ORIGÈNE ET LA TRADITION CATIIOLIQUK
3, Saint Hilairb de Poitiers s'inspire très souvent d'Origène. Saint Jérôme le n'iièle avec insistance-: « Si anclorilateni suo operi pneslruebal [llufiuus], volens quos sequerelur oslemlere. habuil in proniptu llilarium eoufessoreni. qui quadragluta ferme miliia versuum Origenis in Jobet Psalmos transtulit. Ilabuil Ambrosium, cujus pêne omnes libri hujus sermonibus pleui sunt; et martyrem Victorinum, qui simplicilalem suam in eo prol)at, dum nuUi molitur insidias » {A<lr. /ht fin., i, 2, /*. L., XXIII, 399 ). — « In que opère [il s'agit du commentaire sur les Psaumes] imitalus Orlgenem, nonnuUa etiam desuoaddidit... Tractatus in Job, quos de Gra^co Origenis ad sententiam transtulit » {De vir. ill., 100, P. L,, XXIII, 699).- € Apud Latinos, Hilarius Pictaviensis et Euse- Mus Vercellensis episcopi, Origenem et Eusebium transtulerunt [ il s'agit du commentaire sur les Psaumes] ; quorum priorem et noster Ambrosius in quibusdam secutus est » {Ad Auguslin., epist. cxu, 20, P. L., XXII, 929). — Si c'est un crime de traduire Origène, « arguatur confessor Hilarius qui Psalmorum intcrpretationem et homilias^in Job ex libris ejus, id est ex Gra?co in Latiuum transtulit > (Epist., lxi, 2, P. L., XXII, 603). Il y a cependant un correctif : « Nec disertiores sumus Ililario. nec fideliores Victorino, qui ejus [Origenis] tractatus non ut interprètes sed ut auctores proprii operis transtulerunt > {Epist. lxxxiv, 7, P. L., XXII, 749).
i. Saint Eusèbe de Verceil, s'il faut en croire saint Jérôme, serait très redevable à Origène. Voir ci-dessus, à propos de saint Hilaire.
5. Saint Ambroi se est probablement celui des auteurs ecclésiastiques qui doit le plus à ses prédécesseurs, particulièrement à Pliilon, à Origène et à saint Basile. Saint Jérôme dit que presque tous les livres de l'évèque de Milan sont remplis de passages empruntés à Origène (Adv. Bu fin., i, 2, P. L., XXIII, 399 : voir ci-dessus à propos de saint Hilaire). La comparaison des textes confirme ce jugement.
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6. RuFiN d'Aquilée consacra la majeure partie de son activité littéraire à traduire et à défendre Origène, Ce fut sa préface à la version du Periarchon qui déchaîna la dispute origéniste dont la conclusion fut l'exil et la mort de Chrysostome. Son Apologie en deux livres contre saint Jérôme et son opuscule De adulteratione librorum Origenis sont pleins de détails intéressants et, par ailleurs, inconnus sur Origène.
7. Saint Jérôme fut jusqu'en 399 le plus fervent admirateur d'Origène. Qu'il suffise de citer les textes suivants : Comment, in Mich., Prolog. (XXV, 1247) : t Quod dicunt, Origenis me voluminacompilare... quod illi maledictum vehemens esse existimant, eamdem laudem ego maximam duco, cum illum imitari volo, quem cunctis prudentibus et vobis placere non dubito. » Hebraicx qmest. in Gènes., Prsefat.iXXlJl, 938) : « Vellem cum invidia nominis cjus tOrigenis) habere etiam scientiam Scripturarum. » De nomin. J/cbraic, Prsefat. (Jbid , col. 772) : « Imitari volens ex parte Origenem, quem post Apostolos Ecclesiariim magistrum, nemo nisi imperitus negabit. » Cf. Homil. Orig. in Jerem. et Ezech. translatio, Prolog. (XXV, 611), Epist. ad Augusl., cxii, 4 (XXII, 918, reproduisant mot pour mot Comment, in Galat., Prolog., t. XXA^I, col. 308) : < In eo milii Aideor cautior atque timidior, quod imbecillitatem virium mearum sentiens, Origenis Commentarios secutus sum. » Voir encore les Prologues du Commentaire sur FÉpître aux Éphésiens, de la traduction de trente-neuf homélies d'Origène sur saint Luc et de deux homélies sur le Cantique des cantiques. En 392, saint Jérôme écrivait encore : « Induodecim prophetas xxv èHrjyrjaEwv Origenis volumina manu ejus [Pamphili] exarata repperi, qure tanto amplexor et servo gaudio, ut Crœsi opes habere me credam » {De Vir. illiistr., 73, P. L., XXIII, 68S).
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