Periarchon, II, ii, \-2 (XI
de toutes les transformations : aussi, quand elle est destinée aux esprits les plus imparfaits, elle se solidifie et s'épaissit au point d(^ former les divers corps de ce monde visible. Est-elle mise au service des intelligences supérieures, elle brille de l'éclat des corps célestes et sert de vêtement aux anges de Dieu et aux fils de la résurrection. Et de ce mélange résulte la merveilleuse variété de l'univers. Mais afin d'approfondir ces mystères, il faut, en toute révérence et crainte de Dieu, scruter avec soin et attention les divines Ecritures, pour voir si, avec l'aide du Saint-Esprit qui en révèle le sens caclié aux hommes dignes de cette faveur, nous pourrons tirer quelque chose de tous leurs témoignages.
n ne paraît pas qu'Origène soit allé plus loin dans ses explications sur le rôle et les transformations de la matière. Mais sa pensée est assez nette, et l'un des philosoplies contemporains qui l'ont le mieux étudiée la résume bien : « Si la matière n'est pas plus anéantie dans le monde parfait qui nous attend à la fin que dans celui-ci, elle ne s'y présentera pas avec les formes ni avec les qualités que nous lui A'oyons, car de sa nature elle est sans formes et sans qualités propres, étant susceptible de toutes les qualités et de toutes les formes. Légère, subtile, lumineuse à l'oi'igine, elle s'est peu à peu appesantie, condensée, obscurcie, à mesure qu'elle devait servir d'enveloppe à des êtres plus déchus. Par un mouvement contraire, à mesure que nous nous rapprocherons de notre premier état, elle reprendra ses qualités primordiales, qui en font l'enveloppe nécessaire, mais non la prison et la geôle des esprits... Il n'y a jamais d'anéantissement, à proprement parler, comme il n'y a de création véritable que celle qui se perd dans les profondeurs de l'éternité (1). ï