‹ Orgueil et Préjugé, Volume 3Chapitre 12 sur 19 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ilisabeth avoil arrange dans sa tête que Mr. Darcj lui amèneroil sa sœur le lendemain de son arrivée à Peniberley , et en conséquence elle étoit bien décidée à ne pas s'éloigner de l'auberge de toute la matinée ; mais elle avoit mal calcule , car il l'amena à Lamblon le jour même. Elisabeth et sa tante qui s'étoient promenées près de là avec quelques-uns de leurs nouveaux amis, rentroient à l'auberge pour faire leur toilette et aller dîner, lorsque le bruit d'un équipage les attira vers la fenêtre , ei elles virent un monsieur et une dame dans un Carriole qui s'arrêta à leur porte. Elisabeth, recounoi'-isant la livrée, ne causa pas à son oncle et à sa tante une légère surprise 3

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en leur annonçant la viaiie qu'elle au endoit. Jusqu'alors ils n'avoient en aucun soupçon de ce qui se passoit ; mais comment expliquer l'embarras d'Elisabeth., et toutes les attentions de Darcy? Il falloit qu'il eût du penchant pour leur nièce.

Pendant que toutes ces nouvelles idées arrivaient confusément dans leurs têtes, le trouble d'Elisabeth augmenloit ; elle craignoit que la partialité du frère n'eût trop prévenu la sœur en sa faveur, et désirant excessivement de plaire , elle craignoit de n'en avoir pas les moyens.

Elle se retira de la fenêtre, et se promena en long et en large dans la chambre, s'efforçant de reprendre un peu de calme ; les regards de surprise que jetoient sur elle son oncle et sa tante augmentoienl encore son trouble.

Enfin Miss Darcy et son frère entrèrent, et cette «en ibh' présentation eut lieu. Elisabeth vit avec ctoiinemeat que Misp

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Darcy étoit aussi embarrassée qu'elle; depuis qu'elle étoit à Lamblon elle »\oil entendu dire qu'elle étoit extrêmement ficre ; mais, après l'avoir observée quelques minutes, elle fut convaincue qu'elle étoit seulement fort timide; elle eut beaucoup de peine à obtenir d'elle quelque chose de plus que des monosyllabes. Miss Darcy étoit grande, toutes ses proportions et oient un peu plus fortes que celles d'Elisabeth. Quoiqu'elle n'eût que seize ans, sa taille étoil déjà formée ; sa tournure étoit agréable; elle avoit moins de régularité dans les traits que son frère ?

mais sa figure portoit l'empreinte de la raison et de la bonté ; ses manières étoient simples et son ton fort doux. Elisabeth qui avoit craint de trouver en elle un observateur aussi pénétrant et aussi imposant que son frère, fut extrêmement rassurée envoyant la différence qu'il y avoit entre eux. ,

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Après quelques momens, Darcy la prévînt que Mr. Bingley vieudroit aussi lui faire visite ; elle n'avoit eu que le temps d'en exprimer sa satisfaction, lorsqu'on entendit dans l'escalier le pas précipité de ce dernier et au même instant il entra dans la chambre. Toute la colère d'Elisabeth contre lui s'étoit évanouie depuis long- temps, mais si elle en avoii encore ressenti, elle u'auroit pas résisté à la franche cordialité avec laquelle il lui exprima le plaisir qu'il avoil à la revoir. II demanda, d'une manière fort amicale quoique très-générale, des nouvelles de toute sa famille , et s'exprima avec la même aisance et la même gaieté qu'autrefois.

Elisabeth auroit fort voulu connoître les senti mens de ceux qu'elle recevoit, cacher les siens , et se rendre agréable à tous; elle n'eut pas de peine à réussir, car ils éloient tou? prévenus en sa faveur.

La vue de Bingley reporta naturellement ses pensées sur sa sœur; oh combien elle auroil voulu savoir s'il y pensoit aussi ! Quelquefois elle s'imaginoit qu'il étoit un peu moins gai qu'à l'ordinaire • lorsqu'il jetoit les yeux sur elle, elle se plaisoit à croire qu'il cherchoit à découvrir dans sa figure quelques traits de ressemblance avec Jane • mais elle fut du moins promptement rassurée sur les craintes que Miss Darcy avoit pu faire naître en elle; rien ni d'un côté ni de lîautre n'annonçoit un sentiment particulier; pas le moindre regard qui justifiât les espérances de Miss Bingley. Quelques légères circonstances lui persuadèrent même que Mr. Bingley conservoit un tendre soutenir de Jane , et qu'il auroit désiré que la conversation tombât sur elle. Dans un moment où les autres étoient occupés, il dit à Elisabeth , qu'il y avoit bien long-temps qu'il n'avoh eu le plaisir

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