II. — I/iérarc/iie des personnes divines
Un second caractère de l'origénisme est la hiérarchie des personnes divines.
Il nous est difficile aujourd'hui d'imaginer la peine qu'on eut à trouver des termes convenables pour exprimer ce que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ont de commun et ce qu'ils ont de distinct. Les Latins y arrivèrent, ce semble, avant les Grecs. Leur esprit plus juste que subtil les y aidait ; la pauvreté de leur langue diminuait les tâtonnements, et ils possédaient deux noms vraiment faits exprès pour le rôle théologique qu'ils devaient jouer. Le mot persona, longtemps restreint au sens de masque et d'acteur, en était venu, par la vulgarisation du langage juridique, à signifier couramment le sujet de droits et de devoirs, presque l'individu. On disait d'un esclave qu'il n'avait pas de persona, qu'il n'était pas une persona, parce qu'il ne pouvait ni ester en justice ni faire de son chef un contrat valide. Si ce n'était pas encore tout à fait la personne, c'était déjà la personualiLé et, entre les deux, il n'y avait pas loin. Quant au mot substanlia, il exprimait alors communément le A7</>A//r//»»ules attributs et des accidents; et s'il désignait aussi la réalité — par réminiscence du grec •jTr'îT-aciç auquel il répond, — c'était laréahté substantielle. Appliqués à la Triuité, ces deux termes avaient donc le degré d'exactitude dont est capable le langage humain.
Les Grecs étaient moins bien partagés. Ils n'avaient