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Origène: (El bachiller) Nouvelle mexicaine

Né malade, malade de la même sensibilité excessive qui assombrissait les jours de sa mère, une réflexion précoce, l'avait porté, dès ses plus tendres années, à une perception étrange du monde extérieur et le monde extérieur frappait son imagination avec une vivacité inouïe.

La splendeur d'un coucher de soleil d'automne le rendait triste et taciturne, lui inspirant des désirs vagues à expliquer : quelque chose comme le rêve d'être nuage, éclair ou reilet, et de se perdre dans le pourpre océan du soir ; les vibrations solennelles de VAiiyelus

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le remplissaient d'un mystique effroi ; la vue d'une ruine argentée par la lune ou d'un sépulcre oublié voilait ses yeux de larmes. Parfois, sans motif, il s'élançait au cou de sa mère, l'embrassait avec effusion et s'écriait : « Je ne veux pas que tu meures ! » D'autres fois il restait en extase devant un tableau quelconque.

A l'âge où les enfants ne pensent qu'aux jeux bruyants, il recherchait, farouche, la solitude.

A treize ans, déjà, il avait été amoureux de trois j eunes filles au moins, toutes plus âgées que lui, naturellement : de celle-ci , parce qu'il l'avait vue pleurer ; de celle-là, parce que sa nonchalance était mélancolique; de cette autre, parce qu'elle chantait certaine chanson qui le troublait extraordinairement.

Son organisme ressemblait à une corde tendue dans l'espace, vibrant au moindre souffle d'air.

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Aussi, ses douleurs étaient intenses comme intenses ses plaisirs, mais les uns et les autres étaient également silencieux.

Sa mère mourut ; dès lors, sa taciturnité augmenta.

Pour ses amis, pour tout le monde, il était une énigme : l'enveloppe fermée qui surexite la curiosité de la femme, la nécropole égyptienne encore inviolée qui attire l'archéologue.

Qu'y avait-il là-dedans Un poème peut-être, une momie, qui sait ? Son secret s'en irait avec lui dans la tombe...

Bien maigre, l'héritage maternel suffit à peine au jeune homme pour se rendre à la ville lointaine où son oncle, demeurécélibataire, l'appelait, lui offrant de se charger de son éducation.

11 avait alors quatorze ans.

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Cette ville, nommée Pradela, était une des rares cités d'autrefois que le Mexique a conservées. Son aspect rappelait le moyen-âge et les coutumes y étaient restées patriarcales; il y régnait surtout une extrême ferveur religieuse.

Cet état de choses se devait sans doute au climat, à: l'éloignement des grands centres, éloignement causé par le mauvais entretien des routes, au tempérament lymphatique des populations et à d'autres facteurs tout aussi puissants. Le fait est que, en dehors des exercices pieux , il n'y avait à Pradela, rien qui put émouvoir la torpeur des habitants, mi-citadins, mi-campagnards, adonnés presque tous à la culture des terres.

Ça et là, dans lés rues humides et tortueuses, se dressaient de lourdes maisons exotiques de style hétéroclyte, qui dénonçaient de multiples réparations faites à intervalles assez prolongés : édi-

fices surbaissés, en briques crues ou en pierres, avec de pesants balcons, dont les volets perpétuellement clos ne laissaient rien deviner de la discrète vie intérieure.

Les églises , nombreuses , sombres , mornes, sans nul charme d'architecture, comme élevées chichement par une piété sobre et dédaigneuse des formes, élevaient péniblement au ciel leurs clochers cubiques terminéspar de grosses croix de pierre.

La ville avait un évêque, homme docte en théologie et en droit canon ; elle possédait aussi un séminaire, vaste édifice abritant plus de cent lévites, où la jeunesse de Pradela suivait les études secondaires, qui pour elle, en grande partie, n'étaient qu'une préparation aux études sacerdotales. A certaines heures du jour, on voyait s'échapper de l'immense porte centrale une multitude de garçons, avec, pendant sur l'épaule, le

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graisseux manteau de casioir gris, seul signe distinctif des élèves de la Faculté mineure (1).

La porte du Clérical, partie du collège réservée aux seuls théologiens, s'ouvrait aussi, le jeudi et le dimanche, à des groupes endeuillés de jeunes gens, originaires presque tous des villages du district, ou bien membres de familles otables du chef-lieu, qui partaient pour « la promenade ».

Lobservateur le plus superficiel aurait pu constater dans ces visages les origines les plus différentes : l'indien aztèque, à la chevelure lisse, au nea aquk lin, aux yeux noirs avec des refletsbleuâtres, aux mouvements rares et graves ; le blond avec des tâches de rousseur et le blond limpide ; le brun mat et

i ) On appelle ainsi l'ensemble des cours préparatoires dans les Séminaires mexicains. Equivaut en France aux Petits Séminaires ,

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tous lestypesqui forment l'hybride population du Mexique.

Les uns venaient de la montagne, les autres de la terre chaude, ou bien des régions tempérées ou encore des côtes malsaines, car le vaste district embras sait des zones très différentes et chaque année, dix ou douze de ces jeunes gens, dès l'ordination reçue, retournaient définitivement à leurs villages, en qualité soit de vicaires, soit de curés. Quelques uns — des moins frustes, — restaient en ville, dans l'espoir d'un canonicat bien rente

Le soir, quand l'horloge de la cathédrale avait sonné huit heures troisquarts, commençait le lent et sonore tintement du couvre-feu, et ses tristes intonations apportaient à tous les foyers une indéfinissable sensation de crainte et de mélancolie. Prolongé jusqu'à dix heures, ce monotone carillon, cessait un instant

pour reprendre ensuite pendant quelques brèves minutes. C'est ce qu'on appelait le couvre-feu définitif.

Au son de la cloche, le vieux médecin abandonnait sa réunion, les visiteurs accoutumés prenaient congé, et les rues, déjà silencieuses — oh ! combien ! le jour durant, — s'animaient falotement, à la chlorotique lueur d'un réverbère à huile, de rares passants» «'acheminant vers leur demeure d'un pas pressé, dont l'écho furtif longtemps retentissait au loin.

Lesjelinesfiilesde la ville, — car, malgré tout, il y en avait : — pâles généralement et de physionomie pensive, ne sortaient de chez elles qu'enveloppées d'une mante de laine noire. Tous les matins, elles entendaient la messe ; tous les vendredis elles se confessaient ; chacune avait un directeur de conscience choisi ; et le samedi, en l'honneur de l'Immaculée Conception, les jours de fête ou à d'autres

dates préférées, elles communiaient.

Chaque année, d'octobre à janvier, étudiants et théologiens partis en vacances, les salles vides du séminaire accueillaient ces jeunes filles pour une retraite de neuf jours, consacrée, selon la méthode de saint Tgnace,à!a méditation des vérités éternelles.

Ces pieux exercices se pratiquaient par tournées, chacune de neuf jours, et quand les jeunes filles, et, plus tard, les femmes mariées, les avaient terminés, le tour des hommes arrivait. Quelques-uns parmi eux s'esquivaient, mais en revanche, il se produisait, parmi les assistants, telle ou telle conversion qui arrachait l'élu de la grâce à une vie de dissipation, médiocre et dissimulée, pour l'amener au cloître du Séminaire, où il troquait son légendaire vêtement charro (1) contre une soutane.

(1) Costume national mexicain,

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L'amour ? Sans doute il fleurissait aussi dans cette lourde atmosphère, mais, comme la Reine des Nuits, il avait ouvert son calice dans le mystère, sans \cesser pourtant d'être — semblable à elle — simple et pur. Il vivait en silence quelques brefs instants et bientôt s'assoigpissait sous le joug matrimonial, surveillé qu'il était du commencement à la fin par le prudent directeur de la jeune fille.

Tel était le milieu où devaient se développer les délicates facultés de Philippe qui, avide de nouveauté, commença par l'étude du latin : les rudiments, la grammaire et la syntaxe. Plus tard ce seraient les mathématiques, la physique et enfin la logique, couronnement de la Faculté mineure et vestibule des trois théologies : dogmatique, morale et mystique, que terminent les arcanes du droit canon si aride et si rigide.

Sa vie s'écoula dès lors sans autres agitations que celles produites par son caractère vicié ; sa fantaisie aiguillonnée parla vigueur naissante de la puberté remportait perpétuellement, tel un hip-

pogriphe effréné, à la recherche de buts disparates et irréalisables. Un désir étrange de mystère le tourmentait, et pour peu qu'une femme eût à ses yeux la moindre apparence énigmatique, elle devenait pour lui la hantise de ses jours et de ses nuits.

S'il passait devant une maison plus muette que les autres et remarquait sur les balcons des pots de fleurs ou des cages d'oiseaux par quoi se révélaient des soins délicats, il s'arrêtait, et* . s'iner.ustaat dons une porte voisine, il espérait les makis blanches, les yeuxnoirset la taille fine que ces murs devaient nécessairement abriter. Parfois, ±- et c'était le plus, souvent, — du rectangle de lumière que laissaient filtrer les Volet», se détachaient tantôt une duègne à lunettes, en bonnet, avec son cordon du tiers-ordre d'où pendait un chapelet ; tantôt le robuste patron qui allait prendre l'air et qui, les mamg

dans les poches de son pantalon collant, regardait le ciel où la nuit d'été scintillait de toutes ses splendeurs. Mais d'autres fois, le tendre pressentiment devenait une réalité, et la jeune fille, aux yeux sombres ou clairs, se laissait entrevoir, guettant du coin de l'œil la mine du mystérieux galant.

Tout se bornait là car un ami discret ne manquait jamais de renseigner Philippe sur les mérites de sa belle. Avec le mystère'! iWu«4bÀ Vfenfeyâi*; fet Tentant murmurki* tténïtae le «poète ; Ce rittmt pas Elle ! " ■*

Et cette Elle n'arrivait jamais, rayon de lune • attibitîôttné pâT un Manrique de quatorze ans. • ■ > » •

Cinq autres années s'éeouHreitt, pareilles ;'le f xiagabôttdéigè' «alprès I étude, à la poursuite de l'idéal, et l'étude après 4e rêve, emplirent cet intervalle, et l'excellent oncle, plus adonné à l'observa-

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tion do l'atmosphère — il prévoyait si bien la pluie et le beau temps — qu'à l'observation des cœurs qui l'entouraient, ne réprima jamais avec sa prudence de vieillard les élans de cet esprit malade de désirs impossibles.

Cependant le jour vint de choisir une carrière. Les vacances qui avaient suivi le cours de logique touchaient à leur fin ; Philippe, alors à la campagne, dans une des propriétés de son oncle, passait son temps à tuer des huilotas (1) et des oies sauvages; un beau matin Don Jéronimo, son père adoptif, l'interrogea sur ses projets d'avenir.

Le jeune homme demeura silencieux quelques instants et finit par dire :

— J y penserai.

Huit jours plus tard, ce fut la même réponse.

Janvier approchait, et bientôt, che-

1) Espèce de tourterelle.

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vauchant de maigres haridelles, les internes et les théologiens allaient arriver aux portes du collège, gaves d'air puret de soleil, ivres encore de leurs excursions au travers des ravins, tout au souvenir des appétissants déjeuners dans le bohio (1), au pied du cornai (2) doré, où le pain de maïs se gonflait en répandant son odeur savoureuse.

Pour la troisième fois, l'oncle répéta sa demande. Fallait-il acheter les livres de classe et prendre l'inscription ? Que pensait faire le bon Philippe?

Le bon Philippe pensait sans doute à quelque chose d'étrange, car depuis quelques jours on le voyait plus mélancolique et plus pâle que de coutume, en proie à de fréquentes distractions dont

(lj Cabane construite de branches et de roseaux, très commune dans les pays tropicaux.

(2) Ustensile de terre servant à cuire le pain de maïs.

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son oncle le tirait avec de brusques interrogations : « Mais, mon pauvret ! où donc te crois-tu ? »

L'étudiant répondit, enfin, mais d'une voix éteinte : « Je ferai ma théologie ».

Le vieillard ne fut pas trop surpris car, si l'adolescent n'était guère adonné aux pratiques religieuses, il ne se faisait pas remarquer non plus par sa dissipation ; du reste, à Pradela, féconde source de prêtres, personne n'avait à s'étonner d'ùhè 'fésoliitiûtl : sertiWa'Me ; auttéi, -se borna-t-il à lui répondre « Demfain nous irons en ville «pour acheter les livres. Bah ! qui t'empêchera de devenir évoque ? » Et,.t6iit ert. donnant à son nievou deux t&pes affectueuses sur les épaules, il s'éloigna en faisant sonner ses éperons qui ne quittaient jamais ses rustiques bottes jaunes.

Que se passait-il dans l'âme du bachelier ?

Une chose grave. Cet esprit, assoiffé d'idéal, prompt aux désillusions, mobile à l'extrême, avait fini par comprendre que jamais il ne rassasierait chez les créatures son avidité d'affections, et, comme Lélia, l'héroïne de Georges Sand, sans être aussi convaincu qu'on aurait pu le croire des vérités du catholicisme, il cherchait un refuge dans le cloître. Oui, dans le cloître, car ce n'était pas le ministère séculier qui l'attirait ; :W séminaire ne serait qu'un asile passager pour ne pà.s laisser s'attiédir ses ^bonnes résolutions.

La transformation qu'une pareille détermination révélait, s'était opérée dans i'àmê du jeune homme d'une manière lente, mais sûre. Déjà, au cours du train-train monotone.de sa vie; la fibre mystique, cette fibre latente dans toute âme moderne, avait vibré dans la profondeur du silence. Mais ce dernier s^jiomr

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à la campagne, le continuel tête-à-tête avec la solitude, la triste solennité des soirs d'automne, et, aux heures fréquentes d'ennui, la lecture delà vie des Saints, tout cela lui avait porté le coup décisif.

Une idée capitale surnageait au milieu du chaos de pensées contradictoires qui agitaient son cerveau, idée qui pouvait se résumer ainsi : « J'ai un immense désir d'être aimé, aimé d'une manière exclusive, absolue, sans solution de continuité, sans l'ombre d'une fraude ; j'ai besoin d'aimer de même, mais de telle façon que jamais la fatigue ne m'affaiblisse, que jamais le dégoût ne me glace, que jamais le désenchantement n'obscurcisse les beautés de ma dilection. Il faut que mon culte soit éternellement jeune, éternellement beau, et que plus je m'abîme dans la contemplation de ses perfections, plus il me semble les voir s'élargir et se multiplier à l'infini. »

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Pour un idéal si haut, toutes les créatures comptaient pour rien, et le couvent restait dans l'imagination de Philippe comme uneplage lointaine où les vagues mondaines allaient se briser, avec des murmures de découragement et d'impuissance.

Rancé le savait bien lui ; les chartreuses en ruines, noyées dans le silence, sont encore témoins de l'incurable maladie qui a nom : Soif de mystère et de Dieu.

Quelques jours s'écoulèrent durant lesquels les travaux scolaires, encore désorganisés, s'effectuaient vaille que vaille. Les classes se remplissaient lentement et dans les dortoirs du Clérical on dans ceux de l'Internat , l'on montait cha que jour trois ou quatre lits-pliants de fer appartenant aux nouveaux arrivés.

Une fois tous les étudiants de retour de leurs villages, les exercices de saint Ignace, obligatoires pour tous les jeunes gens, allaient commencer et, selon la coutume, durer neuf jours.

Philippe réserva pour ce moment soh installation dans le clérical où il résiderait à titre d'élève en théologie.

Le dernier jour d'exercices, appelé de retira, l'évêque conférait les ordres mineurs aux bacheliers qui le demandaient. Philippe se trouverait parmi les postulants.

Les choses en étaient là, quand, en février, s'inaugura la pieuse retraite destinée à la méditation de la maxime chré»tienne : « Pense à tes fins dernières et tu ne pécheras point » .

Les externes s'étaient déjà installés dans les salles de classe et y avaient apporté tous les objets de confort compatibles avec l'exiguïté de l'espace disponible.

Les neuf jours étaient exclusivement consacrés à méditer sur le Principe et la fin de l'homme, le P éclat véniel, le Péché mortel, le Fils prodigue, la Mort, leJuc/ement, V Enfer et le Paradis, et le pécheur qui, en dépit de si fortes méditations, revenait au monde sans se convertir et sans être

disposé, le remords dans lame.à mener dorénavant une sainte vie, celui-là était sûrement abandonné de Dieu, car ces pieux exercices inspirés, d'après la tradition, par la sainte Vierge elle-même à l'illuminé de Manrèse, poussent si impérieusement le cœur à se sanctifier qu'il est impossible de résister à la grâce.

Les exercices à peine inaugurés, il régna dans le grand et sombre séminaire un silence comparable à celui des nécropoles. Tout se faisait au son de la cloche et sa voix métallique était la seule qui résonnât parmi les méandres des cloîtres ; elle semblait dire à tous, retentissante et querelleuse, les paroles du Sage :

Vanité des vanités, tout n'est que vanité, hors aimer Dieu et le servir lui seul. *

Dès le premier jour, Philippe s'adonna à la piété avec une telle ardeur qu'il édifiait tout le monde et démontrait sa complète conversion. Toujours le pre-

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mier aux heures de discipline, il était le dernier à sortir de la chapelle et la partie du mur correspondante à sa place aurait pu témoigner de sa soif de pénitence, grâce au sang qui l'éclaboussait et qui se renouvelait quotidiennement, à l'heure nocturne où, les lumières éteintes, les acolytes entonnaient le Miserere.

Il est impossible de dire l'horreur sublime d'une scène pareille. Le prédicateur, après un discours. qu'il cherchait à rendre éloquent, et à peine terminées les phrases d'exhortation à la pénitence, commençait', d'une voix éteinte par l'émotion., le douloureux psaume du Roi- Prophète, que les acolytes continuaient dune voix dolente et monotone. Et, formant chœur avec leurs sanglots de repentir, l'on entendait le claquement des coups de fouet que les assistants administraient à leurs chairs plus ou moins pécheresses. . k

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Le psaume durait environ cinq minutes qui, pour les tièdes de ferveur, obstinés à tourmenter réellement leurs épaules, étaient longues comme des siècles.

Oh' comme Philippe se rappelait ces scènes solennelles pendant lesquelles, l'âme en proie à une exaltation extraordinaire, il murmurait : « Triste chair, rassasie-toi maintenant ! » Avec un enthousiasme toujours grandissant, ses mains faisaient siffler l'instrument, et celui-ci, en rencontrant le mur, y traçait irrégulièrement des lignes rouges ponctuées d'innombrables points sanglants.

Il n'était pas, lui, de ces pusillanimes qui font les choses à demi. Déjà persuadé que l'innocence ou la pénitence sont les seuls chemin? qui mènent à Jésus-Christ, il choisissait le second.

Tunique, dans sa pensée, qui lai restât,.

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et en tourmentant le baudet, — c'est ainsi qu'un ascète fameux désignait son corps — ■ il croyait racheter tous les délires de son cerveau débordant de rêves.

Le Miserere achevé et tous les assistants sortis de la chapelle, il y restait longtemps encore, sans prendre garde à la cloche qui l'appelait au souper. Il avait terminé son examen de conscience, dernière étape de sa journée, et il demeurait encore là, devant l'autel qu'éelairait faiblement la tremblante lueur d'une lampe à huile, perpétuellement allumée devant le Saint-Sacrement.

Certes, une dévotion si sincère ne restait pas sans récompense. Philippe savourait au pied de l'autel ce miel que les néophytes cueillent toujours dans la première période de leur conversion, miel si délicieux qu'une fois goûté, il enlève toute saveur à tous les charmes de la vie : l'àme, dans un absolu abandon

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d'elle-même, repose en Dieu avec la confiance tranquille de l'enfant qui dort dans le giron de sa mère, et Dieu lui envoie de très suaves consolations. Viennent ensuite, hélas ! des heures, des jours, et, parfois même, des années de sécheresse spirituelle qui tourmentent ceux qui remontent déjà les hautes cimes de la perfection ; des heures, des jours et des années où le goût de la prière disparait, pendant lesquels Dieu se dérobe, et l'àme, comme l'épouse du Cantique des Cantiques, le réclame en vain; enfin pendant lesquels, les scrupules, les inquiétudes et les soupçons, tel un sinistre essaim de fantômes funèbres, tourbillonnent autour de l'esprit abattu et désolé. Mais Philippe commençait à peine de parcourir les pentes fleuries de la ferveur et, son union avec Dieu lui paraissant devenue intime et absolue, il ne désirait qu'une soutane, noire comme le désen-

chantement de la créature, et n'aspirait plus qu'au cloître, dont les murs, solides comme la Foi, lui voileraient à jamais les pâles horizons d'un monde odieux et misérable.

Ces neuf jours lui parurent bien courts, et, après avoir fait à leur expiration sa confession générale, il se prépara à recevoir des mains de l'évêque la sombre livrée des serviteurs de Dieu.

Sa volonté ne faiblit pas un seul instant lorsque le vieux prélat, coupant quelques boucles châtaines de sa chevelure juvénile, murmura de mystérieuses paroles, ni plus tard quand, après la cérémonie de la tonsure, le rasoir affilé eut tracé sur sa tête la marque des esclaves de l'Agneau.

Enfin ! il appartenait tout entier à Dieu ; il avait rompu pour la seconde fois le pacte avec Satan ; il pouvait,

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comme Madeleine, choisir la meilleure part, en se blottissant aux pieds du divin Maître !...

A peine eut-il reçu les ordres mineurs qu'on le nomma bibliothécaire et, dès lors, sa vie s'écoula dans la chapelle, dans les salles d'étude et parmi des livres.

Ceux-ci remplissaient une immense pièce située à l'étage supérieur de l'édifice. De larges fenêtres s'ouvraient sur la campagne; de lourds rayons de chêne garnissaient les murs et de rudimentaires lutrins étaient rangés çà et là.

Dans les parchemins jaunâtres et lisses, empilés un peu partout, c'était l'innombrable floraison de la patrologie, calligraphiée en latin de la décadence ou du Moyen-Age : l'éloquent saint Chr3 r sostome, le profond saint Augustin, le tendre saint Bernard, le délicat saint Ambroise, des théologiens plus moder^ nés et surtout saint Thomas d'Aquin,

l'Ange de l'Ecole ; puis en un voisinage fraternel les classiques latins et les génies du Siècle (ïor espagnol.

Oh ! combien de fois, commodément installé contre Tune des grandes portes fenêtres, l'in-folio ouvert sur ses genoux, les coudes sur les feuillets et le visage plongé dans ses mains, le séminariste suivait d'un vague regard le capricieux tournoiement des nuages, le vol irrégulier des colombes nichant dans le clocher voisin, le zig-zag d'une hirondelle avantco arrièrede la bande attirée par l'approcli2 des tiédeurs du printemps, ou bien la lueur ténue d'un rayon de soleil qui, •tamisé par les vitres, jouait avec la poussière séculaire de la bibliothèque et caressait d'un baiser anémique le dos des énormes volumes endormis, momies des anciennes croyances et d'un idéal mourant.

Son esprit ressentait alors, comme

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aux jours déjà lointains de son enfance, le désir de se fondre avec l'éclair scintillant, l'acre parfum des cèdres bordant l'avenue voisine, la brise indolente agitant faiblement les branches fleuries d'un rosier dans la cour contiguë. Son rêve, vague, mais immense, était de s'envoler au milieu de la radieuse sérénité du soir et d'escalader des hauteurs inconnues pour arriver enfin là où les dernières couches atmosphériques doivent permettre d'admirer, sans qu'un nuage les voile, la majesté des espaces et la puissante fulguration des astres.

Chaque jour il sentait se briser en lui un des liens fragiles qui, tels des pis de la Vierge, retenaient son esprit à la terre.

Chaque jour, il soupirait davantage après Tisolement absolu des choses de ce monde et son avidité de perfection s'ancrait prodigieusement dans son cœiir.

Les petitesses qui restaient dans son

être l'irritaient, et il aurait voulu les consumer, les anéantir avec le feu dévorant de la charité, mais le confesseur le tenait en bride en lui disant :

— No zc ganô Zemora en una hora [1), mon cher enfant. Ce désir irrité d'être parfait sur-le-champ, démontre de la vanité. Prenez garde à votre misérable nature qui toujours tend à s'affaisser et demandez humblement des ailes pour vous envoler...

Une des vertus préférées du jeune homme était la chasteté.

Dans tous les livres pieux qu'il avait à sa portée, il lisait que cette vertu était la plus agréable à Dieu ; qu'au jour du jugement les chastes seraient à la droite de l'Agneau, vêtus de tuniques immaculées et des palmes à la main, parce

(1) Equivalant à : Paris n'a pas été fait en un jour. Traduction littérale : Zamora n'a pas été conquise en une heure.

qu'ils étaient ses bien-aimés ; que l'Evangéliste devait à sa virginité la gloire d'avoir reposé sa tête dans le sein de son Maître, que beaucoup de martyrs avaient préfère les plus cruels supplices à la perte d'une vertu si chère, et que la sainte Vierge elle-même aurait refusé la maternité divine si elle avait dû s'accomplir au détriment de sa pureté.

Et ce qui d'abord fut une aspiration chez le jeune homme, devint bientôt une obsession. Il esquivait même le regard d'une femme et chaque fois qu'un élancement naturel agitait son organisme, il avait recours aux plus terribles mortifications. Tantôt il plantait dans sa ceinture les griffes acérées d'un cilice, tantôt il fustigeait sa chair avec de grosses disciplines, et poussait jusqu'à l'excès son système de frugalité.

Il n'y avait, en somme, aucun genre de mortification auquel il ne se soumit. Si

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sa curiosité ramenait à regarder un objet quelconque, h peine s'en apercevaitil, bien vite il détournait les yeux. Si son appétit lui faisait trouver savoureux un des humbles mets du collège, il repoussait à l'instant son assiette. S'il avait envie de parler, il s'imposait le silence ; si le sommeil alourdissait ses paupières aux heures brûlantes de la sieste, vite il se baignait le visage avec de l'eau fraîche et se remettait avec plus d'ardeur encore qu'auparavant à l'étude, à la prière ou à sa pieuse lecture.

Une mortification aussi constante amenait son âme à se recueillir toujours davantage en elle-même et sa sensibilité devenait de plus en plus délicate et craintive.

Quels intenses soubresauts provoquait en lui la voix d'une femme ! Que de terreurs lui causait la moindre image présentant à son imagination les formes harmonieuses d'un corps d'Eve !

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Il refusait d'aller à la promenade avec les autres séminaristes et, quand il se voyait obligé à le faire, il baissait les yeux et, timide comme un jeune faon, au moindre frôlement de robe, il tremblait et frissonnait.

Mais, en compensation de si continuelles inquiétudes, ses mystérieux entretiens avec Dieu étaient tous les jours plus savoureux et parfois, en proie à des émotions inconnues, il se voyait près de tomber en extase.

Une nuit, pourtant, il avait éprouvé des choses si étranges, si inouïes, qu'il avait cru en mourir.

Il était resté comme de coutume dans la chapelle après le départ de ses condisciples. Le sacristain avait éteintleslumières brûlant devant l'autel et s'en était allé à son tour, en refermant la grande porte qui gémit doucement sur ses gonds. Dans l'obscurité du sanctuaire, la faible lampe qui se consumait devant le tabernacle, aidait plus à augmenter le mystère de la nef qu'à en dissiper les ombres profondes.

Philippe s'était agenouillé sur le degré supérieur de l'autel pour se rappro-

cher le plus possible de son Trésor de délices

Là, les yeux fermés, les bras en croix sur la poitrine et la tête légèrement inclinée, il se mit à méditer la Passion, en faisant défiler dans son imagination toutes les douloureuses scènes immortalisées par l'Evangile.

Parfois, sa fantaisie capricieuse s'envolait autre part, mais, par des efforts puissants et continus, il la ramenait dans la voie cherchée.

Il y avait longtemps qu'il était là, dans la même posture de contemplation, lorsqu'un fluide glacé commença de parcourir tous ses membres, les faisant frisonner, et une sueur abondante perla sur son front.

Une terreur épouvantable s'empara de son être, cette terreur panique qui paralyse les mouvements et jusqu'aux battements du cœur.

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11 voulut crier, mais ne put le faire ; il voulut se lever et il resta cloué au granit des dalles.

Il n'eut pas le courage d'ouvrir les yeux, craignant de mourir comme le peuple hébreu devant les éclairs du Sinaï, et, toute sa force évanouie, il attendit le miracle...

Il arriva une chose extraordinaire.

Devant lui, surgit parfaitement dessinée, parfaitement distincte, une figure.

Mais ce n'était pas la radieuse Epiphanie du Christ avec son ample tunique empourprée, sa couronne d'épines, son visage très noble tout ensanglanté, et ses mains transpercées de clous. C'était une femme, une femme fort belle, blonde et d'une taille élégante, de visage candide et dont les séduisantes formes de vierge nubile tendaient leurs chastes courbes sous un tissu vaporeux et presque diaphane...

OKIC.KNF 4i>

El, coïncidence étrange, cette figure, il l'avait vue quelque part.., Où ? la mémoire lui revint : c'était à la campagne, dans r hacienda de son oncle... La fille de l'administrateur, sa compagne d'enfance, Asuncion.

Pourquoi se présentait-elle à ses regards ? Il devait, c'était évident, fermer les yeux devant cette apparition, sans doute, démoniaque ; mais comment faire si ses yeux qui la voyaient étaient ceux de l'âme.

Maintenant sa terreur se dissipait lentement, faisant place à une tendre et suave sensation qui ramenait la chaleur à ses membres rigides et accélérait les mouvements de son cœur.

La belle vision étendit les mains, les appuya sur la tête du séminariste et en murmurant quelques paroles incomprises, rapprocha lentement, lentement ses lèvres...

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Alors cette conscience exigeant^, inflexible, implacable, protesta et cria :

Prends garde ! et Philippe, exhalant un gémissement d'angoisse, se mit debout et regarda de tous côtés les yeux agrandis d'étonnement :

Plus rien !

Il secoua tristement la tête et, avec le geste d'un enfant qui cherche un refuge, il s r élança vers une Vierge qui, Jésus dans les bras, se dressait sur un pilier de pierre, à côté de l'autel. Il l'étreignit en s'écriant :

— Mère, secours-moi. Je ne veux pas, je ne ne veux pas être méchant. Au nom de ta Conception Immaculée, viens à mon assistance.

Et comme plus le péril était grand, plus il lui semblait que sa résolution de rester pur devait être catégorique, il ajouta d'une voix qui n'était presque plus qu'un sanglot :

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— Je te jure sur ton divin Fils, qui est ici présent, de me conserver chaste ou de mourir.

Mourir ! répéta l'écho des amples voûtes et, sous la crypte ouverte au pied de l'autel, les vibrations sonores redirent aussi l'inexorablo parole : mourir !

Au bout de quelques instants. Philippe abandonna la chapelle et se rendit dans la cour. Il pensait étouffer.

La lune baignait une aile du cloître, agrandissant sur les pavés et sur les murs l'ombre des piliers ioniques.

De la grande fontaine de la cour un jet brillant s'élançait et retombait avec monotonie dans la vasque où jouaient des reflets.

Un ineffable mystère régnait tout autour, une quiétude qui pénétrait l'âme d'onction et l'invitait à remonter aux cieux.

Philippe s'appuya contre une colonne

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et, les regards perdus dans l'azur inondé de vagues argentées, il murmura tristement : « Je voudrais n'avoir jamais vécu ! »

Devinait-il l'impuissance de la volonté devant les grandes exigences de la nature qui, après un long assoupissement, recouvre son énergie, et préféraitil la désertion à la lutte?

Faible microcosme, sentait-il peut-être voltiger autour de lui, pour l'ébranler, toutes les forces de la création, et pressentait-il la débâcle de sa débile résistance ?

Quien sabe ! Le fait est que cette âme exaltée comprit enfin combien elles étaient hautes et escarpées les cimes qu'il prétendait escalader et, tel un oiseau fatigué, il replia ses ailes...

Les jours s'écoulaient sans que la monotonie de sa vie fut troublée par d'autres événements que les ferventes méditations et une sourde lutte livrée aux instincts de la chair ou aux défiances de son esprit, tourmenté tantôt par la crainte, et tantôt par le doute.

Philippe souffrait, maigrissait, s'affaiblissait. Avec sa face anguleuse, d'ovale qu'elle était auparavant, et ses longues mains, dont la peau laissait voir le réseau bleuâtre et fin des veines, il ressemblait maintenant aux ascètes des tableaux de Ribera.

A l'anémie, s'ajoutait peu à peu le rhumatisme qui, après avoir endolori

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sa jambe droite gagnait la gauche. L'immobilité, à laquelle ses études et la méditation l'obligeaient, contribuait a empirer sa maladie, et les ravages morbides étaient déjà si évidents que le vieil agriculteur, à lune de ses visites au collège, ne put s'empêcher de protester :

— Mais, mon petiot ! il faut prendre les choses avec calme, si tu ne A T eux pas aller bientôt rejoindre ta mère chez le bon Dieu.

— Ne vous affligez pas, cher oncle, répondit le séminariste. Plus tôt je mourai, moins j'aurai de comptes à rendre, et d'autant diminués en seront les périls auxquels je puis me voir exposé.

— La belle plaisanterie ! Cela n'est pas chrétien. Sàis-tu si Dieu ne veut pas de toi pour orner son Eglise et édifier ses fidèles? Et si tu te suicides, avec ces rigueurs d'une pénitence exagérée, es-tu

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bien sûr de ne pas frauder les intentions divines à ton égard?

— Ma réplique, la voici, cher oncle :

Je ne crois point que ma pénitence soit exagérée, et encore moins qu'elle offense Dieu, et s'il veut faire de moi, comme vous le dites, un ornement de son Eglise, — bien pauvre ornement, à coup sûr ! — c'est à lui qu'il appartient de me conserver comme il a conservé un grand nombre de ses serviteurs, en dépit de souffrances, en comparaison desquelles, les miennes ne sont que vain lyrisme.

— Hélas! mon enfant ! De toutes façons, je pense que maintenant tu as bien plus besoin d'air pur et de bonne nourriture que de pénitence, et, aussitôt ton cours achevé, je t'emmène au rancho. Tu verras comme c'est joli. Les milpas (1

(l)Tige de mais fleurie.

poussent à plaisir et la carretilla (1) verdoie si gaillarde et si touffue que les vaches la contemplent de loin avec envie.

Il y a, près de la digue, plus de canards que de joncs, et, dans les haies, les hérons bruns et blancs se comptent par douzaines. Et le bois ! Ah ! si tu le voyais !

Il y a là des chevreuils en telle abondance que c'en est une bénédiction.

Chaque soir ils descendent au ruisseau s'abreuver avec une douce tranquillité, car personne ne les poursuit. J'ai dit à tous les péons : — Gare ! si vous me tuez un seul de ces animaux, puisque le niiïo (2) Philippe va bientôt arriver, fatigué d'être renfermé, avide de se distraire, et je puis vous assurer que son fusil ne restera pas oisif!... Mais je ne t'ai pas encore parlé des collines de la Tri-

(1) Trèfle mexicain.

(2) Enfant s'applique aux fils de famille, même adultes.

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