‹ Orientales et balladesChapitre 45 sur 58 · L£ GEANT · texte numérisé non relu

L£ GEANT

Lh nnéc* du cirl elles-m^mes craignent que je ne Tienne chercher mes ennemis daUs leur idn.

— M <y>»ABai. <—

Guerriers ! Je suis né dans le pays des Gaules. Mes aïeux franchissaient le Rhin comme un ruisseau ; Ma mène me baigna dans la neige des pôles , Tout enfant , et mon père aux robustes épaules , De trois grandes peaux d^ours décora mon berceau.

Car mon père était fort ! L'âge à présent Tenchaine. De son front tout ridé tombent ses cheveux blancs. Il est Cdble, il est vieux. Sa fin est si prochaine,

210 BALULBU.

Qa*à peine il peut encor déraciner on chêne Pour soutenir ses pas tzemblans !

(Test moi qui le remplace! et j*ai sa javeline. Ses bœa£s, son arc de fer , ses haches , ses colliers ; Moi! qni peox, succédant au yieillard qui décline. Les pieds dans le Talion m'asseoir sur la colline. Et de mon souffle tu loin couiber 1^ peupliers!

A peine adolescent, sur les Alpes sauyages.

De rochers en rochers je m*ouyrais des chemins ^ Ha tête ainsi qn^un mont arrêtait les nuages ; Et souvent dans les deux épiant leurs passages, Tai pris des aigles dams mes mains !

Je combattais Torage , et ma bruyante haleine

Dans leur yol anguleux éteignait les éclairs;

Ou , joyeux, deyant moi chassant quelque baleine,

L'Océan à mes pas ouvrait sa vaste plaine.

Et mi^px que Touragan mes jeux troublaient les ibers !-

J^erraiS) je poursuivab d^ima atteinte trop sûre Le requin dand les flots, dans les airs Tépervier; L'ours , étreint ôsaia mes bras ^ eiqpirait sans blessure , Et j'ai souvent $ Thurer, brisé dans leur morsure Les dents blanches du loup-cervier!

Ces plaisirs enfantins pour moi n'ont plus de charmes. J'aime aujourd'hui la guerre et son mâle appareil ,

LB «ftAHT. 111

Les malédictions des familles en larmes ,

Les camps, et le soldat, bondissant dans ses armes,

Qui tient du cri d*alarme é^yec mon réreil !

Dans la poadre et le sang , quand Tardente mêlée Broici et roule une armée en bruyans tourbillons , Je me lève , je suis sa course échevelée , Et, comme un cormoran fond sur Tonde troublée. Je plonge dans les bataillons !

Ainsi qu*un moissonneur parmi des gerbes mûres, Dans les rangs écrasés , seul debout , j^apparais. Leurs clameurs dans ma voix se perdent en murmures; Et mon poing désarmé martelle les armures Mieux qu^un chêne noueux choisi dans les forêts!

Je marche toujours nu. Ma yaleur souveraine Rit des soldats de fer dont yos camps sont peuplés. Je n^emporte au combat que ma pique de frêne, Et ce casque léger que traîneraient sans peine Dix taureaux au joug accouplés!

Sans assiéger les forts d'échelles inutiles , Des chaînes de leurs ponts je brise les anneaux. Mieux qu'un bélier d'airain je bats leurs murs fragiles. Je lutte corps à corps avec les tours des villes. Pour combler les fossés j'arrache les créneaux!

! quand mon tour viendra de suivre mes victimes,

Page 1