Revue scientifique, 1897, t. LIX, p
que le Z. comortensis var. florida Schum. ne donne qu’une substance trop résineuse que les noirs ajoutent au bon latex. Le L. Petersiana Th. Dyer fournit aussi un bon caoutchouc (H. Jumelle). Enfin, en 1887 (voir chap. V, p- 96 ), on a fait au Gabon des plantations de Manihot Glaziovii Müll. Arg.; mais le produit qu’on en retire est loin de valoir celui obtenu à Ceara, sans doute à cause des conditions climatériques et d’assolement qui sont toutes différentes. Chapel, ne pouvant admettre que des procédés de récolte puissent donner aux produits d’un même arbre des aspects si dissemblables, pense qu’on n’a pas eu affaire au Manihot Glaziovir Müll. Arg., mais à une autre espèce provenant des îles avoisinant notre colonie des Rivières du Sud, ce qui expliquerait les différences que présentent les deux produits. À mon sens, étant donnée la compétence du fondateur du Jardin de Libreville, cette assertion devrait être établie sur des bases plus solides. L’Æ/evea quyanensis Aubl. à été 1mporté au Gabon vers la fin de 1896.
Congo.
Le Congo français abonde en plantes à caoutchouc.
« Tout le pays est à la lettre couvert de vignes à caoutchouc. Il y a là d'immenses récoltes à faire et sans peine ; il ne s’agit que d'apprendre aux indigènes à extraire le caoutchouc sans détruire la liane et sans altérer la sève par ces mélanges impurs qui la déprécient. Il y a là des trésors'. »
« Les gracieuses lianes, dit H. Lecomte*, qui enlacent
1.. Conférences et Lettres de P. Savorgnan de Brazza. Paris, 1887. 2. H. Lecowre, Les Produits végétaux du Congo français, p. 802.
7h LE CAOUTCHOUC.
les arbres, grimpent jusqu'aux cimes les plus élevées, retombant en quirlandes pour remonter encore, ne sont pas seulement des objets de curiosité pour le voyageur, car beaucoup d’entre elles peuvent fournir du caoutchouc en abondance. Parmi ces lianes, les Zandolphia tiennent de bien loin la première place par la qualité des produits qu'on en peut retirer; mais d’autres lianes, comme les Carpodinus, les Clitandra, et beaucoup d’autres sans doute, donnent des latex employés par les indigènes en mélange avec celui des ZLandolphia. »
La sorte dite Bas-Ogooué se présente tantôt en plaques, tantôt nous arrive sous forme de boules irrégulières, de grosseur variable, plus ou moins déformées par leur séjour dans les factoreries, où elles sont entassées, et par leur emballage. Elles sont noires à l’extérieur et blanches à l'intérieur; la masse est spongieuse, très humide, d’odeur nauséabonde. Parfois le Congo expédie des caoutchoucs en fhimbles. Il en arrive aussi de Loango sous forme de plaques de 5 centimètres d'épaisseur environ, très serrées les unes contre les autres. Les espèces à caoutchouc sont très nombreuses au Congo et loin d’être toutes déterminées. Ce sont : le Zandolphia Foreti Jum., dans la région de Fernan-Vaz qui, d’après l’auteur qui l’a baptisé, fournit un bon caoutchouc; dans la même région, le Carpodinus Foretiana Pierre (valeur moyenne) ou Okouendé n'jowa; le Gnongo (bon produit); le Carpodinus Jumelle: Pierre ou /voqué (sert à des mélanges); l’Ebourendé (mauvais produit); l/somba (24 p. 100 de résine); le Bouela (le produit semble de qualité supérieure) ; l’'Ougournou (médiocre, 50 p. 100 de résine); le Gombo nsira (54 p. 100 de résine); le Zônt (mauvaise qualité, gluant et sans élasticité); l’/ganda, etc.
On ne possède encore aucun renseignement sur les produits fournis par les Zandolphia Lecomtei Dew., L. comortensis Schum., L. lucida Schum. et L. Tholloni Dew.
Dans le Bas-Ogooué, on signale’ : le Z. owariensis P. de B.;le 2youmialé des Bakalais, qui donne un latex que les noirs coagulent avec du citron; l’Akounya et PAboundyt, qui servent à frauder le Djoumialé.
Les caoutchoucs du Bas-Ogooué viennent de trois centres : 1° de la région est de la rivière Como; 2° de la région située entre la rivière Kembo et le lac Zonegqué; 3° de la région des sources du N’qounié?.
Il paraît’ que depuis quelque temps on exploite au Congo français une plante rhizomateuse qui croît à quelques centimètres sous terre en poussant de place en place des rameaux de 20 à 60 centimètres de hauteur. Ces plantes, d’abord considérées comme des Zandolpha, ont été rapportées par le D' O. Warburg* aux genres C{itandra et Carpodinus. Y'en existerait six espèces croissant de la même manière, mais une seule serait exploitée.
Ces plantes sont très abondantes dans les districts du Kivengo oriental où la production a été évaluée à 500 tonnes par an; le caoutchouc de cette région est expédié aujourd’hui aux comptoirs belges sur le marché de Khenghe-Diadia, où il est vendu 80 centimes le kilogramme. Il revient; en Europe, à 4 fr. ou 4 fr. 5o c. 6,
1. H. Jumezze donne la description de toutes ces espèces encore indéterminées qui ont été expédiées au musée colonial de Marseille par M. Foret, administrateur de la région où elles ont été recueillies.