‹ Organon de l'art de guérirChapitre 7 sur 52 · XVIII. Voici la theorie qui nous paraît étre la · texte numérisé non relu

XVIII. Voici la theorie qui nous paraît étre la

plus vraisemblable.

Quand l'organisme de l'homme se trouve affecté à la fois de deux irritations différentes, il cède à la plus forte et se dérobe à l'influence de la puissance plus faible. |

2) Les substances que nous nommons médicamens,

semblent agir sur notre corps avec plus d’energie que les autres puissances nuisibles qui occasionnent les maladies. Car tout homme est affecté d’un médicament, administré en dose proportionnée à sa constitution, au lieu que la pluralité des individus demeure exempte de nombre d’autres influences nuisibles, par exemple d’une mauvaise température de l'air. Les autres choses nuisibles n’ont qu'un pouvoir morbifique subordonné et très-relatif, mais les facultés médicinales ont un pouvoir absolu; voilà pourquoi les maladies médicinales peuvent modifier et changer les maladies naturelles.

Mais la force majeure de la maladie medicinale n’est pas la seule condition de sa victoire; il faut encore qu’elle ressemble autant que possible dans ses effets à la maladie naturelle, pour

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l’anéantir dans toutes ses parties et pour se mettre à sa place. Ceci ne peut se faire, quand

l’action du remède touche des organes éloignés du foyer du mal, comme il arrive dans l'action du remède allopathique; ni quand-le médicament supprime l'affection naturelle par une affection contraire, parce qu’une telle revolution est anéantie de nouveau par la réaction de lorganisme, comme il arrive dans l’action du remède antipathique. Mais. les effets primitifs d’un inédicament homéopathique

étant. tout-à-fait semblables aux souffrances

naturelles en question, ils touchent justement

les parties et les organes déjà irrités, et luttent immédiatement avec la maladie

naturelle. Cependant, comme les maladies mé-

dicinales sont de leur nature plus énergiques que les maladies naturelles, ces dernieres cèdent, pourvu que les symptômes artificiels les surpassent un peu en force, car deux maladies semblables ne sauraient exister ensemble dans les mêmes parties. é

La maladie naturelle ayant été parfaitement anéantie, il ne reste plus dans le corps que lamaladie médicinale, qui s’est mise à la place de celle-là Cependant toute maladie médicinale étant d’une durée limitée, et la dose du remède ayant été trèspetite, les souffances artificielles s’évanouissent d’elles-mêmes en peu de temps, et laissent le corps parfaitement sain. Quant à la réaction de l'organisme, si defavora-

ble au procédé antipathique, elle devient salutaire dans la méthode homéopathique; car l’action du remède homéopathique étant se mblable à celle de la maladie naturelle, la réaction de l’organisme produit un effet opposé au mal en question et contribue par conséquent au rétablissement de la santé.

XIX. Les remèdes homéopathiques doivent être employés en doses bien plus petites que la pratique ordinaire n’a coutume de les donner. Car, comme un tel médicament touche justement les parties du corps qui sont déjà extrêmement irritées par la maladie naturelle, le médecin n’a besoin que d’une petite quantité de substance médicinale, pour exciter la maladie artificielle propre à surpasser la souffrance existante. Au contraire, une grande dose ferait monter l’aggravement homéopathique (c. à d. la maladie médicinale) à un degré éminent qui nuirait au malade et qui pourrait même mettre sa vie en danger. — Les grandes doses ont en outre la suite fächeuse de provoquer une réaction turbulente de l'organisme, accompagnée d’evacuations par lesquelles il se débarrasse de la substance médicinale avant que celle-ci ait opéré son effet spécifique.

XX. Il n’y a que peu de médicamens homéopathiques qui soient administrés comme teinture ou poudre forte et concentrée. La plupart doit subir auparavant une autre préparation, connue sous le nom d'atténuation ou de rarefaction homéopathique. Cette rarefaction s'opère d'une double manière, suivant que la nature de la drogue l'exige ; elle se fait ou par la voie humide, ou par la voie sèche.

1) La raréfaction humide ou dilution s'opère de la manière suivante. On instille une goutte de teinture concentrée d’une plante, p- ex. de la belladonne, dans un flacon rempli de 100 gouttes d'esprit de vin rectifié, et on unit cette goutte médicinale aux 100 gouttes de la liqueur raréfiante !), en donnant au flacon plusieurs secousses fortes, de facon que tout le contenu soit imprégné de la substance médicinale. Or, comme chacune des 100 gouttes d'esprit de vin renferme à présent une quotité relative et égale d'une goutte de belladonne, elle est nommée un centième, c. à d. 135 d'une goutte de la teinture concentrée. Pour faire la seconde atténuation, on mele de nouveau de la manière susdite un de ces centièmes à 100 nouvelles gouttes d'esprit de vin; les gouttes de cette seconde dilution sont appelées des dix-millièmes, parce que 155 a été reparti à 100 gouttes nonmédicinales. La troisième raréfaction s'opère en joignant derechef un de ces dix-millièmes à 100 nouvelles gouttes d’esprit de vin, et les gouttes de cette troisième dilution forment les millioniemes, car 1,3, à été reparti à 100 gouttes non-médicinales, et ainsi de suite. — Plus une substance est héroïque, plus il faut la

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1) Lesprit de vin ne change pas les qualités spécifiques de la drogue, car il n’est qu'une liqueur simplement irritative; et même cette qualité irritante devient nulle, parce que la dose est prise ou avec de l’eau, ou avec du sucre de lait, substance toutà- fait indifférente. On ne saurait donc comparer la préparation susdite aux mélanges de plusieurs drogues médicinales dont se sert pour l'ordinaire la pratique des autres méthodes curatives.

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raréfier, et plus une maladie est grave, plus grande est la nécessité de descendre dans l'échelle des dilutions, pour trouver le degré d’incitation convenable à la réceptivité de l’organisme.

2) Quant à la raréfaction sèche, elle s'opère moyennant la trituration de la drogue médicinale sèche avec du sucre de lait Un grain, p. ex.

de fleurs de soufre, est trituré pendant plusieurs heures avec 100 grains de sucre de lait, de facon qu'il se fait un mélange intime entre ces deux substances et que chaque grain de sucre de lait soit imprégné d’une quotité relative de soufre. Chaque pareil grain est nommé un centième. Les raréfactions suivantes se font de la mème manière.

XXI. Si d'un côté la rarefaction homéopathique diminue laction trop violente et trop longue du médicament, de l’autre côté elle développe davantage ses vertus dynamiques subtiles et elle le rend plus propre à sinsinuer dans les organes affectés. Il semble que la friction successive et continuée de particules médicinales avec des substances non-médicinales, dégage, pour ainsi dire, l'esprit de la drogue enchaine dans les liens de la matière. (Ceci se prouve évidemment en ce que plusieurs substances qui n’ont aucune efficacité médicinale tandis qu’elles se trouvent dans l'état d’intégrité matérielle (p. ex. For en feuilles), la recoivent en un haut degré après avoir passé par plusieurs degrés de l'échelle homéopathique.

XXII. Il ne faut jamais employer qu'un seul remède simple à la fois; car ce n’est quwainsi

qu'on peut avec certitude combiner d'avance, si les #4 #

symptômes primitifs du médicament se trouvent en rapport homéopathique avec les symptômes de la maladie en question. Tout mélange de plusieurs drogues est inadmissible; car on ne peut ici jamais définir, de quelle manière ces divers ingrédiens se modifient réciproquement; or le pronostic de l'effet futur serait aussi vague que la critique sur l'effet accompli deviendrait illusoire.

AXII. Aucune cure homéopathique n’est possible si l’on ne fait observer au malade une diète particulière, qui a pour principe fondamental: „Que le malade évite soigneusement toute substance douée de qualités médicinales qui puissent troubler ou anéantir l’action du remède.“ Or les alimens et les boissons doivent ètre simplement nutritives ou desalterantes; tout ce qui produit des changemens extraordinaires sur l'organisme (comme le café, le thé, l’eau de vie, les epices des Indes etc. etc.) sera banni du regime du malade; car toute chose douée d’une qualité medicinale heterogene, troublerait ou anéantirait l'efficacité d’une dose medicinale aussi subtile, telle que la méthode homéopathique doit la prescrire. La diète homéopathique a pour tendance de ramener l’homme à une vie simple et conforme à la nature.

Nous venons de donner à nos lecteurs un abrégé de la doctrine du Docteur Hahnemann. Il importe à présent de leur faire connaître les objections principales qu'on lui a faites, et la manière dont elles ont été refutées.

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