‹ Orientales et balladesChapitre 31 sur 58 · ROMANCE MAURESQUE · texte numérisé non relu

ROMANCE MAURESQUE

Dish U : ->- Jimt t buen homhre , L» fU0 pngumtarte fti«rM.

Don Rodrigue est à la chasse.

. Sans épée et sans cuirasse ,

f» Un jour d^été, vers n^iidi,

Sous la feuillée et sur Therbe Il s^assied, Thomme superbe, Don Rodrigue le hardi.

La haine en feu le dévore.

Sombre , il pense au bâtard maure , I A son neveu Mudarra ,

Dont ses complots sanguinaires

1S4 LES ORIEIf TALES.

Jadis ont tué les frères , Les sept infans de Lara.

Pour le trouver en campagpie ,

Il traverserait l'Espagne

De Figuère à Setuval.

L'un des deux mourrait sans doute.

En ce moment sur la route

U passe un honmie à cheval.

— Chevalier, chrétien ou maure, Qui dors sous le sycomore , Dieu te guide par la main !

— Que Dieu répande ses grâces Sur toi, récuyer qui passes.

Qui passes par le chemin !

— Chevalier, chrétien ou maure, Qui dors sous le sycomore , Parmi Therbe du vallon , Dis ton nom , afin qu'on sache Si tu portes le panache D'un vaillant ou d'un félon.

— Si c'est là ce qui t'intrigue , On m'appelle don Rodrigue , Don Rodrigue de Lara ^ Dona Sanche est ma sceur même ,

Du moins, c'est A iMm iwptème Ce quW prêtre décUra.

J'attends soas ce «fcouAnre :

J'ai cherché d^Albe A Zamore Ce Mudarra le bâUxtl) Le fils de la renégate, Qui commande une frégate Du roi maure Aliatar.

GertC) à moins ({a*il ne m'évite, Je le reconnaîtrais vite :

Toujours il porte avec lui Notre dague de famille ; Une agate au pommeau brille , Et la lame est sans étui.

V' Oui , par mon ame chrétieime,

D'une autre main que la mienne

Ce mécréant ne mourra.

C'est le bonheur que je brigue...

'T^ On t'appelle don Rodrigue ,

Don Rodrigiie de Lara?

£h bien ! seigneur, le jeune hoeame Qui te parle et qui te nomme, C'est Hudarra le bâtard.

C'est le yengeur et le jti||^.

1S6 LES OBIBIfTALES.

Cherche à présent un refuge! — L^autre dit : tu viens bien tard!

— Moi , fils de la renégate , Qui commande une frégate Du roi maure Aliatar, Moi, ma dague et ma vengeance, Tous les trois d*inteliigence , Nous voici ! — Tu viens bien tard !

— Trop tôt pour toi , don Rodrigue , A moins qu'il ne te fatigue De vivre... Ah ! la peur t^ément, Ton front pâlit j rends, infirme, A moi ta vie , et ton ame A ton ange , s'il en veut !

Si mon poignard de Tolède Et mon Dieu me sont en aide^ Regarde mes yeux ardens ; Je suis ton seigneur, ton maître. Et je t'arracherai , traître , Le souffle d'entre les dents!

Le neveu de donà Sanche

Dans ton sang enfin étanche

La soif qui le dévora.

Mon oncle, il faut que tu meures.

ROHARCS HAURK8QUB. * 1S7

Pour toi plus de jours ni d*heures...!

— Mon bon neveu Hudarray

Un moment! attends quej*aille Chercher mon fer de bataille.

— Tu n'auras d'autres délais Que celui qu'ont eu mes frères :

Bans les cayeaux funéraires Où tu les as mis, suis-les!

Si , jusqu'à l'heure venue , J'ai gardé ma lame nue, Cest que je voulais , bourreau, Que , vengeant la renégate , Ha dague au pommeau d'agate Eût ta gorge pour fourreau.

Mai xSaS.

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