‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 11 sur 123 · I.NTUODL'CTIOX XXf · texte numérisé non relu

I.NTUODL'CTIOX XXf

pas tic mot spécial pourriiitlividii, le suppôt: jTrozsîjjiîvov est trop tccliiii(pie ou trop général ; -rjôaw:rov veut dire la l'ace ou l'aspect extérieur et se prête malaisément à l'usaije lhéologi(pie. Si saint llippolyte (l) et (pielques Pères iilus récents Fout employé au sens de y>e/;>o»«, c'est par imitation voulue ou sous l'influence inconsciente de l'Occident. Pour désigner la nature commune aux personnes, l'embarras n'était pas moindre. Ojcîx signifie proprement l'essence et J-ô^Tx^'.ç la réalité : or tout ce qui existe, substance ou accident, absolu ou relatif, tout ce qui n'est pas un pur être de raison, a une essence, est une réalité. Sans doute Aristote avait formellement restreint l'oOcj-a à l'être substantiel, en l'opiiosant aux accidents, mais sa distinction entre substance première et substance seconde créait une nouvelle équivoque et rendait plus difficile l'application de ce terme à l'être divin : la substance seconde n'étant qu'une abstraction susceptible seulement de communication logique, et la substance première, en possession de son individualité, repoussant toute communication réelle. Grande fut l'incertitude, au début. On pouvait dire à volonté qu'il y a en Dieu trois oùnix: et une seule 'j-'j':-xn\-, ou au contraire, trois 'j-oa-y.az'.: et une seule o'jnix. On était souvent réduit à ne pouvoir deviner que p;ir le contexte ce qu'un auteur avait voulu dire (2). Lorsque la différen-

1. Contra Nuel., 7 et 14. Ilposw-ov se lit aussi pliisimirs l'ois dans la FUles de saint Grégoire le 'riiaumaturge piililice en grec pai- Mai (Scri/jlor. Vêler., t. VII, p. 170-176). Mais nous nadnioltons pas l'authenticité de cet opuscule dont la tci-minoiogie parait être beaucoup plus récente.

2. C'est le cas, en particulier, pour Piéiius qui parlait du Père et du Fils comme de deux substances (o-jsîai) et de deu.x natures (-ç-Jzt:;,) voulant dire deux /xr.son^t's, comme le contexte le montrait clairement (Photius, Bibliolh., 119 [P. G., t. CIII, col. 400]j.

ciation se fit, saint Jérôme s'étonna qu'on eût choisi pour désigner la personne le mot 'j-Jji-xg'.c, qui répond par son étymologie au latin substantia, et qu'on voulût imposer à tout le monde cette manière de parler nouvelle (1). Cependant rien de plus sage. L'essentiel était de s'entendre, comme saint Athanase le répétait au synode de 362 ; et quand l'oaGo^cio; de Nicée eût iirésupposé l'unité d'oj-jîa, il était naturel que le terme restant d" J-ôcTX'T'.ç fût réservé à la personne.

Origène, qui avait précédé le concile de Nicée dans l'emploi d'6;jiooiJ<;'.oî, est en avance sur la terminologie de son temps. On constate chez lui un visible effort pour éviter FéquiA'oque. Il est vrai, oOcîîa est pour lui l'essence plutôt que la substance, car il est plus habitué au langage de Platon qu'à celui d'Aristote, mais quand il s'agit de Dieu, la différence n'est pas grande. De môme, son ■j-'j'j-.r'Z'.z désigne la réalité plutôt que la personne. Lorsqu'il soutient que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois 'j-oG-.iGt'.c, distinctes, quoique non séparées, il veut parler de trois réalités véritables, au lieu de trois dénominations, de trois aspects, de trois modalités, de trois moments d'une même substance, comme l'entendaient les unitaires. S'il veut insister sur la notion de personne, il a recours à des périphrases ou à des expressions techniques : suppôt, propriété, substance indi^'iduelle ou numériquement circonscrite. Mais qu'on examine sa terminologie avec la bienveillante équité d'un saint Athanase, on ne la trouvera pas en défaut.

Si l'on se donne la peine d'étudier consciencieusement ses œuvres, au lieu d'en détacher quelques lambeaux de phrase dont le sens est obscur et l'expression mal venue,

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