‹ Orientales et balladesChapitre 4 sur 58 · CANARIS · texte numérisé non relu

CANARIS

Faire Miu dire. .

— VlSILLl DBTIIB.

Lorsqu'un vaisseau yaincu dérive en pleine mçr;

Que ses voiles carrées Pendent le long des mâts, par les boulets de fer

Largement déchirées j

Qtt*on n^ voit que des morts , tombés de toutes parts ,

Ancres, agrès, voilures, Grands mâts rompus , traînant leurs cordages épars

Comme des chevelures^

Que le vaisseau, couvert de fumée et de bruit, Tourbe ainsi qu'une roue ,

is us oumAus.

Qa*iiD flux et qa'im reflux d*hoiiiiiies roule et s*enfiiit De la poope à la proue;

Lorsqu'à la Toix des chefe nul soldat ne répond;

Que la mer moule et gronde; Que les canons éteints nagent dans Téntrepont,

S*entredioqoant dans Tonde;

Qu*on Toit le lourd colosse ouvrir au flot marin

Sa blessure béante , Et saigner, à trayers éon. armure d'airain

La galère géante;

Qu'elle vogue au hasard, comme un corps palpitant,

La carène entr'ouverte.

Comme un grand poisson mort, dont le ventre flottant

Argenté Tonde verte ;

Alors , gloire au vainqueur ! Son ancre noir s'abat

Sur la nef qull foudroie :

Tel un aigle puissant pose, après le combat,

Son ongle sur sa proie!

Puis il pend au grand màt, comme au front d'une tour.

Son drapeau que Tair ronge, £t dont le reflet d'or dans Tonde, tour à tour,

S'élargit et s'allonge.

Et c'est alors qu'on voit les peuples étaler Les couleurs les plus fières,

CAHAUB. 19

Et la poorpcc, et Taiif^t, et l*azur onduler Aux plû de leurs bannières.

Dans ce riche appareil leur orteil insensé

Se flatte et se repose, Comme si le flot noir , par le flot efllicé ,

En gardait quelque chose !

Malte arborait sa croix; Yenise, peuple-roi.

Sur ses poupes mourantes , Uhéraldique lion qui fait rugir d^eflroi

Les lionnes yiyantes.

Le pavillon de Naples est éclatant dans l*air,

Et quand il se déploie On croit voir ondoyer de la poupe i la mer

Un flot d*or et de soie.

Espagne peint aux plis des drapeaux voltigeant

Sur ses flottes avares , Léon auxJionsd^or, CastiUe aux tours d^argent, '

Les chaînes des Navarres.

Rome a les clefs; Milan, Penfant qui hurle encor

Bans les dents de la guivre ; Et le<r vaisseaux de France ont des fleors-de-lis d'or

Sur leurs robes de cuivre.

Stamboul la Turque autour du croissant abhorré Suspend trois blanches queues :

20 LES ORIKIITitLES.

^Amérique, enfin libre, étale un ciel doré Semé d'étoiles bleues.

L'Autriche a Taigle étrange ^ aux ailerons dressés ,

Quin brillant sur la moire, Vers les deux bouts du monde à la fois menacés

Tourne une tête noire.

L'autre aigle au double front , qui des czars suit les loi»,

Son antique adversaire, Comme elle regardant deux mondes à la fois ,

En tient un dans sa serre..

L'Angleterre en triomphe impose aux flotis amers

Sa splendide oriflamme , Si riche qu'on prendrait son reflet dans les mers

Pour l'ombre d'une flamme.

C'est ainsi que les rois font aux mâts des vaisseaux

Flotter leurs armoiries , Et condamnent les nefs conquises sur les eaux

A changer de patries.

Ils trainent dans leurs rangs ces voiles dont le sort

Trompa les destinées , Tout fiers de voir rentrer plus nooibreuses au. port

Leurs flottes blasonnées.

Aux navires captifs toujours ils appendront Leurs drapeaux de victoire,

CAIfABIS.

Afin que le vaincu porte écrite à son front Sa honte ayec leur gloire !

Mais le bon Canaris , dont un ardent sillon

Suit la barque hardie , Sur les vaisseaux qu^il prend , conune son pavillon ,

Arbore 4*incendie !

Novembre i8a8.

LES TÊTES DU SÉRAIL (i).

O horrible ! o hom'hlt ! most horriU* !

— SHAKsriA&i. HamleC.—

Le dôme. obscur des nuits, setbé d*astres sans nombre. Se mirait dans la mer resplendissante et sombre; 'Ld riante Stamboul , le front d'ombres voilé , Semblait, couchée au bord du golfe qui Tinonde,

(i) On a cm deroir rëtmpriaier cette ode tdle iju'elle • été compote et publiée en juin x8a6| il ëpoqne da désastre de Missolonghi. Il est important de se rappeler, en la lisant , qnetoas les journaux d'Europe annoncèrent alors la mort de Canaris , tué dans son brûlot par une bombe turque , devant la ville qu'il veaatc aeeoiuir. Depuis, cette nouvelle fiital« a été henrensement démentie.

Entre les feux du ciel et les reflets de Tonde , Dormir dans une globe étoile.

On eut dit la cité dont les esprits nocturnes Bâtissent dans les airs les palais taciturnes , A voir 8es grands harems, séjours des longs ennuis, Ses dômes bleus, pareils au ciel qui les colore , Et leurs mille croissans , que semblaient faire éclbre Les rayons du croissant des nuits.

L'œil distinguait les tours par leurs angles marquées y Les maisons aux toits plats , les flèches des mosquées, Les moresques balcons en trèfles découpés , Les vitraux , se cachant souâ des grilles discrètes , Et les palais dorés , et comme des aigrettes

Les palmiers sur leur front groupés.

Là , de blancs minarets dont Taiguille s'élance Tels que des mats d'ivoire armés d'un fer de lance ; Là, des kiosques peints; là, des fanaux changeans 5 Et sur le vieux sérail , que ses hauts murs décèlent ,. Cent coupoles d'étain , qui dans Tombre étincellent Comme des casques de géans l

Le sérail....! Cette nuit il tressaillait de joie. Au son des gais tambours , sur des tapis de soie.

LB8 Tkns BU SiMAIL. 25

Les sultanes dansaient sous son lambris sacré; Et , tel qu^uu roi couvert de ses joyaux de fête, Superbe, il se montrait aux enfans.du prophète, De six mille têtes paré I

LiTides , Tœil éteint, de noirs cheveux chargées , Ces têtes couronnaient, sur les crénaux rangées, Les terrasses de rose et de jasmins en fleur : Triste comme un ami, comme lui consolante, La lune, astre des morts, sur leur pâleur sanglante Répandait sa douce pâleur.

Dominant le sérail, de la porte fatale Trois d*entre elles marquaient Togiye orientale; Ces têtes, que battait Taile du noir corbeau, Semblaient avoir reçu l'atteinte meurtrièrç , L^ine dans les combats , l'autre dans la prière , La dernière dans le tombeau.

On dit qn^ors, tandis qu^immobiles comme elles, Veillaient stupidement les mornes sentinelles , Les trois têtes soudain parlèrent ; et leurs voix Ressemblaient à ces chants qu'on entend dans les rêves , Aux bruits confus ^u flot qui s'endort sur les grèves, Du vent qui s'endort dans les bois !

LU OUIIRAUS.

LA I9UBMlimB TOK.

« OÙ suis-je..? mon brûlot ! à la yeile ! & la rame !

tt Frères , Missolcng^hi fumante noua réclame ,

« Les Turcs ont investi ses remparts g^énéreux.

« kenyoyons leurs vaisseaux à leurs villes lointaines ,

tt Et que «a torche , à capitaines!

tt Soit un phare pour vous , soit un foudre pour eux!

tt Partons! Adieu Corinthe et son haut promontoire,

« Mers dont chaque rocher porte un nom de victoire,

tt Écueils de TArchipel sur tous les flots semés,

« Belles lies , des cieux et du printemps chéries ,

a Qui le jour paraissez des corbeilles fleuries ,

« La nuit, des vases parfumés !

« Adieu! fière patrie, Hydra, Sparte nouvelle! tt Ta jeune liberté par des chants se révèle; tt Des mAts voilent tes murs , ville de matelots ! « Adieu ! j^aime ton île où notre espoir se fonde ,

« Tes gazons caressés par Tonde , « Tes rocs battus d^éclairs et rongés par les flots !

« Frères, si je reviens, Missolonghi sauvée, « Qu'une église nouvelle au Ghrisjt soit élevée.

LB8 rttn »V StÊàlL.

« Si je meurs-, si je tombe en la nuit sans réveil, « Si je verse le sang qui me reste à répandre, « Bans une terre libre allez porter ma cendre , « Et creusez ma tombe au soleil !

« Ifissolonghi ! — Les Turcs ! -- Chassons , ô camarades , « Leurs canons de ses forts , leurs flottes de ses rades ; « Brûlons le capitan sous son triple canon. « Allons ! que des brûlots Tonçle ardent se prépare.

a Sur sa nef, si je m'en empare , « Ost en lettres de feu que j^écrirai mon non,

« Victoire ! amis... ! — ciel ! de mon esquif agile a Une bombe en tombant brise le pont fragile.... « Il éclate , il tournoie , [1 s^ouyre aux flots amers ! « Ha bouche crie en yain , par les vagues couverte! « Adieu ! je vais trouver mon linceul d'algue verte, « Mon lit de sable au fond des mers.

« Mais non ! Je me réveille enfin... ! Mais quel mystère? « Quel rêve afireux. . ! mon bras manque à mon cimeterre. « Quel est donc près de moi ce sombre épouvantail ? « Qu'entends-je au loin? des chœurs. . . sont-ce des voix de « Des chants murmurés par des âmes? [femmes?

« Ces concerts. . ! suis-je au ciel?— Du sang. . . c'est le sérail!

ut oamiTAus.

LA DBUXIBMB YOIX.

« Oui, Canaris, ta rois le sérail, et ma tête « Arrachée au cercueil pour orner cette fête. « Les Turcs m*ont poursuivi sous mon tombeau glacé ! « Vois ! ces os desséchés sont leur dépouille opime : « Voilà de Botzaris ce qu^au sultan sublime « Le yer du sépulcre a laissé l

« Écoute : Je dormais dans le fond de ma tombe , tt Quand un cri m^éveilla : Misaolongki êuccombe! « Je me lève à demi dans la nuit du trépas; « J^entends des canons sourds les tonnantes volées ,

Les clameurs aux clameurs mêlées , « Les chocs fréquens du fer, le bruit pressé des pas.

« J^entends, dans le combat qui remplissait la ville, « Des voix crier : Défends d^une borde servile, Ombre de Botzaris , tes Grecs infortunés !

« Et moi, pour m'échapper, luttant dans les ténèbres, « J^acbevais de briser sur les marbres funèbres a Tous mes ossemens décharnés.

« Soudain, commeun volcan, le sol s'embrasse et gronde... « Tout se tait : — et mon^ieil ouvert pour Tautre monde

LK9 TÈTB8 BC StiAIl. 29

« Voit ce que nul vivant n^eiit pu voir de ses yeux. « De la terre , des flots , du sein profond des flammes ,

tt S'échappaient des tourbillons d'ames « Qui tombaient dans Tabime ou s'envolaient aux cieux !

« Les Musulmans vainqueurs dans ma tombe fouillèrent; tt Us ntelèrent ma tête au vôtres qu'ils souillèrent. « Dans le sac du Tartare -on les jeta sans choix. « Mon corps décapité tressaillit d'allégresse; « Il me semblait , ami , pour la Croix et la Grèce » Mourir une seconde fois.

« Sur la terre aujourd'hui notre destin s'achève. « Stamboul, pour contempler cette moisson du glaive, « Vile esclave, s'émeut du Fanar aux Sept-Tours; « Et nos têtes, qu'on livre aux publiques risées,

« Sur l'impur sérail exposées, « Repaissent le sultan , convive des vautours !

« Yoilà tous nos héros ! Gostas le palicare ; tt Ghristo, du mont Olympe; Hellas, des mers d'Icare; tt Kitzos , qu'aimait Byron , le poète immortel ; a Et cet enfapt des monts , notre ami, notre émule , « Mayer, qui rapportait aux fils de Trasybule « La flèche de Guillaume Tell!

« Mais ces morts inconnus , qui dans nos rangs stoïques « Confondent leurs fronts vils à des fronts héroïques , « Ce sonts des fils maudits d'Eblis et de Satan, « Des Turcs, obscur troupeau , foule au sabre asservie.

fl a MBoo e — e tête ma fwul e db

• femUable ao Siiiotaitre inrenté par nos pères,

« Un bomme est seul ▼iyant dans ces hideux repoiies ,

• Qid flMmtrentiios lambeam am peuples a genou; « Car les atstres témoiiis de ces fîtes fttides,

« Ses euntujaes impurs, ses muets homicides, « Ami , so&t aussi morts que nous.

« Quels sont ces cns?Cestl*henreoù ses plaisirs infimes « Ont réclamé nos soeurs, nos filles et nos femmes. « Ces fleurs ront se flétrir à son souffle inhumain. « Le tigre impérial, rugissant dans sa joie, « Tour à tour compte chaque proie, « Nos Tierces cette nuit , et nos têtes demain! «

LA TROMliMI VOIX.

« mes frères! Joseph, évèqae, tous salue.

« Missolonghi n'est plus ! À sa mort résolue,

« Elle a fui la famine et son venin rongeur.

tt Enveloppant les Turcs dans son malheur suprême,

LB8 TtTIS ]»0 SteAIL. tl

« Tormidable yicUme ^ elle a mis elle-même « La flamme à sou bûcher yengeur.

a Voyant depuis vingt jours notre Ville affamée « J'ai crié : Tenez tous; il est temps, peuple, armée! « Dans le saint sacrifice il faut nous dire adieu. « Recevez de mes mains , à la table céleste ,

a Le ^eul aliment qui nous reste , a Le pain qui nourrit Tame et la transforme en dieu !

• « Quelle communion ! Des mourant immobiles , « Cherchant Thostie offisrte à lears lèvres débiles ; « Des soldats défaillans , mais encor redoutés ; tt Des femmes, des yidllards , des vierges désolées ; a Et sur le sein flétri des mères mutilées a Des enfans de sang allaités!

« La nuit vint, on partit ; mais les Turcs dans les ombres « Assiégèrent bientôt nos morts et nos décombres, «i Mon église s^ouvrit à leurs pas inquiets.

« Sur un débris d^autel , leur dernière conquête ,

« Un sabre fit rouler ma tête

« J^ignore quelle main me frappa : je priais.

« Frères, plaignez Mahmoud! Né dans sa loi barbare, « Des hommes et de Dieu son pouvoir le sépare. « Son aveugle regard ne s^ouvre pas au ciel, tt Sa couronne fatale , et toujours chancelante ,

SI us OBISNTALES.

« Porte à chaque fleuron une tête sanglante ; « Et peut-être il n'est pas cruel !

« Le malheureux, en proie aux terreurs implacables,

« Perd pour rétetnité ses jours irrévocables.

« Rien ne manque pour lui les matins et les soirs.

tt Toujours Tennui ! Semblable aux idoles qu'ils dorent ,

tt Ses esclaves de loin Tadorent , « Et le fouet d*un spahi règle leurs encensoirs.

« Mais pour vous tout est joie, honneur, fête, victoire , tt Sur la terre vaincus , vous vaincrez dans Thistoire. tt Frères, Bieu vous bénit sur le sérail fumant. « Vos gloires par la mort ne sont pas ctoufiëes : « Vos têtes sans tombeaux deviennent vos trophées ; « Vos débris sont un monument!

« Que Fapostat surtout vous envié ! Anathème

« Au chrétien qui souilla Peau sainte du baptême!

« Sur le livre de vie en vain il fut compté :

tt Nul ange ne Tattend dails les cieux où nous sommes ^

« Et son nom, exécré des hommes, w Sera , comme un poison , des bouches rejeté !

« Et toi, chrétienne Europe, entends nos voix plaintives. « Jadis , pour nous sauver, Saint Louis vers nos rives « Eût de ses. chevaliers guidé rarrière-ban.

« Choisis. enfin, avant que ton Dieu ne se lève, tt De Jésus et d'Omar, de la croix et du glaive, « De Tauréole et du turban. »

LU TtTIS DD StmAIl. It

Oui , Botzaris , Joseph , Canaris , ombres saintes, Elle entendra yos yoix , par le trépas éteintes; Elle verra le sig^e empreint sur votre front : Et soupirant ensemble un chant expiatoire , A vos débris sanglans portant leur double gloire , Sur la harpe et le luth les deux Grèces diront :

a Hélas ! vous êtes saints et vous êtes sublimes, tt Confesseurs, demi-dieu^, fratemeUes victimes! « Votre bras aux combats s^est long-temps signalé ; « Morts, vous êtes tous trois souillés par des mains viles. « Voici votre. Calvaire après vos Thermopyles; «I Pour tous les dévoûmens votre sang a coulé !

« Ah ! si TEurope en deuil, qu^un sang si pur menace, « Ne suit jusqu'au sérail le chemin qull lui trace , « Le Seigneur la réserve à d'amers repentirs. « Marin , prêtre , soldat, nos autels vous demandent; « Car rOlympe et le Ciel à la fois vous attendent , a Pléiade de héros ! Trinité de martyrs !

Juin i8a6.

ENTHOCSIASME.

ASdiu! jtane koaMMi aUom,

En Grèce ! en Grèce ! adieu , vous tous ! il faut partir ! Qu'enfin, après le sang de ce peuple martyr,

Le sang yil des bourreaux ruisselle !

En Grèce, ô mes amis! vengeance! liberté!

Ce turban sur mon front ! ce sabre à mon côté !

Allons! ce cbeval, qu^on le selle!

Quand parions-Boas ? ce soir! demain serait trop long. Des armes I des chevaiix ! un navire i Toulon !

Un navire , ou plutôt dès ailes !

Menons quelques débris de nos vieux régiment,

Et nous verrons soudain ces tigres ottomans Fuir avec des^ieds de gazelles !

Commande-nous, Fabvier, comme un prince invoqué ! Toi qui seul fus au poste où les rois ont manqué 3

Chef des hordes disciplinées , Parmi les Grecs nouveaux ombre d'un vieux Romain , Simple et brave soldat, qui dans ta rude main

D'un peuple as pris les destinées !

De votre long sommeil éveillez-vous là-bas , Fusils français! et vous, musique des combats,

Bombes , canons , grêles cymbales !

Éveillez-vous, chevaux au pied retentissant.

Sabres, auxquels il manque une trempe de sang,

Longs pistolets gorgés de balles ! 1

Je veux voir des combats, toujours au premier rang! Voir comment les spahis s'épanchent en torrent

Sur l'infanterie inquiète 3 Voir comment leur damas, qu'emporte leur coursier, Coupe une tête au fil de son croissant d'acier!

Allons... ! — Mais quoi, pauvre poète,

Où m'emporte moi-même un accès belliqueux?

Les vieillards , les enfans m'admettent avec eux !

Que suis -je? — Esprit qu un souffle enlève.

Comm^ une feuille morte échappée aux bouleaux.

BHTHOUSIASMB. 37

Qui sut* une pnde en pente erre de flots en flot^, .Mes jours s*en vont de rêve en rêve.

Tout me fait songer : Tair, les prés , les monts, les bois. J*en ai pour tout un jour des soupirs d^un hautbois ,

D'un bruit de feuilles remuées ; Quaiid vient le crépuscule , au fond d'un vallon noir. J'aime un grand lac d'argent, profond et clair miroir

Où se regardent les nuées.

J^aime une lune ardente et rouge comme l'or.

Se levant dans la brumç épaisse, on bien encor

Blanche au bord d'un nuage sombre:

J'aime ces chariots lourds et noirs, qui la nuit. Passant devant le seuil des fermes avec bruit.

Font aboyer les chiens dans l'ombre.

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