‹ Orgueil et Préjugé, Volume 4Chapitre 20 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

IE jour on Mistriss Beonet se vit privée de ses deux plus aimables filles, fut un jour de bonheur sans mélange pour elle.

On ne peut imaginer avec quel orgueil elle partent de Mistriss Darcy et allok faire visite à Mistriss Bingîey. J'aurois voulu pouvoir dire, pour le bonheur de sa famille, que l'accomplissement de ses souhaits les plusardens, le mariage de trois de ses filles, avoit eu l'hemeux effet de la rendre durant le reste de ses jours une femme bonne, bienveillante et plus sage. Mais il convenoit à son époux (quin'auroit peut être pas su apprécier un bonheur domestique d'un genre si nouveau,) qu'elle lut encore qtn-lquefois nerveuse et toujours ridicule.

Mr. Bennet regret toù extrêmement sa fclle seconde, et son désir de la voir le

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conduisit souvent à Pemberley. Mr. Bin-

gley et Jane ne passèrent qu'une année i Neiherlield ; ils achetèrent une terré dans un comté voisin du Derbyshire , et lafee et Elisabeth eurent le bonheur de sc voir établies à trente milles seuiemeût Tune de l'autre.

Kitty , fort heureusement pour elle >■ passoit la plus grande partie de son temps chez ses den* soeurs aînées, elle fit beaucoup de progrès dans une société si supérieure à celle où elle «voit été élevée jusqu'alors. Elle n'étoil pas d'un caractère si indomptable que Lydie , em'ayaut plus son exemple sous les yeux, elle devint , après beaucoup de ménagemenset de soins de la part de ses sœurs, moins irritable, moins- ignorante cl moins ennuyeuse. On la uni soigneusement éloignée- de la société âe Lydie, qui ne pouvoii lui cire q«B désavantageuse ; et quoique Mfciri» Wikaoi l'invitât souvent à aller demeurer chez elle , en M $**

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mettant beaucoup de bals et d'adorateurs, sou père ne voulut jamais y consentir.

Mary fui la seule qui restât toujours à la maison; l'aversion de Mislriss Bennet pour la solitude la déiouinoit souvent de ses é'fcudesj elle fut obligée de voir plus de monde. Elle rnoralisoit bien encore $ mais comme l'absence de ses sœurs ne permettoit plus qu'on fît des comparaisons desavantageuses pour elle et pour «a beauté'* son père soupçonna qu'elle se soumet toit a ce changement sans trop de répugnance.

Quant à Wikam et à Lydie , le mariage de leurs sœurs n'apporta aucun changement daus leur manière d'être. Le premier supporta avec philosophie l'idée qu'Elisabeth devoit maintenant connoître toute l'étendue de sa fausseté et de son hypocrisie, et il ne désespéra point que l'on ne put encore engager Mr. Darcy à faire sa fortune. La lettre de félicitations qu'Elisabeth reçut de Lvdie lui prouvât

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qn'il conservoit l'espérance qu'elle le protégeroit encore ; pour sa femme au moins, si ce n'etoit pour lui. •

Cette lettre éloit conçue en ces termes:

« Ma chère Lizzv , » Je vous souhaite .beaucoup de bonheur. Si vous aia) M Mr. Darcy autant que j'aime mon cher Wilurm , vous serez fort heureuse. C'est un grand soulagement, pour nous de vous savoir aussi riche, lorsque vous n'aurez rien de mieux à faire, vous penserez à nous. Je suis sûre que Wikam aime roi t beaucoup avoir une place à h cour, et je ne crois pas que nous ayons assez d'argent pour pouvoir y vivre sans quelques secours.

Une place de trois ou quatre cents livres lui comviendroii 5 mais cependant n'en parlez pas à Mr. Darcy, si cela ne nous plaît pas.

» Votre affectionnée sœur, » Lydie Wikam. »

Comme &lh le disoit, cela ne plut pas

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à Elisabeth qui, dans sa réponse, tacha de meure un terme à toutes demandes .-et espe'rauces de celle espèce. Cependant e.JIe leur envoyoil tous les Recours qu'il e'toil en son pouvoir de donner, en mettant beaucoup d'économie dam» ses dépenses particulières. Elle avoii toujours été convaincue qu'un revenu comme le leur ne pouvoit suffire à l'entrelien de deux êtres aussi impréyoyans el aussi peu modérés dans leurs besoins. Chaque fois qu'ils .changeoie.nl de garnison, on pouvoit être sûr qu'ils s'adresseroient àeile ou à Jane pour les aider à acquitter leurs dettes; et lorsque la pais les renvoya chez eux , ils vécurent d'une manière fort peu stable.

Ils alloient constamment d'un endroit à l'autre , cherchant toujours un lieu où la vie fût peu coûteuse, et dépensant toujours plus qu'ils n'avoient. La tendresse de Wikam pour sa femme se changea bientôt en indifférence. Celle de Lydie pour son mari dura un peu plus long-

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temps; mais, malgré sa jeunesse et «on ««ourdene, elle çoatenra cependant toue -ses droits à v.ne bonne réputation.

Quoique Parey ; ne voulût jamais recevoir Wikam à Pemberley, il fit eepaa* cîant tout ce qu'il put pour IVider à s'avancer dans h carrière qsfjj avoit embrassée. Lydie venoit quelquefois leur faire visite, pendant que son mari alîoit se divertir à Londres et à Bath. Mais ils alloient si souvent tous les deux demeurer chez Bmgïej, que la bonne humentmême de ee dernier en etoit quelquefois altérée; un jour il alla jusqu'à dire qu'il vonloit leur insinuer de ne pas revenir de quelque temps.

Miss Bingley fut extrêmement désappointée du mariage de Mr. Darcy ; mais comme elle vouloir conserver le droit d'aller souvent à Pemberley, elle abandonna toute rancune. Elle etoit plus passionnée que jamais pour Géorgina , presque aussi prévenante pour Darcy

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qu'auparavant ? et alloit même jusqu'à payer ses arrérages de politesse à .Elisabeth.

Pemberley croit toujours le lieu de •la résidence de Géorgina. L'attachement des deux belles-sœurs l'une pour l'autre fut tel que Darcy pouvoit l'espérer. Géorgina avoit la plus haute opinion d'Elisabeth , quoiqu'an premier moment elle éprouva un élouqement mêlé d'inquiétude de sa manière d'être vive et enjo/tée vis-à-vi,sdeson frère, qui loi avoit toujours inspiré un respect presque plus grand que sa tendresse. Elle commença à s'apercevoir de bieu des choses dont elle n'avoit jamais e« l'idée; elle comprit , en vovant Elisabeth, qu'une femme pouvoit avoir avec son mari une hardiesse et une liberté qu'un frère n'auroit jamais permises à «ne sœur plus jeune que lui de dix ans.

Lady Catherine fut indignée de ce mariage; en répondant à son neveu , elle donna l'essor à toute la franchise de son

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