‹ Orientales et balladesChapitre 46 sur 58 · BA.I.LA.DB · texte numérisé non relu

BA.I.LA.DB

Guerriers ! ne laissez pas ma dépouille au corbeau ; Ensevelissez-moi parmi des monts sublimes , Afin que Tétranger cherche en voyant leurs cimes Quelle montag;ne est mon tombeau !

Mars x8s5.

LA FIANCEE DU TIMBAUER.

Douce eit la mort qoi vient en bien aimant!

^DaspoATBS* Soniut,*

« Moiuei(pieur le duc de Breta^e « A9 pour les combato meurtriers, « CooTCKjué de Nante à Morta^e , « Dans la plaine et sur la montagne, « Uarrière4>an de ses guerriers.

« Ce sont des barons dont les armes « Ornent des forts ceints d*un fossé; « Des preux yieillis dans les alarmes,

314 BAIXA1H8.

« Des écuyers, des hommes-d^amies :

« L^un d*eiitre eux est mon fiancé.

« Il est parti pour FAquitaine « Gomme timbalier , et pourtant « On le prend pour un capitaine , « Rien qu^à voir sa mine hautaine, « Et son pourpoint, dW éclatant!

« Depuis ce jour Teffiroi m^ag^te.

« J'ai dit, joignant son sort au mien :

tt Ma patronne , sainte Brigitte , « Pour que jamais il ne le quitte , « Surveillez son ange gardien !

« J*ai dit à notre abbé : Messire , « Priez bien pour tous nos soldats !

« Et, comme on sait qu^il le désire, « J^ai brûlé trois cierges de cire « Sur la châsse de saint Gilda .

« A Notre'^Dame de Loretta.

« J^ai promis, dans mon noir chagrin ,

« D'attacher sur ma gorgerette ,

« Fermée à là vue indiscrète,

« Les coquilles du pèlerin.

« Il n'a pu , par d'amoureux gages , « Absent, consoler mes foyers; « Pour porter les tendres messages ,

Lk FUncil BV TIMBALISR. SIS

« La yassale n*a point de pages, « Le yassal ii*a pu d^écuyers*

« Il doit aujoard^hiii de la ^enre « Revenir ayec monseigneur; « Ce n'est plus un amant vulgaire ^ « Je lève un front baissé naguère , u £t mon orgueil est du bonheur I

tt Le duc triomphant nous rapporte a Son drapeau dans les camps froissé.

« Venez tous sous la vieille porte « Voir passer la brillante escorte , « Et le prince, et moa fiancé!

« Venez voir pour ee jour de fête « Son cheval caparaçonné, « Qui sous soA poids hennit, s'arrête, « Et marche en secouant la tête, « Be plumes rouges couronné J

« Mes sceurs, i tous parer si lentes, ft Venez '^oir près de n^on vainqueur « Ces timbales éttneelantes a Qui sous sa main toujours tremblantes, « Sonnent et font bondir le cœur!

« Venez surtout le voir lui-même « Sous le manteau que j'ai brodée.

« Qu^il sera beau i c'est lui que j'aime !

216 BALLADIS.

« n porte comme un diadème « Son casqoe de crins inondé !

« L'Égyptienne sacrilège,

« H*attirant derrière un pilier,

« M*a dit hier ( Dieu nous protège! )

« Qu*à la fanfare du cortège

« Il manquerait un timi>alier.

« Mais j*ai tant prié, que j*espère ! « Quoique, me montrant de la main « Un sépulére, son noir rejtedre, « La viôlle aux regards de vipère, « ITait dit : Je t'attends la demain !

« Volons! plus de noires pensées! — « Ce sont les tambours que j*entends.

« Voici les dames entassées , « Les tentes de pourpre dressées , « Les fleurs et les drapeaux flottans !

« Sur deux rangs le cortège ondoie :

«D*abord, les piquiers aux pas lourds; c Puis, sous rétendard qu'on déploie, « Les barons , en robes de soie, « Avec leurs toques de yelours.

« Voici les chasubles des prêtres;

tt Les hérauts sur un blanc coursier.

« Tous, en souvenir des ancêtres,

LA riAHCtB DU TIMBALIBR. 217

« Portent récusson de leurs maitres, « Peint sur leur corselet dWer.

« Admirez Tarmure persane « Des templiers , craints de Tenfer ; « Et, sous la longue pertuisane, tt Les archers velus de Lausanne , « Vêtus de buffle , armés de fer.

« Le duc n*est pas loin : ses bannières « Flottent parmi les chevaliers j « Quelques enseignes prisonnières , « Honteuses, passent les dernière^... — « Mes sœurs! voici les timbaliers!.... »

Elle dit, et sa vue errante Plonge, hélas! dans les rangs pressés^ Puis, dans la foule indifférente, Elle tomba, froide et mourante....

— Les timbaliers étaient passés.

Octobre i8a5.

BALLADE YII.

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