IX
On dit qu'alors , ainsi que pour voir un supplice Un vieux captif se dresse aux murs de sa prison , On vit de loin Babel , led^ fatale complice , Regarder par-dessus les monts de rhorizon.
On entendit , durant cet étrange mystère , Un grand bruit qui remplit le monde épouvanté , Si profond qu'il troubla , dans leur mo^ne cité , Jusqu'à ces peuples sourds qui vivent sons la terre.
u fin mo Giu. it
Le feu fut sans pitié! Pas un des coBdovmés Ne put fîiir de ces murs bràlans et calcinés.
Pourtant, ils levaient leurs mains viles; Et ceux qui s'embrassaient dans un dernier adieu , Terrassés, éblouis, se demandaient quel dieu
Versait un volcan sur leurs villes.
Contre le feu vivant, contre le feu divin.
De Wges toits de marbre ils s'abritaient en vain.
Dieu sait atteindre qui le brave.
Ils invoquaient leurs dieux j mais le feu qui punit Frappait ces dieux muets dont les yeux de granit
Soudain fondaient en pleurs de lave !
Ainsi tout disparut sous le noir tourbillon : L'bomme avec la cité, Fherbe avec le sillon!
Dieu brûla ces mornes campagnes; Rien ne resta debout de ce peuple détruit , . Et le vent inconnu qui souffla cette nuit
Changea la forme des montagnes.
i< LIS oKinrrALBs,
Aujourd'hui le palmier qui croît sur le rocher Sent sa feuille jaunir çt sa tige sécher
A cet air qui brûle et qui pèse.
Ces villes ne sont plus^ et, miroir du passé, Sur leurs débris éteints s'étend un lac glacé ,
Qui fume comme une fournaise!
Octobre x8a8.