‹ Organon de l'art de guérirChapitre 30 sur 52 · BERN · texte numérisé non relu

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rir d'une manière durable avec le mercure une mélancolie qui alternait avec du ptyalisme.

Pourquoi Seelig ‘) fut-il si heureux avec l’usage du mercure dans l’esquinancie accompagnée de la fièvre miliaire pourprée, et Hamilton à), Hoffmann *), Marcus *), Rush), Colden °), Bailey et Michaelis 7) dans d’autres esquinancies malignes? La cause n’en était autre, sinon que ce métal peut exciter lui-même une espèce d’esquinancie très-maligne °).

Est-ce que Sauter?) ne guérit pas d’une manière homéopathique une inflammation ulcéreuse de la bouche accompagnée d’aphthes et d’une puanteur telle qu’elle provient du ptyalisme, en faisant gargariser le malade avec une solu-

1) Hufeland, Journal, XVI, 1, p. 24.

2) Edinb. Comment., IX. ı., p. 8.

3) Medic. Wochenblatt, 1787, No. 1.

4) Magazin für specielle Therapie, II., p. 334.

5) Medic. inquir. and observ., No. 6.

6) Med. observ. and inquir., No. 19, p. 211.

7) Richters chirurg. Biblioth., V., p. 737 — 739.

8) On a essayé de guérir aussi le croup avec le mercure, quoique presque toujours envain, parce que ce métal ne peut pas exciter un symptôme semblable à cette métamorphose particulière que le croup opère dans la membrane de la trachéeartère. C’est le foie de soufre calcaire, et surtout l'éponge brûlée (spongia marina tosta) dont les effets primitifs sont beaucoup plus analogues et semblables aux symptômes caractéristiques du croup, et, par conséquent, beaucoup plus salutaires, comme l'expérience me l'a prouvé; mais il faut administrer ces médicamens dans la plus petite dose possible.

9) Hufeland's Journal, XIL, 11.

tion de mercure sublime? Et Bloch!) n’enlevat-il pas les aphthes par le mercure suivant la même loi naturelle, parce que le mercure produit, outre d’autres ulcères de la bouche, aussi une espèce d’aphthes, comme Schlegel?) et Thomas Acrey ?) nous l’attestent. — Hecker *) employa avec succès plusieurs medecines composees contre une carie provenue de la petite verole. C'était par bonheur, que parmi tous ces ingrédiens se trouvait aussi le mercure, qui pouvait vaincre homeopathiquement ce mal, parce qu’il est un de ces médicamens rares qui peuvent engendrer eux-mêmes la carie, comme nous le prouvent tant de cures mercurielles exagérées de la maladie vénérienne, ainsi que d’autres cures de maladies non-vénériennes, p. ex. celle de G. Ph. Michaelis 5), Ce métal, si terrible dans un long usage par la production de la carie, devient néanmoins très-salutaire par la guérison homéopathique de la carie qui provient de blessures des os, guérison dont Justus Schlegel °), Joerdens 7) et J. Matth. Müller°) nous ont fourni des exemples très-remarquables. D’autres guerisons de caries non-veneriennes d'un autre genre, que J. F. W. Neu °) et J. D. Metzger '°) effectuèrent aussi par

1) Medicin. Bemerk., p. 161.

2) Hufeland’s Journal, VIE, ıv.

3) London. medic. Journ., 1788.

4) Hufeland’s Journal, E, p. 362.

5) Ibidem, 1809, VI, Juni. p. 57.

6) Ibidem, V., p. 605, 610.

7) Ibidem, X., 1.

8) Obs. med. chir., IL, cas. 10.

9) Dissert. med. pract., Goettingae 1776.

10) Adversaria, P. IL, Sect. 4.

le mercure, nous attestent encore sa vertu curative homeopathique dans le mal susdit.

En lisant les écrits sur l’électricité medicinale, il faut s'étonner de l’etroite relation, dans laquelle se trouvent les incommodités et les accidens qu'elle a excités par ci par là, avec les symptômes des maladies qu’elles a heureusement guéries suivant la loi homéopathique. Il y a une quantité innombrable d'auteurs qui ont observé, que l’électricité positive produit dans son effet primitif une accélération du pouls. Sauvages !), Delas ?) et Barillon $) virent même, qu’elle excitait des paroxysmes fébriles parfaits. Cette faculté d’exciter la fièvre fut la cause par laquelle Gardini #), Wilkinson °), Syme°) et Wesley?) purent guérir une fièvre tierce avec l’électricité toute seule, et Zetzel®), et Willermoz °) même des fievres quartes. — L’electricité produit aussi, comme on sait, une contraction des muscles semblable au mouvement convulsif, et de Sans !°) put même exciter aussi souvent qu'il le voulut des convulsions continues

au

1) Bertholon de St. Lazare, medicin. Electric., übers. von Kühn, Weissenfels und Leipzig 1778, Th. L, p. 239, 240.

2) Ibidem, p. 232.

3) Ibidem, p. 233.

4) Ibidem, p. 232.

5) Ibidem, p. 251.

6) Ibidem, p. 250.

7) Ibidem, p. 249.

8) Ibidem, p. 52.

9) Ibidem, p. 250.

10) Ibidem, p. 274.

au bras d’une fille. Ce fut donc par cette même faculté convulsifique de lélectricité, que de Sans 1) et Franklin?) purent anéantir des convulsions, et que Theden?) put guérir une fille agée de dix ans, qui avait perdu par l'effet d'un coup de foudre l’usage de la parole et qui était devenue presque paralytique au bras gauche, tandis que ses bras et ses jambes se trouvaient continuellement dans un mouvement involontaire et les doigts de la main gauche dans une contraction spasmodique. — L’électricité excite aussi une espèce de mal de hanche, comme Jallobert *) et un autre °) l'ont observé; c’est pourquoi elle put guérir homéopathiquement un semblable mal de hanche, comme il a été prouvé par les expériences de Æiortberg, Lovet, Arrigoni, Daboueir, Mauduyt, Syme et Wesley. — Une quantité de médecins ont guéri par l’électricité une espèce d’inflammation des yeux, car elle a la faculté d’en produire de semblables, comme l'ont vu Patrik Dickson®) et Bertholon'), — Fushel enfin guérit des varices par l’électricité, qui ne doit cette vertu curative qu’à sa qualité d’exciter des tumeurs aux veines, comme Jallobert 8) l'a observé.

1) Ibidem, p. 274.

2) Récueil sur lélectricité méd., tom. IL, p. 386. 3) Neue Bemerk. u. Erfahr., IL.

4) Expériences et observations sur l'électricité. 5) Philos. Transact., vol. 63.

6) Dans Bertholon, loc. cit., tom. I, p. 406.

7) Ibidem, tom. IL, p. 296.

8) Ibidem, loc. cit.

Albers nous rapporte, que la chaleur excessive d’une fièvre aiguë avec 130 battemens de pouls en une minute, fut très-adoucie par un bain chaud de 100 degrés Fahrenheit, et que les battemens de pouls en furent diminués jusqu'à 110. — Loeffler ‘) trouva, que des fomentations chaudes étaient fort salutaires dans des inflammations du cerveau provenues de la chaleur ardente du soleil ou de ce que la tete avait été exposée à la chaleur d’un fourneau; Callisen ?) trouva de même, que des fomentations d’eau chaude, appliquées à la tete, étaient le remède le plus efficace dans l’encephalitis. LE

C’est à la bonne fortune ou au bon sens des classes inférieures de la société, que la médecine doit pour la plupart ses remèdes spécifiques, les seuls avec lesquels elle peut combattre les maladies d'une manière directe. C’est ainsi que l’on guérit heureusement la syphilis avec le mercure, les souffran-. ces provenant de meurtrissures et de chütes avec l’arnique, la fièvre intermittente des contrées marécageuses avec le quinquina, la gale récemment née avec la poudre au soufre, etc.

Quelquefois un empirisme aveugle a conduit les médecins vers des traitemens homeopathiques, mais les résultats heureux dont ils furent toujours couronnés, ne leur firent pas comprendre la loi naturelle qui en était la cause. — En faisant boire au malade, qui avait gagné une fièvre de refroidissement, une

1) Hufeland, Journal, IL, p. 690.

2) Act. Soc. med. Havn., IV., p. 419.

infusion de fleurs de sureau, ils croyaient evacuer par la peau la pretendue matiere transpirable que le refroidissement, comme on supposait, avait mise dans un etat de stagnation; mais la veritable cause en est parce que ce medicament, qui peut produire de son chef une fièvre tout-à-fait semblable, guérit 1 maladie d’une manière eo D qu'il opère le mieux et le plus vite, quand on fait prendre une petite quantité de la dite boisson qui n’excite point de sueur! — On a coutume d’appliquer des cataplasmes très-chauds et souvent renouvelés aux tumeurs dures et aiguës, dont l’inflammation excessive empêche le passage à la suppuration, en causant simullanément des douleurs insupportables; et en effet l’inflammation et les douleurs diminuent bientôt et il se forme un abcès, comme on reconnait à l'élévation molle, luisante et jaunâtre de la tumeur. Il est évident qu’on a appaisé d'une manière homéopathique l’inflammation excessive en lui ajoutant la chaleur majeure provenant du cataplasme, et que l’on a facilité ainsi la formation de l’abces suppurant; mais l’école simagine avoir amolli l’endurcissement de la tumeur par l'humidité du bouillie! — Pourquoi employent-ils avec succès dans quelques inflammations des yeux l’onguent de St. Ives, contenant de l’oxyde mercuriel rouge, qui a la faculté incontestable d’inflammer les yeux? Est-il difficile de comprendre qu'on suit ici la voie homéopathique? — Pourquoi une petite dose du suc de persil est-elle si salutaire dans le besoin continuel d’uriner presque toujours vain et accompagné d’anxietes, souffrance non-rare chez les petits en- 6 *

fans? Pourquoi une petite quantité du suc de cette plante se montre-t-elle si évidemment bienfaisante dans la gonorrhée vulgaire, distinguée par une stimulation d’uriner fréquente, presque toujours vaine, et très- douloureuse? Par la raison toute simple, que le suc du persil peut exciter dans des personnes saines un besoin fréquent de lâcher l’eau, très-douloureux et presque toujours inutile. — On combat heureusement l’esquinancie pituiteuse avec la racine de la pimprenelle, qui excite elle-meme une sécrétion copieuse de la pituite dans les bronches et dans le gosier; on arrête des écoulemens de sang de la matrice par un peu de suc des feuilles de la Sabine, qui produit de son chef des metrorrhagies; mais on ne reconnait pas la loi homéopathique. — Plusieurs médecins ont trouvé, que des petites doses d’Opium, médicament qui constipe le ventre, étaient le remède le plus salutaire et le plus certain dans les obstructions provenant de hernies incarcerées ainsi que dans la passion iliaque; mais il n'ont pas pressenti la loi qui préside à ces cures. — On guérit des ulcères du gosier avec de petites doses du mercure qui en produit lui-même dans son effet primitif; on arrête des diarrhées avec la rhubarbe, médicament laxatif; on guérit la rage avec la belladonne, qui excite une maladie semblable; on éloigne, comme par un coup de baguette, l’état comateux dans les fièvres chaudes, en administrant aux malades de petites doses d’Opium, médicament qui échauffe et assoupit en même temps; on fait et on voit tout ceci, dis-je, et on calomnie pourtant l’homéopathie!

Ajoutons encore à ces exemples quelques autres, pris de la vie domestique des laïques en médecine.

Sur des membres récemment gelés on applique de la choucroute glacée, ou on les frotte avec de la neige.

Un cuisinier expérimenté approche sa main échaudée à quelque distance du feu, sans égard à l’augmentation de la douleur qu'il en ressent au commencement, sachant que de cette manière il peut rétablir en peu de temps, et souvent même en peu de minutes, la partie échaudée en peau saine et en enlever toute douleur. — C’est ainsi que déjà Fernelus *) croit, que le rapprochement du feu est le remêde le plus propre, pour faire cesser la douleur dans la partie brûlée. — John Hunter ?) nous cite les grands dommages causés par le traitement des brülures avec de l’eau froide, et lui préfère beaucoup le rapprochement du feu, ne suivant pas en cela les doctrines médicales traditionnelles qui ordonnent des choses rafraichissantes contre les inflammations (contraria contrariis), mais l’experience, qui lui avait enseigné, qu'un échauffement semblable était ici le meilleur remède.

Plusieurs artisans, p. ex. les vernisseurs, mettent sur l’endroit brûlé un remède excitant une ardeur semblable, savoir de l’esprit de vin fort et bien chauffé, ou de l’huile de thérébenthine, et se guérissent par ce moyen en peu d'heures, sa-

1) Therap., lib. VL, cap. 20.

2) On the blood, inflammation etc., p. 218.

chant bien, que les onguens rafraichissans ne pourraient eflectuer cela en autant de mois, et que l’eau froide ne ferait qu’empirer le mal.

Sydenham *) dit: , L'esprit de vin appliqué à plu- „sieurs reprises est préférable à tout autre remede con- „tre les brûlures.” — Aussi Denjamin Bell?) rend hommage à l'expérience en disant: „Un des meilleurs re- „medes contre toutes les brülures est l'esprit de vin. » Quand on lapplique, il semble augmenter la douleur „pour un moment, mais elle s’appaise bientôt et il „succede une sensation agréable et tranquillisante. Le „remede opère le mieux quand on plonge les par- „ties brülées dans l'esprit de vin; mais quand cela ne „se peut faire, il faut les couvrir sans cesse de com- „presses hnmectées de la dite liqueur.” J'ajoute encore: L'esprit de vin chaud, et même très-chaud, opère encore d’une manière bien plus rapide, plus certaine et plus salutaire, parce qu'il est encore bien plus homéopathique que l'esprit de vin non- chauffé. — L'expérience m'en a toujours donné des preuves étonnantes!

Edward Kentish?) qui traita souvent les ouvriers des houillères, brülés d'une manière terrible par les moufettes inflammables de ces mines, leur faisait appliquer de l’huile de thérébenthine ou de l’esprit de vin chauffé, comme le meilleur remède dans les plus grandes et les plus dangereuses brülures. Aucun traitement ne saurait être plus homéopathique que celui-ci, mais aucun n'est aussi plus salutaire.

1) Opera, p. 271.

2) System of surgery, third edition, 1789.

3) Essay on burns, London 1798, second essay.

Heister‘), médecin sincère et plein de connaissances, confirme la même chose par son expérience et loue à cet égard l'application de l'huile de thérebenthine, de l’esprit de vin et de bouillies aussi chaudes qu’il est possible de les supporter.

Pour se convainere de la maniere la plus frappante de l’etonnante prééminence de la méthode homéopathique, (qui ordonne d'appliquer aux parties enflammées par la brülure des remèdes qui excitent une sensation ardente et une chaleur semblable), à la méthode antipathique, (qui prescrit des remèdes rafraichissans et frigorifiques), il faut voir les expériences pures, où l’on a employé ces deux méthodes opposées en même temps, sur le même corps et pour le même degré de brûlure. En voici deux exemples.

| John Bell?) traita une dame qui s'était échaudé les deux bras. Il lui fit humecter l’un d'huile de thérébenthine et plonger l’autre dans l’eau froide. Le premier fut libre de douleurs au bout d’une demi heure, mais l’autre lui fit encore mal pendant six heures; quand elle le retirait seulement un moment de l’eau elle ressentait des douleurs bien plus grandes, et il fallut beaucoup plus de temps pour guérir ce bras, que l’autre,

Ce fut de la même manière que John Anderson?) traita une femme, qui s’etait brülé le visage et le bras avec de la graisse bouillante. Le visage, qui était tres-

1) Institut. chirurg., tom. L, p. 333.

2) Voy.: Kühn, phys. medie. Journale, Leipzig 1801, Juny, p. 428.

3) Voy. Pouyrage de Kentish, loc. eit.

rouge et très-brülé, et qui lui causait des douleurs violentes, fut couvert quelques minutes apres avec de l'huile de therebenthine; mais pour le bras elle l'avait déjà plongé elle-même dans l’eau froide et désirait pouvoir le traiter ainsi pendant quelques heures. Après sept heures son visage avait bien meilleure apparence et elle s'y sentait soulagée. Quant au bras, elle y avait souvent renouvelé l’eau froide, mais des qu’elle l'en retirait, elle se plaignait de beaucoup de douleurs, et en effet l’inflammation avait augmenté. Le lendemain matin Anderson trouva que la dame avait eu de grandes douleurs au bras pendant la nuit; l'inflammation s’etendait au-delà du coude: plusieurs grandes vessies avaient crevé et des escarres épaisses s’etaient posées sur le bras et sur la main, auxquelles on appliqua alors de la bouillie chaude. Elle ne ressentait plus la moindre douleur au visage, mais le bras dut être encore traité pendant quinze jours avec des remèdes mollifians.

JV. Fabricius van Hilden‘) se déclare aussi hautement contre le traitement des brülures avec l’eau froide: car il dit: „Les cataplasmes froids sont tres-nuisibles „dans les brülures et produisent les effets les plus dan- „gereux; il s’ensuit de linflammation, de la suppura- „tion et quelquefois même la gangrène.”

Qui ne reconnait pas par tout ceci le grand avantage du traitement homéopathique sur le procédé antipathique?

Le vieux et sage moissonneur, qui pendant la chaleur de l'été s’est tellement échauffé par son travail, qu'il se trouve dans un état approchant de la fièvre

1) De combustionibus libellus, Basil. 1607, cap. V., p. 11.

chaude, ne prendra jamais de l’eau froide, (contraria contrariis), car il en connait les suites funestes; mais il boira une petite gorgée d’eau de vie, liqueur échauffante par sa nature, quand même il n’en ferait pas usage pour l'ordinaire. L'expérience, qui enseigne la vérité, l'a convaincu du grand avantage de ce procédé homéopathique; sa chaleur et sa lassitude disparaissent promptement. Zimmermann nous apprend que les habitans des pays chauds font la meme chose avec le meilleur succès, c. à d. qu'ils prennent un peu d’une liqueur spiritueuse après de grands échauffemens. j

Il y eut même de temps en temps des médecins qui pressentirent que les médicamens guerissaient les maladies par leur faculté de produire des symptômes semblables à ceux de la maladie en question !).

C’est ainsi, que l’auteur du livre „neor Tonwy toy zcT &vÜowrov,” qui se trouve parmi les ouvrages d'Hippocrate, dit ces paroles remarquables: die ta Öuoı« vovoog yIVETOL, za Öle Ta OUOIE MOOSPEOÖusva x VOOEUVTUY Vyıelvovran, — da TO kussıv Eus- Tog navesran?).

Il a aussi existé dans les temps postérieurs des médecins qui ont senti et avoué la vérité de la mé-

1) Je suis bien loin de citer les passages de ces auteurs comme devant servir à raffermir ma doctrine: car elle se tient as-

sez ferme toute seule, comme je l'ai déjà dit. Je les rapporte

seulement, afin qu'on ne dise pas, que je les ai passées sous silence, pour m’approprier la priorité de l’idée d’une voie curative homéopathique.

2) Basil. Froben. 1538, p. 72.

thode homéopathique. C’est ainsi que Boulduc ?) a conçu, que la qualité purgative de la rhubarbe est la cause de sa vertu d’arrêter la diarrhée.

Detharding ?) devine que linfusion de séné peut appaiser la colique à cause de sa qualité analogue d’exciter des coliques dans des hommes sains.

Thoury ?) atteste, que l’électricité positive accélère le battement du pouls, mais qu’elle le rend aussi plus lent, quand déjà il va trop vite par l’effet de la maladie.

Bertholon #) avoue, que l’électricité émousse etanéantit une douleur très-semblable à celle, qu'elle produit elle-même.

Stoerck 5) a l'idée: „Que la stramoine qui dé- „range l’esprit et produit la manie dans des per- „sonnes saines, pourrait bien être administrée à „des maniaques, pour leur rendre l’usage de „la raison en produisant un changement dans leurs „idees.”

Mais Stahl °), médecin d’un régiment Danois, a prononcé le plus clairement de tous sa conviction làdessus, lorsqu'il dit: „Que la règle adoptée dans la „medecine, qu'il fallait guérir les maladies par des re- »mèdes opposés (contraria contrariis), était tout-

1) Mémoires de l'académie royale, 1710.

2) Eph. nat. cur. Cent. X., obs. 76.

3) Mémoire lu à Pacadémie de Caen.

4) Medicin. Electricität, IL, p. 15 et 282.

5) Libell. de Stramon., p. 8.

6) Dans: J. Hummelii Commentatio de arthritide tam tartarea, quam scorbutica, seu podagra et scorbuto, Büdingae 1738, p- 40 — 42.

„a-fait fausse et incongrue, qu'il était convaincu au „contraire, que la maladie devait être anéantie par un ,remède qui produit une souffrance semblable (simi- „lia similibus); que c'était ainsi qu'on guérissait des „brülures en approchant du feu la partie blessée, des „membres gélés par l'application de la neige ou de „leau la plus froide, des inflammations et des meur- „trissures par des esprits distilles, et que e’etait ainsi „quwil guerissait la disposition aux aigreurs de l’esto- „mac par une très-petite dose d’acide vitriolique, tan- „dis que d’autres employaient envain dans de tels cas „une quantité de poudres absorbantes.”

On a donc été souvent très près de la grande vérité! Mais on s’est borné à des idées passagères, et c'est ainsi que la régénération si absolument nécessaire de cette vieille thérapeutique en un art de guérir véritable, pur et certain est restée sans exécution jusqu'à nos temps!

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