‹ Originaux et beaux esprits de l'Angleterre contemporaine (volume 2)Chapitre 1 sur 6 · WILLIAM WILKIE COLLINS · texte numérisé non relu

WILLIAM WILKIE COLLINS

Auteur de Basil, Hide and Seek, the Dcad Secret, etc.

Trop reconnaissant de quelques services littéraires qu'il m'avait été donné de pouvoir vous rendre, vous m'avez dédié le dernier de vos ouvrages, ce charmant recueil de Contes que vous avez intitulé : la Reine des Cœurs 1 .

C'est bien le moins que je vous remercie publique • ment d'un si gracieux et si flatteur souvenir.

Je le fais d'autant plus volontiers que l'occasion m'est ainsi fournie de vous adresser aussi quelques mots sur le recueil en tête duquel j'inscris votre nom ; — ce nom trois fois retentissant, puisqu'il est

4 The Queen of Hearts. 3 vol. post 8°. London, 1860. — Hurst and Blackett, pablishers. — La Beine de* cœurs, en anglais, signifie aussi te Behie de cœur.

il A WILLIAM WILKIE COLLINS.

h la fois le vôtre et celui de deux peintres renommés, l'un votre parrain, l'autre votre père.

Empruntant une métaphore à l'art qu'ils ont si heureusement cultivé, je dirais volontiers que ce livre est une galerie de portraits. Je ne puis malheureusement ajouter que ces portraits ont été peints d'après nature.

Vous savez que, — du moins pour quelques-uns des modèles, — j'aurais pu, sans trop d'efforts ou d'importunité, obtenirquelqu.es «séances.» D'honorables amitiés, dont la liste est sous ma plume, mais dont je n'ose me vanter ici, m'eussent ouvert, dans votre pays si noblement hospitalier, les intérieurs les mieux défendus contre une curiosité banale.

J'ai trouvé plus simple — et pour le moins aussi sûr — d'étudier les écrivains dans leurs livres, elles hommes dans leurs biographies.

Les Biographies anglaises sont quelquefois des chefs-d'œuvre. A quoi bon, alors, les refaire? — Qui jamais imaginera de reprendre en sous-œuvre ou le Clive de lord Macaulay, ou, dans un autre ordre d'idées et de fails, le Théodore Hook de Lockhart?

Quand j'ai eu la bonne chance de tomber sur un de ces portraits achevés et complets, j'ai fidèlement, humblement copié.

En d'autres occasions, j'analysais, je résumais. Un ou plusieurs volumes, alors, se réduisaient à quelques pages.

Il m'est aussi parfois arrivé de travailler sur ouïdire, et de mettre en œuvre les souvenirs person-

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pjuus — wr. sinp* jaçox « cour., hvk u'mfurtii, 1.

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nels de quelqu'un de ces excellents amis que m'a faits ma vive sympathie pour votre pays et sa riche littérature.

Bref, de manière ou d'autre — dispersés en divers temps dans deux des recueils les plus accrédités de la presse périodique l — cette collection s'est, non pas complétée (elle est loin d'être complète), mais assez accrue pour former l'espèce d'album que juge à propos d'offrir au public un des éditeurs les plus au courant de ses habitudes et de ses goûts, l'un des plus accoutumés au succès.

Si ce livre a un mérite — et l'a-t-il? — c'est de montrer au lecteur français, en le lui rendant intelligible, le génie complexe de la race anglo-saxonne. Race admirable malgré ses défauts, quelquefois admirable par ses défauts même ; — respectable par ses vertus; haïssable aussi par elles, quelquefois.

Une portion notable des sympathies qu'elle a obtenues parmi l'élite des autres peuples, lui vient des antipathies bien autrement nombreuses qu'elle a su braver, et qui souvent l'honorent. Ceux qui la détestent sont suspects aux esprits vraiment généreux, vraiment libéraux. A ceux qui la comprennent et savent la respecter, on peut, sans risque, tendre une tnain amie.

Elle a beaucoup péché, j'en conviens, et, — malheureusement, — elle n'a pas beaucoup aimé. Mais pour cela seul, néanmoins, qu'elle est encore debout,

1 La îiévue de$ Ùeux Mondes et la Revue britannique.

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