‹ Origène, le théologien et l'exégèteChapitre 118 sur 123 · ORIGÈNE ET LA TRADITION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

ORIGÈNE ET LA TRADITION CATHOLIQUE

1211-1216) que deux de ses compatriotes, du nom d'Avit, allèrent l'un à Home, l'autre îi Jérusalem, dans l'intention d'y chercher des armes contro Priscillien. Le premier rapporta un ouvrage de Yictorin; le second, le Perinrchon d'Origène. Tous les deux s'accordaient à condamner le priscillianismc et professaient sur la Trinité ime doctrine orthodoxe, mais ils tiraient d'Origène des théories suspectes : a) Création ab xlerno ; b) unité de substance de Dieu, des anges et des âmes; c) monde créé pour la purification des esprits déchus; rf) feu de l'enfer destiné à redevenir un jour spirituel.

2. SaiSt Augustin — chose à peine croyable chez un homme qui comprenait le grec — ne connaissait Origène que de réputation. En 395, il priait saint Jérôme de traduire en latin les exégètes grecs, surtout Origène {Epist. xxvui, 2, P. L., XXXIII, 112) : c Potes enim efficere ut nos quoque habeamus taies illos viros, et unum potissimum, quem tu libentius in luis litteris sonas. » En 397, il lui demandait d'indiquer ce qu'il reprochait à Origène [Epist., xl, 9, P. L., XXXIII, 133) : € Illud de prudentia doctrinaque tua desiderabam, et adhuc desidero, ut nota nobis facias ea ipsa ejus errata, quibus a fide veritatis ille vir tantus recessisse convincitur. s Jérôme ne répondit rien là-dessus et, en i04, Augustin déplorait toujours la rupture survenue entre Rufin et saint Jérôme à propos de lorigénisme (Ad Hieron., epist. ex, 6, P. L., XXII, 913'. Ce ne fut qu'en 413 que l'évèque d'Hippone reçut le Commonitorium d'Oroseet qu'il composa sur ces données son petit tredté Contra Priscillianistas et Origenistas (XLII, 669).

3. Saint Vincent de Lérins, dans son Commonitorium, i, 17 (L, 660), écrit : « Quanta apud omnes Origenis admiratio, quanta gloria, quanta gratia fuerit quis exequi valeat ? Quis non ad eum paulo religiosior ex ultimis mundi partibus advolavit ? Quis christianorum non ut prophetam, quis philosophorum non ut magisti'um veneratus est? » Léloge se poursuit ainsi longtemps, sur le ton du dithyrambe, mais

c'est pour montrer qu'un auteur si séduisant n'en est que plus dangereux. (Ibid., 664) : * Sed dicet aliquis corruptos esse Origenis liiiros. Non resisto ; quin potius et malo... Sed illud est quod nunc debemus advertere, etsi non ipsum, libros tamen sub nomine suo editos, magn» esse tentationi : qui multis blasphemiarum vulneribus scatentes, non ut alieni, sed quasi sui et leguntur et amantur ; ut etsi in errore concipiendo Origenis non fuit sensus, ad errorem tamen persuadendum Origenis auctoritas valere videatur. »

4. Antipater de Bostra composa vers 460, sous le titre de 'AvT'ipoYjfj'.ç, une réfutation de VApologie de saint Pamphile. Le septième concile œcuménique et l'auteur des Sacra Parallela nous ont conservé des fragments de cet ouvrage {P. G., LXXXV, 1792-1796), considéré comme classique au v« siècle.

Du reste, l'Église grecque, absorbée par les controverses trinitaires, où le nom d'Origène n'était pas mêlé, perdait de vue le catécMste alexandrin.

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