‹ Origine Botanique des Caoutchoucs et Gutta-PerchaChapitre 94 sur 115 · E. Osaou, loc. cit., p · texte numérisé non relu

E. Osaou, loc. cit., p

de l'équateur thermique. D’après Sérullas”, ils exigent une température moyenne de 27 à 28° C. A 15 ou 16, leur végétation est déjà beaucoup ralentie et la vie de la plante fortement compromise, si cette température se maimtentun certain temps ; à 8 ou 9°, la mort de l’arbre est certaine.

La Cochinchine, qui possède une température moyenne de 22°, semble déjà trop froide pour se prêter à la culture de ces arbres.

Outre cette température élevée, les Palaquium exigent encore une atmosphère constamment humide. Aussi dans l'archipel malais, qui est la patrie par excellence des arbres à qutta, la moyenne des pluies dépasse 2 mètres par an. L’air est constamment saturé de vapeur d’eau et dans les forêts on ressent, paraît-il, la même impression pénible que lorsqu'on pénètre dans une serre chaude que lon vient d’arroser. De plus, cette humidité se maintient toute l’année et il n’y a, pour ainsi dire, pas de saison sèche; en dehors de la période des pluies, de fréquentes averses maintiennent dans l’air une humidité constante ; la saison sèche serait très préjudiciable, sinon mortelle, pour les Palaquium.

Même lorsque ces deux conditions se trouvent réunies, chaleur et humidité, les Palaquium ne croissent pas dans tous les terrains. D’après Crozat et Fleury, les terrains volcaniques siliceux, alluvionnaires, silico-argileux et surtout argilo-ferrugineux seraient très propres à la culture des plantes à qutta. Au mois de mai 1886, ils proposaient au ministre des postes et télégraphes de propager le Vahr-angkôt (Dau-tram des Annamites) sur le versant

1. SéruzLas, loc. cit., p. 576.

2. Ch. Crozar et Fieury, « La Gutta-percha au Cambodge ». Bulletin de la Société de géographie commerciale de Paris, 1888, p. 633.

montagneux qui longe la côte entre Kampôt (Cambodge) et Chantaboum (Siam), où il croît déjà spontanément. Or, ce Vahr-angkôt n’est autre chose que le Parameria glandulifera Benth., que Pierre’ a signalé déjà, en 188», comine étant très abondant au Cambodge. L. Pierre en a coaqulé lui-même le latex. Crozat et Fleury ont eu le tort de prendre pour des quttiers des lianes à caoutchouc qui fournissent d’ailleurs un produit d’une excellente qualité (voir p. 162).

Outre l'humidité du sol, le Palaquium gutta, en partüicuber, doit plonger ses racines dans l’eau. Sérullas, qui a pu les étudier, a remarqué que les Palaquium quitta affectionnent les ravins peu profonds où règne une humidité persistante ; ils croissent de préférence sur un sol argileux compact, recouvert d’une légère couche d’humus, audessus d’une nappe d’eau dans laquelle baignent les racines. Ces exigences multiples expliquent le sort lamentable qui était réservé aux premières plantations faites dans l’Inde anglaise (1848), à Bornéo (1853) et à Sumatra (1856). C’est à tort qu’on a prétendu que les Palaquium ne vivent qu'en plein soleil. Ces arbres, au contraire, préfèrent une lumière tamisée, et se rencontrent de préférence au milieu de grands arbres qui leur fournissent lombre qu’ils recherchent. 5

Somme toute, il ne faut quère songer à cultiver en grand les Palaquium en dehors de larchipel malais, où ces arbres peuvent trouver toutes ces conditions réunies. Des plantations sont faites depuis quelque temps déjà. L’avenir nous apprendra ce qu’on est en droit d'espérer.

1. L. Prerre, « Note sur les arbres à caoutchouc et à qutta-percha de Cochinchine et du Cambodge ». Excursions et reconnatssances, n° 11, 1882. VS

D’après le D' Treub', on peut parfaitement reproduire les quttiers par les graines, quoi qu’on en ait dit. En forêt cependant, la multiplication par graines est très limitée pour plusieurs raisons. La graine, même tombée à terre, germe facilement, c’est vrai, mais si la plantule .ne rencontre pas un sol convenable, elle est condamnée à périr; la reproduction par graines et l’extension de l'espèce sont donc étroitement limitées par la nature spéciale du sol. D'autre part, la fructification n’a lieu que tous les deux ans et ne se produit que lorsque l'arbre a atteint l’âge de 30 ans environ. Si l’arbre a échappé à Pexploitation, la plupart de ses fruits, avant d’atteindre leur maturité complète, sont mangés par les singes qui, paraît-il, en sont très friands. Heureusement, les troncs coupés pour l'exploitation (à 1 mètre environ du sol) poussent facilement de nombreux et vigoureux rejets, ainsi que Sérullas a pu le constater dans des forêts où l’exploitation avait cessé depuis longtemps.

Les marcottes se font aussi avec la plus grande facilité; le procédé par bouturage est celui que l’on emploie de préférence dans les serres; il réussit parfaitement et, d’après le D' Treub, il est de beaucoup préférable au semis. À Penang et à Batavia, les boutures sont placées dans des noix de coco remplies de terre jusqu’à ce que les racines adventives soient suffisamment développées, puis on repique en pleine terre. Les boutures obtenues par cette méthode reviennent à environ 5o centimes pièce.

La greffe est, paraît-il, impraticable à cause des cham-

pignons et des bactéries qui envahissent rapidement la blessure.

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