‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 119 sur 123 · II. — Les conciles de 543 et de · texte numérisé non relu

II. — Les conciles de 543 et de

L'essai de ^M. Fr. Diekamp {Die origenistischen Streitigkeiien im sechsten Jahrhundert, und das fiinfte allgeyneine Concil, Munster, 1899), réunit à peu près toutes les données qu'on possède sur ce difficile problème, en prenant pour base le récit de Cyrille de Scythopolis [Vita Sahbx, dans Cotelier, Ecclesiœ grsecœ momtmenta, t. III, Paris, 1688, p. 220-376).

L'histoire de Torigénisme au concile local (cûvoSoç lv8ir)[jLoij(5a), tenu à Constantinople en 543, est assez claire. Pour donner satisfaction aux antiorigénistes de Palestine, Justinien compose sa lettre au patriarche Menas — ^Irjvaç, et non Mr|vvàç, est la véritable orthographe de ce nom — (P. G., LXXXVI, 945-981), suivie de vingt-quatre extraits du Periarchon (Ibid., 981-989) et de dix anathématismes à pro-

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uoncer contre Origènc (Ibid., 1)89 : iTpoaY',y.ji tôv itz' aù-rw àvaOeaaTiajjLÔv oGtwç yivEffOa'.). L'empereur prescrivait à Menas de faire souscrire la condamnation d'Origène par tous les évèques présents à Conslaulinople et do transmettre ensuite les actes du synode aux autres évêques et hégumènes, afin d'obtenir leur adhésion écrite. Tout se passa suivant l'ordre impérial. Les quatre patriarches orientaux et le pape "Vigile, qui avaient reçu communication de la lettre de Justinien, souscrivirent aux anathématismcs. Pour Vigile, voir Cassiodorc, Instiluliones, 1, P. L., LXX, 1111. Cf. Libérât. Brevianum, 23, P. L., LXVIII, 1040.

L'histoire du concile de ui)3 est moins facile à débrouiller. Il est certain : 1. que le concile général de 533 avait été exclusivement convoqué pour l'affaire des Trois Chapitres ; 2. que dans les huit sessions dont nous possédons les actes en latin on ne s'occupa point de l'origénisme. Il est vrai que dans la VIIF session, u" 11 (xMansi, t. IX, p. 383-384 ^ Origène est nommé parmi les hérétiques à frapper d'anathème. Mais sa place à la fin de la liste, après Arius, Eunomius, Macédonius, Apollinaire, Nestorius, Eutychès, place contraire à l'ordre chronologique observé pour les autres, fait soupçonner une interpolation. En tout cas, il ne s'agit pas d'une condamnation motivée et prononcée après examen. Dans la V<^ session (Mansi, t. IX, p. 272), Origène est encore mentionné en passant pour prouver qu'un hérétique peut être condamné après sa mort : € Et multos alios invenimus post mortem anathematizatos ; necnon etiam Origenem : et si ad tempora Theophili sanctfc memoriae vel superius aliquis recurrerit, post mortem inveniet anathematizatum. quod etiam nunc in ipso fecit et vestra sanctitas et Yigilius religiosissimus papa antiquioris Romœ. » Par le nunc l'orateur doit faire allusion à la condamnation portée, dix ans auparavant, par le synode local de 543 et ratifiée ensuite successivement parles évêques alors alDsents et par leurs successeurs. Nous savons par Cassiodore que Vigile y avait adhéré et par Cyrille de Scythopolis que Justinien eut soin d'y faire

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adhérer les évoques et abbés nommés par lui. Il n'est donc nullement nécessaire d'admettre une condamnation nouvelle aux premières sessions du concile de o33.

Cependant de forts indices, dont l'ensemble équivaut à une preuve, montrent que le cinquième concile, régulièrement ou irrégulièrement, s'est occupé d'Origène. 1. Cyrille de Scythopolis écrivant en oij", quatre ans après le concile, affirme expressément qu'Origène y fut condamné. Il est difficile de croire que Cyrille confond, comme on l'a dit, le concile de oo3 aA^ec le synode de b43. 2. Un autre contemporain, Évagrius. n'est pas moins formel (P. G., LXXXVP, 2776-2777) et ne mérite pas d'être écarté pour quelques confusions de détail. 3. Un chroniqueur du ix^ siècle, Georges le Moine, nous a conservé une lettre adressée par Justinien au \'' concile iClironicon, iv, 218, P. G., CX, 780-784; cf. Georges Cedrenus, Hist. compend., P. G., CXXI, 720-724), lettre dont l'authenticité est confirmée par les deux documents suivants. 4. Quinze anathématismes ont été découverts par P. Lambeck dans un manuscrit de Vienne et publiés par lui (Catalogue, Alenne, 1G79) sous ce titre : Twv àyîwv pEé ira-rÉpojv -:f,ç âv KcovGTavTivou-dî.si àytaç 'Ki\i.T.Tf^cuvôôo'j Sc/.aTTÉvTî [Ics mots v.yr.y. 'Qo'.yévojç, ajoutés par Lambeck ne sont pas dans le manuscrit]. Ces anathématismes concordent parfaitement avec la lettre de Justinien et sont de la même époque, o. Théodore de Scythopolis, dans son Libellus reiractationis (P. G., LXXXVI, 233-236), adressé aux quatre patriarches orientaux vers la fin de o32, joint aux anathématismes de o43, trois nouveaux articles qui reflètent exactement les erreurs signalées soit par la lettre de Justinien. soit par les quinze anathématismes de Lambeck, soit par Cyrille de Scythopolis dans son histoire de l'évolution de Torigénisme après le synode local de S43.

Il parait donc nécessaire d'admettre avec M. Diekamp {Op. cit., p. 62-60) que, durant les interminables délais imposés au concile par les hésitations du pape, Justinien prescrivit aux évêques assemblés depuis de longs mois d'examiner

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l'affaire de l'ori^ïénisme et (lue les quinze analhénialismes retrouvés par Lambeck furent le fruit de ces délibérations.

Mais Vigile et ses successeurs restèrent entièrement étrangers à cette condamnation. La lettre de Justinien n'était pas adressée au pape mais aux évéquos. Ceux-ci s'étaient rassemblés avant l'expiration des délais demandés par Vigile et accordés par l'empereur. Leur action fut donc doublement irrégulière, à moins peut-être qu'ils n'eussent en vue de régler une question exclusivement orientale où l'interventioii du pape nétait pas nécessaire. Aussi Vigile, quand il se décida à coul'irmer le concile [Lettre à /ùitlii/inius et Constitulinn, r. L., LXIX, 121-127, 113-178 , ne fit porter son approbation que sur l'affaire des Trois Chapitres, \a seule que les Pères eussent à traiter. Ses successeurs, Pelage II et Grégoire le Grand, avant à parler longuement du cinquième concile, observent le même silence significatif relativement à une condamnation de l'origénisme. Deux autres contemporains, le panégyriste du patriarche Euthymius et l'historien Victor de Tunnuna les imitent.

Plus tard, il fut aisé de prendre une décision extra-conciliaire pour une condamnation en forme.

TABLE DES MATIÈRES

TABLE DES MATIÈRES

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Avant-Propos v

Introduction : Oiugène et l'Origénisme.

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