IV. — Oritjène et les hrirli(jues du /!'" el du V' siècle
Comme Origône avait fait une gueiTc acharnée à tous les hérétiques de son temps, il rencontra fort peu de sympathies chez les hérétiques des âges suivants.
A. Sabelliens. — Origène les comhat souvent sans les nommer : peut-être n'étaient-ils pas encore connus sous un même nom. Il fut assez heureux pour ramener au sein de l'Kglise HérvUc de lîostra dont le système n'était qu'une forme de sabellianisme. Marcel d'Aucyre, qui suivit [du^ lard les mêmes erreurs, fut un adversaire violent d'Origèue (Eusèbe, Contra Marcel., I, 4. P. G., XXIY, 732-701j.
B. Ariens. — Les coryphées de l'arianisme, Eusèbe de Nicomédie, Maris de Chalcédoine, Théogius de Nicée, Léonce d'Anlioche, Eudoxe, Astérius et Arius lui-même, s'abritèrent toujours sous l'autorité du saint martyr Lucien, dont ils s'honoraient bien haut d'être les disciples. Par contre, dans les controverses entre Arius et Alexandre d'Alexandrie, le nom d'Origène n'est pas prononcé. Il était difficile que le père de l'arianisme s'appuyàl sur celui qui contredit si souvent et si résolument sou dogme fondamental : « Il fut un temps où le Fils n'était pas. » Nous savons qu'un des ariens les plus fougueux, Aétius, attaquait Origène avec fureur (Socrate, Hist. eccl., ii, 35, P. G., LXVII, 297). Plus tard, les ariens se ravisèrent et Socrate (Jlist. eccl., vu. 0, P. G., LXVII, 748-749) nous apprend que Timothée de Constantinople faisait ses délices d'Origène qu'il citait à tout propos. Saint Basile et saint Grégoire de Naziauze leur répondaient qu'ils le comprenaient mal {Hist. eccl., iv, 23, P. G., LXVII, 529).
G. Pélagikns. — Jansénius prétend que Pelage n'a rien enseigné — à une exception près — que n'eût déjà enseigné Origène, et que le moine irlandais a puisé toute sa doctrine
dans le Periarchon et le Commentaire sur l'épître aux Romains. Garnier, dans son histoire du pélagianisme {Disserl., YII, cap. VI, n° 1, P. L., XLVIII, 683) lui répond fort judicieusement que les pélagiens n'ont pu rien emprunter sciemment à Origène, car non seulement ils le méprisaient, mais ils le poursuivaient à tout propos de leurs insultes les plus haineuses. L'histoire confirme l'appréciation de Garnier. Au s>Tiode de Jérusalem de 4iij, Pelage protesta qu'il croyait à l'éternité des peines de l'enfer et ajouta : « Si quis aliter crédit Origenistaest t> (Augustin, Z>e Gniis Pelagii, x, P. L., XLIV, 32o). Un des principaux tenants de Pelage, Rufin de Palestine, qu'il ne faut pas confondre avec le célèbre Rufin d'Aquilée, traitait Origène de fou, d'infâme et d'impie [Liber de fîde, 17, 19, 20. 23, etc., P. L., XXI, 1131-1137). Les autres pélagiens n'épargnent guère plus ses théories, dans les professions de foi dont ils sont si prodigues.
D. ?sESTORiENS. — L'écolc d'Antioche d'où sortit le nestorianisme, fut toujours — à la réserve de saint Chrysostome — très peu sympathique à Origène. Dans son amour outré pour le sens littéral, elle était opposée en principe à Fallégorisme des Alexandrins. Nous savons en particulier par Libérât (Breviarium, 24, P. L., LXVIII, 1049) que Théodore de Mopsueste avait composé un grand nombre d'opuscules contre Origène, et Ébedjésu nous donne le titre syriaque d'un de ses ouvrages : c'était un traité en cinq livres contre les allégoristes.
E. Apollinaire est mis par Socrate {lUsl. eccL, vi, 13, P. G., LXXVII, 7G1), avec Méthode, Eustathe et Théophile, au nombre des quatre détracteurs d'Origène qu'il appelle Twv /.xxoAÔYwv TcTpaxTÛç. Nous iguorous quels étaient ses griefs contre le catéchiste d'Alexandrie. On peut soupçonner que la vigueur avec laquelle Origène défend l'intégrité de la nature humaine du Christ n'était pas étrangère à l'antipathie de l'évèque de Laodicéc.
ORIGKNE ET L.V TUADITION CATHOLIQUE 201