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dans le taillis du bois qui la bordoit.
Elisabeth auroil voulu en suivre tous les contours ; mais lorsqu'ils virent à quelle distance ilsé»oient de la maison, Mistriss Gardiner, qui ne marcboil pas volontiers, ne voulut pas aller plus loin, et ne pensa qu'à rejoindre la voiture le plus promptemeni possible. lisse dirigèrent donc vers la maison par le chemin ïe plus court, mais Mr. Gardiner , qui aimoil beaucoup la pêche , étoit si occupe' à chercher la trace des poissons dans la rivière, en s'en entretenant avec son conducteur , qu'il avancoit fort peu. En promenant ainsi, ils furent très-élonués de voir Mr. Darcy qui revenoit vers eux et qui n'étoil déjà plus à une grande distance ; Elisabeth, quoique surprise , eloit cependant mieux préparée à cette entrevue qu'à la première ; elle résolut, s'il avoil réellement ['intention de les aborder , de reprimer son trouble et de lui parler avec calme.
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J£Jïe crut, pendant quelques iuomens, qu'il prendroit une autre direction , et un détour du seniier l'ayant dérobé à ses yeux, elle en étoit déjà persuadée, lorsqu'au tournant il se trouva devant elle.
Désirant être aussi polie qu'il l'avoil été, elle se récria , en l'abordant , sur la béante de ce lieu; mais elle n'eut pas plutôt prononcé les mots de charmant. , délicieux , qu'elle s'imagina que l'é'nge de Pemberley dans ta bouche pourroit être mal interprété après ce qui s'éioit passé , elle rougit et se lut.
Mistriss Gardiner étoit restée un peu en arrière ; lorsqu'elle s'approcha , Mr.
Darcy demanda à Elisabeth de vouloir bien le présenter à ses amis. C'étoit un effort de civilité auquel elle n'étoit point préparée • elle ne put réprimer un sourire en pensant qu'il vouloit bien maintenant faire connoissance avec ces mômes personnes contre lesquelles son orgueil
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Fa voit révolté lorsqu'il avoit demande sa main. Quelle sera sa surprise, pensa-telîe , lorsqu'il saura qui ils soni ? Il les prend peut-être pour âes gens d'un rang plus relevé. En 1rs nommant, elle jeta sur lui un regard à la dérobée, pour voir comment il supportoit cette découverte ; elle craignoit de le voir s'éloigner aussitôt qu'il le pourroit d'une compagnie uussî vulgaire. Elle vit clairement qu'il étoit en effet très surpris , mais cependant il en prît son parti avec courage, rebroussa chemin avec eux, et entra même en conversation avec Mr. Gardiner. Elisabeth triomphoit ! Il pouvoit voir au moins qu'elle avoit quelques parens, dont elle ne devoit point rougir.
Elle écontoit leur conversation, et s'enorgueillissoit à chaque expression, k chaque phrase de son oncle , qui prouvoient son esprit, son goût et l'élévation de ses senlimens.
On partait de la pèche, et elle entendit M»\ Darcv inviter son oncle, avec la pins grande politesse , à venir pêcher toutes les fois qu'il le vondroit, pendant qu'il seroit dans le voisinage ; loi offrant même de lui prêter tout l'attirail de la pêche, et lui indiquant les parties de la rivière où il v a voit, ordinairement le pins de poisson. MislrissGardiner,qui donnoit le bras à Elisabeth , la regardoit avec éionnement. Elisabeth ne disoit rien , mais elle e'loit extrêmement flattée, tout cela e'toît en son honneur ! Sa surprise croissant toujours, elle cherchoit à deviner la cause de ce changement; d'où cela peut-il venir, se disoit elle , les reproches que je lui ai faits à Hunsford , auroient-iîs pu opérer une pareille métamorphose? Mais, non , il est impossible qu'il m'aime encore !
Après s'être promenés quelques momens ainsi, les deux dames en avant, les
deux messieurs derrière; Mistriss Gardilier étant trop fatiguée, el ne trouvant plias que le bras d'Elisabeth fut un soutien assez ferme , prit celui de son mari. Tout naturellement Mr. Darcy se trouva à côté d'Elisabeth. Ils continuèrent ainsi.... Elisabeth rompit la première le silence; elle vouîou qu'il sût qu'elle n'étoit venue à Pembei ley que parce qu'on lui avoit affirmé qu'il étoit absent. — Votre concierge, dil-elte, nous avoit assures que voua n'arriveriez que demain ; nous avions su aussi à Bakweîl , qu'on ne vous attendoit point encore. Darcy répondit que quelques affaires l'avoient fait devancer les personnes avec lesquelles il étoit en route; elles arriveront demain de bonne heure; parmi elles, il y en a quelquesunes qui re'clameront l'honneur d'être connues de vous; M. Bingley et ses sœurs.
Elisabeth ne répondit que par une légère inclination. Ses pensées la reporté-
s-ent au moment où le nom de Mr. Bingley avoit e'ié prononcé entre eux la dernière fois. Mr. Darcy, si elle en jngeoit par sa rougeur, étoit occupé de la même idée.
— Il y a aussi, continua-til après une légère pause, une personne qui souhaite surtout de faire votre connoissance; vous me permettrez ^ Madame, si ma demande n'est pas trop indiscrète , de vous présenter ma sœur, pendant votre séjour à LamLton.
La surprise d'Elisabeth fut si grande, qu'elle ne sut que répondre; elle senloit bien que le désir que ponvoit avoir Miss Darcy de la connoître devoit être l'ouvrage de son frère , et c'étoit une idée bien douce pour elle ! C'étoit la preuve que le ressentiment ne lui avoit pas donne' une mauvaise opinion d'elle.
Ils marcboient en silence, plongés tous deux dans leurs réflexions j Elisabeth
fniififlhi
n'étoit pas gaie , c'eût été impossible , maïs elle e'toii flattée et doucement agitée. Ce désir de lui présenter sa sœur étoit le compliment le- plus aimable qu'il pûl lui faire, lis eurent bientôt devancé les autres, et lorsqu'ils atteignirent la voiture , Mr.
et Mistriss Gardiner éloient encore à un demi-quart de mille.
il la pria alors d'entrer dans la maison , mais elle assura qu'elle n'étoit point fatiguée , et ils restèrent dans la prairie.
Le silence étoit fort embarrassant ; elle auroîl voulu parler , mais il lui sembloit q-..ic tous les sujets lui éloient défendus.
Enfin, cependant, elle se souvint qu'elle venoit de voyager, et ils s'entretinrent avec persévérance du Pe'ak, de Maltoît, de. Dovedale, etc. Mais le temps et Mistriss Gardiner marchoienl bien lentement!
La patience et les idées d'Elisabeth étoient à bout avant que le tête-à-tête fût fini.
Lorsque son oncle et sa tante les rejoi-
gnirent, Darcy les pressa encore d'entrer dans la maison et de prendre quelques rafraîcliissemens ; mais ils refusèrent, et on se sépara avec la plus grande politesse de part et d'antre. Mr. Darcy aida les dames à monter dans leur voiture , et lorsqu'elle partit, Elisabeth le vit retourner lentement à la maison.
Alors commencèrent les observations de son oncle et de sa tante, et tous deux déclarèrent qu'ils étoient enchantes.
— Il est tout-à-fait simple et poli, dit son oncle.
— Il est parfaitement sûr qu'il a quelque chose d'imposant, dit sa tante; c'est dans son air, et cela ue va pas mal; à présent je dirais volontiers comme la concierge : <x Quelques personnes le croient fier, mais moi je ne le trouve pas. )>
— Sa conduite envers nous m'a surpris; il a été plus que poli, rien ne l'obligeoit à tant d'attention , car sa co un oissauce avec Elisabeth est tiès-iégèrc.
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— Certainement , Liyzy , reprit Mîstriss Gaidiner, il n'est pas si bien que W'ikam , c'est-à dire, sa tournure n'est pas si élégante, mais ses traits sont parfaitement b^aux. Comment avezvous pu nous dire qu'il e'toit désagréable ?
Elisabeth s'excusa comme elle le put j elle dit qu'il lui avoit paru mieux dans le comté de Kent que dans leHertfordshire, mais qu'elle ne l'avoit jamais vu aussi aimable que ce matin.
— Peut-être est-il un peu capricieux dans sa politesse, reprit Mr. Gardiner?
ces grands Messieurs le sont souvent ; aussi je ne le prendrai pas au mot pour ses offres de pêche , il pourroil changer d'idée , et me prier un autre jour de ne pas entrer chez lui.
Elisabeth vit qu'il avoit tout à-fait mal jugé son caractère 3 mais elle ne répliqua rien.
;— D'après ce que nous venons de voir
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et d'entendre, reprit sa tante, jamais je n'aurois imaginé qu'il pât se conduire d'une manière aussi cruelle qu'il la fait vis-à-vis de ce pauvre Wikam ! 11 n'a point l'air méchant ; au contraire , il a quelque chose d'aimable dans la figure, lorsqu'il parle} et l'air de dignité répandu sur toute sa personne , ne donne poiut mauvaise opinion de son cœur. Cependant il est sûr que la bonne femme qui nous a montré sa maison lui prête le plus beau caractère. J'avois quelquefois de la pe:tie à m'empêcher de riie tout haut.
Mais je pense que c'est un maître généreux ; ce qui, aux yeux des domestiques, suppose toutes les autres vertus.
Elisabeth se sentit sommée par sa conscience de justifier la conduite de Mr. Darcy avec Wikam ; elle leur donna à entendre , avec toute la réserve possible , que , d'après ce que lui avoienî dit plusieurs personnes dans le comté de
Kent, les actions de Mr. Darcy pouvoienl être interprétées d'une manière bien différente; que son caractère n'étoit point aussi dur et celui de Wikani point aussi aimable qu'on le leur avoit affirmé , et, pour prouver ce qu'elle avançoit, elle raconta ce qui avoil rapport aux transactions pécuniaires , sans nommer son autorité j mais en établissant bien cependant qu'on devoil y «jouter foi.
Mistriss Gardiner fut très étonnée et presque affectée de tout cela, mais, comme elle alloit revoir le théâtre de ses premiers plaisirs, toutes ses idées se tournèrent vers ce côte'; elle étoit trop occupée à faire remarquer à son mari les lieux les plus intéressans des environs, pour penser à autre chose. Quoiqu'elle eût été fatigué* de la promenade do matin , elle n'eut pas plutôt dîné qu'elle alla chercher ses anciens amis , et la soirée se passa à renouveler connoissance avec des gens
qu'elle n'avoit pas vus depuis plusieurs années.
Les événemens cîe la journée avoient trop d'intérêt pour Elisabeth, pour qu'elle pût donner une grande attention aux nouveaux personnages; eile ne pouvoit penser qu'à son entrevue avec Mr. Darcy, et surtout au désir qu'il avoit manifeste de lui faire faire connoissance avec sa sœur.
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