‹ Orient royal; cinq ans à la cour de RoumanieChapitre 4 sur 6 · E. AUGIER · texte numérisé non relu

E. AUGIER

Paris, 9 décembre 1887.

A Octave Feuillet.

Sinaïa, le 2 novembre 1887.

Monsieur, les bonnes paroles ont des ailes et s'envolent à travers l'espace comme une semence de fleurs qui va trouver une autre fleur lointaine. Ainsi votre aimable jugement sur ma description de la mer Morte m'est revenu et m'a remplie de joie, car vous comprenez bien ce que cela a été pour moi, venant de vous.

Notre charmant petit drogman vous a dit, je l'espère, combien vous m'avez fait plaisir après m'avoir causé depuis longtemps de grandes jouissances!

Ce qui sort de votre plume est toujours impatiemment attendu et avidement dévoré parmi nous, et je ne crois pas que vous ayez en France de plus ardents admirateurs ! A mon grand regret j'apprends que vous ne voyagez jamais, et malheureusement la pauvre montagne peut difficilement remuer pour venir au prophète I sans quoi elle ne tarderait pas à le faire.

J'ai chargé mon secrétaire, M. Scheffer, de vous dire combien nous vous aimons et comment vos bonnes paroles sont enfermées dans mon cœur comme un trésor I

Élisabeth.

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