À. Dewèvre, Les Caoutchoucs africains, p
échappe à notre commerce et passe par la colonie anglaise de Sierra Leone, d’où elle est expédiée de Freetown.
Les noirs du Soudan ignorent tout procédé de récolte. « Ce n’est quère qu’à partir de la Gambie, dit le D' Rançon*, qu'on commence à le récolter (le caoutchouc), et la production augmente sensiblement au fur et à mesure qu’on s’avance dans le sud. Mac Carthy est le point septentrional où on commence à voir apparaître ce précieux produit. Les indigènes en apportent davantage chaque année aux comptoirs de la Compagnie française de la côte occidentale d'Afrique et de la Bathurst trading Company linuted. »
Les caoutchoucs du Sénégal-Soudan se présentent tantôt sous forme de plaques de 130 à 150 grammes, noirâtres et gluantes, tantôt en boules assez volumineuses formées de lanières enroulées (4wists), ou encore sous forme de boules noirâtres de 5 à ro centimètres de diamètre (uggers). La coupe est jaunâtre ou blanc rosé. Les impuretés consistent en terre et écorces, et peuvent atteindre 38 p. 100.
La sorte dite Xouroussa ou Boules d'Afrique se présente sous forme de pelotes un peu plus petites que le poing, formées de lanières enroulées d’un blanc rougeâtre et de 2 centimètres de large environ. « Le Kouroussa clair, dont l’intérieur paraît cependant mal recueilli, représente, récolté d’une façon correcte, une valeur commerciale presque égale à celle du caoutchouc du Para. »
1. Revue coloniale : « Situation économique des colonies françaises », 30 décembre 1897.
2. Dr A. RaxÇoN, « Dans la Haute-Gambie ». Annales de l’Institut colonial de Marseille, 1894.
3. Revue coloniale : « Situation économique des colonies françaises », 30 décembre 1897. ‘
Parfois les boules du Soudan sont fraudées d’une manière toute particulière. A l'extérieur de la boule on trouve bien encore des lanières enroulées produites par un Landolphia, mais au centre on remarque un gros noyau formé de larmes et de lanières dues, paraît-il, à une liane nommée Sal:out, dont le produit est de beaucoup inférieur‘.
Les caoutchoucs ci-dessus mentionnés sont attribués au ZLandolphia senegalensis DC., L. tomentosa A. Dew. (Baucher, Jumelle), et peut-être aussi au L. Heudelotit DC. et au Z. comoriensis var. florida K. Schum. On a signalé aussi le Fafétone (Calotropis procera KR. Br.)°, qui est très abondant dans la Haute-Falémé et fournit, d’après le D' Rançon, un produit d’excellente qualité. Le Calotropis gigantea R. Br., très voisin du précédent, également appelé Fafétone, donne, paraît-il, un produit grumeleux inutilisable 4.
Les avis sont partagés en ce qui concerne la valeur du caoutchouc fourni par les Zandolphia Heudelotit DC. et L. florida Benth. H. Jumelle, qui a reçu des lianes appelées Mada, a reconnu le Z. florida Benth., qui donne un mauvais produit : il se range ainsi à l'opinion de H. Lecomte et du D' Noury. D’après H. Jumelle et F. Baucher, les indigènes appellent Tolls les bonnes espèces à caoutchouc, c’est-à-dire les Zandolphia senegalensis DC. et L. tomentosa A. Dew., tandis qu'ils réservent le nom de Madd où Mada aux lianes qu'ils n’incisent que dans un
1. D’après des renseignements qui m'ont été fournis par M: G. Lamy- Torrilhon.