Denis, Philosophie d'Origène, 1884, p
Les rapports entre les corps et les esprits (1).
Quelques-uns se demandent s'il y aurait entre les esprits et les corps un rapport de corrélation, comme celui qui existe par exemple dans le Père engendrant le Fils et produisant le Saint-Esprit, sans qu'on puisse concevoir entre eux aucune antériorité de temps, mais seulement d'origine. Pour mieux étudier la question, ils la portent plus haut et examinent si les corps, véhicules des esprits, sont coéternels à ces derniers ou si, au contraire, ils doivent périr un jour. Le problème est insoluble à moins de savoir si la nature intelligente parvenue au plus haut degré de la sainteté et de la béatitude peut être absolument incorporelle. Cela me semble bien difficile et presque impossible. Mais si quelqu'un arrivait à prouver que ces intelligences peuvent se passer de corps, il s'ensuivrait, ce semble, que la nature corporelle, créée de rien par intersalles, cessera d'exister quand elle ne sera plus utile aux esprits, de même qu'il fut un temps 011 elle n'était pas encore.
Si, au contraire, il est impossible qu'en dehors du Père, du Fils et du Saint-Esprit, aucune nature puisse vivre sans corps, nous serons obligés de conclure que les substances matérielles n'étant point en fait séparables des êtres intelligents, fin principale de la création, sont créées pour eux et logiquement après eux, mais coexistent nécessairement avec eux, puisque l'incorporalité est le privilège de la Trinité seule.
Nous l'avons dit plus haut, la matière est susceptible