‹ Orientales et balladesChapitre 40 sur 58 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

J'éuis géant «lor» , et baut de cent cmaiéeu

— BoVArABVB.— •

Toujours lui! lui partout! — Ou brûlante ou glacée,

Son imagé sans cesse ébranle ma pensée.

Il verse à mon esprit le souffle créateur^

Je tremble , et dans ma bouche abondent les parolea

Quand son nom gigantesque , entouré d'auréoles ,

Se dresse dans mon vers de toute sa hauteur.

Là , je le vois , guidant Fobus aux bonds rapides ^ Là , massacrant le peuple au nom des régicides ; Là, soldat 9 aux tribuns arrachant leurs pouvoirs; Là , consul jeune et fier, amaigri par des veilles ,

17S LB8 OBIBHTALBS.

Que des rêves d'empire emplissaient de merveilles , Pâle sous ses longes cheveux noirs.

P^is , empereur puissant , dont la tête s'incline , Gouvernant un combat du haut de la colline , Promettant une étoile à ses soldats joyeux, Faisant signe aux canons qm vomissent les flammes , De son ame à la guerre aïmant six cent mille âmes. Grave et serein , avec un éclair dans les yeux.

Puis, pauvre prisonnier, qu'on raille cft qu'on tourmente, Croisant ses bras oisifs sur son sein qui fermente, En proie ai^ geôliers vils couune un vil criminel , Vaincu, chauve, courbant son front noir de nuages, Promenant sur un roc où passent les orages , Sa pensée, orage éternel.

Qu'il est grand, là surtout! quand, puissance brisée, Bes porte-clefs anglais misérable risée , Au sacre du malheur il retrempe ses droits , Tient au bruit de ses pas deux mondes en haleine , Et mourant de l'exil , gêné dans Sainte-Hélène , Manque d*air dans la cage où l'exposent les rois !

Qu'il est grand à cette heure où , prêt à voir Dieu même , Son œil qui s'éteint roule une larme suprême ! ^

Il invoque à sa mort sa vieille armée en deuil , Se plaint à ses guerriers d'expirer solitaire. Et, prenant pour linceul son manteau militaire, Du lit de camp passé au cercueil!

toi. 119

A Rome , où d« sénat hérite le conclave ^

A YlXbe , aux monts blanchis de neige ou noirs de lave ,

Au menaçant Kremlin , à TAlhàmbra riant ,

Il est partout! — Au Nil je le retrouve encore j

L*Égypte resplencfit des feux de son aurore ;

Son astre impérial se lève à Torient.

Vainqueur, enthousiaste, éclatant de prestiges, Prodige, il étonna la terre de prodiges.

Les vieux scheîks vénéraient Témir jeune et prudent ^ Le peuple redoutait ses armes inouïes ; Sublime , il apparut aux trib^is éblouies Comme un Mahomet d^occident.

Leur féerie a déjà réclamé son histoire.

La tente de TArabe est pleine de sa glqire.

Tout Bédouin libre était son hardi compagnon. Les petits enfaos, r<sil tourné vers nos rivages , Sur un tambour français règlent leurs pas sauvages , Et les ardens chevaux l^çonissent à son nom*

Parfois il vient , porté sur Touragan numide , Prenant pour piédestal la grande pyramide , Contempler les déserts , aaldoimeux océass ; Là , son cnnbre y éveillant le sépulcre sonore ,

180 LS8 OBIMTALSS.

Gomme pour la bataille ressuscite encore Les quarante siècles céans;

Il dit : debout! Soudain cluujue siècle se lève 3 Geux-ci portant le sceptre et ceux-là ceints du glaive. Satrapes, pliaraons, mages, peuple glacé.

Immobiles, poudreux, muets , sa voix les compte^ Tous semblent , adorant son front qui les surmonte , Faire à ce roi des temps une cour du passé.

Ainsi tout , sous les pas de Thomme ineffaçable , Tout devient monument j il passe sur le sable: Mais qulmporte qu^Assur de ses flots soit couvert , Que Taquilon sans cesse y fatigue son aile , Son pied colossal laisse une trace éternelle Sur le front mouvant du désert.

Histoire, poésie, il joint du pied vos cimes. Éperdu , je ne puis dans ces mondes sublimes Remuer rien de grand sans toucher à son nom; Oui, quand tu m'apparais, pour le culte ou le blâme. Les chants volent pressés sur mes lèyres de flamme, Napoléon ! soleil dont je suis le Hemnon ! •

Tu domines notre âge ; ange ou démon , quUmporte ! Ton aigle, dans son vol, halçtant, nous emporte.

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