LA RONBE DU SABBAT
▲ M. GH. VODISm.
Hie chorus ingtns . . . Cola orgia.
Voyez, devant les murs de ce noir monastère, La lune se voiler comme pour un mystère !
Uesprit de minuit passfe, et, répandant Teffroi, Douze fois se balance au battant du befifroi. Le bruit ébranle Tair, roule , et long-temps encore Gronde, comme enfermé sous la cloche sonore.
Le silence retombe avec Tombre.... Écoutez!
Qui pousse ces clameurs? qui jette ces clartés? Dieu ! Les voûtes , les tours , les portes découpées ,
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D*un long réseau de feu semblent enveloppées ; Et Ton entend Peau sainte , où trempe un buis bénit ^ Bouillonner à grands flots dans Tume de granit!... A nos patrons du ciel recommandons nos âmes ! Parmi les rayons bleus, parmi les rouges flammes, Avec des cris, des chants, des soupirs, des abois. Voilà que de partout, des eaux, des monts, des bois. Les larves, les dragons, les vampires, les gnomes, Des monstres dont Tenfer rêve seul les fantômes , La sorcière, échappée aux sépulcres déserts.
Volant sur le bouleau qui siffle dans les airs , Les nécromans , parés de tiares mystiques , Où brillent flamboyans les mots cabalistiques , Et lés graves démons , et les lutins riisés , Tous, par les toits rompus, par les portails brisés , Par les vitraux détruits que mille éclairs sillonnent, Entrent dans le vieux cloitre où leurs flots tourbillonneiit! Debout au milieu d^eux , leur prince Lucifer Cache un front de taureau sous la mitre de fer; La chasuble a voilé son aile diaphane , Et sur Tautel croulant il pose un pied profane. terreur! Les voilà qui chantent dans ce lieu * Où veille incessamment Tceil étemel de Dieu, [mense , Les mains cherchent les mains... Soudain la ronde iai> Gomme un ouragan sombre, en tournoyant commence. A l'œil qui n'en pourrait embrasser le' contour. Chaque hideux convive apparaît à son tour; On croirait voir l'enfer tourner dans les ténèbres Son zodiaque afireux , plein de signes funèbres. Tous volent, dans le cercle emportés à la fois. ■ Satan règle du pied les éclats de leur voix;
Lk BOIfOI DD SABBAT. 237
Et leurs pas , ébranlant les arches colossales , Troublent les morts couchés sous le payé des salles..
« Mêlons-nous sans choix !
« Tandis que la foule «'Autour de lui roule, « Satan joyeux foule « L^autel et la croix., tt L'heure est solennelle.
« La flamme éternelle u Semble , sur son aile , « La pourpre des rois ! »
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales , Troublent les morts couchés sous le pavé des salles.
tt Oui , nous triomphons !
« Venez , sœurs et frères , « De cent points contraires , « Des lieux funéraires , «i Des antres profonds.
« L'enfer vous escorte :
« Venez en cohorte il Sur des chars qu'emporte « Le Yol des grififons ! »
Et leurs pas, ébranlant les arches colossales, Troublent les morts couchés sous le pavé des salles.
« Venez sans remords !
« Nains aux p^eds de chèvre ,
« Goules , dont la lèvre
« Jamais ne se sèvre
« Du sang noir des morts !
« Femmes infernales ,
« Accourez rivales!
« Pressez vos cavales
« Qui n^ont point de mors ! »
£t leurs pas, ébranlant les arches colossales, Troublent les morts couchés sous le pavé des salles.
« Juifs, par Dieu frappés, ^ « Zing^aris , Bohèmes , « Chargés d'anathêmes , « Follets , spectres blêmes , « La nuit échappés , « Glissez sur la brise , « Montez sur la frise « Du mur qui se brise, « Volez , ou rampez ! »
Et leurs pas , ébranlant les arches colossales , Troublent les morts couchés sous le pavé des salles.
« Venez , boucs méchans , « Psylles aux corps grêles , (i Aspioles frêles , « Comme un flot de grêles ,