BRUXELLES
LOUIS HÂUIIAN ET C«, UBRAIKSS.
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L'auteur die ce recueil n'est pas de ceux qui reconnaissent à la critique Je droit de questionner le poète sur sa fantaisie , et de lui demander pourquoi il a choisi tel sujet , broyé telle couleur, cueilli à tel arbre , puisé à telle source. L'ouvrage est - il bon ou est - il mauvais ? Voilà tout le domaine de la critique. Du reste , ni louanges ni reproches pour les couleurs employées , mais seulement pour la façon dont elles sont employées. A voir les choses d'un peu haut , il n'y a en poésie ni bons nv mauvais sujets , mais de bons et de mauvais poètes. D'ailleurs , tout est sujet ; tout relève de l'art ; tout
a droit de cité en poésie. Ne nous enquérons
(n) donc pas du motif qui tous a fait prendre ce sujet , triste ou gai , horrible ou gracieux , éclatant ou sombre , étrange ou simple , plutôt que cet autre. Examinons comment tous aTez tra- Taillé, non sur quoi et pourquoi.
Hors de là , la critique n*a pas de raison à demander, le poète pas de compte à rendre.
L'art n'a que faire des lisières , des menottes , des bâillons ; il tous dit : Va ! et vous lâche dans ce jardin de poésie , où il n'y a pas de fruit défendu. L'espace et le temps sont au poète. Que le poète donc aille où il Tcut cq faisant ce qui lui ^lait : c^est la loi. Qu'il cr.oie en Dieu ou aux dieu^9 à Pluton ou- à Satan, à Ganidie ou àMorgane , ou à rien ; qu'il acquitte le péage du Styx, qw'il 9pit du sabbat; qu'il écriye en prose ou en Ters; qu'il sculpte en marbre ou coule en bronze; qu'il prenne pied dans tel siècle ou dans tel climat ; qu'il soit du Midi, du Nord, de l'Occident , de l'Orient ; qu'il soit antique ou moderne \ que sa muse soit une Musq ou une fée , qu'elle se drape de la colocasîa ou s'ajuste la cotte-hardie : c'est à merTcille, Le poète est libre; Mettons* nous à son point de Tue., et Toyons.
L'auteur insiste sur ces idées , si éTidentes qu'elles paraissent , parce qu'un certain nombre
Vatistarqûès vien. est pas enbore à les admettre pimr telles. Lm-mêsie, si pea de place qti^il fîetine dans la Irttêràtûre contemporaine , 9 à été plus d*ane fois Pobjet de ces tnéprîses de lu critique. Il est adyenti souvent qu^au fieu de Isi dire simplement, votre livre est mauVifis , on hm aï dit : Pourquoi avez-vous fait ce livre? Pourquoi ce sujet ? Ne voyez - vous point que l^éë première est horrible , grotesque , absurde (n'importe ! ) et que le sujet Aevaucbe hors dès limites de Part? Cela n'est pas joli , cela n'est pas g^*acieux. Pourquoi ne point traiter des sujets qui nous plaisent et nous agp:éent ? les étranges caprices que vous avez là ! etc. , etc. A ^uoi il a toujours fermement répotidu que ces caprices étaient Ses caprn^és ; qu'n ne «avait pas en quoi étaient faites les iimites de l'art; que de géographie précise du monde întellectuel , il n'en connaissait point ; qu'il n'avait point encore vu de cartes routières de l^art , avec les frontières dtt possible et de l'imposûble tracées en rouge et eh hleu; qu'enfin il avait fait cela , parce qu^il avait fait cela.
Si donc aujourd'hui quelqu'un lui demande à quoi bon bès Oriehtdleà? qui a pu lui inspirer de s*aHer pi^mener en Oi'ieht pendàtift tout un