Orgueil et Préjugé, Volume 4
JJp.UX jours après le retour de leur père, Jane et Elisabeth se promenant dans îe verger, derrière la maison, virent venir à elles la femme de charge de leur mère.
— Je vous demande pardon , Madame, dit-elle à Jane, mais je croyois que vous aviez reçu quelques bonnes nouvelles de la ville , et j'ai pris la liberté de venir vous le demander.
r» Vous vous trompez , Hill , nous Tom. îr. x
'ki.
g ORGUEIL T.T PRÉIUGÉ.
n'avons point reçu de nouvelles de la
ville. „. .
Chère Madame , s'écria Mistr.ss
Hill eurêniement surprise: ne savezvous pas qu'il est arrivé un exprès de Mr Gardiner pour mon maître ?
Les deux sœurs , trop pressées de savoir ce que c'étoit , ne lui en demandèrent pas davantage, et se mirent 8 co.mr vers la maison, traversèrent le vest.bule,
enlrèrcnldans la salle à manger, put* dans la bibl.olhèqoe; mais leur père netoit nulle part; elles alloien. le chercher
dans l'appartement de Mistnss Bennet , lorsqu'elles rencontrèrent le sommeher,
oui leur dit ;
Si ces dames cherchent mon maure,
elles le trouveront près du petit bots o W
il se promène.
Sur cet avis elles sortirent de la matson,
et coururent vers le petit bo.s. Jane etoit pas si leste qu'Elisabeth, qm .m»»
toute essoufflée auprès de son père , en s'écriant :
— Ah , mon père ! quelles nouvelles avez-vous reçues de mon oncle ?
— J'ai reçu une lettre de lui par un exprès.
— Quelles nouvelles donne -t- elle?
bonnes, ou mauvaises ?
— - Q'ie peut-on attendre de bon ? ditil en sortant la lettre de sa poche ; peutêtre desirez- vous la lire? Elisabeth la saisit avec vivacité; Jane, cpii étoit restée un peu en arrière , arriva alors.
— Lisez la haut, leur dit Mr. Bennet car je sais à peine moi-même ce qu'elle contient.
Grace-Church-Street, lundi 2 Août.
« Mon cher frère ,
» Je puis enfin vous donner des nouvelles de votre fille, et j'espère qu'elles vous procureront quelque satisfaction.
Samedi, peu de temps après que vous
m'eûtes quitte, je fus assez heureux pour découvrir le lieu où se cachoient nos fugitifs. Je réserverai les détails pour le moment où nous nous reverrqqs; il suffit maintenant que vous sachiez que je les ai découverts; je les ai vus tous les deux, g»
— C'est donc comme je Pavois toujours assuré? s'écria Jane , ils sont mariés. Elisabeth poursuivit sa lecture : a Je les ai vus tous les deux , Us ne sont pas mariés , et même il ne m'a pas paru qu'ils eussent l'intention de s'unir. Mais si vous voulez remplir les engagemens que je me suis hasardé à prendre pour vous, f espère qu'il ne se passera pas long temps avant qu'ils le soient. On vous demande d'assurer à Lydie , par contrat , sa part des cinq mille livres qui doivent revenir à vos eufans après votre mort et celle d® leur mère; et, en outre , de prendre l'engagement de lui donner pendant votre ûe une rente de cent guinées par an :
voilà lescondhions auxquelles, après avoir tout considéré, je n'ai pas hésité d'acquiescer, d'après les pouvoirs que vous m'avez accordés. Je vous envoi.- ceci par un exprès, afin qu'il n'y ail pas de temps perdu pour recevoir votre réponse. Vous comprendrez facilement, par ces arrangemens, que Mr. Wikam ne se trouve pas dans une position aussi désespérée qu'on le croyoit généralement 5 et je me trouve heureux de pouvoir ajouter, que lorsque toutes ses dettes seront payées, il restera encore quelque argent qu'on pourra reconnoître à Lydie , outre sa propre fortune. Si, comme je l'espère, vous m'autorisez à terminer cette affaire en, votre nom, je donnerai de suiie à Haggerston les ordres pour dresser le contrat ; vous n'aurez point besoin de revenir à la ville pour cela ; restez paisiblement à Longbourn, et comptez sur ma diligence et sur tous mes soins. Répondez- moi le