‹ Orientales et balladesChapitre 32 sur 58 · GRENADE · texte numérisé non relu

GRENADE

Qai«H «0 ha visto à SeviUa No Ka vùto à Maravitta.

Soit lointaine, soit roisiao > Espagnole ou Samsine , Il n'est pas une cité Qui dispute , sans folie , A Grenade la jolie, La pomme de la beauté , Et qui , gracieuse , étale Plus de pompe orientale Sous un ciel plus enchaixté.

Cadix a les palmiers;- Morcie a les oranges;

140 LES ORIENTALBS.

Jaën son palais çoth aux tourelles étranges ; /

Agreda son couvent bâti par saint Edmond 5 Ségovie a Tautel dont on baise les marches , Et Taqueduc aux trois rangs d'arches Qui lui porte un torrent pris au sommet d'un mont.

Llers a des tours ; Barcelonne

Au faite d'une colonne

Lève un phare sur la mer^

Aux rois d'Aragon fidèl^,

Bans leurs vieux tombeaux, Tudèle

Garde leur sceptre de fer^

Tolose a des forges sombres

Qui semblent , au sein des ombres ,

Des soupiraux de l'enfer.

Le poisson qui rouvrit l'oeil mort du vieux Tobie Se joue au fond du golfe où dort Fontarabie; Alicante aux clochers mêle les minarets j Cômpostelle a son saint ; Cordoue aux maisons vieille» A sa mosquée où l'œil se perd dans les merveilles ; Madrid a le Hanzanarès.

Bilbao, des flots couverte, Jette une pelouse verte Sur ses murs noirs et caducs j Médina la chevalière , Cachant sa pauvreté fière Sous le manteau de ses ducs , N'a rien que ses sycomores ,

GBIMADB. 141

Car ses beaux ponts sont aux Haures , « Aux Romains, ses aqueducs.

Valence a les clochers de ses trois cents églises; ^L'austère Alcantara livre au souffle des brises Les drapeaux turcs pendus en foule à ses piliers j Salamanque en riant s'assied sur trois collines,

S'endort au son des mandolines, »

Et s'éyeille en sursaut aux cris des écoliers.

Tortose est chère a saint. Pierre ; Le marbre est comme la pierre Bans la riche PuTcerda:

De sa bastille octogone Tuy se Tante , et Tarragone De ses murs qu'un roi fonda ; Le Douro coule à Zamore ; Tolède a TAlcazar maure, Séyille a la Giralda.

Burgos de son chapitre étale la richesse j Penaflor est marquise, et Girone est duchesse; Bivar est une nonne aux sévères atours ; Toujours prête au combat , la sombre Pampelune , Avant de s'endormir aux rayons de la lune , Ferme sa ceinture de tours.

Toutes ces villes d'Espagne S'épandent dans la campagne

142 LES OEIBUTAUS.

On hériaaent la Sierra; Toutes ont des citadelles Dont sous des mains infidèles Aucun beffroi ne vibra ; Toutes sur leurs cathédrales Ont des clochers en spirales :

Vais Grenade a TAlhambra.

L'Alhambra ! PAlhambra I palais que les génies Ont doré comme un rêve et rempli d^harmonies ; Forteresse aux créneaux festonnés et croulans, Où Ton entend la nuit de manques syllabes, Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes, Sème les murs de trèfles blancs!

Grenade a plus de merveilles Que n*a de graines vermeilles Le beau fruit de ses vallons ; Grenade , la bien nommée , Lorsque la guerre enflammée Déroule ses pavillons, Cent fois plus terrible éclate Que la grenade écarlate Sur le fronts des bataillons.

Il n'est rien de plus beau ni de plus grand au monde ,

Soit qu'à Yivataubin Vivaconlud réponde ,

Avec son clair tambour de clochettes orné ;

Soit que , se couronnant de feuz^ coBime un calife.

6RINADI. Ut

L'éblouissaiit Généralife Élèye dans la nuit son £adte illuminé.

Les clairons des tours yermeilles Sonnent comme des abeilles Bont le vent chasse Tessaim ; Alcacaya pour les fêtes A des cloches toujours prêtes A bourdonner dans son sein , Qui dans leurs tours africaines Vont éveiller les dulcaynes Du sonore Albaycin.

Grenade efface en tout ses rivales : GreAade Chante plus mollement la molle sérénade ; Elle peint ses maisons de ^lus riches couleurs ^ Et Ton dit que les vents suspendent leurs haleines Quand par un soir d'été Grenade dans ses plaines Répand ses femmes et ses fleurs.

L* Arabie est son aïeule.

Les Maures , pour elle seule , Aventuriers hasardeux , Joûraient TAsie et l'Afrique ; Mais Grenade est catholique , Grenade se raille d^eux ; Grenade, la belle ville.

Serait une autre Séville S'il en pouvait être deux.

ÀTril i8a8.

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