‹ Orgueil et Préjugé, Volume 2Chapitre 8 sur 34 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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es Bennet furent engages à dîner ch.ea les Lucas, Et Miss Lucas fut encore assez bonne pour accorder toute son attention à Mr. Collins pend a ni la plus grande partie de la journe'e. Elisabeth saisit la première occasion pour la remercier :

Cela le maintient en bonne humeur , lui disoil-elle , et je vous en suis pins obligée que je ne puis l'exprimer. Charlotte assura son amie que le plaisir de lui être utile , la dédommageant amplement de ce petit sacrifice. C'e'loh certainement fort aimable, mais la complaisance de Charlotte sV'lendoit encore plus loin que ne l'imagiuoit Elisabeth. Son but n'étoit rien moins que de la meure pour jamais

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à Fybri des assiduités de Mr. Coîlins , en se les assurant à elle-même. Tel ëtoh le plan de Miss Lucas, et les apparences lui éloient devenues si favorables que le soir, lorsqu'il fallut se .séparer , elle se serait crue près qu'assurée du succès , s'il n'avoit pas dû quitter le Iiertfordshire si prompte m en t. Mais en cela , elle ne rendoit pas justice à l'ardeur et à l'indépendance du caractère de Mr. Collins, qui l'engagèrent à s'échapper le lendemain malin de Longboum avec une adresse admirable, et à courir à Lucas Lodge pour se jeter à ses pieds, lldésiroit extrêmement éviter la rencontre de ses cousines, persu.»

que si elles le voyoieut sortir , elles ne manqueraient pas de deviner ses projets, et il ne vouloit pas que la tentative qu'il alloit faire, fut connue, jusqu'à ce qu'on pût aussi en connoître le succès ; car quoique ses senlimens eussent été fort

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enconragps par Charlotte, il etoit cependant devenu très- méfiant depuis l'aventure du mercredi. — La réception qu'os lui fît , Fut très-flatteuse. Miss Lucas l'aperçut d'une fenêtre fort élevée, elle descendît à l'instant et courut dans l'avenue pour le rencontrer comme par hasard ; maïs elle n'avoh réellement pas espe'ré d'être abordée avec autant d'amour et d'éloquence.

Tout fut arrangé entre eux, et è leur sa lis faction réciproque en aussi peu de teins que purent le permettre les longs discours de Mr. Col lin s ; lorsqu'ils entrèrent dans la maison , il ta pria avec ardeur., de fixer îe jour qui devoit le rendre le plus heureux des hommes; et quoique l'étiquette dût faire repousser une sollicitation aussi anticipée à Miss Lucas , elle ne se sentit cependant aucun penchant à risquer son bonheur par de trop longs retards. D'ailleurs, la stupidité

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longer.

la pesanteur dont la nature avoit doué Mr. Collms, rendoît la cour <ju iî pouvoit | ai i e à sa fia ucée si pe u a g « é a bî c , q an us une femme ne devait désirer de la pro~

Ou s'adressa tout de suite à Sir Williams et à Lady Lucas, pour obtenir leur consentement , il fut accordé avec la plus grande joie; Mr. Collius éwit tin fort bon parti pour leur £11% a ïa^* quelle ils ne ponvoieiU donner qu'une très-petite dot. il avoil de belles espérancesj Lady Lucas commença à calculer, combien Mr. Beunet avoil encore de probabilité de vie ; et Sir Williams prononça que dès que Mr. Collius entreroit en possession de Longbonrn, il seroîc convenable qu'il se fit présenter à St.

James avec sa femme.

Tout^e la famille étoil extrêmement contente ; les filles cadettes a voient l'espe'rance d'entrer duns le monde un an «u deux plutôt; les garçons éloient très-

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soulagés de la crainte que leur soeur ne mourût vieille fille. Charlotte éloit la plus calme \ après avoir atteint son but, elle avoit le temps de réfléchir ; ses réflexions étoient , en résumé , assez satisfaisantes.

Mr. Coliins n'étoit assurément pas fort aimable, sa société et oit fatigante et son amour imaginaire , maïs enfin il seroit son mari, et sans avoir une bien haute idée , ni des hommes , ni du lien conjugal , le mariage avoit toujours été le but des désirs de Chai lot te j elle pensoit que c'étoit le seul établissement honorable pour une je nue personne bien élevée qui avoit peu de fortune j quoiqu'il ne lui parût pas certain qu'il procurât le bonheur , c'étoit cependant le préservatif le plus agréable contre la pauvreté. Elle venoit de s'assurer un sort, et à l'âge de vingt-sept ans, n'étant point jolie , elle en senloit tout le prix.

Le côlé le moins agréable de toute Tafr

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faire étoit la surprise qu'elle causeroit à Elisabeih Bennet , dont elle prisoit j'amitie au-dessus de celle de toute autre personne. Elisabeth se roi t fort étonnée et la blâmeroit probablement ; quoique sa '-résolution ne pût pas seulement en être ébranlée , elle étoit cependant chagrine de la seule idée de cette désapprobation ; elle se détermina à lui communiquer elle-même son mariage ; en conséquence eile pria Mr. Collins, lorsqu'il retourna à Longbourn, de ne rien laisser soupçonner de ce qui s'étoit passé. — Il lui promit donc de rapporter son secret ; mais ce ne fut pas sans peine , la curiosité qu'avoit excitée sa longue absence perçoit dans toutes les questions qu'on lui Ht à son retour; il ne lui étoit pas facile de garder le silence , car il se réjomssou beaucoup de publier et son nouvel amour et son

mariage.

Gomme il devoit partir de trop bonne

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heure le lendemain , pour voir aucun des membres de la farm'Je^ la cérémonie des adieux se fij. lorsque les dames se levèrent pour se retirer, et Mistrit»» Bonnet lui du alors avec beaucoup de politesse et de cordialité qu'elle seroil fort heureuse de le recevoir eucore à Longbourn si ses occupatious lui permettoient de revenir.

— Ma chère Madame, repondit Mr, Collins, cette invitation m'est d'autant plus agréable que j'avois bien espéré la recevoir, et vous pouvez compter que j'en profilerai le plutôt qu'il me sera possible.

Ils furent tous fort e'tonnés de celte réponse , et Mr. Bemiei qui ne souhaitoit , en aucune manière , un si prompt retour , se hâta d'ajouter :

Mais, mon cher Monsieur, ne craindriez- vous point d'encourir le blâme de Lady Catherine par de si fréquentes

absences? Il vaudroit bieo mieux négliger vos parens que de risquer d'offenser votre protectrice!

Je vous suis très-obligé de cet avis amical, mon cher Monsieur, et vous pouvez compter que je ne ferai jamais une pareille démarche , sans Je consentement de sa seigneurie.

Vous ne sauriez être trop sur vos gardes, reprit Mr. Bennet; il faut tout abandonner plutôt que de lui déplaire, et si vous voyez qu'elle désapprouve le moins du monde votre retour vers nous ce que je crois extrêmement probable restez chez vous, et soyez persuadé que nous ne nous en offenserons point.

Croyez moi, mon cher Monsieur, du Mr. Collins, ma reconnoissance est vivement excitée par de si grandes preuves d'attachement. Vous recevrez de moi irès-promptement mie J c »ira de renier-

cimens pour toutes les kai$*». d'amitié

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dont vous m'avez .comblé, pendant mea séjourdans le Herlfordshire. Quant à mes belles cousines quoique mon absence ne doive pas être assez longue pour rendre mes v@eux nécessaires , je prends la liberté de leur souhaiter joie et -bonheur, sans en excepter ma cousine Elisabeth.

Les dames se retirèrent avec tous les témoignages de civilités convenables , elles éioknt toutes également surprises de voir qu'il avoit l'intention de revenir si vite. Misiriss Bennet vouloit entendre par-là qu'il pensoit à adresser ses vœux à l'une de ses m , les.cadeties r etonauroit pu engager Mary à l'accepter , car elle avoit une plus haute opinion de ses moyens que les autres. Jl y avoit une solidité dans ses réflexions, disQÎi-elI-e., qui l'avait souvent frappée ; et quoiqu'il neiut pas aussi profond qu'elle, elle pensait cependant que, si son exemple pouvoit l'en- «jx'er à lire et à s'instruiie , il deviez

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*3roh un liomme aimable. Mais dès le -lendemain toute espérance de cette espèce fut détruite. Miss Lucas vint faire visite peu de momens-après le déjeuner, et dans un entretien particulier raconta a Elisabeth les événemens de la veille.

L'idée que peut-être Mr. Colim* se croyoit amoureux de son amie, s'ctok présentée à Elisabeth depuis les deux derniers jours, mais il ne lui paroissoit pas possible que Charlotte pût l'encourager plus qu'elle ne Pavoît fait ellemême i son étonnement fut si "rand qu'il lui fit passer les bornes des convenances 5 elle ne put s'empêcher de s'écrier : Promise à Mr. Coîlius î .c'est

impossible! L'assurance que Charlotte ■s'étoit efforcée de prendre pour lui raconter tout cela, fut ébranlée par ua reproche aussi direct et bien plus positif qu'elle ne s'y étoit attendue ; cependant elle se remit bientôt , et lui répondit

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avec calme : Pourquoi tant de surprise, ma chère Elisa ? pensiez-vous que Mr. Collins ne pût obtenir l'estime d'aucune femme, parce qu'il n'a pas eu le bonheur de réussir auprès de vous ?

Elisabeth avoit eu le tenas de se remettre de son élonnernent, et faisant un effort sur elle-même , elle parvint à lui dire que la perspective de devenir sa parente lui e'toil fort agréable, et qu'elle lui souhailoii tout le bonheur Imaginable.

— Je vois ce que vous pensez , dît Charlotte, vous devez eue étonnée , Mon* sieur Collins, ayant souhaite si récemment vous épouser; mais lorsque vous aurez eu le tems de réfléchir que tout ctoit absolument fini entre vous, qu'il y avoit renoncé, j'espère que vous approuverez ce que j'ai fait. Je ne suis pas romanesque , vous ie savez , je ne l'ai jamais cte* ; tout ce que je délire, c'est

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d'avoir un chez moi, une position aisée et plus d'inquiétude pour f avenir ; en réfléchissant sur Je caractère de Mr. Collins , ses relations , sa position , je me suis convaincue que la chance de' bonheur que j'ai avec lui, est aussi grande que celles de la plupart des gens qui se marient.

Sans doute, lui répondit Elisabeth; et après un moment de silence, pendant lequel elles furent toutes deux assez embarrassées , elles rejoignirent le reste de la famille ; Charlotte ne fit pas une longue \isite, et Elisabeth eut le temps de réfléchir à tout ce qui s'étoit passé 5 elle fut quelque temps avant de pouvoir se réconcilier avec l'idée d'une union qui luiparoissoîlsi mal assortie: queM. Collins eût pu demander en mariage deux femmes en trois jours, cela l'ctonnoit bien moins que la détermination de Charlotte. Elle savon que I opinion de son amie sur ce

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