A. Dewèvre, Les Caoutchoucs africains, p. l\i
2. Journal officiel de l’Afrique occidentale, 6' janvier 1898.
Parfois la coagulation a lieu à l’air libre; le récipient contenant toute la récolte de latex est abandonné au soleil; au-bout de peu de temps il se forme deux couches : la couche qui surnage est le caoutchouc que l’on enlève et que l’on exprime tant bien que mal pour en faire sortir le sérum emprisonné. Ce procédé très défectueux donne un produit rempli d’alvéoles contenant du sérum putréfié et même du latex non coagulé (voir chap. IV : Caoutchouc de Bahia). Parfois aussi la coagulation est activée en chauffant le latex.
Au Congo, dans la région du Mayombe et du Fernan- Vaz* la coagulation par addition d’eau est activée par la chaleur.
Le R. P. Merlon 3 rapporte que dans certains districts du Congo le latex qui sort des piqûres faites aux Landolphia s’écoule le long de feuilles mastiquées contre la .liane dans des calebasses percées à la partie inférieure d’un trou fermé par un bouchon. Les noirs ajoutent au latex quatre à cinq fois son volume d’eau : le caoutchouc s e sépare et surnage. Après vingt-quatre heures ils enlèvent le bouchon, le liquide inférieur s’échappe par le trou et le coagulum descend au fond de la calebasse. Après quelques heures d’exposition à l’air il est pétri en boules; sa partie inférieure souvent trop consistante pour être pétrie est découpée en petits cubes ou dés; ce sont les thimbles du commerce. Ce caoutchouc possède soutient une odeur nauséabonde due à du sérum putréfié et encore emprisonné dans la masse.
Le procédé de coagulation à l’alun, que l’inventeur
*• H. Lecomte, loc. cil.
a > Cité pas A. Dewèvre.
LE CAOUTCHOUC
Henry-Antoine Strauss vendit au gouvernement local de Pernambouc est absolument défectueux et doit être rejeté. Il consiste à verser dans le latex une solution d’alun. La coagulation est instantanée, mais le caoutchouc obtenu perd à la longue son élasticité et se recouvre d’efflorescences cristallines d’alun. Il laisse parfois 60 p. ioo de déchet et devient grenu et friable.
D’après E. Bard 1 2 3 on emploie au Pérou l’eau de savon pour coaguler le latex des Hancornia ; c’est un mauvais procédé.
Dans certaines régions de la Sénégambie, loin des côtes, là où le sel est rare, on se Contente souvent de faire bouillir le latex avec des cendres a .
L’acide sulfurique est employé dans les’ provinces de Maranhao et de Matto-Grosso. C’est un coagulant énergique et peu coûteux, mais, outre les dangers résultant de son emploi, il coagule trop vite et n’empêche pas la fermentation putride du sérum ; de plus les caoutchoucs ainsi préparés présentent, paraît-il, des inconvénients pour la fabrication. Employé depuis quelque temps à Madagascar l’acide sulfurique a donné lieu à des accidents et a été abandonné dans plusieurs régions.
H. Lecomte a coagulé des laits de Landolphia par l’acide azotique et a obtenu de beaux produits; néanmoins il ne recommande pas ce réactif.
Le D r Mûrisse a essayé différents réactifs tels que l’alcool, le sublimé corrosif, le chlorure de calcium, l’àcide
1. fi. Baud, Le Caoutchouc de l’Amazone, le Caoutchouc du Pérou, cité par Th. Seeligmann.