‹ Orientales et balladesChapitre 56 sur 58 · A PAUL · texte numérisé non relu

A PAUL

Un vieux faune en riait dans m grotte sauTagr.

— SsaB&is.— >

« Baigne protéger notre chasse ,

, tt Gfaftsse « De monseigneur saint Godefroi, « Roi !

« Si tu fais ce que je désire ,

« Sire , « Nous t^édifirons un tombeau ,

« Beau;

« Puis je te donne un cor d*ivoire ; « Voire

254 BALLABI8.

• Un dais neuf k pans de reloiirs , « Lourds,

« Ayec dix chandelles de cire ;

«Sire!

« Donc, te prions i deux genoux,

tt Nous,

« Nous qui , nés de bons gentilshommes ,

« Sommés « Le seigneur burgrave Alexis

« Six! » —

Yoili ce que dit le burgrave ,

Grave , An tombeau de saint Godefinoi ,

Froid.

— « Hon page , emplis mon escarcelle, .

tt Selle « Hon cheval de Calatrava;

• Va!

« Piqueur , va convier le comte.

« Conte « Que ma meute abcne en mes cours.

« Cours!

« Archers , mes compagnons de fêtes , * « Faites

LA CHABSk toV BVB6EAT1. )S5

« Votre épîeu lisse et vos cornets .

tt Nets.

« Nous ferons ce soir une chère

« Chère 5 « Vous n'y recevrez , u^itre-qaeux ,

a Qu*eiix.

« JSn chasse , amis ! je vous invite.

« Vite !

« En chasse ! allons courre les cerfs ,

« Serfs! »

Il part , et madame Isabelle ,

Belle , Dit gaiment du haut des remparts :

— Pars!

Tous les chasseurs sont dans la plaine ,

Pleine D'ardens seigneurs, de sénéchaux

Chauds.

Ce ne sont que baillis et prêtres ,

Reitres , Qui savent traquer à pas lourds

L'ours.

Dames en brillans équipages, Pages ,

266 BALLADB8.

Fauconniers, clercs, et peu bénins Nains.

En chasse ! — Le maître en personne

Sonne.

Fuyez ! voici les paladins ,

Daims.

. Il n'est pour vous, comte d'empire, Cire Que le vieux burgrave Alexis Six!

Fuyez! — Mais un cerf dans l'espace

Passe, Et disparait comme l'éclair,

Clair!

— « Taïaut les chiens , taïaut les hommes !

« Sommes * ' « D'argent et d'or paîront sa chair

« Cher !

« Mon château pour ce cerf! — Marraine,

« Reine « Des beaux sylphes et des follets

« Laids !

« Donne-moi son bois pour trophée, «Fée!

Là CHASSE DU BURGRAVK. 257

« Mère du brave , et da chasseur u Sœur !

« Tout ce qu*un prêtre à sa madoue.

« Donne , « Moi , je te le promets ici ,

»Si

« Notre main , ta serve et sujette , « Jette

M Ce beau cerf qui s^enfuil là bas « Bas! »

Du Chasseur Noir craignant Tinjure ,

Jure Le vieux burgrave haletant ,

Tant

Que déjà sa meute qui jappe

Happe , Et fête le pauvre animal

Mal.

Il fuit. La bande malévole

Vole Sur sa trace , et par le plus court

Court.

Adieu clos, plaines diaprées, Prées,

S58 B4UADBa.

Vergers fleuris , jardins sablés , Blés î

Le cerf, s*échappant de plus belle f

Bêle; Un bois à sa course est ouvert y

Vert.

Il entend venir sur ses traces

Races De chiens dont vous seriez jaloux ,

Loups i

Piqueurs, ardentes ha({uenées,

Nées De ces étalons aux longs crins ^

Craints,

Leurs flancs , que de blancs hamois ceignent y

Saignent Des coups fréquens des éperons

Prompts.

Le cerf, que le son de la trompe

Trompe , Se jette dans le bois épais.... —

Paix!

Hélas ! en vain !... la meute cherche ^ Cherche,

LA CHASSE DU* BVBABATl. 259

£t là ta retentis encor , Cor!

Où fuir ? dans le lac ! Il 8*7 plonge^

Longe Le bord où maint buisson rampant

Pend.

Ah ! dans les eaux du lac agreste

Reste !

Hélas ! pauvre cerf aux abois ,

Bois!

Contre toi la fanÊire ameute

Meute , Et veneurs sonnant du hautbois....

Bois !

Les archers sournois qui t'attendent 9

Tendent Leurs arcs dans l'épaisseur du bois !...

Bois !

Ils sont avides du carnage ;

Nage !

C'est ton seul espoir désormais.

Mais

L'essaim y que sa chair palpitante Tente,

Après lui dans le lac profond Fond.

Il sort. — Plus d'espoir qui te leurre !

L'heure Vient où pour toi tout est fini.

Ni

Te!} pieds vifs, ni saint Marc de Leyde ,

L'aide Du cerf qu'un chien, à demi^mort,

Mord,

Ne te sauveront des morsures ,

Sûres , Des limiers ardéns de courroux,

Roux.

Vois ces chiens qu'un serf bas et lâche

Lâche , Vois les épieux à férir prêts ,

Près .'

Meurs donc ! la fanfare méchante

Chante Ta chute au milieu des clameurs.

Meurs !

Et ce soir , sur les délectables Tables ,

L4 CHA88B MKSuRGRAVK, 2«1

Tu feras qjir^xcellent mets ; Mais

t'a vengé. — Fille d'Autriche Triche

Quand l'hymen lui donne un barbon Bon. ^

Or , sans son hôte le bon comte

Compte; Ilrevienf, quoique fatigué',

Gai.

Et tandis que ton sang ruisselle ,

Celle

Qu'épousa le comte Alexis ,

Six,

Sur le front ridé du burgrave,

Grave , Pauvre cerf, des rameaux aassi ;

Si

Qu'au burg , vous rentrez à la brune ,

Brune , Après un jour si hasardeux,

Deux!

Janvier i8a8.

BALLADE XIT.

LE PAS D'ARMES DV ROI JEAIf.

Pliu d« six cents lances y forent brisées ; on se battit i pied et à cbeval , k la barrière , à coups d'ëpée et de pique, où partout les tenans et les assaillans ne firent rien qui ne répondit à la* haute estime qu ils s'étaient déji acquise, ce c^^ fit éclater ces tournois doublement. Enfin , an dernier , un gentilhomme , nommé de Fontaines , beau-frère de Chandiou, grand-prévdt des maréchaux , fut blessé à mort ; et au second encore , Saint-Aubin , autre gentilhomme, fut tué d'un coup de lance.

— Avcjxirirx Cbxoviqox.—

Ça , qu'on selle , Écuyer , Mon fidèle Destrier.

Mon cœur ploie Sous la joie,

264 BALLA DBS.

Quand je broie L'étrier.

par saint Gille , Viens nous-en , Mon agile Alezan ; Viens, écoute.

Par la route.

Voir la joute Du roi Jean.

Qu'un gros carme Chartrier Ait pour arme L'encrier; Qu'une fille , Sous la grille , S'égosille A prier.

Nr us qui sommes , De par Dieu , Gentilshommes De .haut lieu , Il faut faire Bruit sur terre, Et la guerre N'est qu'un jeu.

Ma vieille ame

LB FA8 d'aUUS DC KOI JBAH. 265

Enrageait ^ Car ma lame, Qoe rongeait Cette rouille Qui la souille , En quenouille Se changeait

Cette Tille , Aux longs cris , Qui profile Son front gris Des toits frêles, Cent toureUes, Clochers grêles.

C'est Paris !

Quelle foule, Par mon sceau I Qui s'écoule En ruisseau , Et se rue , Incongrue, Par la rue Saint-Marceau.

Notre-Dame! — Que c'est beau !

Sur mon ame De coabeau,

266 BALLADV6.

Voudrais être Clerc ou prêtre Pour y mettre * Mon totûbeàu!

Leâ quadrilles, Les chansons , Mêlent filles Et garçons.

Quelles fêtes!

Que de têtes Sur les faites Des maisons !

Un maroufle , Mis à neuf, Joue et souffle Comme un bœuf Une marche ' De liuzarche Sur chaque arche ^ Du Pont-Neuf.

Le Tieux Louvre !

Large et lourd, Il ne s'ouvre Qu'au grand jour , Emprisonne La couronne,

Iil PAS d'aMMBS du BOI JBAH. 267

Et bourdonne Dans sa tour.

Xos aux dames !

Au roi Los !

Vois les flammes Du champ-clos 9 Où la foule , Qui s'écroule, Hurle et roule A grands flots !

Sans attendre , Çà piquons?

L'oeil bien tendre , Attaquons De nos selles.

Les donzelles , Roses, belles, Aux balc()n8.

Saulx Tayane Le ribaud Se pavane , Et Chabot Qui ferraille Bossu, raille Mons Fontraille Le pied-bot.

Là baa , Serge

les BALUJHU.

Qui fit vœu D'aller yierge- Au saint lieu; Là ,' Lothaire , Duc sans terre, Saureterre-9 Diable et dieu.

Le yidame De Gonflans Suit sa dame ^ A pas lents j £t plus d'une S'importune De la brune Aux bras blanc ^.

Là haut brille , Sur ce mur , Tseult, fille Au front pur ; Là bas , seules , Forcé aïeules Portant gueules Sur azur.

Dans la lice , Vois encor Berthe> Alice ,

LÉ PAS d'aRHIS DC ROI JEAIV. M9

Léonor^ Dame Irène, Ta marraine , £t la reine Toute en or.

Dame Irène * Parle ainsi :

— Quoi ! la reine Triste ici !

Son Altesse Dit' : — Comtesse , J*ai tristesse Et souci.

On commence!

Le beffroi !

Coups de lance , Cris d'eflfroi!

On se forge , On s^égorge , Par saint Greorge !

Par le roi !

La cohue , Flot^de fer, Frappe, hue, Remplit Tair , Et , profonde ,

Tourne et g^nde , Comme une onde Sur la mer !

Dans la plaine, Un éclair Se promène Vaste et clair ; Quels mélangées !

Sang et franges !

Plaisirs d'anges ? ' Bruit d'enfer !

Sus , .ma bête !

De façon Que je fête Ce grison !

Je te baille Pour ripaille Plus de paille , Plus de son.

Qu'un gros frère , Gai, friand, 'Ne peut faire , Mendiant Par les places Où tu passes ,

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