IT
Tolume? que signifie ce livre inutile de pure poésie y jeté au milieu des préoccupations graves du public et au seuil d'une session ? Où est l'opportunité? A quoi rime rOrient...? II répondra qu'il n'en sait rien , que c'est une idée qui lui a pris, et qui lui a pris d'une façon assez ridicule , l'été passé , en allant voir coucher le soleil.
Il regrettera seulement que le livre ne soit pas meilleur. *
Et puis , pourquoi n'en serait-U pas d'uile littérature dans son ensemble, et en particulier de l'œuvre d'un poète , comme de ces belles vieilles villes d'Espagne , par exemple , où vous trouvez tout : fraîche promenade d'orangers le long d'une rivière; larges places ouvertes au grand soleil pour les fêtes ; rues . étroites , tortueuses 9 quelquefois obscm^es , où se lient les unes aux autres mille maisons de toute forme , de tout âge , hautes , basses , noires , blanches , peintes , sculptées ; labyrinthes d'édifices dressés côte à côte , pèle mêle , palais , hospices , cou->vens , casernes , tous .divers , tous portant leur destination écrite dans leur architecture ; marchés pleins de peuple et de bruit ; cimetières où les vivans se taisent comme les morts ; ici , le théâtre avec ses clinquans , sa fanfare et ses ori-
péanx; là-bas, le yieux gibet permanent , dont la pierre est yermoulae , dont le fer est rouillé , avec quelque squelette qui craque au vent ; — au centre , la grande cathédrale gothique avec ses hautes flèches tailladées en scies , sa large tour du bourdon , ses cinq portails brodés de bas-reliefs, sa frise à jour comme une colerette, ses solides arcs-boutans si frêles à Fœil ; et puis , ses cavités profondes , s» forêt de piliers à chapiteaux bizarres, ses chapelles ardentes , ses myriades de saints et de châsses , ses colonnettes en gerbes, ses rosaces, ses ogives, ses lancettes qui se touchent à Fabside et en font comme une cage de vitraux , son maitre-iiutel aux mille cierges; merveilleux édifice , imposant par sa masse, curieux par ses détails , beau à deux lieues et beau à deux pas ; — et enfin , à l'autre bout de la ville , cachée dans les sycomores et les palmiers , la mosquée orientale , aux dômes de cuiyre et d'étain , aux portes peintes , aux parois vernissées , avec son jour d'en haut , ses grêles arcades, ses cassolettes qui fument jour et nuit, ses versets du Koran sur chaque porte, ses sanctuaires éblouissans , et la mosaïque de son pavé et la mosaïque de ses murailles ; épanouie au soleil comme une large fleur pleine de parfums.
Certes , ce n'est pas l'aotenr de ce £tre qui réalisera jamais un ensemble d'oÈTuvres aaquel puisse sr'applîquer la compai^ison qu'il a eru pouvoir hasarder. Toutefois ^ sans espérer que Ton trouve dans ûe qu'il a déjà bâti métne quel* qne ébancihe mfortne des mûnùmens qu'41 vient d'indiquer, sdît la cathédrale gothique , styit le théâtre^ soit encore le hideux gibet; si on Itti demandait ce qu'il a voulu faire ici, il dirait que c'est la mosquée.
Il ne se dissimule pas, pour le dire en passant, que bien àtss critiques le trotLTeïH)iit hatdi et insensé de sou'haiter pour la France une littérature qu'on puisse comparer à une tille du moyen âge. C'est là une des imaginations les plus folles où l'on se puisse aventurer/ C'est vouloii' hautement le déisordre , la profusion , la bizarrerie , le mauvais goût. Qu'il vaot bien ïfiieux une belle et correcte nudité , 'de grandes 'murailles toutes simples^ comme on dit, avec quelques Ornemens sobres et de bon goût : des oves et des volutes , nn bouquet de bronze pour les comités , un nuage de marbre* avec des têtes d'anges pour les v%>ûtes , une flamme de pierre pour les frises , et puis les oyes et les volutes. Le château de Versailles , la place Louis XV, la rue de
( yti )
Rîvbli : Toilà. Parlez-mot d*ane belle liltéràture tirée aa cordeaa !
Les aatres peuples disent s Hbtnèr e , Dante , Shakespeare. Noos disonsi : Boileau.
Mais passons.
En y réfléchissant , si cela pourtant vant la peîtae qu'on y rëfléchtsée, petet-étre irènrera-ton moins étrange ta fantaisie qui a produit ces Orientales. On s'occupe aujourd'hui , et ce résultat est dû à mille causer qui toutes ont amené un progrès , OU s'occupe beaucoup plus de l'Orient qu'on ne l'a jamais fait. Les études orien-' taies n'ont jamais étté (loussées si arant. Au siè^ de de Louis XIY on était helléniste , maintenant on est orientaliste* Il y a un paé de fait. Jamais tant d'intelligences n'ont fouillé à la fbis ce grand abîme de l'Asie. Nous avons aujourd'hui un sa* Tant cantonné dans chacun des idiomes de tonnent , depuis la Chine jusqu'à l'Egypte;
Il résulte de tout cela que l'Orient, sott comme image , soit Comme pensée , est devenu pour les intelligences autant que ]pôui* les îmaginàtiëns une sorte de préoccupation générale à laqudle l'auteur de ce livre a obéi peut-être à son insu. Les couleurs orientales sont venues comme d'el*» les-mémes empreindre toutes ses pensées, toutes
(Tia)
tes rêveries ; et ses rêveries et ses pensées se sont trouvées tour à tour, et presqae sans l'avoir voulu , hébraïques , turques , grecques , persanes , arabes , espagnoles même , car l'Espagne c'est encore l'Orient ; l'Espagne est à demi africaine , l'Afrique est à demi asiatique.
Lui s'est laissé faire à cette poésie qui lui venait. Bonne ou mauvaise , il l'a acceptée et en a été heureux. D'ailleurs il avait toujours eu une vive sympathie de poète, qu'on lui pardonne d'usurper un moment ce titre , pour le monde oriental. Il lui semblait y voir briller de loin une hatlte poésie. C'est une source à laquelle il désirait depuis long-temps se désaltérer. Là, en e£fet , tout est grand , ijche , fécond , comme dans le moyen âge , cette autre mer de poésie. Et , puisqu'il est amené à le dire ici en passant, pourquoi ne le dirait -il pas? il lai semble que jusqu'ici on a beaucoup trop vu l'époque moderne dans le siècle de Louis XIY et l'antiquité dans Rome et la Grèce : ne verrait-on pas de plus haut et plus loin , en étudiant l'ère moderne dans le moyen âge et l'antiquité dans l'Orient ?
Au reste , pour les empires comme pour les littératures, avant peu peut-être l'Orient est appelé à jouer un rôle dans l'Occident. Déjà la
(ix)
mémorable gaerre de Grèce ayaît fait se retom:ner tous les peaples de ce côté. Voici maintenant que réqnîlibre de l'Europe paraît prêt à se rompre ; le statu quo européen , déjà vermoulu et lézardé , craque du côté de Gonstantinople. Tout le continent penche à l'Orient. Nous verrons de grandes choses. La yieille barbarie asiatique n'est peut-être pas aussi dépourvue d'hommes supérieurs que notre civilisation le veut croire. II faut se rappeler que c'est elle qui a produit, le seul colosse que ce siècle puisse mettre en Vegard de Bonaparte , si toutefois Bonaparte peut avoir un pendant ; cet honune de génie , turc et tartare à la vérité , cet Ali-pacha , qui est à Napolédn ce que le tigre est au lion , le vautour à l'aigle.
Janvier 1829.
LB FEV BV CZ8L.
«4* Alors ^« Sdgnwr fit descendre du ciel sur Sodome et siu* Qomorrhe tuia pluie de soufre et de feu.
a5. Et il perdit o«s villes avec tons
leurs habitans , tout le pays à l'entour
avec ceux qui l'habitaient , et tout ce
qui «TaitqaelqneTerdara sur li^ terre.
— GsiràsB. —
La voyez-TOU8 passer, la nuée au flanc noir ?^ Tantôt pâle , tantôt rouge et splendide à voir ,
Morne comme un été stérile ?
On croit voir à la fois, sur le vent de la nuit,
2 LBS 0BIEIITM.B8.
Fuir toute la fumée ardente et toutle bruit De Tembrasement d'une ville.
D'où vient-elle ? des cieux , de la mer ou des monts ? £st-ce le char de feu qui porte des démons
A quelque planète prochaine ?
terreur ! de son sein , chaos mystérieux , D*où vient que par momens un éclair furieux
Gomme un long serpent se déchaîne ?
La mer ! partout la mer ! des flots , des flots encor i L'oiseau fatigue en vain son inégal essor.
Ici les flots , là-bas les ondes ; Toujours des flots sans fin par des flots repoussés ; L'œil ne voit que des flots dans Tabîme entassés
Rouler sous les vagues profondes.
Parfois de grands poissons , à fleur d'eau voyageant , Font reluire au soleil leurs nageoires d'argent,
Ou l'azur de leurs larges queues.
La mer semble un troupeau secouant sa toison : Mais un cercle d'airain ferme au loin l'horizon ^
Le ciel bleu se mêle aux eaux bleues.
— Faut-il' sécher ces mers ? dit le nuage en feu.
— Non ! — Il reprit son vol souÀ le souffle de Dîeo.
u nu BO CUL.
Un golfe aux vertes collines Se mirant dans le flot clair ! — Des buffles , des javelines , Et des chants joyeux dans Tair !
C^était la tente et la crèche , La tiibu qui chasse et pêche, .
Qui vit libre, et dont la flèche Jouterait avec Téclair.
Pour ces errantes familles Jamais Tair ne se corrompt. ' Les enfans , les jeunes filles , Les guerriers dansaient en rond , Autour d*un feu sur la ^ève , Que le vent courbe et relève , Pareils aux esprits qu*en rêve On voit tourner sur son front.
Les vierg^es aux seins d^ébène , Belles comme les beaux soirs , Riaient de se voir à peine Dans le cuivre des miroirs ; D^autres , joyeuses comme elles , Faisaient jaillir des mamelles
4 U8 01liBNXaI.ES. ,
De leurs dociles chamelles ^ Un lait blanc sous leurs doigts noirs.
Les hommes , les femmes nues Se baignaient au gouffre amer. — Ces peuplades inconnues , Où passaient-elles hier ? — La voix grêle des cymbales, Qui fait hennir les cavales , Se mêlait par intervalles Aux bruits de la grande mer.
La nuée un moment hésita dans Tespace^
— Est-ce là ? — Nul ne sait qui lui répondit: — . Passe !
L'Egypte ! — Elle étalait , toute blonde d'épis , Ses champs , bariolés comme un riche tapis ,.
Plaines que des plaines prolongent ; L'eau vaste et froide au nord, au sud le sable ardent Se di^utent l'Egypte : elle rit cependant
Entre ces deux mers qui la rongent.
Trois monts bâtis par l'homme au loin perçaient les
[cieux D'un triple angle de marbre , et dérobaient aux yeux Leurs bases de cendre inondées ;
ut m m COL. •
Et de leur Êute aig^ jusqu^aux sables dorés , Allaient s'élargissant leurs monstrueux de^s , Faits pour des pas de six coudées.
Un sphinx de granit rose , un dieu de marbre yert , Les gardaient , sans qu*il fut vent de flamme au désert
Qui leur fît baisser la paupière.
Des vaisseaux au flanc large entraient dans un grand Une ville géante , assise sur le bord , [port.
Baignait dans Feau ses pieds de pierre.
/' On entendait mugir le semoun meatrier , Et sur les cailloux blancs les écailles crier
Sous le ventre des crocodiles.
Les obélisques gris s^élançaient d^un seul jet. Comme une peau de tigre , au couchant s^allongeait
Le Nil jaune , tacheté délies.
L'astre-roi se couchait. Calme, à Tabri du vent, La mer réfléchissait ce globe d'or vivant ,
Ce monde , ame et flambeau du nôtre ^ Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils : Comme deux rois amis , on voyait deux soleils
Venir au devant Tun de Tautre.
— Où faut-il ^arrêter ? dit la nuée encor.
— Cherche ! dit une voix dont trembla le Thabor.
us ommAus.
Bu sable , puis du sable ! Le désert ! noir chaos Toujours inépuisable En monstres , en fléaux i Ici rien ne s^arrête.
Ces monts à jaune crête , Quand souffle la tempête , Roulent comme des flots !
Parfois , de bruits profanes Troublant ce lieu sacré , Passent les caravanes D^Ophyr ou de Membre.
L^œil de loin suit leur foule , Qui sur Tardente boule Ondule et se déroule Comme un serpent marbré.
Ces solitudes mornes Ces déserts sont à Dieu :
Lui seul en sait les bornes , En marque le milieu, Toujours plane une brume Sur cette mer cpii fume ,
LS FKU DU CRL.
Et jette pour écume Une cendre de feu.
Faut-il changer en lac ce désert?. dit la nue.
Plus loin ! dit l'autre voix au fond des cieuz venue.
Comme un énorme écueil sur les vagues dressé , Comme un amas de tours , vaste et bouleversé ,
Voici Babel , déserte et sombre.
Bu néant des mortels prodigieux témoin , Aux rayons de la lune , elle couvrait au loin
Quatre montagnes de son ombre.
L'édifice écroulé plongeait aux lieux profonds.* Les ouragans captifs sous ses larges plafonds
Jetaient une étrange harmonie.
Le genre humain jadis bourdonnait à Tentour, Et sur le globe entier Babel devait un jour
Asseoir sa spirale infinie.
Ses escaliers devaient monter jusqu'au zénith. Chacun des plus grands monts à ses flancs de granit
N'avaii pu fournir qu'une dalle.
Et des sommets nouveaux d'autres sommets chargés
« LES OmiENTALBS.
Sans cesse surgissaient aux jeux découragés Sur sa tête pyramidale.
Les bbas monstrueux ,. les crocodiles verts ^ - Moindres que des lézards sur ses murs entr^ouverts ,
Glissaient parmi les blocs superbes , Et , colosses perdus dans ses larges contours i Les palmiers chevelus , j^endant au front des tours ,
Semblaient d^en bas des touffes d*herbes.
Des éléphans passaient aux fentes de ses murs ; Une forêt croissait sous ses piliers obscurs ,
Multipliés par la démence j Des essaitos d^aigles roux et de vautours géans Jour et nuit tournoyaient à ses porches béans ,
Comme autour d^une ruche immense.
— Faut-il l'achever? dit la nuée en courroux. — Marche! Seigneur, dit-^le, où donc m*emportez-vous?
Voilà que deux cités, étranges , inconnues , Et d'étage en étage escaladant les nues, Apparaissent, dormant dans la brume des nuits, [bruits. Avec leurs dieus., leur peuple, et leurs chars, et leurs Dans le même vallon c'étaient deux sœurs couchées. L'ombre baignait leurs tours par la lune ébauchées : Puis l'œil entrevoyait, dans le chaos confus 9
U m HT CBL •
Aqaeduc, escaliers , pâiers aux lar^ léts,
Chapiteanx évasés; puis un groupe diffome
D^éléphans de granit portant un ddme énorme;
Des colosses debout , regardant autour d*enz
Ramper des monstres nés d^accouplemeos hideux ;
Des jardins sùsp^odus , pleins de fleurs et 4*aroades,
Où la lune jetait son écharpe aux cascades;
Des temples, oà siégeaient sur de riches cart«aux
Cent idoles de jaspe à têtes de taureaux ;
Des plafonds d*un seul bloc couvrant de vastes salles,
Où , sans jamais lever leurs têtes colossales,
Veillaient, assis en cercle , et se regardant tous.
Des dieux d'airain, posant leurs mains sur leurs|^enoux.
Ces rampes, ces palais, ces sombres avenues
Où partout surgissaient des formes inconnues,
Ces ponts , ces aqueducs, ces arcs, ces rondes tours,
Effrayaient Tœil perdu dans leurs profonds détours ;
On voyait dans les cieux, avec leurs larges ombres.
Monter comme des caps ces éditées sombres ,
Immense entassement de ténèbres voilé !
Le ciel à Thorizon scintillait étoile, ,
Et, sous les mille arceaux du vaste promontoire,
Brillait comme à travers une dentelle noiçe.
Ah! villes de Tenfer, folles dans leurs désirs! La, chaque heure inventait de monstrueux plaisirs, Chaque toit recelait quelque mystère immonde , Et comme un double ulcère, elles souillaient le monde.
Tout dormait cependant : au front des deux cités , A peine encor glissaient quelques pâles clartés ,
10 uu^ obuhtâus.
Lampes de la débauche, en naissant dîspames^
Berbiers feux des festins oubliés dans les rues^
De grands angles de murs, par la lune blanchis,
Coupaient Fombre, ou tremblaient dans une eau réfléchis^
Peut-être on entendait vaguement dans les plaines
S^étouffer des baisers , se mêler des haleines ,
Et les deux yilles sœurs, lasses des feux du jour,
Murmurer mollement d^une étreinte d^amour !
Et le vent , soupirant sous le frais sycomore ,
Allait tout parfumé de Sodome à Gomorrhe.
Cest alors que passa le nuage noirci ,
Et que la Toix d'en haut lui cria : — Cest ici!
La nuée éclate !
La flamme écarlate Déchire ses flancs , L'ouvre comme un goufire , Tombe en flots de soufre Aux palais croulans, Et jette , tremblante , Sa lueur sanglante Sur leurs frontons blancs !
Gomorrhe î Sodome !
De quel brûlant dôme Vos murs sont couverts!
LI VIU BV CIIL. tl
L*ardente nuée
Sur vous s^est ruée,
O peuples peryers !
Et ses larges gueules «
Sur vos têtes seules
Soufflent leurs éclairs !
Ce peuple s'éveille, Qui dormait la yeillè Sans penser à Dieu.
Les grands palais croulent; Mille chars qui roulent Heurtent leur essieu ; Et la foule accrue Trouve en chaque rue Un fleuve de feu.
Sur ces tours altières , Colosses de pierres , Trop mal affiermis , Abondent dans Tombre Des mourans sans nombre Ecore endormis.
Sur des murs qui pendent Ainsi se répandent De noires fourmis !
Se peut-il qu^oni fuie Sous rhorrible pluie?
It VÊ8 OUKHTIUES.
Tout périt, hélas!
Le fea qui foudroie Bat les ponts «[a*il broie , Crère les toits plats , Roule, tombe, et brise Sur la dalle grise Ses ronges éclats !
Sous cHaque étincelle Grossit et raisselle Le feu souverain.
Vermeil et limpide.
Il court plus rapide Qu'un cheval sans frein ; Et ridole infâme, Croulant dans la flamme, Tord ses bras d'airain !
n gronde , il ondule , Du peuple incrédule Bal les tours d'argent j Son flot vert et rose , Que le soufre arroSe , Fait , en les rongeant , Luire les murailles Comme les écailles D'un lézard changeant.
Il fond comme cire Agathe, porfiiyre,
lA 119 M cm. it
Pierres du tombeau.
Ploie, ainsi qu^m arbre.
Le géant de marbre Qu'ils nommaient Kabo, Et chaque colonne Brûle et toorbillimne Comme un grand flambeau U
En Tain quelques mages Pprtent les images Des dieux du haut lieu ; En vain leur roi penche Sa tunique blanche Sur le soufre bleu j Le flot qu'il coatemple Emporte leur temple* Dans ses plis de feu ?
Plus loin il charrie Un palais, où crie Un peuple à l'étroit; L'onde incendiaire Mort l'ilot de pierre Qui fume et décroit, Flotte à sa surface ,.
Puis fond et s'efface Gomme un glaçon froid !
Le grand-prêtre arrive Sur l'ardente riye
14 LU OUlHTAUf.
D^oo le reste a foi.
Soudain sa tliiare
Prend fen comme un f^iare ,
Et plie, ébloui.
Sa main qui rarrache
A son front s^attache.
Et brûle avec loi.
Le peuple, hommes, femmes.
Court... Partout les flammes Aveuglent' ses yeux; Des deux villes mortes Assiégeant les portes A flots furieux , La foule maudite Croit voir, interdite , L'enfer dans les cieux!