Cité par la Belgique coloniale, 1898, p
petites boules brunes souvent fraudées par des impuretés. A la coupe, elle est blanche et assez humide, et laisse environ 25 à 35 p. 100 de déchet; son port d’embarquement est Mouravia. Chapel lattribue au Zandolphia owariensis Pal. de Beauv., et Th. Christy à l’'Urostigma Vogel Miq., et en partie au Z. comoriensis, v. florida
K. Schum.
Grand-Bassam ou Assinie.
Ce caoutchouc provient de la Guinée française (Côte d'Ivoire) et est concentré à Grand-Bassam (Manasso des nègres). Il arrive en petites boules de 1 à 3 centimètres de diamètre (marbles) de bonne qualité généralement. Il est brun à l’extérieur, et brun foncé et légèrement transparent à la coupe; il contient peu d’impuretés, et ne laisse que 20 p. 100 de déchet; il est surtout expédié en Angleterre. On Pattribue à plusieurs ZLandolphia et à PUrostigma (Ficus) Vogelu Miq. D’après A. Dewèvre, le produit de ce #icus serait de bonne qualité et vaudrait 6 fr. la livre (livre anglaise ?) sur les marchés anglais. Max. Cornu * faisait récemment remarquer que l’Urostigma Vogelit Miq., très abondant à Liberia, est délaissé par les indigènes, ce qui semblerait justifier de son peu de
valeur.
Biscuits d'Akkra.
Côte de l'Or ou pays des Achantis. — Cette sorte est assez recherchée en Angleterre; elle se présente sous forme de petits disques comprimés qui rappellent assez
1. Max. Cornu, Congrès pour l'avancement des sciences. Saint-Étienne,
les biscuits milanais ; ils sont blancs, veinés de rouge à la coupe, et laissant 35 p. 100 de déchet.
Les premiers envois qui arrivèrent de la Côte de lOr étaient plutôt de mauvaise qualité et tournaient facilement au gras. Le caoutchouc en boules, qui arrive aujourd’hui d'Addab, est de meilleure qualité. Chapel pense qu'il est coagulé par l’eau salée. Les biscuits et les boules proviendraent de l'Urostiqgma Vogel Miq.
Lagos.
Côte des Esclaves. — Les premiers envois datent de 1888. Ce caoutchouc arrive sous plusieurs formes :
1° En strips (bandes). Ce sont des feuilles d’un demicentimètre d'épaisseur, pressées les unes contre les autres, d’une teinte blanc grisätre. Elles contiennent peu d'humidité ; |
2° En biscuits arrondis ou ovales, de 5 à 6 centimètres de diamètre ;
3° En /umps (masses) ;
4° En riggers, petites boules formées de filaments pelotonnés d’un blanc rose sale.
Toutes ces sortes ont été attribuées à lUrostigma Vogeli Miq. et au Landolphia owariensis P. de B., très abondants dans le Lagos, le Dahomey et les possessions allemandes de Togo et Petit-Popo. Enfin le Xickæia africana Benth.' fournit aussi du caoutchouc dont la valeur industrielle semble dépendre du mode de coagulation. Cette dernière espèce, d’abord trouvée aux environs d’Akkra, en 1883, puis à Lagos et à Fernando-Po, a été signalée,
1. « Une nouvelle plante à caoutchouc. » La Nature, 1897, t. I, p. 222.
en 1894, par H. Lecomte' à Kakamoeka sur le Kouilou (Congo français). Il est probable qu’elle existe dans tout le Mayombe. H. Jumelle? et Aimé Girard, qui ont fait des recherches sur son latex, s'accordent à lui reconnaître une très faible valeur. Il ne se coagule pas au-dessous de la température d’ébullition comme le font les bons latex de Zandolphia, et son caoutchouc, poisseux et sans nerf, contient 60 p. 100 de résine. On ignore le procédé employé au Jardin d'essais du Lagos, procédé qui permet, assure-t-0on, d'en retirer un bon produit. H. Jumelle pense que le caoutchouc du Lagos serait, soit un mélange du latex du Arckxria africana ou Ofkeng, avec celui de PO/funtum (arbre andéterminé) qui se trouve dans l’'Hinterland du Lagos, ou bien le produit de l’'Ofuntum sans aucun mélange.
D’après le D’ Preuss, directeur du Jardin de Victoria, au Cameroun, le latex du Aickæia africana a peu de valeur employé seul, mais peut servir avantageusement en l’additionnant à d’autres latex.
Niggers-Niggers.
Cameroun et embouchure da Niger. — Les caoutchoucs du Niger sont encore peu connus sur les marchés européens. Le Niggers-Niggers est une sorte-très inférieure, perdant moitié de son poids en déchet ; il se présente sous forme de petites boules bloquées, c’est-à-dire agglutinées, rougeâtres à l’intérieur, plus foncées à l’extérieur. Elles sont attribuées aux Zandolphia Heudelotir DC.
. Revue coloniale, 7 janvier et 11 mars 1897. 2MLOCALCULSID T2 CtaTor 3. Revue des cultures coloniales, 1898, CAT
72 LE CAOUTCHOUE.
L. owariensis P. de B. et Z. Mannü Th. Dyer. Le Manihot Glasiovit Müll. Arg. (cultivé) commence à produire ; il en existe 8,500 pieds environ’. Depuis quelque temps on y exploite aussi très activement le Aickæia africana Benth.?
Gabon.
Il en existe deux sortes, l’une en boules, l’autre en langues.
La première est en masses volumineuses, blanches à l’intérieur, remplies de poches, sans grande consistance ; elle est peu adultérée mais assez humide (4o p. 100) et possède une odeur fétide (putréfaction du sérum emprisonné dans la masse). F. Morellet a remarqué que l’action ménagée de l’hypochlorite de chaux lui enlève son odeur et le rend ferme et résistant. La sorte en langues est représentée par des masses volumineuses formées de morceaux de:la grosseur du doigt, collés les uns aux autres, mais non soudés, à cause de leur humidité qui peut atteindre 45 p. 100 du poids total. Ces langues sont noires à l'extérieur, d’un gris ardoisé et spongieuses à l’intérieur. Une sorte dite Ogooué se présente en boules de la grosseur du poing, sphériques, mélangées de beaucoup de sable. Enfin il arrive parfois des boules noirâtres de 5 centimètres de diamètre environ et passablement humides (25 p. 100), qu’on appelle boules du Gabon; elles sont toutes percées d’un trou qui sert à les enfiler.
D’après H. Lecomte le Landolphia owariensis P. de B. qui croît au Gabon, fournit un bon caoutchouc, tandis