IV
Écoutez ! — Le canon gronde.
Il est temps qu'on lui réponde. Le patient est le fort.
Éclatent donc les bordées !
Sur ces nefs intimidées , Frégates, jetez la mort !
Et qu'au souffle de vos bouches
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Fondent ces yaisseaux fiairouches.
Broyés aux rochers du port l
La bataille enfin s'allume :
Tout à la fois tonne et fume.
La mort yole où nous frappons.
Là , tout brûle pêle-mêle; Ici, court le brûlot frêle, Qui jette aux mâts ses crampons, Et, comme un chacal dévore L'éléphant qui lutte encore, Ronge un navire à trois ponts.
— L'abordage ! Tabordage î — On se suspend au cordage ; On s'élance des haubans.
La poupe heurte la proue.
La mêlée a dans sa roue Rameurs courbés- sur leurs bancs, Fantassins pleurant la terre, L'épée et le cimeterre , Les casques et les turbans !
La vergue aux vergues s'attache ; La torche insulte à la hache ; Tout s'attaque en même temps.
Sur l'abime la mort nage.
Épouvantable carnage !
Champs de bataille flottans.
Qui, battus de cent yolées.
HATAUR. 45
S^écroulent sous les mêlées.
Avec tous leurs combattans f
Lutte horrible! Ah! quand rhomme, à Tétroit surlaterre^ Jusque sur TOcéan précipite la guerre , Le sol tremblie sous lui, tandis qu'il se débat. La mer, la grande mer joue arec ses batailles ; Vainqueurs , vaincus, a tous elle ouvre ses entrailles : Le naufrage éteint le combat!
O spectacle ! Tandis que TAfrique grondante Bat nos puissans vaisseaux de sa flotte imprudente , • Qu'elle épuise à leurs flancs sa rage et ses efforts, Chacun d'eux, géant fier, sur ces hordes bruyantes, Ouvrant à temps égaux ses gueules foudroyantes , Vomit tranquillement la mort de tous ses bords !
Tout s'embrase : voyez ! Feau de cendre est semée ; Le vent aux mâts en flamme arrache la fumée ; Le feu sur les tillacs s'abat en ponts mouvans. Déjà brûlent les nefs : déjà, sourde et profonde, La flamme enleurs flancs noirs souvre un passageà l'onde; Déjà, sur les ailes des vents,
L'incendie, attaquant la frégate amirale, Déroule autour des mâts son ardente spirale,
LB8 OUmtAUS.
Prend les marins hnrlans dans ses brâlaos réseaux , Couronne de ses jets la poupe inabordable.
Triomphe, et jette au loin un reflet formidable Qui tremble, élargpissant ses cercles sur les eaux!
Où sont, enfans du Caire , Ces flottes qui naguère Emportaient à la guerre Leurs mille matelots?
Ces YoUes , où sont-elles , Qu'^armaient les infidèles, Et qui prêtaient leurs ailes A Tongle des brûlots ?
Où sont tes mille antennes , Et tes hunés hautaines , Et tes fiers capitaines, Armada du sultan ?
Ta ruine commence, Toi qui, dans ta démence, Battais les mers , immense Comme Léviathan!
Le capitan qui tremble Voit éclater ensemble