‹ Origine botanique des caoutchoucs et gutta-percha. Thèse présentée au concours d'agrégation (Section d'histoire naturelle et pharmacie)Chapitre 23 sur 108 · I. — Côte oooidentale · texte numérisé non relu

I. — Côte oooidentale

Sénégal, Soudan et Sénégambie française.

Le Sénégal produit encore peu de caoutchouc. Une Partie nous arrive par Konakry, Dubreka et Mellacorée, u ne autre par Kayes (sur le fleuve Sénégal), qui est un c entre commercial important. Enfin, une certaine quantité

*• A. Dewèvre, Les Caoutchoucs africains, p. 44'

LE CAOUTCHOUC

échappe à notre commerce 1 et passe par la colonie anglaise de Sierra Leone, d’où elle est expédiée de Freetown.

Les noirs du Soudan ignorent tout procédé de récolte. « Ce n’est guère qu’à partir de la Gambie, dit le D r Rançon*, qu’on commence à le récolter (le caoutchouc), et la production augmente sensiblement au fur et à mesure qu’on s’avance dans le sud. Mac Garthy est le point septentrional où on commence à voir apparaître ce précieux produit. Les indigènes en apportent davantage chaque année aux comptoirs de la Compagnie française de la côte occidentale d’Afrique et de la Bathurst trading Company limited. »

Les caoutchoucs du Sénégal-Soudan se présentent tantôt sous forme de plaques de i 3 o à i 5 o grammes, noirâtres et gluantes, tantôt en boules assez volumineuses formées de lanières enroulées (twists), ou encore sous forme de boules noirâtres de 5 à io centimètres de'diamètre ( niggers ). La coupe est jaunâtre ou blanc rosé. Les impuretés consistent en terre et écorces, et peuvent atteindre 38 p. ioo.

La sorte dite Kouroussa ou Boules d’Afrique se présente sous forme de pelotes un peu plus petites que le poing, formées de lanières enroulées d’un blanc rougeâtre et de 2 centimètres de large environ. « Le Kouroussa clair, dont l’intérieur paraît cependant mal recueilli, représente) récolté d’une façon correcte, une valeur commerciale presque égale à celle du caoutchouc du Para 5 . »

1. Revue coloniale : « Situation économique des colonies françaises »> 3o décembre 1897.

2. Dr A. Rançon, a Dans la Haute-Gambie ». Annales de l’Institut colonial de Marseille, 1894.

• 3. Revue coloniale : a Situation économique des colonies françaises »> 3o décembre «897. • •

SORTES COMMERCIALES. 65

Parfois les boules du Soudan sont fraudées d’une manière toute particulière. A l’extérieur de la boule on trouve bien encore des lanières enroulées produites par un Landolphia, mais au centre on remarque un gros noyau formé de larmes et de lanières dues, paraît-il, à une liane nommée Sakoui, dont le produit est de beaucoup inférieur 1 .

Les caoutchoucs ci-dessus mentionnés sont attribués au Landolphia senegalensis DC., L. tomentosa A. Dew. (Baucher, Jumelle), et peut-être aussi au L. Heudelotii DC. et au L. comoriensis var. Jlorida K. Schum. On a signalé aussi le Fafétone ( Calotropis procera R. Br.) 2 , qui est très abondant dans la Haute-Falémé et fournit, d’après le D r Rançon 3 , un produit d’excellente qualité. Le Calotropis gigantea R. Br., très voisin du précédent, également appelé Fafétone, donne, paraît-il, un produit grumeleux inutilisable 4 .

Les avis sont partagés en ce qui concerne la valeur du caoutchouc fourni par les Landolphia Heudelotii DC. et L. Jlorida Benth. IL Jumelle, qui a reçu des lianes appelées Mada, a reconnu le L. Jlorida Benth., qui donne un mauvais produit : il se range ainsi à l’opinion de H. Lecomte et du D r Noury. D’après H. Jumelle et F. Baucher, les indigènes appellent Tolls les bonnes espèces à caoutchouc, c’est-à-dire les Landolphia senegalensis DC. et L. tomentosa A. Dew., tandis qu’ils réservent le nom de Madd ou Mada aux lianes qu’ils n’incisent que dans un

*• D’après des renseignements qui m’ont été fournis par M. G. Lamy- Torrilhon.

a > Notices coloniales, t. IV, p. 834.

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