I. La Première Oueslion de celte Thèse est uikp
question de Thérapeutique. Elle est dédiée à deux
personnages Je la famille IIéroap.d, auxquels l’Auteur adresse ce distique :
« Non quia vos Galli , scd Gallæ Gemtis ami ci ,
« Gallorum numéro nomina vestra ligo. »
ï.e texte de celte première question est précédé d’une planche de toute la grandeur du format, représentant les armes parlantes du Candidat, c’està-dire un écusfion portant un Coq , dans une altitude fière , sur un champ cVazur, surmonté d’un timbre fermé, ayant pour cimier encore un Coq : le tout entouré des ornements ordinaires.
Celte Prima Galli de G allô Monomachia a pour sujet la question suivante, défendue contre le célèbre Chancelier Fr. Raisciun :
« An Morbo Gallico carnes Gallinaceæ? » dont la conclusion tirée par le Candidat est :
« Morbo Gallico carnes Galliisaceas ex usu esse. »
Après avoir blâmé deux de ses compatriotes (Gallos) et « les hommes làclies et efféminés qui pro- «fessent hautement qu’on n’est pas honnête homme »si l’on n’a pas été atteint sept fois du morbo (Gal- «Licotamen falso credito)» ,V Auteur regarde comme étant le siège de ce terrible mal un esprit natiH'el , répandu absolument dans toutes les parties du corps (1).
(I) Celle idée juste de la Diathèse ou état morbide gêné-
11 en fait connaître les principaux symptômes, et dit avoir appris , de ^ens pleins d’expérience , que ceux qu’atteint cette maladie s’en délivrent facilement en se nourrissant exclusivement , pendant quelques jours , de viandes de Gallinacés, pourvu toutefois qu’iVs fassent préalablement usage des autres moyens généralement employés dans ces cas.
Pour peu qu’on ait égard à cette restriction , désignant implicitement les préparations mercurielles , on ne disconviendra pas que ce traitement de la syphilis ne soit de beaucoui>plus médical que celui que l’on a pendant long-temps enseigné au Val-de- Grâce, et que, vu son insuffisance et ses dangers , le Gouvernement Anglais a sévèrement défendu dans les hôpitaux civils et militaires des trois Royaumes.
11. La Seconde Question, dédiée à « Gallo, verè » Gallo, D. D. Francisco Le Coq , Regis in supremo )> Parisiensium Senatu Consiliario dignissimo , Gen-
ralt consignée dans une Dissertation qui semblerait plutôt une plaisanterie qu’autre chose , attesterait , au besoin , que des Candidats au litre de Docteur de I’Ecole de Médecine de Montpellieu se montraient plus Médecins, dans leurs badinages scientifiques , aw Siècle ,
que ne le sont bien des I^îaîtres de I’Ecole de Pauis, dans des ouvrages sérieux , au xixe et même de nos jours.
» Tisque nostrœ Gallinaceæ coriphœo patruo, elc. ; » et à : <( D. D, Paschali Le Coq, Begis Consiliario Mei^dico, etc, »; est une question de Thérapeutique, adressée par le Candidat à ses deux honorables homonymes avec le distique suivant dans la même page :
« Eccè meos caivtüs tutis committo diebus ,
« Nomînîbus vestris fultus et elogiis. »
Les mêmes armes parlantes de l’Auteur accompagnent cette seconde question , sous ce titre : « Secunn dus Galli caistus »; et la devise : « Fidusque vigilque I' vivo, memor Cœli » les entoure.
Cette *<Secunda Galli de Gallo Monomachia w est la défense de la question suivante contre le célèbre Professeur de Botanique Richer de Belleval :
a An Pictonum Colicœ decoctum Galli? »
L’Auteur, rapportant la principale cause de la maladie au tô Os~tov répandu dans l’air, pense que, sans mépriser les moyens pharmaceutiques , altérants ou évacuants, on remplit la principale indication , Gallo decocto , farci de matières médicamenteuses , variant selon les cas ; d’où il conclut ainsi qu’il suit :
« Pictonum Colicœ decoctum Galli convenire. d
( to )
111. La Troisième Question , du domaine de la Chimie, est dédiée par l’Auteur à deux de ses nobles homonymes : Jacques Le Coq , Seigneur des Roches , etc. , et Pierre Le Coq , Seigneur de la Cantinoliére , etc. , avec ce distique :
« Gallica dùm Medici celebro certamina Galli ,
« Vohis et Musis coxcinuisse volo. »
Les mêmes armes parlantes, ici reproduites sous ce titre : « Terliws Galli cantüs » , sont entourées par cette devise pleine d’assurance : « Multis sufficit y>unus. Victorque suuni canit ipse triumphum. »
Cette « Tertia Galli de Gallo Monomachia « est la question suivante, défendue contre le Professeur De Lort :
« Àn hœmoploicis deslillatuni Galli ? »
L’Auteur, après avoir reconnu que, dans les Hémorrhagies, le sang peut sortir des vaisseaux qui le contiennent « per ps'^'iv , à.vxaTÔpoat'j , did^pocnv vel i->diy.n:éde(jiv » , regarde ensuite le médicament alimenteux dont il s’agit comme propre à rétablir les forces dans tous les cas , et se croit autorisé à en tirer la conclusion suivante :
« Galli deslillatum hœnioploïcis prodesse. »
IV. La Quatrième Question de notre singulier Auteur est chirurgicale.
Elle est dédiée à deux nouveaux nobles homonymes , et probablement parents : l’un , Aymar Le Coq , Seigneur des Moulins , etc. ; et l’autre , François Le Coq , Seigneur du Breuil, etc.; auxquels il adresse aussi ce distique :
« Mülta licet multis de Gallo fercüla donem ,
« Integer ast cunctis hinc rnagè Galles ero.»
Cette « Qiiarta Galli de Gallo Monomachia » est la défense de la question suivante contre le Professeur George Scuarp :
« An Plirenitidi Galli recenter dissecti siiprà capiit i> admotio ? >•
Après avoir témoigné combien il était étonné de voir les nobles fonctions d’un Principe divin , immortel et immatériel, tel que l’Ame, si fortement altérées dans tant d’occasions , l’Auteur regarde le topique, dont il s’agit ici , comme ayant des vertus résolutives dans la Phrénésie, d’où il conclut :
« In Plirenitide Galli recenter per spinam dissecti » suprà caput admotionem auxiliari. »
Après ces quatre Questions Cardinales , viennent
les propositions de Coq sur Coq (Galli de Gallo) , dédiées à Théodore Le Coq, Seigneur des Forges, etc., auquel il adresse ce distique :
« Pulverulenta met referens certamina Galli ,
« Victrices palmas offero Jure iihi. »
Ces Propositions (Positiones ), soutenues contre les Professeurs Royaux Simon Courtaud et Lazare Rivière , sont les suivantes :
« Les viandes des Gallinacés sont les plus saines » de toutes. »
« La cervelle de Coq renforce le cerveau , et est » utile contre les morsures de la vipère. »
<i Le cœur encore palpitant d’un Coq, attaché à » la hanche d’une femme en travail , accélère l’ac- » couchement. »
<1 Le foie de Coq, administré à l’intérieur, guérit » Viléus, et, appliqué à l’extérieur, apaise lesdou- » leurs de la Goutte. »
« Les testicules de Coq, pris comme aliment, » sont un puissant aphrodisiaque. »
n La fiente de Coq excite le vomissement. »
Les Problèmes , encore de Coq sur Coq ( Galli de Gallo Problemata) , sont dédiés par l’Auteur à son jeune frère François Le Coq, vigilantissimo acmai/na?
spei adolescenti, suavissîmocpie apiid Belgas viventi; avec ce distique :
« Et tihi plaudendum sobules gratissima Galli,
« Diim TENU! CANTU noiuina nostra cano. »
Les Problèmes dont la solution est soutenue par Le Coq contre les argumentations de Jean Duraisc et de Rodolphe Ranciun, savants Docteurs -Agrégés, sont les suivants :
« Le Coq peut-il fournir des remèdes plus nom- » breux et plus puissants que ceux qu’on tire des » autres animaux? »
« La crête de Coq est-elle utile à ceux qui pissent » au lit? »
U Le fiel et la graisse de Coq sont-ils avantageux » a ceux qui sont atteints d’Erysipèle , de P’luxion X sur les yeux , ou de Consomption ? >•
« La membrane du ventricule de Coq guérit-elle »la difficulté de digérer? »
« Uanus de Coq appliqué à un bubon peut-il w en attirer le virus? »
Il Le Lapis Alectorius (1) peut-il éteindre la soif » et rendre invincible celui qui le porte ? »
(1) Pierre précieuse Iranspavcnte , qu’on disait se trouver parfois dans l’estomac du Coq.
( li )
Les Paradoxes de Coq sur Coq (Gall( de Gallo) , qui terminent l’œuvre et que l’Auteur défend contre des Docteurs , 'des Licenciés , des Bacheliers , sont dédiés au plus jeune de ses frères, Aymar Le Coq , qu’il appelle le dernier éclos, dans le distique suivant ;
« Ultimus ExcLusüs quamvis Aymare Gallus,
« Ilaud volui tamen hîc immemor esse tui. »
Ces Paradoxes sont les suivants ;
»( L’œuf existe avant la poule. »
<1 Le Coq est mâle et femelle. »
« Le Coq excepté, tout animal est abattu après « le coït. D
« Si qids [elle Gallinœ veretrum illinat et mox con- » cumhat aum uxore, ilia alium nunquàm diliget. »
« Les Coqs sont la terreur des maladies. »
« Sans le Coq la Médecine cesserait d’exister. »
Cette singulière Thèse , qui est plutôt une plaisanterie soutenue qu’une suite d’actes sérieux et graves, fut naturellement l’occasion de vers latins de la part de Docteurs , Bacheliers, Licenciés, etc., à la louange de la Médecine, des Médecins et de leur ami Le Coq. Nous ne citerons ici que les plus courtes et les plus remarquables de ces pièces poétiques, qui ont toutes d’ailleurs un certain degré d’originalité.
In prrmam Gallt
)) K'X£‘/.ropo(^(iôyi'av .
» Terrificos cantu Gallum terrere Leones ;
» Sic morbos Medicum voce fugare ferunt. »
« L. Nouruy, IJarefeotetïsis y Med. Doct. »
« In secnndam,
» Quàm bellè Medici divinum nomen adimples ,
» Dîtm vigilis Galli nomen et arma refers. »
« I. Tüffani, Monspel. , Med. Licent. »
« In terliam.
» ut multis Gallus Gallinis sufficit unus,
» Sic morbis Medicus sufficit innumeris. »
« P. Blondeau, Niverneus , Med. Consil. »
Les vers de I, Chassignou, Etudiant en 31édecine, se terminent ainsi :
f( Sic fœlix Medicus numéro Deus impare gaudet ,
«( Cùm sis ter Medicus : prole , labore , grade. »
Voici maintenant ceux d’un Médecin , depuis très-célèbre , et qui n’était alors que simple Etudiant en Médecine à Montpellier :
« Àd eumdem.
» Herbis llippolylum Phœbus revocabit ab orco ;
» Galle , tuo Gallo Gallia vestra viget, »
« Fœlix Plater , Basil. , Med. Cand. »
Le Coq aura seulement voulu prendre un Titre honorable, quoiqu’il n’ait jamais eu l’intention de s’en servir comme Praticien.
Enfin , nous laisserons nos Lecteurs décider euxmêmes, si , en exhumant ce burlesque écrit , nous avons été assez malheureux pour perdre notre temps et notre peine , sans avoir été de quelque utilité à la Science de rhomme malade , et plus spécialement à son Histoire, sous quelque rapport.
( Extrait de La Cliniqüe de Montpellier , rédigée par le Docteur Hubert Rodkigües , Professeur-Agrégé de la Faculté de Médecine , N** du 4" Avril lS4(t. ]
Montpellier, Jean Martel aîné , imprimeur.
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