‹ Origine Botanique des Caoutchoucs et Gutta-PerchaChapitre 21 sur 115 · DL · texte numérisé non relu

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H. pauciflora et lutea. Les indigènes distinguent d’après l'écorce l’ÆZevea blanc de l’Æevea noir : le noir est le plus estimé, mais le mélange des deux latex fournit un produit de qualité supérieure. On ne sait encore si ce sont deux espèces ou deux variétés.

b) Æntrefin. — 11 arrive en faibles quantités sur le marché; il est produit par les pellicules recueillies sur les godets ou les incisions et réunies en masse, puis recouvertes de plusieurs couches de latex enfumées, ce qui lui donne le même aspect extérieur qu’au Para fin. Mais la différence se reconnaît de suite à la coupe; les portions centrales non enfumées sont d’un blanc sale qui tranche sur la coloration brun ambré des parties enfumées. Il est moins nerveux que le précédent et laisse 15 à 20 p. 100 de déchets (humidité, peu d’impuretés); les pains fraîchement coupés dégagent une odeur de méthylamine très prononcée. Dans les premiers temps, les seringueros réussirent à vendre ces pains pour du Para fin; la supercherie ayant été vite découverte, les négociants exigèrent que ces pains fussent coupés par le milieu.

c) Sernamby (Negroheads, Cabeça de Negro)’. — Il provient des déchets de la fabrication des deux premiers ; à la coupe il est blanc sale, veiné de stries noires; il est souvent très humide et mélangé de sable. Il arrive sous forme de masses irrégulières de 10 centimètres de côté, parfois de gros blocs agglutinés et prenant la forme de la caisse; il laisse de 20 à 4o p. 100 de déchets dus à l’humidité et aux matières étrangères (terre, écorces, etc.).

1. D’après Carez (loc. cit., p.111), le mot Sernamby vient de Seringa (caoutchouc en portugais) et de nembyr qui signifie restes dans un des idiomes employés au Brésil. Comme le Sernamby noircit rapidement à l'air, on lui a donné aussi le nom de Cabeça de Negro (tête de nègre).

Para blanc (Virgin sheets).

Il nous arrive de la province de Matto Grosso (Brésil) et se présente sous forme de parallélipipèdes de 60 centimètres de long sur 30 de large et 15 d’épaisseur, de couleur brun clair à l'extérieur, jaune et tacheté de vert à l’intérieur. H a la même origine botanique que le Para. Chapel pense que la coagulation a lieu par le sel ou l’acide sulfurique étendu. |

Ceara Scraps.

Il vient de la province de Ceara (Brésil), d’où on le retire du Manisoba ou Leitera (Manihot Glasiovu Müll. Arg. Euphorbiacées). Il est en masses agglutinées, parfois très volumineuses (jusque 150 kilogrammes), formées de larmes et de lanières entremêlées et coagulées à air libre, sur l’écorce ou sur la terre. Il possède une odeur fétide et laisse 20 à 25 p. 100 de déchets; l’intérieur des larmes est ambré clair, presque translucide. Il contient toujours des débris d’écorce.

N. Krasnocelsky: a eu Poccasion d'étudier la structure microscopique de fragments d’écorce et de bois trouvés dans un échantillon de Ceara du commerce; si l'écorce n’est pas très Caractéristique, par contre, il ne peut douter que le bois appartienne au Castlloa elashica Cerv. à cause des laticifères qui cheminent dans les rayons médullaires et des cloisons transversales secondaires des fibres. « Comme on admet actuellement, dit-l (p. 70),

1. Krasnocezsxy, Le Castilloa elastica Cerv. et son caoutchouc. Thèse de pharmacie. Moscou, 1897 (en russe).

que le Ceara scraps du Brésil est fourni par le Manihot Glasiovii Müll. Arg., j'ai profité d’une partie de branche de cette plante, rapportée de la station agronomique de Tjikeumeuh (Java), par le professeur Tikhomirow, pour comparer la structure de son écorce et de son bois avec des morceaux de bois et d’écorce trouvés dans un échanüllon de Ceara du commerce; cet échantillon provenait de la Société russo-américaine des produits caoutchoutes, par l’intermédiaire de notre laboratoire pharmaceutique. Les résultats ont été négatifs, c’est-à-dire qu'il n’y avait pas de ressemblance anatomique. Je crois donc possible d'admettre que dans la majorité des cas, le Ceara scraps du commerce est le produit du Casülloa elastica Cerv. et, dans certains cas, peut-être aussi du Manihot. »

Je ne crois pas utile d’insister beaucoup sur une conclusion aussi peu fondée. De ce que l’auteur a trouvé une fois des débris de bois appartenant au Castilloa elashica, s’ensuit-il que toujours le Ceara est le produit de cette plante? Peut-on accorder, quant à son origine, une confiance absolue à un produit commercial? Et, d’ailleurs, la présence de ces débris de bois ne peut-elle être un fait accidentel? N. Krasnocelsky est moins affirmatif dans ses conclusions (n° 12) : « Le Ceara-caoutchouc est obtenu non seulement du Manihot Glaziovii, mais aussi du Castlloa elastica. » L'auteur aurait dû penser que des observations faites sur un produit commercial sont toujours sujettes à caution et ne peuvent quère renverser une opinion établie sur des constatations faites par des voyageurs qui ont assisté à la récolte.

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*Ceara Chao.

Il se présente en blocs pouvant atteindre 80 kilogrammes, formés de morceaux transparents séparés par du sable,

Pernambouc ou Mangabeira.

Cette sorte n’a quère apparu en France qu’à parür de 1877. Elle arrive en plaques de 1 1/2 à 7 centimètres d'épaisseur, de longueur et de largeur variables et recouvertes d’efflorescences d’alun. Ce produit est blanc rosé à la coupe et rempli de poches contenant encore de Peau chargée d’alun ; il est peu estimé car il devient friable et grenu et peut perdre jusqu’à 60 p. 100 de son poids. Il est fourni par le Æancornia speciosa Müll. Arg. (Apocynées).

J. Collins: cite comme étant exploitées les variétés suivantes :

a Minor — H. speciosa Gom.;

8 Maxinuliana — H. speciosa Nees et Mart. ;

y Lundi D C.;

à Gardneri Müll. Arg. — 4. pabescens, B. Gardnert DCS

e Pubescens Müll. Arg. — . pubescens Nees et Mart.

*Rio.

Il a la même origine botanique que le précédent et arrive en plaques prenant la forme des caisses qui le contenaient ; 1l est blanc rosé à la coupe et laisse 25 à 30 p. 100 de perte.

1. Report on the caoutchouc of commerce. Londres, 1872, p. 23.

Maranaham ou Maranham (Brésil).

Il est encore fourni par le même arbre et ressemble au Pernambouc ; il est arrivé en France vers la fin de 1882. Il renferme moins de poches que le Pernambouc et ne perd généralement que 20 à 25 p. 100. F. Morellet a pu analyser le liquide contenu dans une de ces cavités et y a trouvé du sucre et de lacide sulfurique qui sert à le coaguler.

Bahia (Brésil).

D’après le même auteur, ce caoutchouc serait le produit du Æ/ancorma speciosa, var. minor Müll. Arg. Il arrive en masses ou en plaques pouvant peser 15 kilogrammes ; il est humide et adultéré par des morceaux d’écorce et du sable; il est peu estimé et perd souvent plus de 50 p. 100 de son poids. Le mode de coagulation employé est des plus rudimentaires ; le latex est abandonné à lui-même dans des récipients et la masse qui surnage au bout d’un certain temps est exprimée plus ou moins bien ; aussi présente-t-1l de nombreuses alvéoles contenant non seulement de l’eau mais aussi du latex non coagulé (F. Morellet).

A la suite des caoutchoucs du Brésil, on peut mentionner Ceux qui nous arrivent, en très faibles quantités il est vrai, des provinces de Espirito Santo, Rio de Janeiro et de Minas Geraës. Dans cette dernière région, H. Gorceix * a signalé le Gamaleira; C’est un Ficus qui fournit des quantités assez considérables de caoutchouc et que

1. H. Gorcrix, « Minas Geraës, sa situation, ses ressources, sa population ». Bulletin de la Société de géographie commerciale de Paris, t. XII, 18 novembre 1890. |

l'on rencontre en compagnie du Massarandouba qui est le Mimusops elata Allem.

*État de Saint-Paul!,

Ce caoutchouc n'arrive quère encore sur les marchés européens, mais tout porte à croire qu'il y prendra bientôt sa place parmi les sortes de PAmérique du Sud. Il se présente soit sous forme de pains de 1 kilogramme et demi à 2 kilogrammes, soit en plaques de 60 centimètres de long sur 25 de large et 1 centimètre et demi d’épaisseur ; 1l est d’une couleur noirâtre à l'extérieur et laisse exsuder à l’état frais un liquide jaunâtre; il laisse 20 p. 100 de perte; c’est une qualité inférieure.

l'est produit par le Æ/ancornia speciosa Müll. Arg.; la coagulation a lieu par lalun ou le sel marin, puis la masse est séchée au soleil; il vient des régions de Saô Paulo, Saô Simaô, Araraguara, Casa Branca, Ribeiraô Preto, etc. Toute la récolte est centralisée à Santos.

Les caoutchoucs de Bozivie sont identiques comme forme, préparation et origine botanique à ceux de Para. La plus grande partie passe par le Brésil où elle est transportée par les vapeurs qui font le service du Rio Madeira (affluent de l’Amazone). San Antonio, limite de la navigation, est aujourd’hui réuni à Villa-Bella par une ligne : de chemin de fer. |

Carthagène (Colombie)?.

Cette sorte se présente tantôt sous la même forme que

1. « Culture de la Mangabeïra dans l'État de Saint-Paul ». Revue coloniale, 1° décembre 1898, p. 201.

2. La République de Colombie a porté autrefois les noms de Nouvelle- Grenade, États-Unis de Colombie, suivant les vicissitudes politiques.

le Nicaragua (voir plus loin), tantôt en masses volumineuses atteignant 100 kilogrammes, formées de plaques superposées ou par l’agglomération de lanières (en scraps) d’un brun foncé. Il est assez pur et estimé et laisse 20 p. 100 de déchets. C’est le caoutchouc Æssequebo, fourni par les Æevea membranacea Müll. Arg., Aevea pauciflora Müll. Arg. et Æevea rigidifolia Müll. Arg.

F. Morellet décrit sous le nom de caoutchouc de la Nouvelle-Grenade des masses assez volumineuses produites par des larmes de latex, de couleur blonde, généralement translucides et agglomérées. Ce produit serait fourni par l’Urostigma Prinioïdes Miq.

Une autre sorte, plus ancienne et qui rappelle le Guayaquil en planches (voir plus loin) est due au Castilloa elastica Cerv.

D’après Posada-Arango* on exploite activement en Colombie P£xcæcaria gigantea Pos. Ar. (Euphorbiacées) qui fournit un caoutchouc assez blanc, ce qui lui a valu le nom de caucho blanco dans le pays. La coagulation du latex a lieu à l’air libre et la récolte se fait par incisions après abatage. L'auteur ne donne aucun renseignement sur la forme commerciale et la qualité du pro-

duit obtenu.

Ciudad Bolivar (Venezuela).

Tout le caoutchouc récolté dans le Venezuela est concentré à Ciudad Bolivar. Les procédés de récolte et de coagulation sont les mêmes que dans l’Amazonie ; aussi le caoutchouc du Venezuela est-il souvent confondu avec

1. Posapa-ARranGO, « Note sur un nouvel arbre à caoutchouc ». Bulletin de la Société botanique.de France, 1880, p. 310.

le Para dont il a l'aspect; les pains sont généralement de 25 livres. On ne récolte, d’après plusieurs explorateurs", que le latex des Æ/evea qui sont surtout abondants sur les rives du Guainia et du Rio Negro vénézuéliens; parfois, dans un but de fraude, les indigènes y ajoutent le latex du Pindare et du Massarandu, au grand détriment de la valeur du produit. On n’exploite pas les nombreuses espèces à caoutchouc qui se rencontrent dans la même contrée, telles que : Sapium biglandulosum Müll. Arg. (qualité inférieure), Calotropis procera KR. Br., Ficus nymphæifolia L. et Ficus radula Willd. Ces Ficus qui croissent en petits groupes ne pourraient probablement pas se prêter à un travail assez rémunérateur.

Pérou.

Parfois cette sorte ressemble au Para. Le plus souvent elle arrive sous forme de blocs volumineux, très noirs à l'extérieur, à surface raboteuse. A la coupe, ce caoutchouc est assez poreux, Jaunâtre, puis gris ardoisé au bout d’un certain temps ; il est assez estimé et laisse 25 à 30 p. 100 de déchet consistant en eau et en sable. La coagulation a heu à Paide du suc du Sachamote ou de l’eau de savon.

Les larmes coagulées au bord des incisions faites sur le tronc, après l’abatage, sont réunies en pelotes et forment la sorte dite Sernambillo.

Les caoutchoucs du Pérou sont fournis par des Æ/evea sur les confins du Brésil, et, en s’avançant vers la Cordillère, par le Æancornia speciosa Müll. Arg., le Came-

raria latifolia Jacq. et peut-être aussi le Cecropia peltata L.

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