Revue coloniale, n novembre
chlorhydrique, Tacide phénique, la teinture d’iode, etc... Il préconise la formule suivante :
1 Acide phénique commercial . 4 grammes.
Alcool.Q. S. (p. dissoudre).
Eau.8o grammes.
Solution B S sulfuri q ue du commerce 2 —
’ (Eau.20 —
On mélange les deux solutions au moment de l’emploi : 2 litres d’acide sulfurique et 4 litres d’acide phénique non cristallisé (phénol du commerce) suffisent pour coaguler 1,000 litres de latex; la dépense est donc minime. Le caoutchouc préparé par cette méthode est exempt de tout reproche et a fait, paraît-il, ses preuves industrielles 1 .
Le sel marin (ou simplement l’eau de mer) est employé à la Côte d’ivoire, au Cameroun, au Congo et à Mozambique. On en ajoute une solution au latex ou on se contente d’asperger avec de l’eau de mer les blessures faites à la liane lorsqu’on étire le caoutchouc en fils.
On emploie pour le même usage le citron et le tamarin dont on frotte les blessures ou l’intérieur des calebasses.
Dans l’État indépendant du Congo (district de l’Équateur) on se sert aussi des fruits de certains Amomum qui donnent, paraît-il, d’heureux résultats puisque le gouvernement a pris des mesures pour en généraliser l’emploi surtout le territoire.
Depuis quelques années on se sert aussi, dans certains districts du Congo indépendant, du suc des tiges de Boss anga (Castus sp.) qui amène une coagulation rapide èt fournit un caoutchouc de bonne qualité. Une partie des
*. Chapel, loc, cit,, p. 167.
LE CAOUTCHOUC
sortes dites : Équateur, Lopori, Bussira, Montgalla, serait obtenue par cette méthode
L’alcool, qui est un bon réactif coagulant, mais trop cher, est remplacé parfois à Madagascar par de l’absinthe de traite.
Au Nicaragua, d’après J. Collins 1 2 3 , les Uleros (collecteurs) coagulent le lait du Tassa (Castilloa elastica Gerv.) avec le suc d’une vigne sauvage nommée Achuca, très abondante dans la région. La plante est contusée dans une certaine quantité d’eau ; on filtre et on ajoute i litre de cette macération pour g litres de latex. Le coagulum est laminé sous un rouleau de fer de 70 kilogrammes; les plaques obtenues, plus ou moins tortillées (d’où leur nom de tortillas) sont séchées pendant quinze jours ; elles pèsent alors 900 grammes environ.
Dans le district de Faranah, sur le Haut-Niger, outre le citron on emploie encore pour aciduler l’eau le fruit mûr du Baobab ou pain de singe (1 fruit par litre), le tamarin et une sorte d’oseille comestible nommée Dakoun chez les Malinkés, Santoume chez les Diallonkés, Bisab chez les Ouoloffs et Folleré chez les Toucouleurs. H. Jumelle 5 , à qui j’emprunte ces renseignements, pense que le dakoun est VHibiscus Sabdariffa L, ou VH. pandaræformis Birm. D’après Chapel, l’emploi du dakoun doit être rejeté.
Au Pérou, on emploie pour coaguler le latex des Hancornia le suc d’une liane appelée Sachamote; dans l’Amérique centrale on se sert aussi de l’infusion des racines