
On ne doit pas s'étonner, que Marcus?) ait guéri rapidement une tumeur inflammatoire de la langue et du gosier avec le mercure, comme ce remede, d’après l’expérience quotidienne et répétée à l’infini par tous les médecins, excite spécifiquement une inflammation et une tumeur des parties intérieures de la bouche, et en produit de même sur la peau du reste du corps déjà par son application extérieure sous la forme d’onguent ou d’emplätre mercuriel, comme Depner), Friese*), Albertis), Engels), et d’autres en ont fait l'expérience. — La faiblesse d’esprit que Swedjaur *), l’absence d’esprit que Degner°), et la manie que Larrey®) a remarqué de l'usage du mercure, ainsi que la faculté connue et presque spécifique de ce médicament, de produire le flux de la salive, nous expliquent tresévidemment comment William Perfect :°) a pu gué-
1) Recueil périodique de littérat., I, p. 20.
2) Magazin, IL, 11.
3) Acta Nat. Curios., VL, Append.
4) Geschichte u. Versuche einer chirurg. Gesellschaft, Kopenhagen 1774.
5) Jurisprudentia med., V., p. 600.
6) Specimina medica, Berolin. 1781, p. 99.
7) Traité des maladies vénériennes, IL, p. 368.
8) Loc. cit.
9) Mémoires et observations, dans la description de l'Egypte, tom. 1.
10) Annalen einer Anstalt für Wahnsinnige, Hannover 1804.