‹ Orgueil et Préjugé, Volume 2Chapitre 7 sur 34 · ORGUEIL ET PR^JUG · texte numérisé non relu

ORGUEIL ET PR^JUG

Mr. Bingley d'y retourner, et quant à leur société, elle pensoit que Jane cesseroit bientôt de la regretter, si elle jouissoii de celle du frère.

— 11 est fâcheux , dit-elle , après une légère pause , que vous n'avez pu voir vos amies avant leur départ ; mais il faut espérer que ce temps avenir dont parle Miss Bingley , arrivera plutôt qu'elle ne le croit, et que les délicieux raomem que vous avez passe's comme amies, ne se renouvelleront pas avec moins de charmes lorsque vous serez scturs. Elles Lie pourront pas retenir Mr. Bingley à Londres.

Caroline dit cependant , qu'aucun d'eux ne reviendra cet hiver dans le Hertfordshire. Je vais vous le lire :

« Lorsque mon frère nous quiita hier, il pensoit que J'affaire qui J'appelwit à Londres , seroit terminée dans trois ou quatre jours; mais cela ne peut pas être, Ql comme nous savons que lorsque

Charles est à la ville il n'est jamais pressé de la quitter , nous nous sommes décidées à le suivre , pour ne pas l'y laisser seul. Plusieurs de nos connoissances sont déjà à Londres pour y passer l'hiver; je voudrois bien, ma chère, que vous vinssiez en augmenter le nombre, mais je n'ose pas l'espe-ier. Je me flatte pour vous que les fêtes de noël seront fécondes en divenissimens dans le Hertfordslure, et que vos beaux seront assez nombreux pour que vous ne ressentiez point lu perte des trois Messieurs qu$ nous sous enlevons. »

D'api es cela dit Jane, il est évidenî qu'il ne reviendra pas cet hiver.

— Du moins que Miss Biugley l'es-

père,

: — -Pourquoi dites-vous cela, Lizzy ?

Ne fait- il pas ce qu'il veut? N'est -il pas son propre maître? Mais vous ne savez

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OBCUEIL ET PRÉJUGÉ.

pas tout j je vais vous lire les lignes qui m'affectent le plus; je n'ai rien de caché

pour vous.

« Mr, Darcy est impatient de rejoindre sa sœur } et pour dire la vérité, lions ne désirons pas moins que lui de la revoir. Je ne crois réellement pas que Georgina Darcy ait son égale pour la beauté, l'élégance elles lalens; el l'affection qu'elle m'inspire ainsi qu'à Louisa est changée en un sentiment encore plus tendre, par l'espérance que dans la suite elle deviendra notre sœur. Je ne sais pas si je vous ai jamais fait part de mes idées sur ce sujet, je ne veux point quitter le pays sans vous les confier, et je me flaue que vous ne les trouverez point sans fon démens. Mon frère l'admire déjà beaucoup, il aura maintenant de fréquentes occasions de la voir d'une manière intime j toute la famille Durcv désire cette alliance Autant que nous. Si la partialité d'une

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sœur ne m'aveugle pas , je pense que Charles est bien fait pour obtenir le cœur d'une telle femme d'après toutes ces circonstances, et une préférence bien marquée de la part de Charles, ai- je tort, ma chère Jane , de me livier à l'espérance de voir se réaliser une chose qui feroit le bonheur de tant de gens?»

Que pensez- vous de cela ? du Jane, lorsqu'elle eut fini ; n'est-ce pas assez clair? N'est-ce pas la preuve que Caroline n'a jamais désire que je devinsse sa sœur ? qu'elle est parfaitement convaincue de l'indifférence de son frère pour moi, et que si elle soupçonne mes seniimens, elle cherche, avec bonté, à me mettre sur mes gardes? Peut-on avoir une autre opinion là- dessus ?

— Oui, car la mienne est absolument différente , voulez-vous la connoîlre?

Volontiers.

Je vous la dirai en peu de mol* •

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Miss Bingley voit que son frère vous aime , et cependant elle débire qu'il épouse Miss Darcy ; elle le suit à la ville dans l'espérance de l'y retenir, et s'efforce de vous persuader qu'il ne pense point à vous»

Jane secoua la tête.

En vèïiié 4 Jane , vous devez me croire; ceux qui vous ont vus ensemble, ne peuvent douter de son amour pour vous, et Miss Bingley pas plus qu'un autre; elle n'est pas assez simple, pour s'y méprendre, et je vous assure que, si ellepouvoit croire que Mr. Darcy l'aimât seulement autaut^ elle anroit déjà commandé sa rohs de noce* Le fait est que nous ne sommes ni assez nobles, ni assez riches pour eux; elle désire , avec d'autant plus d'ardeur, obtenir Mis* Darcy pour son frère, qu'elle s'imagine qu'une alliance étant déjà contractée entre les deux familles, elle ama moins de peine a eu former une seconde.

**fim

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11 y a une certaine ingénuité là-dedans, et je crois qu'elle re'ussiroit , si Miss de Bourg ne se trou voit pas sur son chemin.

Mais ma chère Jane , vous ne pouvez pas raisonnablement croire que , parce que Miss Bingîey vous dit que son frère admire beaucoup Miss Darcy , il soit moins sensible à votre mérite qu'il ne Tétoit mardi, lorsqu'il prit congé devons, ni qu'elle puisse lui persuader qtie ce n'est pas vous qu'il aime, mais son amie.

— Si notre manière de penser sur Miss Bingley étoil la même, dit Jane, vous me persuaderiez; mais je sais que vous êtes injuste envers Caroline ; elle est incapable de vouloir tromper personne, et tout ce que je puis espérer dans cette occasion, c'est qu'elle se trompe «lie- même.

— C'est bien 5 vous ne pouviez avoir une plus heureuse idée, puisque vous ne youlez pas adopter la mienne. Croyez

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qu'elle se trompe' de toutes les manières, vous aurez fait votre devoir vis- a- vis d'elle , et vous ne vous inquiéterez plus.

— Mais, ma chère sœur, en supposant même tout ce que vous voulez, pourrai- je être heureuse en acceptant la main d'un homme , dont les sœurs et les amis désirent ardemment le manager avec une au Ire personne ?

— C'est à vous à décider ceîa ; si après une mûre délibération, vous trouvez que le chagrin de désobliger ses deux sœurs, est équivalent, au plaisir d'être sa femme, vous devez eu effet y

renoncer.

— Pouvez-vous plaisanter ainsi ? dit

Jane, en souriani foiblement, vous savez que , malgré le chagrin que leur désapprobation ponrroit me donner , je ne saurois cependant pas hésiter.

« — Je ne pense pas que vous en eussiez seulement l'idée \ car si c'étoïr le cas , je n'a u rois pas pitié de voire sort.

Enfin , s'il ne revient pas cet hiver, je ne serai pas dans l'alternative j tant de choses peuvent arriver pendant six mois !

Elisabeth se recria contre la crainte de ne pas le voir revenir ; elle lui paroissoit n'avoir d'autre fondement que les désirs de Caroline 5 et elle ne pouvoit supposer un seul instant que ses désirs exprimés ouvertement ou insinués avec adresse , pussent avoir la moindre influence sur un homme parfaitement indépendant.

Elle s'efforça de faire revenir sa sœur à son opinion , et elle eut le plaisir de réussir. Le caractère de Jane n'étoit pas porté à l'inquiétude, et malgré la défiance que donne l'amour, elle finit par espérer que Biugley reviendrott a ISetherfield , et qu'il répondroil à tous les souhaits de son cœur.

ii fut doue décidé qu'on apprendront

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a Mrs. Bennet le départ de toute la £amille de Netherfield, sansparoître avoir aucune inquiétude sur la conduite de Bingley. Cependant cette nouvelle lui fit beaucoup de chagrin , et elle considéra comme une chose très- fâcheuse que les dames fussent parties précisément , lorsqu'elles alloient devenir intimes avec Jane, Après s'être fort lamentée pendant quelque temps , elle se consola cependant par l'espérance du prompt retour de Mr. Bingley, et par l'idée qu'alors il viendroit dîner à Longbourn. La conclusion de tout cela fut que, quoiqu'elle l'eut invité à venir dîner tout* à-fait en famille et sans cérémonie , elle auroit soin cependant qu'il y eut deux services ce jour là.

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